Marie-Georges Pascal

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Marie-Georges Pascal

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Nom de naissance Marie-Georges Charlotte Faisy
Naissance 2 octobre 1946
Cambrai, Nord
Nationalité France Française
Décès 9 novembre 1985 (à 39 ans)
Paris 19e
Profession Actrice
Films notables Les Petites Filles modèles
Bananes mécaniques
Les Raisins de la mort
Séries notables Le Dessous du ciel
D'Artagnan amoureux
La Vie des autres

Marie-Georges Pascal, de son vrai nom Marie-Georges Charlotte Faisy, née le 2 octobre 1946 à Cambrai (Nord)[1] et morte le 9 novembre 1985 à Paris (19e arrondissement)[2] est une actrice française ayant travaillé à partir de 1970 au cinéma, à la télévision et au théâtre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Marie-Georges Pascal passe une enfance qu'elle qualifiera plus tard de « très dure » et « très triste »[3]. Ses parents, qui rêvent de la voir devenir concertiste, la contraignent dès son plus jeune âge à passer quotidiennement de longues heures à travailler le piano. À seize ans, elle prend ses distances avec un cadre familial trop rigide. Elle est grande et jolie, avec de beaux yeux clairs et des cheveux brun-roux, et trouve assez vite un emploi de mannequin[3].

Carrière à l'écran[modifier | modifier le code]

Les années érotiques[modifier | modifier le code]

Marie-Georges Pascal[4] fait sa première apparition sur grand écran en 1971 avec Les Petites Filles modèles[5], adaptation très libre du roman de la comtesse de Ségur, que Jean-Claude Roy agrémente d'un érotisme encore bien sage. Elle prête à Camille de Fleurville son sourire et ses « dents du bonheur », son nez retroussé et ses expressions espiègles et donne la réplique à Michèle Girardon, Bella Darvi, François Guérin et Romain Bouteille[6],[7].

En 1972, la belle dévoile ses charmes dans une série de films érotiques. Le genre, qui connaît sa période faste dans la foulée de la libération des mœurs de l'après 1968, occupe alors une bonne part des écrans et des nouveaux venus dans le cinéma français[8] et s'exporte bien. Si l'actrice accepte de tourner ces films essentiellement pour des raisons « alimentaires »[3], les rôles qu'elle y tient sont tout de même assez consistants pour lui permettre de montrer un réel talent de comédienne capable de camper des personnages très variés. Elle interprète la sœur incestueuse de Je suis frigide... pourquoi ?[9], une jeune fille naïve dans Les Confidences érotiques d'un lit trop accueillant, avec Bruno Devoldère pour partenaire, ou encore une épouse mal-aimée dans Hausfrauen Report international, une production allemande[10]. Bananes mécaniques doit peut-être aux conditions précaires de son tournage[11] l'impression de vitalité et de liberté qui s'en dégage. Le film reflète bien l'esprit de son époque et le succès est au rendez-vous puisque plus d'un million de spectateurs[12] vient assister aux aventures de ces cinq filles délurées.

On la retrouve en 1973 dans un petit rôle au côté de Francis Huster dans L'Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot trousse-chemise, le dernier film tourné par Brigitte Bardot, ainsi que dans Gross Paris, une comédie de Gilles Grangier construite autour du duo Roger Pierre-Jean-Marc Thibault. Quand les filles se déchaînent, qui mêle sexe et action autour d'un spectacle de cascades automobiles, vient clore une période « rose » que l' actrice souhaite vite oublier[3]. Quand sort en salle Rêves pornos[13] en juin 1975, la déferlante « hardcore » est en passe de chasser des écrans l'érotisme « soft »[14] qui triomphait quelques mois auparavant et Marie-Georges Pascal exerce désormais ailleurs son talent.

Le succès à la télévision[modifier | modifier le code]

L'actrice est absente des plateaux de cinéma pendant trois ans. Si on la retrouve encore sur grand écran en 1975, c'est avec un film tourné deux ans plus tôt La Rage au poing, film-choc sur la jeunesse de banlieue écrit et interprété par Tony Gatlif. C'est maintenant grâce à la télévision qu'elle peut espérer être reconnue d'un public plus large.

