Marie-Thérèse Eyquem
Marie Thérèse Eyquem
| Naissance | 6 septembre 1913 La Teste de Buch |
|---|---|
| Décès | 8 août 1978 (à 64 ans) |
| Nationalité | Française |
| Profession | Inspectrice principale de la Jeunesse et Sport (1961) |
| Activité principale | Fondatrice du Mouvement démocratique féminin (MDF) (1962) |
| Autres activités | Secrétaire générale du Rayon sportif féminin (1931).
Présidente de la commission féminine de la Fédération internationale catholique d'éducation physique et sportive (1947) Présidente de la Fédération internationale d'éducation physique et sportive féminine (1961) Secrétaire nationale du Parti socialiste (1975). |
Marie-Thérèse Eyquem, née le 6 septembre 1913 et morte le 8 août 1978, est à la fois théoricienne et organisatrice du sport féminin, militante féministe et cadre du Parti socialiste français.
Sommaire |
[modifier] Biographie
Marie-Thérèse Eyquem naît le 6 septembre 1913, à La Teste-de-Buch, en Gironde. En 1924, elle part avec sa famille habiter Paris.
A l'âge de 13 ans, en 1926, elle quitte l’école pour travailler poursuivant son parcours scolaire par correspondance. Elle enchaîne alors des métiers alimentaires (coursière, dactylo) tout en obtenant une licence de lettres classiques.
[modifier] Les patronages et le sport
En parallèle, elle pratique le sport dans un patronage catholique. Celui-ci est affilé au Rayon sportif féminin (RSF) qui la recrute comme secrétaire en 1931. En 1936, elle en est promue secrétaire nationale. Avec les monitrices générales du Rayon sportif féminin – sa sœur Geneviève, Eugénie Duisit et Olga Batany – elle structure les filiales régionales, intensifie la formation des cadres, organise fêtes de masse et compétitions. Avec cette équipe, elle se fait connaître pour avoir multiplié par dix le nombre des adhérentes.
En 1939, elle intègre l'administration, en qualité de rédactrice principale au Commissariat général à l'information.
Après l'exode, elle passe au commissariat général à l'éducation physique et aux sports, où elle devient directrice des sports féminins du gouvernement de Vichy[1]. Dans un premier temps, bénéficiant de la confiance de Jean Borotra, le haut commissaire aux Sports, elle mène des actions en faveur du sport féminin, qui se développe, malgré l’interdiction de certaines activités jugées peu féminines. Avec Olga Batany, elle organise la fête de Coubertin et celle de la Sportive[2]
En 1942, le colonel Joseph Pascot remplace Jean Borotra. Marie-Thérèse Eyquem est alors nommée sous-chef de bureau et n’est plus libre de mener à bien ses projets.
En 1945, à la Libération, nommée inspectrice des sports féminins, elle n’est pas inquiétée pour son action au sein du gouvernement de Vichy. Et elle conserve son engagement bénévole à la Fédération Sportive de France (FSF)[3].
Le 6 janvier 1947 à Prague, elle est nommée à la présidence de la première commission féminine de la Fédération internationale catholique d’éducation physique et sportive (FICEP)[4] et poursuit ses activités associatives.
Son rôle au sein de la Fédération Sportive de France est alors des plus importants et c'est elle qui accompagne à Rome du 7 au 14 Octobre 1951 le chanoine Wolf, conseiller ecclésiastique de la fédération, au congrès de l'apostolat des laïcs où elle préside le carrefour Sport, tourisme, récréation[5].
En 1961, elle est promue inspectrice principale du ministère de la Jeunesse et des Sports. La même année, les projets développés à l’international pour le sport féminin, aboutissent à son élection à la présidence de la Fédération internationale d'éducation physique et sportive féminine[6] ; elle conserve ce poste jusqu’en 1965.
[modifier] Le féminisme et le parti socialiste
En 1962, elle prend la tête du Mouvement démocratique féminin (MDF), qui préfigure le renouveau féministe des années 1968-1970. Ce mouvement compte des personnalités telles qu'Évelyne Sullerot, Colette Audry, Gisèle Halimi ou Yvette Roudy ; il rassemble des femmes de la gauche non-communiste. Marie-Thérèse Eyquem y milite pour l'intégration des femmes à la vie politique, la légalisation de la contraception et l’égalité dans le travail. En tant que présidente, elle organise des débats, crée des sections en province, tisse des liens avec d’autres mouvements féministes, des syndicats et des personnalités politiques de premier plan.
C’est dans ce cadre qu’elle rencontre François Mitterrand, qui la tient en haute estime, avec lequel elle se lie d’amitié et devient l’une de ses plus proches collaboratrices. Cet engagement politique étant estimé incompatible avec la neutralité associative, Gilbert Olivier, président de la Fédération Sportive de France l'invite à démissionner et elle perd à cette occasion ses mandats internationaux à la Fédération internationale catholique d’éducation physique et sportive. Son seul lien avec ce passé reste son amie Eugénie Duisit.
