Marie-Thérèse d'Autriche (1638-1683)

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Marie-Thérèse d'Autriche
Marie-Thérèse, reine de France
Marie-Thérèse, reine de France
Titre
Régente du Royaume de France
12 juin 167213 août 1672
(&&&&&&&&&&&&&0622 mois et 1 jour)
Monarque Louis XIV
Reine consort de France et de Navarre
9 juin 166030 juillet 1683
Monarque Louis XIV
Prédécesseur Anne d'Autriche
Successeur Marie Leszczyńska
Biographie
Dynastie Maison de Habsbourg
Nom de naissance María Teresa de Austria
Date de naissance 10 septembre 1638
Lieu de naissance Madrid (Espagne)
Date de décès 30 juillet 1683 (à 44 ans)
Lieu de décès Versailles (France)
Père Philippe IV d'Espagne
Mère Élisabeth de France
Conjoint Louis XIV de France
Enfant(s) Louis de France
Anne-Élisabeth de France
Marie-Anne de France
Marie-Thérèse de France
Philippe de France
Louis-François de France

Marie-Thérèse d'Autriche (1638-1683)
Reines de France

Marie-Thérèse d’Autriche[1] plus connue sous le nom de Marie-Thérèse d'Espagne (Madrid, 10 septembre 1638 - Versailles, 30 juillet 1683), fut l'épouse de Louis XIV, infante d'Espagne, reine consort de France et brièvement régente en 1672 lorsque Louis XIV était en guerre contre la Hollande[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Marie Thérèse d'Autriche, enfant

Fille du roi d'Espagne Philippe IV et d'Élisabeth de France, Marie-Thérèse nait le 10 septembre 1638 à Madrid et est baptisée par le cardinal Gaspar de Borja y Velasco, peut-être le 7 octobre, avec pour parrain François Ier, duc de Modène et pour marraine, la princesse de Carignan Isabelle de Bourbon, sœur de Louis XIII. Elle nait dans une cour stricte et très catholique. Son père Philippe IV était un guerrier, aimant la chasse, la politique et les femmes. Sa mère Elisabeth de France, était une jeune fille jolie et charmante, triste et malheureuse dans la cour d'Espagne parce que son pays lui manquait, et la perte de plusieurs de ses enfants très jeunes la faisait souffrir discrètement, tandis que son époux la trompait avec une actrice, Maria Calderon.

Six ans plus tard, vient pour sa mère un huitième accouchement mais l'enfant ne survit pas et la mère meurt le même jour épuisée et fatiguée par ses grosses précédentes, le 6 octobre 1644, laissant Marie-Thérèse et son frère aîné Balthazar-Charles seuls avec leur père. Deux ans plus tard, en 1646, c'est ce frère qui meurt à son tour à l'âge de seize ans.

En 1649, son père se remarie avec la fiancée de son fils décédé, Marie-Anne d'Autriche, qui donnera plus tard naissance à cinq enfants dont deux seulement survivront. Sa belle-mère avait quatre ans de plus qu'elle, et les deux jeunes femmes s'entendaient bien et étaient comme des sœurs.

À 8 ans, Marie-Thérèse était le seul enfant survivant de Philippe IV et l'héritière des immenses possessions espagnoles sur lesquelles "le soleil ne se couchait jamais". Ses sept frères et sœurs sont morts avant elle.

Son éducation a été étroite, rigide, théologique et profondément catholique. Depuis son plus jeune âge, il était question qu'elle épouse pour des raisons dynastiques son cousin, chef de la branche autrichienne et impériale des Habsbourg, d'abord l'archiduc Ferdinand qui mourut en 1654 puis le frère de celui-ci qui devint l'empereur Léopold Ier en 1658.

Marie-Thérèse vécut cependant dans l’intime conviction qu'elle épouserait le roi de France Louis XIV, son cousin doublement germain mais ennemi de sa maison. Velasquez envoya d'elle à la cour de France une caricature, qui ne réussit pas à dissuader Louis de l'épouser. Toutefois à la cour de France on voulait savoir si elle était au moins blonde. Une mèche de ses cheveux blonds fut envoyée. La France et l'Espagne étaient d'ailleurs encore une fois en guerre depuis 1635. Plus tard, après son mariage, on demanda un jour à Marie-Thérèse si elle avait éprouvé quelque penchant de jeune fille lorsqu'elle était encore en Espagne. « Mais non bien sûr, répondit-elle avec candeur, il n'y avait qu'un seul roi et c'était mon père ! ».