Si elle ne fait qu'une modeste apparition sur le petit écran en 1972 dans La Mort d'un champion, c'est dans un rôle principal qu'elle s'impose deux ans plus tard avec le succès de Le Dessous du ciel. Le premier épisode de la série est diffusé le 11 octobre 1974 sur la deuxième chaîne juste avant 20 heures[15]. Marie-Georges Pascal incarne Joëlle, une jeune fille qui se passionne pour le parachutisme, et a pour partenaires principaux Gérard Chambre, Patrick Verde et Pierre Brice. La présence au générique de ce dernier, connu dans les pays germaniques pour avoir incarné l'indien Winnetou au cinéma dans les années soixante, permet à la série d'être également bien accueillie lorsqu'elle est diffusée de l'autre côté du Rhin en 1976. L'année suivante, elle retrouve un rôle important dans Pilotes de courses, un feuilleton du même format, toujours pour la deuxième chaîne. Après la reconnaissance populaire, l'actrice s'offre une longue parenthèse théâtrale.

En 1977, elle est Julie de Colineau du Val[16], amoureuse malheureuse du héros dans D'Artagnan amoureux, une mini-série en cinq parties réalisé par Yannick Andréi, tiré du roman de Roger Nimier et inspiré de l'œuvre d'Alexandre Dumas. On la verra par la suite dans deux téléfilms en costumes (Quand flambait le bocage et Madame de Sévigné : Idylle familiale avec Bussy-Rabutin), dans la série Par-devant notaire, et surtout, en 1980, dans Le Scandale, segment de dix épisodes de la série La Vie des autres, interpréter Audrey Caldwell[16], l'héroïne. On la retrouvera encore dans La Double Vie de Théophraste Longuet, une adaptation par Jean-Claude Carrière et Yannick Andrei de l'œuvre de Gaston Leroux, tenant le rôle de Dame Jane de Montfort, accorte représentante du surprenant peuple Talpa.

Le retour sur grand écran[modifier | modifier le code]

Tourné pendant l'hiver 1977, Les Raisins de la mort lui offre son plus grand rôle au cinéma. Jean Rollin, qui dirige ce film de commande, dispose pour une fois de moyens suffisants pour s'offrir le concours de « vrais » comédiens. Marie-Georges Pascal est donc la tête d'affiche de cette distribution qui mêle à des acteurs confirmés (Serge Marquand, Félix Marten, Paul Bisciglia) quelques nouveaux venus (Brigitte Lahaie, Mirella Rancelot et Patrice Valota). Elle incarne Élisabeth, une jeune femme livrée à elle même dans une contrée ravagée par une étrange maladie provoquée par l'emploi d'un pesticide et qui sombre peu a peu dans la folie. Rollin, qui n'est pas de son propre aveu un grand directeur d'acteur, se félicite de la docilité de ses acteurs et de la performance de sa vedette[17],[18]. Le film qui sort le 25 juillet 1978 réalise un nombre d'entrées satisfaisant, même si la critique reste, dans l'ensemble, plutôt sceptique. Considéré comme le premier film gore français, il continue néanmoins, plus de trente ans après sa sortie, de fédérer à travers le monde les amateurs de zombies et ceux de Jean Rollin[19] et assure à sa protagoniste une certaine visibilité internationale.

Brigade mondaine sort un mois après Les Raisins de la mort[20],[6]. Dans ce thriller, qui reprend les personnages et les recettes éprouvées par Michel Brice dans sa série de romans, elle incarne Peggy, coiffeuse, photographe de charme et rabatteuse pour un réseau de prostitution. Elle donne, en peu de temps, une beau relief à ce personnage difficile. Ces bonnes prestations ne suffisent pourtant pas à l'installer plus solidement sur les grands écrans. Cauchemar, de Noël Simsolo, passe inaperçu et au début des années 1980, on la retrouve surtout à la télévision[20] et au théâtre.

En 1983, Jean-Pierre Desagnat lui confie le rôle de Lydie Vignal dans Rouge marine, un épisode de la série policière Les Cinq Dernières Minutes, et lui offre sa dernière apparition au cinéma (un tout petit rôle de deux répliques) dans Flics de choc[7]. Quand, emboîtant le pas à Mylène Demongeot, elle sort à la fin de « sa scène », c'est pour ne plus reparaître sur les écrans.

