Marie-Sophie Leroyer de Chantepie

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Marie-Sophie Leroyer de Chantepie (31 octobre 1800, Château-Gontier - 23 octobre 1888, Angers) est une écrivaine française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses parents - le père, veuf d'un premier mariage, la mère, Marie-Catherine-Aimée Dupont divorcée en 1792 - s'installent à Angers en 1807[1]. Elle héritera de ses parents, à leur mort (1830 ?), une confortable fortune : fermes et terres autour d'Angers, maisons dans la ville même. Dans sa propriété La Licorne, Marie-Sophie accueille généreusement beaucoup de nécessiteux. Leur nombre atteint parfois les dix-huit personnes[2]. Célibataire, profondément croyante, elle souffrira toute sa vie d'obsessions intérieures : scrupules liés à la religion ; conflits domestiques.

L'art, dont elle est passionnée, lui apporte quelques consolations. Grande lectrice, amateur de peinture, de musique (concerts, opéras), elle se désespère du néant de la vie culturelle de province. Elle voyage peu, et peu loin. Elle séjourne parfois à Nantes, où elle loue une maison pour assister aux spectacles d'opéra du Théâtre Graslin. On la trouvera parfois poussant jusqu'à l'océan tout proche.

Pour pallier les angoisses qui la minent, elle correspond, entre autres, avec George Sand, et durant 19 ans, avec Gustave Flaubert[3].

Son premier roman est édité en 1844, Les Duranti. Succèderont Angélique Lagier (1851), Angèle ou Le Dévouement filial (1860). Le catalogue de la Bibliothèque nationale de France mentionne 13 œuvres dont certaines seront publiées après sa mort.

Elle écrit aussi des articles dans Le Phare de la Loire. Notons encore Mémoires d'une provinciale (1880) et la parution posthume de Souvenirs et Impressions littéraires (1892) dans lesquels Marie-Sophie consacre un chapitre à George Sand et un autre à Gustave Flaubert.

Aristocrate issue d'un milieu privilégié, Marie-Sophie n'aime à fréquenter que les artistes et les Républicains : Auguste Richard de La Hautière, avocat ; Victor Mangin, directeur du Phare de la Loire. Ces derniers sont majoritaires dans son salon à partir de 1871. Armand Barbès est son héros, et les prolétaires des martyrs qui luttent pour une juste cause.

Mais la sensibilité politique de Mademoiselle de Chantepie, ses idées sociales, sont toujours le fruit de la dimension chrétienne de sa personnalité. Le républicain, chez elle, prend racine dans la spiritualité évangélique[4].

Marie-Sophie s'éteint le 23 octobre 1888 dans sa maison d'Angers, au 24 boulevard du Roi-René[5].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Archives départementales de Maine-et-Loire, [...Dépôt des testaments de Mlle de Chantepie/11 décembre 1888./... par Étude de Me Hédelin, notaire à Angers...] ;
  • André Sarazin, Supplément au Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire de Célestin Port, Tome second, Éditions régionales de l'Ouest, Mayenne, 2004 ;
  • Modèle:Abbé Angot
  • Évelyne Lejeune-Resnick, Anjou, républicanisme et romantisme : les aspirations de Sophie Leroyer. Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest, (Anjou, Maine, Touraine), Tome 99, 1992, no I ;
  • Gustave Flaubert, Correspondance, 5 volumes, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris, Édition établie, présentée et annotée par Jean Bruneau ;
  • D. Anger, Gustave Flaubert et Marie-Sophie Leroyer de Chantepie : une psychothérapie épistolaire, Cahiers de sexologie clinique, vol. 22, no 131, 1996, p.&nbsp ; 23-27

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fille de Robert Pierre Leroyer de Chantepie, inspecteur à Château-Gontier de la régie nationale, 1793, des domaines, 1805 et de Marie-Catherine-Aimée Dupont. Cette dernière avait été mariée au notaire Louis Gautret de la Moricière dont elle divorça en l'an II de la République. Elle est la petite-fille de René-Robert Leroyer de Chantepie, conseiller au présidial d'Angers, et de Françoise Rigault, bienfaitrice des hôpitaux de Château-Gontier (testament de 1776).
  2. C'est ainsi que l'on trouve à son domicile son professeur de latin, son filleul, la famille d'une vieille servante, un réfugié polonais...
  3. Elle écrivit pour la première fois à celui-ci depuis Angers, le 18 décembre 1856, afin de lui témoigner son admiration après la lecture de Madame Bovary qui vient de paraître dans la Revue de Paris, avant publication, chez l'éditeur Michel Lévy, au mois de septembre 1857 :

    « J'ai vu d'abord que vous aviez écrit un chef d'œuvre de naturel et de vérité. Oui, ce sont bien là les mœurs de cette province où je suis née, où j'ai passé ma vie... »

  4. À Flaubert elle écrit :

    « Je crois, comme vous, au progrès, mais toujours il faudra se séparer, souffrir, mourir, et cette prévision seule suffira pour empêcher d'être heureux ; alors il faut chercher ailleurs l'immortalité, l'union indissoluble, le bonheur... Je crois comme vous à l'évolution perpétuelle de l'humanité sur notre globe, mais voilà pour le temps, mais au-delà, mais ailleurs ! Que se passera-t-il et que trouverons-nous? Voilà le grand, l'éternel problème, auprès duquel le problème social disparaît... »

  5. Dès le 25 septembre 1886, elle avait rédigé son testament, laissant ses biens à Demoiselle Anne Michel et à Charles Torterue de Sazilly, son petit neveu. Par codicille du 30 septembre de la même année, elle lègue de l'argent aux pauvres, aux vieillards et aux malades des villes de Saumur et de Château-Gontier ; elle prend toutes dispositions pour la publication posthume de ses écrits, exigeant qu'ils soient édités à Paris ; elle recommande de ne jamais abattre le noyer sous lequel, dans le jardin de la maison familiale du Tertre Saint-Laurent à Angers, reposait sa mère, et refuse enfin tout inventaire et mise sous scellés de ses biens.