Mariage[modifier | modifier le code]

mariage de Louis XIV et de Marie Thérèse d'Autriche

À son mariage, elle ne parlait toutefois pas un mot de français mais elle apportait le chocolat et la première orange. Une légende veut qu'elle parlait mal le français alors qu'elle en saisissait toutes les subtilités, ayant cependant gardé un fort accent espagnol.

Elle épousa le 9 juin 1660, en l'église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Luz (ville-frontière entre l'Espagne et la France), conformément au traité des Pyrénées, Louis XIV[3]. Œuvre du cardinal de Mazarin, premier ministre français, ce mariage n'était pour le roi que raison d'État. Il avait jusqu'au dernier moment espéré épouser la nièce du cardinal Marie Mancini, mais le ministre et la reine-mère, Anne d'Autriche, s'opposèrent à cette mésalliance. Cependant Marie-Thérèse était certaine que son futur époux était épris d'elle : à la manière de son grand-père Henri IV, Louis XIV avait fait porter à sa future épouse de nombreuses lettres et cadeaux avant leur mariage.

À son arrivée au Louvre, sa belle-mère et tante Anne d'Autriche la prit sous sa protection. Elle tenta de lui enseigner le métier de reine, mais Marie-Thérèse ne se montra jamais réellement à la hauteur. La princesse n'était pas une femme du monde. Même si elle finit par atteindre une bonne maîtrise du français, elle n’avait pas les capacités requises, et les représentations publiques ne furent pour elle que des occasions où elle laissait paraître sa gaucherie. Anne d'Autriche ne vit plus en sa bru que la femme devant lui donner des petits-enfants.

Personnalité[modifier | modifier le code]

A la cour d'Espagne, Marie-Thérèse était une jeune fille un peu charmante, timide, petite, gourmande (chocolat), ressemblant à sa mère bien-aimée. A la cour de France, l'atmosphère sera différente : elle sera renfermée sur elle-même avec ses dames espagnoles, ses nains, ses petits chiens et son chocolat. Elle ne parle qu'espagnol et ne comprend donc qu'un mot sur quatre lors d'une conversation en français. Elle ne s'occupe pas beaucoup de politique et certaines de ses ennemies seront les maîtresses du roi, comme Mme de Montespan.

Enfants[modifier | modifier le code]

Louis XIV délaissa bien vite son épouse, petite et jugée sotte, disgracieuse et bigote par les contempteurs de la Cour, pour ses nombreuses favorites. Il restait cependant un époux très consciencieux, et Marie-Thérèse mit ainsi au monde six enfants en dix ans :

Cette considérable mortalité était certainement due à la consanguinité dont on ne connaissait pas les méfaits : la mère de Marie-Thérèse était la sœur de Louis XIII et Philippe IV d'Espagne avait pour sœur Anne d'Autriche, mère de Louis XIV. Eux-mêmes étant également, pour la plupart, issus d'unions consanguines.

André Castelot évoque la légende d'une fille, Mauresse de Moret, née d'une aventure de Marie-Thérèse avec son jeune page Nabo, Africain nain originaire du Dahomey[4].

Reine de France[modifier | modifier le code]

Marie-Thérèse d'Espagne et son fils aîné
Armes de Marie-Thérèse en tant que reine de France. À son mariage Marie-Thérèse a les mêmes armes personnelles qu'Anne d'Autriche, sa belle-mère et tante paternelle, laquelle est encore vivante. Afin d'éviter les confusions entre les armoiries, elle se voit octroyer l'écu complet de France.

