Marie-Josèphe-Angélique

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Marie-Josèphe-Angélique (ou Marie-Josèphe dite Angélique) est une esclave noire, née vers 1710 au Portugal. Elle est accusée d'avoir provoqué l'incendie de Montréal et est exécutée en place publique le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Le marchand Alexis Lemoine, dit Monière, est le « parrain » de Marie-Josèphe-Angélique lors de son baptême, qui a lieu le [1],[2]. En janvier 1731, elle a un fils avec César, un autre esclave appartenant à un marchand, puis donne naissance à des jumeaux en mai 1732[1]. Sa maîtresse est Thérèse de Coignes de Francheville, veuve de François Poulin de Francheville, mort en 1733, et belle-sœur d'Alexis Lemoine[2],[3].

En avril 1734, croyant que sa maîtresse pense à la vendre, Marie-Josèphe-Angélique décide de rejoindre la Nouvelle-Angleterre en compagnie d'un blanc, Claude Thibault, dont elle est amoureuse. Elle est soupçonnée d'avoir mis le feu à la résidence de madame de Francheville, située rue Saint-Paul, qui se propage ensuite aux maisons des alentours et à l'Hôtel-Dieu[1],[4].

Rattrapée, elle est condamnée le 4 juin à faire amende honorable et à être brûlée vive. En appel, le conseil supérieur commue la peine. Le 21 juin, Marie-Josèphe-Angélique est soumise à la question. Sous la torture, elle avoue et maintient avoir agi seule. Elle est pendue avant que son corps soit brûlé et ses cendres dispersées[1],[4],[5].

Films et ouvrages[modifier | modifier le code]

Le procès de Marie-Josèphe-Angélique est considéré comme l'un des plus importants ayant eu lieu sous le Régime français[4].

Sa vie et son procès sont le sujet de l'ouvrage The Hanging of Angelique: The Untold Story of Canadian Slavery and the Burning of Old Montreal, édité en 2006 par University of Georgia Press[6]. Son auteure, Afua Cooper (en), est détentrice d'un PhD en histoire et a consacré quinze ans de recherches à son sujet[5].

La réalisatrice québécoise Marquise Lepage revient sur le procès dans le documentaire Le Rouge et le Noir… au service du Blanc, consacré à l'esclavage en Nouvelle-France[7]. Un docufiction, intitulé Les mains noires, procès d'une esclave montréalaise, réalisé par Tetchena Bellange, est diffusé en avant-première durant l'édition 2010 du festival des films du monde de Montréal[8],[9].

Hommages posthumes[modifier | modifier le code]

En 2006, une journée-hommage, à laquelle participe notamment le maire de la ville, est organisée à Montréal[10]. Une plaque commémorative dédiée à Marie-Josèphe-Angélique est dévoilée par Michaëlle Jean, alors gouverneur général du Canada[11]. D'octobre 2006 à mars 2007, l'exposition interactive Qui a mis le feu à Montréal ? 1734, le procès d'Angélique se tient au centre d'histoire de Montréal[10]. En février 2012, le parc Marie-Josèphe-Angélique est inauguré à Montréal. Il se situe près de l'édicule de la station Champ-de-Mars du métro de Montréal[12].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Afua Cooper, The Hanging of Angelique : The Untold Story of Canadian Slavery and the Burning of Old Montreal, University of Georgia Press, coll. « Race in the Atlantic World, 1700-1900 »,‎ 2006, 349 p. (ISBN 9780820329390)
  • Micheline Bail, L'esclave, Libre Expression,‎ 1999, 389 p. (ISBN 2891118553)
  • Denyse Beaugrand-Champagne, Le procès de Marie-Josèphe Angélique, Libre Expression,‎ 2004, 295 p. (ISBN 9782764801567)
  • Paul Fehmiu Brown, Marie-Josèphe-Angélique, 21 juin 1734, Saint-Léonard, Éditions 5 continents,‎ 1998, 122 p. (ISBN 2922300064, OCLC 39534658)

Références[modifier | modifier le code]