Marie-Galante

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Marie-Galante
Bourgade de Caspesterre.
Bourgade de Caspesterre.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Archipel Petites Antilles
Localisation Mer des Caraïbes
Coordonnées 15° 56′ N 61° 16′ O / 15.93, -61.2715° 56′ N 61° 16′ O / 15.93, -61.27  
Superficie 158,01 km2
Côtes 84 km
Point culminant Morne Constant (204 m)
Géologie Makatea
Administration
Région d'outre-mer Guadeloupe
Département Guadeloupe
Démographie
Population 12 000 hab. (2006)
Densité 75,94 hab./km2
Plus grande ville Grand-Bourg
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC-4
Site officiel www.MarieGalante.info

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Marie-Galante
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Marie-Galante
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Marie-Galante
Marie-Galante
Îles de France

Marie-Galante, également appelée « l'île aux cent moulins », est une île de l'archipel des Antilles située à 30 km au sud-est des côtes de la Guadeloupe, dont elle est une dépendance administrative. Sa superficie de 158 km2 en fait la 3e île des Antilles françaises, juste après la Guadeloupe (1 434 km2), réunissant la Basse-Terre (848 km2) et la Grande-Terre (586 km2), et la Martinique (1 128 km2).

Avant tout agricole, l'île connaît aussi une activité de pêche et s'ouvre petit à petit au tourisme. Marie-Galante est adhérente à la charte Pays qui favorise l'action coordonnée des communes la composant et valorise la production locale. Tout comme dans le reste de l'archipel guadeloupéen (Grande-Terre, Basse-Terre, les Saintes, la Désirade) la langue officielle est le français et la langue régionale, le créole.

Administration[modifier | modifier le code]

Depuis les débuts de la colonisation, Marie-Galante a toujours été rattachée administrativement à l’arrondissement de Pointe-à-Pitre, hormis la période révolutionnaire de 1793-1794. Elle était républicaine alors que le reste de l'archipel était encore royaliste.

En 1994, ses trois communes se sont constituées en communauté de communes, la communauté de communes de Marie-Galante (CCMG) qui fut la première créée dans un département d'outre-mer. Son siège est Grand-Bourg, les deux autres communes étant Saint-Louis et Capesterre-de-Marie-Galante.

Liste des présidents de la CCMG
Période Identité Parti Qualité
Harry Selbonne
Les données antérieures ne sont pas encore mentionnées.

Démographie[modifier | modifier le code]

Marie Galante comptait en 1946, 30 000 habitants. Fortement marquée par l'exode massif de ses jeunes vers la grand île de Guadeloupe et la Métropole, l'île ne comptait plus en 2006 que 12 000 habitants. Cette chute de la population étant liée à la lente agonie de l'économie sucrière pendant cette période.

Liste des Villes de Marie-Galante

Rang Villes Pop. (2006) Superficie (km2) Densité
1 Grand-Bourg 5 707 55,54 103
2 Capesterre 3 469 46,19 75
3 Saint-Louis 2 833 56,28 50

Géographie[modifier | modifier le code]

Route du littoral marie-galantais

Certains appellent Marie-Galante la Grande Galette à cause de sa forme arrondie de 15 km de diamètre. L'île est un substrat calcaire vallonné, arrosé par l'alizé mais aussi soumis aux cyclones et aux tremblements de terre.

La côte nord, face à la Grande-Terre, est caractérisée par une haute falaise. Une faille appelée la Barre sépare le quart nord du reste de l'île. À l'ouest, face à la Basse-Terre, plages et mangroves s'étendent le long de la mer des Caraïbes. Les rivières de Saint-Louis et du Vieux-Fort s'y écoulent après avoir traversé le plateau insulaire depuis le cœur de Marie-Galante. À l'est et au sud, le plateau devient mornes pour basculer en pentes escarpées vers une plaine littorale. Celle-ci longe l'océan Atlantique dont elle est protégée par une barrière corallienne, les cayes.

Environnement[modifier | modifier le code]

Image satellite de Marie-Galante
Îlet du Vieux-Fort au large de Marie-Galante

Une partie du patrimoine animal et végétal terrestre a été dégradée suite aux activités humaines. Sauf à l'ouest, des récifs frangeants abritent encore de nombreuses espèces marines. Ils sont peu développés. À l’ouest de l'île, un banc corallien est présent à 20 mètres de fond environ. Des herbiers de phanérogames marines peuplent les fonds sableux littoraux, de manière discontinue.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au IIIe siècle, les Arawaks étaient installés sur l'île, qu'ils appelaient Touloukaéra. Les Caraïbes l'occupèrent au IXe siècle et lui donnèrent pour nom Aïchi ou Aulinagan, terre à coton. Les populations amérindiennes cultivaient aussi du manioc et avaient appris l'usage des plantes médicinales. Ils vivaient également de la pêche. On a trouvé dans des grottes (notamment à la grotte de Morne-Rita) et dans les vestiges de leurs villages des céramiques, des pétroglyphes et des objets religieux.