Parallèlement, le Mouvement démocratique féminin se rapproche de l’union de la gauche et participe au congrès fondateur de la Convention des institutions républicaines (CIR), dont il devient l’un des principaux clubs. Marie-Thérèse Eyquem entre à la Convention des institutions républicaines et à la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS), puis au Parti socialiste (PS). Elle est, dans ces partis, la seule femme à siéger parmi les dirigeants.
Avec Mai 68, les partis et le mouvement de Marie-Thérèse Eyquem sont fortement perturbés ; l’union de la gauche connaît une période difficile ; le Mouvement démocratique féminin résiste mal à l’émergence du nouveau féminisme que constitue le Mouvement de libération des femmes (MLF). Avec la fondation du Parti socialiste, le Mouvement démocratique féminin disparaît, mais Marie-Thérèse Eyquem retrouve ses anciennes collaboratrices pour lutter en faveur d’une meilleure représentation des femmes au sein du parti.
En 1973, elle lance une réforme imposant un pourcentage minimum de femmes (10%) à tous les degrés de l’organisation du Parti socialiste. Dans le même temps, elle organise des conférences et des débats sur le thème « Socialistes et chrétiens », renouant avec ses premiers engagements.
En 1975, elle est nommée secrétaire nationale du Parti socialiste, chargée des relations avec les Organismes associés et le secteur associatif. Avec Édith Cresson, elle est alors la seule femme à accéder à cette fonction.
Marie-Thérèse Eyquem meurt le 8 août 1978[7] à Egletons (Corrèze), peu avant l’élection de François Mitterrand ; elle n’accède donc pas à des fonctions supérieures.
[modifier] Activité littéraire
Dès 1944, elle publie un essai : "La Femme et le sport[8] » puis un roman : « Jeunes filles au soleil[9] ». Ces deux ouvrages, à leur manière, visent à la diffusion du sport féminin.
Parallèlement elle collabore à la revue Mâtines de l'Union universelle des écrivains catholiques, dirigé par l'abbé Ducaud-Bourget (1949/1951). Elle se lie d'amitié avec l'écrivain-réalisateur Henry Zaphiratos.
Elle publie plus tard la première biographie de Pierre de Coubertin puis celle d'Irène Popard[10].
En 1968 elle écrit une pièce de théâtre sur la duchesse de Montpensier et le beau Lauzun : La Grande Mademoiselle, qui reçoit le grand-prix du casino d'Enghien.
Depuis 1985, l'association des écrivains sportifs décerne annuellement le prix Marie Thérèse Eyquem, doté par le ministère des sports et qui couronne un ouvrage apportant au sport une contribution pédagogique et technique[11].
[modifier] Notes et références
[modifier] Répertoire des acronymes
- IAPESGW : International Association of Physical Education and Sports for Girls and Women, traduction anglaise de Fédération internationale d'éducation physique et sportive féminine ;
- FSF : Fédération sportive de France, ancienne appellation de la Fédération sportive et culturelle de France ;
- MDF : Mouvement démocratique féminin ;
- PS : Parti socialiste ;
- RSF : Rayon sportif féminin ;
[modifier] Références
- Jean-Marie Jouaret 2012, p. 154
- (fr) Hervet 1948, p. 114
- Jean-Marie Jouaret 2012, p. 160
- (fr)Hervet 1948, p. 115
- (fr)Jouaret et tome 2 1998, p. 457
- En anglais : « International Association of Physical Education and Sports for Girls and Women » (IAPESGW)
- (fr) Florys Castan-Vicente, « EYQUEM Marie-Thérèse » sur maitron.org, Centre national de la recherche scientifique. Consulté le 18 juillet 2011
- La Femme et le sport, Paris, J. Susse, collection « Tous les sports », 1944, 307 p. Préface du Dr Maurice Boigey. Réédition à Montpellier, Association sport et histoire, collection « Tous les sports », 1999, 307 p.
- Jeunes filles au soleil, Paris, Denoël, 1946, 152 p.
- Irène Popard ou la danse du feu, Éditions du Temps, 1959
- Jean-Marie Jouaret 2012, p. 160
[modifier] Bibliographie
- Florys Castan Vicente, Marie-Thérèse Eyquem. Du sport à la politique. Parcours d’une féministe, Université Paris I Panthéon-Sorbonne, Centre d’Histoire sociale du XXe siècle, juin 2008.
Mémoire de Master 2 sous la direction de Michel Dreyfus. Prix Jean Maitron 2008.

- Jean-Marie Jouaret, Petite histoire partielle et partiale de la Fédération Sportive et Culturelle de France (1948-1998), t. 2, Paris, FSCF(à compte d'auteur, imp. Déja-Glmc), 1999 (ISBN 978-2-952838-70-2).

- Jean-Marie Jouaret, La fédération des sections sportives des patronages catholiques de France (1898-1998), Paris, L'Harmattan, 2012 (ISBN 978-2-296-55969-1) (notice BNF no FRBNF42598758n).

- Robert Hervet (préf. François Hébrard), La FSF de 1898 à 1948, Paris, 1948, 173 p. (OCLC 66302325).

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- Féministe française du XXe siècle
- Personnalité de la Convention des institutions républicaines
- Personnalité du Parti socialiste (France)
- Naissance en Gironde
- Naissance en 1913
- Dirigeant de la Fédération sportive et culturelle de France
- Fédération internationale catholique d'éducation physique et sportive
- Décès en 1978
- Dirigeant sportif français