Marie-Madeleine de Vignerot d'Aiguillon
Marie-Madeleine de Vignerot, dame de Combalet, duchesse d’Aiguillon, née en 1604 à Glénay et morte en 1675 à Paris, est une salonnière française.
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Biographie [modifier]
Fille de René de Vignerot et de Françoise Duplessis (sœur du cardinal de Richelieu), elle fut mariée à Antoine Pont du Roure, marquis de Combalet et neveu du duc de Luynes, pour qui elle conçut une telle aversion que quand il fut tué lors des dernières guerres de religion, de peur que, par quelque raison d’État, on ne la sacrifiât encore, elle fit vœu de ne jamais se marier et de se faire carmélite.
En 1632, Marie de Médicis aurait projeté de faire enlever Mme d'Aiguillon lors d'une promenade à Vincennes et de la mener en Flandres où la reine mère est réfugiée. Il s'agit de faire pression sur le Cardinal de Richelieu pour empêcher l'exécution d'Henri II de Montmorency[1].
Après avoir échoué dans plusieurs projets de mariage avec les premières maisons de France, le cardinal-ministre acheta le duché d’Aiguillon pour sa nièce en 1638. Elle fut dame d’atour de Marie de Médicis.
Après la mort du cardinal, elle hérita d’une partie de ses biens, entre autres, du château de Rueil et du petit Luxembourg, et employa presque toute sa fortune à soulager les pauvres et à fonder des établissements de charité. Son petit-neveu Armand Louis de Vignerot du Plessis fut déclaré duc d’Aiguillon par arrêt du parlement, en 1731. Ce dernier fut gouverneur du Havre, mais en raison de son âge il fut placé sous la tutelle de la duchesse d'Aiguillon de 1624 à 1646, puis lui succéda au commandement militaire de la ville. Nommée gouverneur à vie en 1653, elle démissionne en 1661[2]. Elle soutient activement la création des Missions étrangères de Paris, à travers des démarches auprès du Roi et de Rome.
Balzac l’appelait « la princesse au teint de safran » et Tallemant des Réaux lui a consacré l’une de ses Historiettes, où il dépeint, entre autres, son avarice, sa dévotion outrée, sa liaison avec le Cardinal de Richelieu. À sa mort, son oraison funèbre fut prononcée par Fléchier.
Notes et références [modifier]
Références [modifier]
- Historiettes, Tallemant des Réaux, Bibliothèque de la Pléiade ISBN 2-07-010547-4, notes P 983
- Hervé Chabannes, Les manuscrits retrouvés de Jacques Augustin Gaillard, éd. PTC, 134 p. (ISBN 2-35038-019X), p. 124
Sources [modifier]
- Ferdinand Hoefer, Nouvelle Biographie générale, t. 1-2, Paris, Firmin-Didot, 1877, p. 458.
- Gédéon Tallemant des Réaux, Historiettes, Paris, éd. Antoine Adam, coll. Pléiade, Gallimard, 1960.
