Marie-Antoinette de Bourbon-Siciles

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Marie-Antoinette de Bourbon-Siciles.

Maria Antonia Anna de Bourbon-Siciles (en it: Maria Antonia Anna di Borbone-Due Sicilie), plus connue sous le nom de Marie-Antoinette des Deux-Siciles ou Marie-Antoinette de Toscane (Palerme, 19 décembre 1814 - Gmunden, Haute-Autriche, 7 novembre 1898), était une princesse italienne du XIXe siècle du Royaume des Deux-Siciles, qui fut, par son mariage avec le grand-duc de Toscane Léopold II, grande-duchesse de Toscane. Elle fut la dernière souveraine régnante en Toscane avant l'Unification italienne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille de François Ier des Deux-Siciles et de Marie-Isabelle d'Espagne, Marie-Antoinette était née à Palerme pendant l'occupation napoléonienne de Naples. Elle fut baptisée Maria Antonia en honneur de Marie-Antoinette d'Autriche, reine de France, sœur de sa grand-mère Marie-Caroline d'Autriche. En famille elle fut toujours connue sous le nom de Maria Antonietta (la contrepartie italienne de Marie-Antoinette). Ses grands-parents paternels étaient Ferdinand Ier des Deux-Siciles et Marie-Caroline d'Autriche, ses grands-parents maternels étaient Charles IV d'Espagne et Marie-Louise de Bourbon-Parme.

Son père mourut quand elle avait onze ans et Marie-Antoinette en souffrit beaucoup. Sa mère était une femme frivole et avait une vie scandaleuse. La jeune princesse alors s'attacha à son frère, le nouveau roi Ferdinand II, qui l'aimait beaucoup, et à sa belle-sœur, la pieuse Marie-Christine de Savoie. Ils la surnommèrent affectueusement Totò.

À l'âge de dix-huit ans elle fut demandée en mariage soit par Ferdinand-Philippe d'Orléans, fils ainé de Louis-Philippe Ier, soit par Léopold II de Lorraine, grand-duc de Toscane. Le roi Ferdinand II permit à sa sœur de choisir et Marie-Antoinette choisit Léopold. Le grand-duc, de l'âge de trente-sept ans, était son cousin: il avait la réputation d'être un homme juste et honnête, attentif à son peuple, et était surnommé le meilleur prince d'Europe. L'année dernière il était resté veuf de sa première femme, Marianne Caroline de Saxe, morte de la tuberculose sans avoir un fils, mais seulement trois filles.

Le mariage de Léopold et Marie-Antoinette fut célébré à Naples le 7 juin 1833. À son entrée à Florence, la nouvelle grande-duchesse fut très acclamée par le peuple en raison de sa beauté et parce qu'elle était italienne. D'abord elle avait des difficultés à comprendre le mode de vie bourgeois de son nouveau peuple: habituée au peuple en haillons de Naples, elle ne pouvais comprendre parce qu'elle devait donner l'aumône à des pauvres bien vêtus. Un jour elle dit avec son très fort accent napolitain: « In Firenze non ce stanno poveri! » (En Florence il n'y a pas des pauvres!). Léopold, qui l'adorait, aida sa femme et l'entoura des seules dames florentines, en particulier la comtesse Adele Palagi, qui fut sa première dame d'honneur jusqu'à la fin. De cette façon Marie-Antoinette, qui n'était pas très cultivée, compris sa nouvelle maison et aima Florence comme sa ville natale. Elle aimait beaucoup l'art et la musique, elle avait bon goût et fut une grande mécène d'artistes. Elle et son mari étaient des gens très simples et étaient très populaires. Le peuple ne les appelait pas Leurs Altesses impériales et royales mais Sor Granduca et Sora Granduchessa (une manière très informelle; en français on pourrait dire "Monsieur le Grand-duc" et "Madame la Grande-duchesse"). Ils allaient à des festivals et Marie-Antoinette, qui aimait la danse, dansait avec le peuple.

