Marie-Catherine d'Aulnoy

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Marie-Catherine Le Jumel de Barneville, baronne d’Aulnoy

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait de Marie-Catherine Le Jumel de Barneville.

Activités Écrivain
Naissance 14 janvier 1651
Barneville-la-Bertran
Décès 13 janvier 1705 (à 53 ans)
Paris
Langue d'écriture Français
Genres Conte merveilleux

Œuvres principales

L'Oiseau bleu

Marie-Catherine Le Jumel de Barneville, baronne d’Aulnoy, née à Barneville-la-Bertran le 14 janvier 1651 et morte à Paris le 13 janvier 1705, est une écrivaine française.

Femme « d'esprit » et scandaleuse, elle est l'un des auteurs à l'origine du genre écrit du conte merveilleux au sein duquel, à la différence, d'auteurs tels que Charles Perrault qui travaillaient dans le sens du polissage, usant d'allégories et de satires, elle a insufflé un esprit subversif.

Son travail littéraire est souvent rapproché de celui de Jean de La Fontaine pour sa critique masquée de la cour et de la société française du XVIIe siècle.

Vie mondaine[modifier | modifier le code]

Marie-Catherine Le Jumel de Barneville est un membre de à la petite noblesse normande. Fille de Claude Le Jumel et de Judith Angélique Le Coustelier, elle est la nièce de la savante Marie Bruneau des Loges (1585-1641) et parente du marquis de Béringhem.

Comme il était d'usage à l’époque, sa famille arrange son mariage et, le 8 mars 1666, à l’âge de seize ans, elle épouse François de La Motte, baron d’Aulnoy en Brie, valet de pied du duc de Vendôme, qui est son aîné de trente ans et possède une réputation de grand buveur et de coureur impénitent.

Trois ans plus tard, en 1669, Marie-Catherine, sa mère et deux complices (probablement leurs amants), montent une machination faisant accuser le baron d’Aulnoy d’un crime de lèse-majesté passible de la peine de mort. Arrêté, son mari est relaxé, mais les « amis » de sa femme sont condamnés à la décapitation pour calomnie. Le complot éventé, la baronne doit son salut à une fuite dans des circonstances rocambolesques, fuyant par un escalier dérobé et se réfugiant sous le catafalque d’une église. Contrainte à l'exil, elle aurait voyagé à travers l’Europe et serait passée en Angleterre pour échapper à la condamnation qui la menaçait.

En 1675, elle aurait gagné l’Espagne où sa mère la comtesse de Gudanne, résidait jusqu’au moment où cette dernière pût revenir en France en 1685, car elle rentre en grâce auprès de Louis XIV pour "services rendus à la cour".

On retrouve la trace de la baronne d'Aulnoy en 1690, lorsqu’elle s’installe à Paris, où elle ouvre un salon littéraire, avant de se trouver à nouveau compromise dans un scandale pour son amitié pour Madame Ticquet, par la suite décapitée pour le meurtre de son mari.

Elle est également admise à l’Académie des Ricovrati de Padoue comme la septième femme célèbre parmi ses membres sous les surnoms de « l’éloquente » et de « Clio » ; elle y représente la muse de l’histoire.

Vie littéraire[modifier | modifier le code]

Contemporaine de Madame de La Fayette et de la Marquise de Sévigné, liée d’amitié avec Charles de Saint-Évremond et avec plusieurs conteuses du siècle comme Julie de Murat et Marie-Jeanne L’Héritier, cette commence alors à publier, dès 1690, ses premiers récits, dans le goût de son temps, et qui s’intitulent les Mémoires sur la cour d’Espagne, l’Histoire d’Hippolyte, comte de Douglas ou la Relation du voyage d’Espagne (1691), les Mémoires des aventures de la cour de France (1692), les Mémoires secrets de plusieurs grands princes de la cour (1696). Ces productions littéraires estimées sont suivies des contes qui ont assuré sa notoriété.

