Marie-Madeleine de Vignerot d'Aiguillon

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Portrait de la duchesse d'Aiguillon

Marie-Madeleine de Vignerot, dame de Combalet, duchesse d’Aiguillon, née en 1604 à Glénay et morte en 1675 à Paris, est une salonnière française, nièce du cardinal de Richelieu.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille de René de Vignerot et de Françoise du Plessis (sœur du cardinal de Richelieu), elle fut mariée à Antoine de Grimoard de Beauvoir du Roure, marquis de Combalet et neveu du duc de Luynes, pour qui elle conçut une telle aversion que quand il fut tué pendant les dernières guerres de religion, de peur que, par quelque raison d’État, on ne la sacrifiât encore, elle fit vœu de ne jamais se marier et de se faire carmélite.

En 1632, Marie de Médicis aurait projeté de faire enlever Mme d'Aiguillon au cours d'une promenade à Vincennes et de la mener en Flandres où la reine mère est réfugiée. Il s'agit de faire pression sur le cardinal de Richelieu pour empêcher l'exécution du duc de Montmorency[1].

Pierre Corneille lui dédie Le Cid en 1637, en hommage à la protection qu'elle lui apporta lors de la querelle du Cid.

Après avoir échoué dans plusieurs projets de mariage avec les premières maisons de France, le cardinal-ministre acheta le duché d’Aiguillon pour sa nièce en 1638. Elle fut dame d’atour de Marie de Médicis.

Après la mort du cardinal, elle hérita d’une partie de ses biens; entre autres, du château de Rueil et du petit Luxembourg, et employa presque toute sa fortune à soulager les pauvres et à fonder des établissements de charité. Son petit-neveu Armand Louis de Vignerot du Plessis fut titré duc d’Aiguillon par arrêt du parlement, en 1731[Quand ?]. Ce dernier fut gouverneur du Havre, mais en raison de son âge il fut placé sous la tutelle de la duchesse d'Aiguillon de 1624 à 1646, puis lui succéda au commandement militaire de la ville. Nommée gouverneur à vie en 1653, elle démissionne en 1661[2]. Elle soutient activement la fondation des Missions étrangères de Paris, à travers des démarches auprès du roi et de Rome.

Balzac l’appelait « la princesse au teint de safran » et Tallemant des Réaux lui a consacré l’une de ses Historiettes, où il dépeint, entre autres, son avarice, sa dévotion outrée, sa relation avec le cardinal de Richelieu. À sa mort, son oraison funèbre fut prononcée par Fléchier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Historiettes, Tallemant des Réaux, Bibliothèque de la Pléiade ISBN 2-07-010547-4, notes P 983
  2. Hervé Chabannes, Les manuscrits retrouvés de Jacques Augustin Gaillard, éd. PTC, 134 p. (ISBN 2-35038-019X), p. 124

Sources[modifier | modifier le code]