Marie-Josèphe-Angélique

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Marie-Josèphe-Angélique (ou Marie-Josèphe dite Angélique) est une esclave noire, née vers 1710 au Portugal. Elle est accusée d'avoir provoqué l'incendie de Montréal et est exécutée en place publique le 21 juin 1734.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le marchand Alexis Lemoine, dit Monière, est le « parrain » de Marie-Josèphe-Angélique lors de son baptême, qui a lieu le 28 juin 1730[1],[2]. En janvier 1731, elle a un fils avec César, un autre esclave appartenant à un marchand, puis donne naissance à des jumeaux en mai 1732[1]. Sa maîtresse est Thérèse de Coignes de Francheville, veuve de François Poulin de Francheville, mort en 1733, et belle-sœur d'Alexis Lemoine[2],[3].

En avril 1734, croyant que sa maîtresse pense à la vendre, Marie-Josèphe-Angélique décide de rejoindre la Nouvelle-Angleterre en compagnie d'un blanc, Claude Thibault, dont elle est amoureuse. Elle est soupçonnée d'avoir mis le feu à la résidence de madame de Francheville, située rue Saint-Paul, qui se propage ensuite aux maisons des alentours et à l'Hôtel-Dieu[1],[4].

Rattrapée, elle est condamnée le 4 juin à faire amende honorable et à être brûlée vive. En appel, le conseil supérieur commue la peine. Le 21 juin, Marie-Josèphe-Angélique est soumise à la question. Sous la torture, elle avoue et maintient avoir agi seule. Elle est pendue avant que son corps soit brûlé et ses cendres dispersées[1],[4],[5].

Films et ouvrages[modifier | modifier le code]

Le procès de Marie-Josèphe-Angélique est considéré comme l'un des plus importants ayant eu lieu sous le Régime français[4].

Sa vie et son procès sont le sujet de l'ouvrage The Hanging of Angelique: The Untold Story of Canadian Slavery and the Burning of Old Montreal, édité en 2006 par University of Georgia Press[6]. Son auteure, Afua Cooper (en), est détentrice d'un PhD en histoire et a consacré quinze ans de recherches à son sujet[5].

La réalisatrice québécoise Marquise Lepage revient sur le procès dans le documentaire Le Rouge et le Noir… au service du Blanc, consacré à l'esclavage en Nouvelle-France[7]. Un docufiction, intitulé Les mains noires, procès d'une esclave montréalaise, réalisé par Tetchena Bellange, est diffusé en avant-première durant l'édition 2010 du festival des films du monde de Montréal[8],[9].

Hommages posthumes[modifier | modifier le code]

En 2006, une journée-hommage, à laquelle participe notamment le maire de la ville, est organisée à Montréal[10]. Une plaque commémorative dédiée à Marie-Josèphe-Angélique est dévoilée par Michaëlle Jean, alors gouverneur général du Canada[11]. D'octobre 2006 à mars 2007, l'exposition interactive Qui a mis le feu à Montréal ? 1734, le procès d'Angélique se tient au centre d'histoire de Montréal[10]. En février 2012, le parc Marie-Josèphe-Angélique est inauguré à Montréal. Il se situe près de l'édicule de la station Champ-de-Mars du métro de Montréal[12].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Afua Cooper, The Hanging of Angelique : The Untold Story of Canadian Slavery and the Burning of Old Montreal, University of Georgia Press, coll. « Race in the Atlantic World, 1700-1900 »,‎ 2006, 349 p. (ISBN 9780820329390)
  • Micheline Bail, L'esclave, Libre Expression,‎ 1999, 389 p. (ISBN 2891118553)
  • Denyse Beaugrand-Champagne, Le procès de Marie-Josèphe Angélique, Libre Expression,‎ 2004, 295 p. (ISBN 9782764801567)
  • Paul Fehmiu Brown, Marie-Josèphe-Angélique, 21 juin 1734, Saint-Léonard, Éditions 5 continents,‎ 1998, 122 p. (ISBN 2922300064, OCLC 39534658)

Références[modifier | modifier le code]