L’Île de la félicité est le premier conte de fées à être publié en France. Après le succès des Contes de ma mère l’Oye de Charles Perrault en 1697, Marie-Catherine d’Aulnoy fait paraître les quatre volumes des Contes des fées, suivis des Contes nouveaux ou les Fées à la mode, respectivement parus en 1697 et 1698 et qui lui valent la célébrité.

Comptant parmi les plus authentiques chefs-d’œuvre de la littérature féerique, ses contes L’Oiseau bleu, La Belle aux cheveux d’or, Gracieuse et Percinet, Le Prince lutin, La Biche au bois, La Chatte blanche, Le Rameau d’or, Finette Cendron, Le Nain jaune, La Grenouille bienfaisante, reflètent l’évolution d’un genre emprunté aux traditions populaires en un genre littéraire destiné au lectorat adulte de la société galante.

Construits comme des aventures romanesques, où se découvre aisément l’influence de la pastorale, du théâtre et du roman contemporains, ses contes mêlent allègrement excès de préciosité, naturel désinvolte, réalisme et cruauté. Le vécu de Marie-Catherine d’Aulnoy se manifeste également dans son écriture lorsqu’elle se sert de l’allégorie pour dénoncer sans ambages l’épreuve du mariage forcé qu’elle a eu à subir.

Marie-Catherine d'Aulnoy meurt paisiblement chez elle à Paris, en 1705.

Un de ses éditeurs et biographe, Mathurin de Lescure, dit des deux portraits qui subsistent de cette conteuse qu’ils laissent « l’image d’une sémillante et plantureuse beauté ».

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

Œuvres de l’auteur 
  • rééd. : Mme d’Aulnoy, Contes des Fées, suivis des Contes nouveaux ou Les Fées à la mode, Nadine Jasmin (éd.), Paris, Champion, « Bibliothèque des génies et des fées », 2004.
  • Le Comte de Warwick, La Compagnie des Libraires associez, 1703.
  • Les Contes des Fées, Paris, Barbin, 1698.
  • Contes nouveaux ou Les Fées à la mode, Paris, Vve de T. Girard, 1698, 2 vol. in-12. contient entre autres :
  • Les illustres fées, contes galans, Paris, M.-M. Brunet, 1698, in-12, 338 p. ill.
  • Histoire d’Hypolite, comte de Douglas, Paris, Sevestre, 1690.
  • Jean de Bourbon, prince de Carency, Paris, 1692.
  • Mémoires de la cour d’Espagne, Paris, Barbin, 1692.
  • Mémoires secrets de Mr L.D.D.O. ou Les Avantures comiques de plusieurs grands princes de la cour de France, Paris, Bredou, 1696.
  • Mémoires des avantures singulières de la cour de France, La Haye, Alberts, 1692, puis sur la cour d’Angleterre, 1695.
  • Nouvelles Espagnolles, Paris, Barbin, 1692.
  • Nouvelles, ou Mémoires historiques, Paris, Barbin, 1693.
  • Mémoires de la cour d’Espagne, Paris, Barbin, 1690 dont Sainte-Beuve notera l’intérêt. Puis Relation du voyage d’Espagne, Paris, Barbin, 1691
  • Recueil de Barbin.
Bibliographie critique
  • Anne Defrance, Les Contes de fées et les nouvelles de Mme d’Aulnoy, 1690-1698, L’imaginaire féminin à rebours de la tradition, Genève, Droz, 1998.
  • Nadine Jasmin, Naissance du conte féminin, Mots et merveilles, Les contes de fées de Madame d’Aulnoy, 1690-1698, Paris, Champion, 2002.
  • Jean Mainil, Mme d’Aulnoy et le rire des fées : essai sur la subversion féerique et le merveilleux comique sous l’Ancien régime, Paris, Kimé, 2001.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Vie et œuvre[modifier | modifier le code]

Œuvres en ligne[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens internes[modifier | modifier le code]