Puis, l'île fut baptisée le 3 novembre 1493 Maria Galanda, lors du second voyage de Christophe Colomb, prenant ainsi le nom de sa caravelle qui l'aurait abordée à Anse Ballet.

Une cinquantaine de colons français fut installée en 1648 à proximité du lieu-dit Vieux-Fort, par le gouverneur Charles Houël. En 1653, un second fort est bâti à Grand-Bourg. La population souffrait de conditions de vie difficiles et subit les attaques des Caraïbes jusqu'en 1660, année où un traité de paix fut signé à Basse-Terre entre autochtones et colons.

Pendant cette seconde moitié du XVIIe siècle, les premiers esclaves furent amenés d'Afrique à Marie-Galante pour cultiver les plantations. En 1671, la population noire constituait 57 % des habitants. Des Hollandais juifs exilés du Brésil s'installèrent aussi, en apportant leurs techniques de la culture de la canne à sucre.

En 1676, une flotte hollandaise enleva la population et pilla ses installations. Après le repeuplement de l'île, ses nouveaux habitants furent attaqués trois autres fois par les Hollandais.

De 1692 à 1816, Anglais et Français se disputèrent l'île à cinq reprises. Au cours de cette période, Marie-Galante fut indépendante de 1792 à 1794. En 1794, l'esclavage fut aboli, mais rétabli en 1802. En 1790, sur 11 500 Galandais, 9 400 étaient des esclaves.

En 1838, un incendie dévasta Grand-Bourg et, en 1843, l'île fut touchée par un tremblement de terre.

Les révoltes d'esclaves et l'intervention des abolitionnistes français aboutirent en 1848. À Marie-Galante, l'abolition définitive de l'esclavage fut fêtée pendant 3 jours et 3 nuits autour de la mare au punch à l'Habitation Pirogue. Mais, ces événements ne marquèrent pas la fin des violences coloniales. Lors des élections législatives de 1849, les forces de l'ordre réprimèrent, au morne Rouge, les affranchis qui s'opposaient à la fraude organisée par les grands planteurs. Il faudra attendre 1920 pour que des descendants d'esclaves deviennent propriétaires d'une sucrerie à Marie-Galante.

En 1865, un cyclone puis le choléra frappèrent l'île et sa population. En 1902, un second incendie dévasta Grand-Bourg. Des cyclones touchèrent encore l'île en 1928 et 1995.

En 1994, la charte du pays Marie-Galante est signée. Les membres la composant, à savoir les trois communes de l'île, se sont engagées par cette charte à valoriser la production locale de l'île et à protéger son patrimoine écologique en créant un site protégé au nord-est de l'île en partenariat avec l'association Amicale Ecolambda. Marie-Galante se présente donc comme un pays vert en devenir.

Le 24 janvier 2010 à 18 heures 43 minutes, heure locale un séisme[1],[2] d’une magnitude de 5,1 survient en Martinique. Son hypocentre est situé approximativement à 60 km de Marie-Galante, et à 52 km de Saint-François au nord de la Guadeloupe à une profondeur de 67 km. Les sismologues indiquent toutefois que ce tremblement de terre n’aurait aucun rapport avec le séisme d'Haïti du 12 janvier[3].

Économie et culture[modifier | modifier le code]

Moulin Bézard dans le sud de l'île, inscrit aux MH

L'économie coloniale développa sur l'île les cultures du tabac, de l'indigo, du café et du coton. Mais, dès le XVIIe siècle, les planteurs ont fait de la canne à sucre une très importante source de revenus. Elle se maintint aux XIXe siècle et XXe siècle, s'adaptant à l'abolition de l'esclavage et à la grande crise sucrière.

De cette culture de la canne, Marie-Galante a hérité un surnom : l'île aux cent moulins. On dénombrait en 1818 un peu plus d'une centaine de moulins à vent, qui permettaient de broyer la canne. Le jus qui en était tiré était transformé en sucre ou en rhum. Les moulins étaient originellement actionnés par des bœufs, puis des moulins à vent apparurent à partir de 1780, à leur tour concurrencés par des moulins à vapeur à partir de 1883.

