Marie-Antoinette Lix

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Antoinette Lix

Marie-Antoinette Lix est une héroïne franco-polonaise née le 31 mai 1839 à Colmar et morte en 1909 à l'hospice de Saint-Nicolas-du-Port en Meurthe-et-Moselle. Elle est la fille d'un grenadier à cheval converti en aubergiste après vingt ans de service, et perd sa mère en 1843.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marie-Antoinette Lix surnommée Tony par son père, reçoit une éducation à la garçonne. Nostalgique de la vie militaire, son père veuf lui enseigne le maniement des armes, l'équitation et l'escrime. Douée pour le maniement des arts militaires, à l'âge de 10 ans, elle ne sait ni lire ni écrire. Sur recommandation de ses voisins, son père se verra obligé de lui donner une éducation scolaire, en envoyant Marie-Antoinette en pension chez les religieuses de la Divine providence de Ribeauvillé[1]. Marie-Antoinette intelligente, rattrape rapidement son retard et devient une brillante élève et obtient son brevet libre d’institutrice à l’âge de 17 ans.

Campagne polonaise[modifier | modifier le code]

En 1863, elle est engagée comme préceptrice à Szycz dans la famille aristocratique polonaise Lubienski, pour enseigner le français et l'équitation aux quatre enfants de la comtesse Lubienska qui deviendra sa meilleure amie et sa confidente. Le 27 janvier 1863, la Pologne soumise au tsar, se soulève. Les russes commencent à réprimer le soulèvement, et pourchassé par les cosaques de Mouravieff, le comte Lubienski est obligé de fuir. La comtesse Lubienska restée seule avec ses quatre enfants à Szycz, Marie-Antoinette prend la direction du domaine qui devient au fil des jours un hôpital polonais. Elle soigne secrètement les blessés dans les douves, lorsque la comtesse lui apprend qu'une dépêche trouvée sur un blessé informe qu'un bataillon du général polonais Boncza tombera le lendemain, dans une embuscade. Marie-Antoinette revêt un costume militaire, selle un cheval et se rend par une nuit glaciale vers les positions de l'escadron de Boncza, se trouvant dans la foret de Gory. Vers trois heures du matin, l'escadron polonais aidé et motivé par Tony le français, charge par surprise vers les rangs cosaques. Son courage galvanise les polonais qui réussiront à se dégager et à éviter le massacre et la déroute. Le général mortellement blessé, désire connaître ce jeune homme qui fut son sauveur, elle se présentera sous le nom de Michel le Sombre. Promue lieutenant et admirable cavalière, elle se couvrira de nombreux faits d'armes et escortera la famille Lubienski jusqu'à la frontière Prussienne où la comtesse et ses enfants devront trouver refuge à Dresde. Le peloton de Tony surnommé la légion du désespoir, s'engage contre les dragons russes et à un contre dix, sabre au poing, Marie-Antoinette sera blessée au bras, prisonnière et interrogée par le général Czongiery. Son passeport français révèlera le sexe, ce qui la sauvera et au lieu d'être fusillée, elle sera reconduite à la frontière Prussienne.

Campagne française[modifier | modifier le code]

Colmar: plaque commémorative

De retour en France, elle regagne l'Alsace où elle exercera le métier de vendeuse, mais très vite elle suivra des cours d'infirmière, et en 1866, elle part à Lille où le choléra fait rage. Son dévouement et ses faits d'armes arrivent jusqu'aux oreilles de l'empereur Napoléon III, qui lui accordera la direction du bureau de poste de Lamarche (Vosges).

La la guerre franco-prussienne de 1870 éclate, et Marie-Antoinette s'engage à Paris comme femme-soldat, contre toute opposition des fonctionnaires. La veille de Sedan, le capitaine de compagnie des francs-tireurs de Lamarche, lui propose de s'enrôler comme lieutenant. À la tête d'une section, elle se battra dans la région de Saint-Dié, de La Bourgonce, puis sera chargée de la défense de La Salle et Saint-Rémy. En compagnie d'une poignée de fidèles, chassepot au poing, elle repousse une attaque ennemie, et ne se replie qu'à court de munitions. Chargée de protéger Langres, elle protègera des prisonniers français contre des bavarois, qui désiraient les massacrer. Malade elle est réformée et se retire en 1898 chez les religieuses à l'hospice de Saint-Nicolas-du-Port en Meurthe-et-Moselle où elle décède en 1909. Une plaque est apposée sur la maison qui l'a vue naître au 76 Grand-Rue à Colmar (Alsace).

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://etienne.biellmann.free.fr/colmar/fr/lix.htm

Source[modifier | modifier le code]

  • Pierre Mariel, « Une héroïne franco-polonaise : Antoinette Lix », in Historama, n° 148, page 86

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie Schmitt, « Marie Antoinette Lix », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 24, p. 2402
  • Marie-Antoinette : correspondance secrète entre Marie-Thérèse et la comtesse de Mercy-Argenteau avec les lettres de Marie-Thérèse et de Marie-Antoinette par Empress of Australia Maria Theresa, Queen consort of Louis XV1 King of France Marie Antoinette, Ritter von Alfred Arneth, A Geffroy, comte de Florimond-Claude Mercy-Argenteau - Publié par Adamant Media Corporation, 2005 (ISBN 0-543-96276-8), (ISBN 978-0-543-96276-8)

Liens externes[modifier | modifier le code]