Le mariage fut très heureux et ils eurent dix enfants: cinq filles et cinq fils. Léopold et Marie-Antoinette étaient des parents très présents et affectueux et ils souffraient beaucoup quand un de leurs enfants mourait: Marie-Antoinette resta jusqu'à la fin avec ses enfants.

De cette union naîtront :

En 1848, à Milan, éclata une insurrection pour chasser les autrichiens. Léopold et son beau-frère Charles-Albert de Savoie, aidèrent les révolutionnaires et envoyèrent leurs armées. À Florence le drapeau de Lorraine fut substituée par le drapeau tricolore italienne avec la couronne grande-ducale au centre et le peuple était très excité: la grande-duchesse cousait des bandages pour les blessés. Mais, quand il fut évident que Charles-Albert voulait gagner Milan seulement pour élargir son royaume, Léopold rappela ses armées. Cependant, l'aristocratie florentine, liée à la noblesse de Savoie, était insatisfaite, tandis que les démocrates voulait l'unification italienne. Dans ce chaos, Léopold, qui était pacifiste, décida de ne pas continuer la guerre. Alors les démocrates hostiles proclamèrent la république; Léopold et Marie-Antoinette s'enfuirent à Gaeta, reçus par Ferdinand II et le Pape Pie IX. Marie-Antoinette, en appréhension pour le trône de son fils, devint réactionnaire, influencée par son frère. Alors elle dit à Léopold de demander l'aide de l'Autriche: les armées autrichiennes défirent les révolutionnaires et le 28 juillet 1849 le Grand-duc pouvait retourner sur son trône.

La vie à Florence retourna à la normale, Léopold continua à gouverner et fut de nouveau aimé. Au contraire, Marie-Antoinette, sœur de le "Tyran de Naples", devint détestée dans les milieux aristocratiques et bourgeois. Dix ans plus tard, éclata la guerre entre l'Autriche et le Piémont. Les deux neveux de Léopold, Victor-Emmanuel II de Savoie et François-Joseph Ier d'Autriche, demandèrent à aider de leur oncle, mais le vieux Grand-duc ne voulait pas d'effusion de sang. Alors l'aristocratie florentine, en contact avec la noblesse de Savoie, organisa une "révolution". Le 27 avril 1859, à 9 heures du matin, dans la Place Maria Antonia, fut exposée la bande tricolore et partit un marche pacifique vers le Palais Pitti. L'aristocratie demanda l'entrée en guerre et l'abdication de Léopold, mais il refusa. Cependant il ne voulait pas recourir à la force, parce qu'il aimait trop son peuple et sa ville. Ému par l'honneur, il ne pouvait pas abdiquer, alors à contrecœur il décida d'abandonner Florence. Léopold, Marie-Antoinette et toute leur famille, à 6 heures du soir, quittèrent la ville en voiture, sortant par la porte de Boboli et partant pour Bologne.

Léopold et Marie-Antoinette allèrent en Autriche, mais quelques années plus tard ils retournèrent en Italie, à Rome. Léopold mourut à Rome en 1870, en peu avant l'occupation de la ville par les armées de Savoie. La grande-duchesse et ses enfants alors retournèrent en Autriche. Son fils plus jeune et aimé, Jean-Népomucène devint très ami de le prince héritier Rodolphe d'Autriche, son cousin. Après Mayerling, Jean renonça à tous ses titres et partit sur un navire: il disparut en mer. Marie-Antoinette refusa jusqu'à la fine de sa vie de croire à la mort de son fils et continua à le faire chercher (des criminels la trompèrent avec fausses informations). Une fois par an elle retourna à Rome pour prier sur la tombe de son mari: en 1893 elle s'arrêta à Florence et fut honorée avec grande chaleur par le peuple. Marie-Antoinette mourut le 7 novembre 1898 au Schloss Orth, en Haute-Autriche. À Florence il y fut une messe solennelle en mémoire avec une très grande participation.

Articles connexes[modifier | modifier le code]