Marie-Thérèse resta toute sa vie très pieuse et mena une vie effacée. Elle invitait les "courtisanes" de son mari à venir faire des prières avec elle. Marie-Thérèse finit par se replier sur elle-même, vivant au sein d'une petite cour, isolée au milieu de la Cour, recréant l'atmosphère de Madrid, entourée "de ses femmes de chambre espagnoles, de moines et de nains", mangeant de l'ail et buvant du chocolat, chaussant des talons très hauts qui la faisaient souvent tomber. Pour faire venir à Versailles un confident, elle joua au jeu avec lui et perdit beaucoup d'argent. Le roi fut obligé d'intervenir. La reine craignait les esprits. La nuit, même avec le roi à ses côtés, il fallait qu'une femme lui raconte des histoires pour l'endormir et lui tienne la main toute la nuit. Quand le roi voulait assumer son devoir conjugal c'est à peine si cette femme se retirait[5]... D'une dévotion toujours plus intense, l'essentiel de son activité concerne les soins aux malades, aux pauvres et aux déshérités. Elle fréquente l'hôpital de St Germain en Laye, assurant les soins les plus pénibles. Elle soulage même en secret les "pauvres honteux" en accordant des dots aux filles de nobles pauvres.

Elle conduit en professionnelle la parade monarchique et est la dernière reine de France à l'assumer.

En 1665, son père meurt, laissant le trône à un fils souffreteux âgé de quatre ans issu d'un second lit. Louis XIV en profite pour demander une part d'héritage (guerre de Dévolution).

En 1666, la mort lui enlève le seul soutien qu'elle avait à la cour : sa belle-mère et tante, la reine-mère Anne d'Autriche.

Marie-Thérèse souffrit beaucoup de certains adultères du roi qui faisait de ses favorites des dames de compagnie de son épouse et voyageait ouvertement avec sa femme et ses deux maîtresses. Confronté à ce spectacle immoral, on prétend que le peuple murmurait, goguenard ou affligé, "Le roi promène les trois reines". Elle souffrit également à partir de 1667 des légitimations successives des enfants naturels de son mari. Ces derniers faisaient de l'ombre au dauphin.

En 1680, le roi marie le Dauphin à Marie Anne Christine de Bavière sans la consulter, car le grand Dauphin était épris d'une autre femme. Marie-Thérèse est bientôt grand-mère d'un petit duc de Bourgogne.

À partir de l'été 1680, sous l'influence de Madame de Maintenon, Louis XIV se rapprocha de son épouse, qu'il avait publiquement délaissée. « La reine est fort bien à la cour », remarquera, toujours moqueuse, Madame de Sévigné. Marie-Thérèse, émue par les attentions inattendues de son volage époux dira : « Dieu a suscité Madame de Maintenon pour me rendre le cœur du roi ! Jamais il ne m'a traitée avec autant de tendresse que depuis qu'il l'écoute ! »

Mais Marie-Thérèse ne profita guère de ce regain de faveur. De retour d'une tournée royale des forteresses édifiées par Vauban, elle mourut brusquement, le 30 juillet 1683, à Versailles, des suites d'une tumeur bénigne sous le bras gauche mais mal soignée. L'abcès, violacé et purulent, fut non incisé mais combattu vainement par une saignée et un emplâtre humide, et tourna en septicémie[6]. Ses derniers mots furent « Depuis que je suis reine, je n'ai eu qu'un seul jour heureux ». Louis XIV aurait dit de cette mort « voilà le premier chagrin qu'elle me cause »[7]. Guère plus de deux mois après ce trépas, il épousera secrètement sa dernière maitresse qu'il surnommait dans le privé "sainte Françoise" : Madame de Maintenon. Cette dernière crut bon de porter le deuil et de montrer une mine déconfite. Le roi en rit et elle se mit au diapason. Il renoua presque aussitôt avec les divertissements[6].

Ascendance[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D’Autriche car issue de la Maison de Habsbourg en Espagne
  2. http://www.chateauversailles.fr/l-histoire/personnages-de-cour/epoque-louis-xiv/marie-therese-dautriche
  3. Lucien Bély, Louis XIV : le plus grand roi du monde, Éditions Jean-paul Gisserot,‎ 2005
  4. Bernard Caire. La Mauresse de Moret, « la Mauresse de Moret », Revue des Amis de Moret, no 116,‎ 1990, p. 69-77
  5. Petites histoires des grands de France Jean Pierre Rorive Jourdan Editeur 2005
  6. a et b Petites histoires des grands de France Jean Pierre Rorive Jourdan Editeur 2005
  7. Marc Lefrançois, Histoires insolites des Rois et Reines de France, City Edition,‎ 2013, p. 33

-femme de Louis XIV, avec pièces et documents inédits ,H,Duclos -http://enviedhistoire.canalblog.com/archives/2007/02/02/3881368.html

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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