Carrière sur les planches[modifier | modifier le code]

Les années 1970[modifier | modifier le code]

C'est à Robert Hossein que la jeune comédienne doit de faire ses débuts au théâtre en 1970 avec La neige était sale[3], une adaptation pour la scène par Frédéric Dard du roman éponyme de Georges Simenon. Elle figure en bonne place dans une distribution qui rassemble entre autres Jacques Castelot, Robert Dalban et Pascale Rivault[21],[22]. Si l'actrice tourne beaucoup pour le cinéma en 1972, elle n'en délaisse pas pour autant la scène et on peut l'applaudir au Théâtre des Variétés aux côtés de Pauline Carton, Dora Doll et de Robert Vattier dans Madame Pauline, une comédie musicale de Darry Cowl d’après la pièce La Maison de Zaza de Gaby Bruyère[23].

Entre 1974 et 1977, Marie-Georges Pascal passe beaucoup de temps sur les planches, tenant le plus souvent des rôles importants. On la voit avec Christian Marin et François Guérin dans Duos sur canapé, le nouveau succès de Marc Camoletti, reprenant le rôle de Bubble[24] créé quelques mois plus tôt par Martine Kelly. Passant de la comédie à la tragédie, on la retrouve dans Le Cid, mis en scène par Michel Le Royer pour sa toute nouvelle Compagnie Recherche et Tradition[25]. Elle interprète ensuite Ismène dans l' Antigone dirigée par Nicole Anouilh dont la première a lieu le 18 septembre 1975 au Théâtre des Mathurins[26]. Elle y a Annick Blancheteau (Antigone) et Michel Auclair (Créon) pour partenaires. En 1977, au Théâtre national de Chaillot, elle participe à la création de Transit, l'adaptation française de Just wild about Harry, la seule pièce écrite par Henry Miller, jouant le rôle de Jeanie aux côtés de Michel Fortin dans une mise en scène de François Joxe[27].

Les années 1980[modifier | modifier le code]