Le XIXe siècle vit disparaître l'organisation économique de l'Ancien Régime. Progressivement, toutes les petites sucreries furent restructurées en usines sucrières. En 1885, cinq sites regroupaient l'activité. En 1931, 18 distilleries et 4 usines à sucre étaient en production. Les grandes plantations ont fait place à de petites exploitations agricoles, organisées au XXe siècle autour de coopératives. Mais, l'agriculture est soumise dans toutes les Antilles françaises à une forte concurrence internationale. En ce début de XXIe siècle, une sucrerie (usine de Grande Anse) et trois distilleries (Bellevue, Bielle, Poisson) subsistent à Marie-Galante. Le rhum blanc agricole qui y est produit fait l'objet d'une appellation d'origine. Il est classé AOC (59°). La production sucrière biologique pourrait aussi être un nouvel axe de développement, mais, le contexte actuel d'arrêt des subventions européennes rend incertain l'avenir agricole et donc économique de Marie-Galante et de ses habitants.

De l'ancienne économie, on peut encore voir de nombreux vestiges. Cette richesse historique est mise en valeur : quelque 70 tours dont deux moulins restaurés (Moulin Bézard et le moulin de la distillerie Bellevue), habitations coloniales et anciennes sucreries (Habitation Murat et son moulin Murat). Un réseau de sentiers permet aux randonneurs de découvrir l'île et sa population.

Ainsi, Marie-Galante connaît-elle à son tour, la mutation économique que permet l'activité touristique. Mais, le développement de ces services s'appuie ici sur une politique de conservation de la nature et du patrimoine, qu'il soit précolombien, colonial ou contemporain. Les Marie-Galantais préservent ainsi un style de vie pittoresque alliant modernité et authenticité. Alors que l'île dispose de plages parmi les plus réputées des Antilles, l'industrie hôtelière y est discrète. En revanche, des artistes internationaux s'y retrouvent chaque année à l'occasion du Festival Terre de Blues[4] au cours du week-end de la Pentecôte.

Elle a été chantée par Laurent Voulzy dans la chanson Belle-Île-en-Mer, Marie-Galante. Cette chanson a inspiré le trophée BPE en 2007 ainsi que le jumelage de l'île avec Belle-Île-en-Mer.

Personnages célèbres[modifier | modifier le code]

  • En 1645, Constant d'Aubigné fut le gouverneur, discret, de Marie-Galante. Sa fille Françoise d'Aubigné l'accompagnait. Plusieurs années après, elle allait devenir Madame de Maintenon (épouse secrète de Louis XIV) mais, de son séjour aux Antilles, lui restera le surnom de Belle Indienne.
  • Charles-François Bonneville, né le 13 mars 1803 à Brancourt-le-Grand (Aisne) a été maire et conseiller général de Grand Bourg de 1854 à 1860. Également président de la Chambre d'Agriculture, il est l'artisan du renouveau de la culture du coton longue soie qu'il expérimente sur l'habitation Thibault[5].
  • Guy Tirolien, 1917-1988, poète.
  • Bernard Leclaire, 1959, poète romancier, Un visage dans la mer, Noces divines, Le château des Murat, La Mare au Punch[6].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

« MARI-GALANTE, s. f. (Géog.) île de l'Amérique, appartenant à la France ; elle est située au vent de celles des Saintes, à 18 lieues au nord de la Martinique, & à 3 ou 4 de la pointe des salines de la grande terre de Guadeloupe. Cette île est presque ronde & peut avoir 18 lieues de tour ; ses bords sont fort escarpés dans certaines parties, mais les montagnes qui couvrent l'intérieur du pays sont moins hautes que celles des hautes îles, la terre y produit du sucre, du caffé, beaucoup de coton & quantité de mays & de légumes, elle n'est pas bien pourvûe de rivières ; à cela près cette île est très-agréable. »

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Galante, terre d'histoire sucrière, H. et D. Parisis, et B. Genet, préface d'Alain Buffon, Ed.Parisis, 2005, (220 pages), (ISBN 2-9526427-0-2)
  • Vie quotidienne à Marie Galante, l'habitation Thibault, moulin d'espérance, Philippe et Jacqueline Nucho-Troplent. Éditions L'Harmattan 2006
  • Ballivet, Marie-Galante : extrait de « nos paroisses », Basse-Terre, Imprimerie catholique, 48 p. (lire en ligne)
  • Jean-Marie Pardon, La Guadeloupe depuis sa découverte jusqu’à nos jours, Paris,‎ 1881, 363 p. (lire en ligne), p. 27-40
  • Murat, Une famille de Marie-Galante et son habitation, Philippe Nucho-Troplent, Éditions L'Harmattan, mai 2013 (ISBN 978-2-343-00289-7)

Liens externes[modifier | modifier le code]