Marie-Sophie de Bavière

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Marie-Sophie de Bavière

alt=Description de l'image Expo-Marie-01.jpg.

Titre

Reine consort des Deux-Siciles

22 mai 185913 février 1861

Biographie
Dynastie Maison de Witelsbach
Nom de naissance Marie Sophie Amélie de Wittelsbach
Naissance 4 octobre 1841
Possenhofen (Bavière)
Décès 19 janvier 1925 (à 83 ans)
Munich (Allemagne)
Père Maximilien en Bavière
Mère Ludovica de Bavière
Conjoint François II des Deux-Siciles
Enfants Marie-Christine Pia de Bourbon-Siciles

Marie Sophie Amélie, duchesse en Bavière et reine des Deux-Siciles (née le 5 octobre 1841 à Munich – morte le 19 janvier 1925 à Munich) était une des sœurs de l'impératrice Élisabeth d'Autriche, la célèbre Sissi.

Biographie[modifier | modifier le code]

Belle sœur de l'empereur d'Autriche, Marie-Sophie de Bavière est mariée pour des raisons politiques, à François de Bourbon, duc de Calabre, héritier du royaume des Deux-Siciles. Le mariage par procuration se déroula à Munich le 9 janvier 1859, le prince Luitpold de Bavière (futur régent) représentant le fiancé.

Marie-Sophie et son époux en 1859.

Le 13 janvier suivant Marie prit le train qui, par Leipzig et Prague la conduisit d'abord à Vienne - où elle s'attarda auprès de sa sœur, l'impératrice Elisabeth - puis vers Trieste où le yacht "Le Fulminant" la conduisit jusqu'à Bari où elle fut reçue par son beau-père le roi Ferdinand II des Deux-Siciles, déjà très malade, le duc de Calabre son fiancé, ses neuf demi-frères et sœurs et la reine Marie-Thérèse, seconde épouse du roi, qui dirigeait la famille, notamment le prince héritier son beau-fils, avec autorité en imposant ses idées ultra-conservatrices.

Le duc de Calabre était un jeune homme insignifiant, uniquement intéressé par les ouvrages de piété et notamment la vie des Saints, ne parlant pas l'allemand quand sa fiancée bavaroise ne parlait pas l'Italien... Souffrant d'un phimosis, il ne put consommer son mariage.

Peu après, la mort de son beau-père, le roi Ferdinand II fit de la jeune Marie, âgée de 17 ans, la nouvelle reine des Deux-Siciles mais le pouvoir resta entre les mains de son autoritaire belle-mère.

Marie-Sophie en costume sicilien
Photographie d'Alphonse Bernoud

L'année suivante, le royaume des Deux-Siciles est envahi par l'armée de Garibaldi. Marie, à 19 ans, devient l'âme de la résistance alors que les armées de son mari, vaincues, ont dû se réfugier dans la citadelle de Gaëte. Ses appels à son beau-frère, l'empereur d'Autriche François-Joseph Ier, très impopulaire après ses défaites à Solférino et Magenta face aux armées françaises de Napoléon III qui soutenait le roi Victor-Emmanuel II de Sardaigne, restent sans effet malgré les efforts de ses frères et sœurs.

La famille royale, suivi du nonce apostolique et du corps diplomatique, s'enferma alors dans la forteresse de Gaëte. Marie fut l'âme de la résistance, les journaux la surnommèrent "l'héroïne de Gaëte" tandis que Victor-Emmanuel II de Sardaigne se fit proclamer roi de Naples puis d'Italie.

Le royaume des Deux-Siciles est rattaché au nouveau royaume d'Italie après un plébiscite qui vit 1.302.064 oui et 10.302 non, et la famille royale des Deux-Siciles doit trouver refuge auprès du pape dans ce qui reste des États pontificaux.