En 1980, Marie-Georges Pascal interprète une jeune femme brisée et vouée à la solitude dans Soir de grève d' Odile Ehret[28]. En 1981 elle est Hélène, la « colombe », la « godiche », dans le vaudeville de Labiche Un chapeau de paille d'Italie monté par Guy Kayat pour le Théâtre 71 de Malakoff[29]. L'année est faste pour la comédienne qui, en incarnant Estelle Rigault dans Huis clos de Jean-Paul Sartre, tient peut-être son plus grand rôle sur les planches. Dirigée par Georges Wilson, elle succède à Nicole Calfan à l'occasion de la tournée Herbert-Karsenty et fait face à Daniel Gélin qui joue Garcin[21],[30]. Elle retrouve également Jean Anouilh qui codirige avec Roland Piétri la création de sa dernière « pièce farceuse », Le Nombril[31], avec Bernard Blier en vedette. Ces tournées lui offrent de beaux rôles et sont bien rémunérées[32] mais l'éloigne de Paris et des tournages. En 1984, elle part encore une fois sur les routes avec Les affaires sont les affaires, mise en scène par Pierre Dux[21]. La comédie de mœurs d' Octave Mirbeau lui donne l'occasion d'interpréter une figure annonciatrice de l'émancipation féminine au XXe siècle, celle de la très volontaire et très libre Germaine Lechat.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Images d'archives[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Extrait de naissance n° 727/1946. Cf. Marie-Georges Pascal sur Les Gens du cinéma.
  2. Extrait de décès n° 19/1081/1985. Marie-Georges Pascal a été incinérée au crématorium du cimetière du Père-Lachaise et ses cendres ont été remises à sa famille. Cf.Les Gens du cinéma.
  3. a, b, c, d et e Cf. Interview de Marie-Georges Pascal par Marlyse Lowenbach, Télé 7 jours du 5 au 11 octobre 1974, page du vendredi 11 octobre 1974, à voir sur gerardchambre-tribute.ch
  4. Créditée le plus souvent comme Marie George Pascal (Gross Paris, Les Raisins de la mort) ou Marie-George Pascal (Les confidences érotiques d'un lit trop accueillant) Cf. IMDb
  5. Avant Marie-Georges Pascal, deux autres interprètes de ce film se sont donnés la mort ; Bella Darvi en septembre 1971 et Michèle Girardon en mars 1975
  6. a et b Marie-Georges Pascal sur Encyclo Ciné.
  7. a et b Marie-Georges Pascal sur Actrices de France.
  8. En 1974 les 128 films érotiques sortis réalisent plus de six millions d'entrées (16 % du total des entrées) sur Paris-périphérie Cf.L'age d'or du x documentaire de N.Castro et L.Préyale, Siriana Production, pour Ciné Cinéma et Paris Première
  9. Max Pécas a choisi de renommer son film Comment le Désir vient aux filles attribuant l'échec de celui-ci à sa sortie à un titre qui aurait « refroidi » un public qui auparavant lui était acquis.
  10. Une production allemande, mais on retrouve Marie-Georges Pascal dans un sketch très « parisien » avec Montmartre pour décor et Philippe Gasté et Paul Bisciglia pour partenaires
  11. Cf.Jean-François Davy présente La Trilogie paillarde, bonus édition DVD de Bananes mécaniques
  12. Plus de cent mille entrées sur Perpignan, nouvel « Eldorado » du cinéma érotique du grâce à l'afflux de spectateurs espagnols.Cf.Jean-François Davy présente La Trilogie paillarde, bonus édition DVD de Bananes mécaniques
  13. Aussi distribué sous le titre Dictionnaire de l'érotisme, Rêves pornos se compose essentiellement d'une compilation de scènes érotiques extraites de films tournés par Max Pécas entre 1965 et 1974 reliées entre elles de façon quelque peu artificielle avec, pour répondre aux nouvelles exigences du public et des distributeurs, l'emploi de séquences de sexe additionnelles. La scène où l'on retrouve Marie-Georges Pascal est reprise du film Je suis frigide...pourquoi ? tourné trois ans auparavant. Cf.Encyclo Ciné.
  14. Francis Mischkind dans L'age d'or du x documentaire de N.Castro et L.Préyale, Siriana Production, pour Cine Cinema et Paris Première
  15. Cf.Gerard Chambre tribute.ch Articles de presse et photos sur un site consacré au comédien.
  16. a et b Cf. Marie-Georges Pascal sur la Base de Données de Films Français (avec images)
  17. Cf. Norbert Moutier, Les Actrices de Jean Rollin, p. 49, et Norbert Moutier, Jean Rollin, p. 35 et 38.
  18. Marie-Georges Pascal et Les Raisins de la mort sur le blog Fascination:The Jean Rollin Experience.
  19. Jean Rollin insère quelques images de Les Raisins de la mort et de Marie-Georges Pascal dans son film testament La Nuit des horloges réalisé en 2007.
  20. a et b Cf.IMDb
  21. a, b et c Les tournées Herbert -Karsenty sur le site de L'Association de la Régie Théâtrale
  22. La neige était sale sur Mémoire des Celestins et programme du spectacle
  23. Madame Pauline fiche BnF
  24. Duos sur canapé, reprise de 1974, sur le site de L'Association de la Régie Théâtrale
  25. Le Cid, mise en scène de Michel Le Royer, sur Les Archives du spectacle et fiche BnF
  26. Antigone, mise en scène de Nicole Anouilh, sur Les Archives du spectacle, sur le site de L'Association de la Régie Théâtrale et affiche
  27. Transit, mise en scène de François Joxe, sur Les Archives du spectacle et fiche BnF
  28. Soir de grève fiche BnF
  29. Un chapeau de paille d'Italie, mise en scène de Guy Kayat, sur Les archives du spectacle
  30. Huis Clos, mise en scène de Georges Wilson, sur Ons stad n°9, 1982, p.30-32 présentation du spectacle avec photos des loges.
  31. Le Nombril sur le site de L'Association de la Régie Théâtrale et sur Mémoire des Celestins
  32. Les comédiens qui s'engagent pour plusieurs mois de tournée renoncent en effet à leurs activités parisiennes (tournages, doublages, publicités...) et demandent en conséquence des cachets beaucoup plus élevés pour compenser ce manque à gagner Cf. Jean-Claude Houdinière, Site du Syndicat National des Entrepreneurs de Spectacle

Liens externes[modifier | modifier le code]