A Rome, Marie s'ennuie auprès d'un mari plutôt terne. Elle s'éprend d'un officier des zouaves pontificaux, Emmanuel de Lavaysse, dont elle est bientôt enceinte. Sa famille la fait accoucher discrètement dans un couvent d'Augsbourg d'une petite fille, Daisy de Lavaysse. Réconciliée avec son mari, ce dernier accepte de se faire opérer du phimosis permettant enfin la consommation du mariage[1]. Le couple donne naissance en 1867, à Rome, à une fille, Maria-Cristina-Pia qui meurt au berceau.

Entre-temps, avec sa sœur aînée l'impératrice d'Autriche, elle organise le mariage de leur cadette Mathilde avec le frère cadet de François II des Deux-Siciles, Louis, comte de Trani. Ce couple n'est pas mieux assorti que le couple royal et Mathilde à son tour prendra un amant avant de devenir mère de famille. Nonobstant, les deux sœurs sont inséparables, souvent rejointes par le reste de la fratrie, recréant l'intimité de Possi. Pour déjouer la curiosité des badauds, elles prennent l'habitude de porter les mêmes tenues...

Le rattachement des États pontificaux au Royaume d'Italie en 1870 les oblige à trouver refuge dans différents pays d'Europe (Autriche, Suisse ou France).

Veuve en 1894, Marie mène une vie mondaine recourant au soutien financier de la famille Rothschild et vit avec les siens les différentes tragédies qui affectent sa famille (morts suspectes entachées de scandales du roi Louis II de Bavière et du prince impérial Rodolphe, mort accidentelle de sa sœur Sophie, duchesse d'Alençon, assassinat de sa sœur aînée l'impératrice d'Autriche).

Survivant à la première guerre mondiale et à la chute des monarchies autrichienne, allemande et russe, elle reproche à sa petite-nièce, la princesse Marie-José de Belgique, ses fiançailles avec le prince héritier d'Italie.

Morte en 1925, Marie-Sophie de Bavière est inhumée à Rome auprès de son époux en l'église du Saint-Esprit des Napolitains. Leurs corps sont ramenés en la basilique Santa Chiara de Naples, nécropole des rois des Deux-Siciles.

De sa fille naturelle, Daisy de Lavaysse, on sait seulement qu'elle fut élevée dans sa famille paternelle dans le sud-ouest de la France. Pour autant, une fois par an et jusqu'à sa mort, la jeune Daisy est envoyée à Possenhofen pour y rencontrer discrètement sa mère. Alliée à la famille du comte de Gineste dans le Tarn, Daisy de Lavaysse passe de longs séjours au château de Garrevaques près de Revel. Elle meurt avant sa mère, puisque cette dernière assiste aux obsèques de sa fille en l'église de la Madeleine à Paris, au grand étonnement de la presse.

Famille[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Erika Bestenreiner, Sissi, ses frères et sœurs, Pygmalion 2004, p.75

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M. Elia, La regina ribelle, Palerme, 1863.
  • Raffaele de Cesare, La fine di un regno, Naples, 1869.
  • R. de Cesare, Roma e lo stato del Papa, Rome, 1907.
  • C. Tschudi, Regina Maria Sofia di Napoli, un’eroina dimenticata, Città di Castello,1914.
  • Pietro Calà Ulloa, Un re in esilio, Bari, 1928.
  • A. Tosti, Maria Sofia ultima regina di Napoli, Milan, 1947.
  • G. Paladino, Maria Sofia di Wittelsbach, regina delle Due Sicilie, in «Istituto dell’Enciclopedia italiana», vol. XXIII, Rome, 1951.
  • A. Gentile, Da Gaeta ad Arco, diario di Francesco II di Borbone. 1°gennaio 1862 - 24 dicembre 1894, A. Gentile, Naples, 1988.
  • A. Mangone, Maria Sofia. L’eroina di Gaeta, l’ultima regina di Napoli, Naples, 1992.
  • Arrigo Petacco, La regina del Sud. Amori e guerre segrete di Maria Sofia di Borbone, Milan, 1992.
  • Pier Giusto Jaeger, Francesco II di Borbone l'ultimo Re di Napoli, Milan, 1982.
  • Diego Mormorio, La Regina nuda, Saggiatore, Nuovi saggi, 2006.

Liens externes[modifier | modifier le code]