Marie-Anne d'Autriche (1635-1696)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Marie-Anne d'Autriche.
Marie-Anne d'Autriche
Portrait de la reine Marie-Anne, par Diego Vélasquez, vers 1655, huile sur toile, 128,8 x 99 cm, Vienne, Kunsthistorisches Museum.
Portrait de la reine Marie-Anne, par Diego Vélasquez, vers 1655, huile sur toile, 128,8 x 99 cm, Vienne, Kunsthistorisches Museum.
Titre
Reine consort d'Espagne, de Naples et de Sicile
7 octobre 164917 septembre 1665
(15 ans, 11 mois et 10 jours)
Prédécesseur Élisabeth de France
Successeur Marie Louise d'Orléans
Duchesse consort de Bourgogne, de Milan, de Brabant,
de Luxembourg et de Limbourg et
comtesse consort de Flandre
7 octobre 164917 septembre 1665
(15 ans, 11 mois et 10 jours)
Prédécesseur Élisabeth de France
Successeur Marie Louise d'Orléans
Comtesse palatine de Bourgogne
7 octobre 164917 septembre 1665
(15 ans, 11 mois et 10 jours)
Prédécesseur Élisabeth de France
Successeur annexée par la France
Biographie
Dynastie Habsbourg
Date de naissance 24 décembre 1634
Lieu de naissance Wiener Neustadt (Autriche)
Date de décès 16 mai 1696 (à 61 ans)
Lieu de décès Madrid (Espagne)
Sépulture Escurial
Père Ferdinand III du Saint-Empire
Mère Marie-Anne d'Autriche
Conjoint Philippe IV d'Espagne
Enfant(s) Marguerite-Thérèse d'Autriche
Philippe Prosper d'Autriche
Charles II d'Espagne

Marie-Anne d'Autriche, parfois également appelée Marianne d'Autriche (en espagnol « Mariana ») (née le 24 décembre 1634 à Wiener Neustadt, dans l'archiduché d'Autriche et morte le 16 mai 1696 (à 61 ans) à Madrid) fut reine consort d'Espagne, de Sicile et de Naples, duchesse consort de Bourgogne, de Milan, de Brabant, de Luxembourg et de Limbourg, comtesse consort de Flandre et comtesse palatine de Bourgogne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marie-Anne d'Autriche est la fille aînée de l'empereur Ferdinand III et de Marie-Anne d'Autriche, infante d'Espagne et la sœur (puis la belle-mère) de l'empereur Léopold Ier du Saint-Empire.

Mariage dynastique[modifier | modifier le code]

Enfant, elle est promise à son cousin, l’infant héritier Baltasar Carlos d'Espagne, prince des Asturies, fils de Philippe IV et d’Élisabeth de France. La mort de l'infant en 1646 et les intérêts de l'Empire et de sa Maison feront de Marie-Anne la promise de son oncle, devenu veuf.

Régente d'Espagne à la mort de son mari, confrontée à la faible constitution de son fils, dernier représentant de la branche des Habsbourg d'Espagne, et aux intrigues de la cour, elle sera la principale animatrice de la politique Espagnole de la fin du XVIIe siècle.

En 1649, Marie-Anne, âgée de 14 ans, épouse son oncle de 30 ans son aîné. Elle donne au roi cinq enfants :

De son premier mariage, Philippe IV garde une fille Marie-Thérèse d'Autriche, future épouse du roi de France Louis XIV, qui n'a que 3 ans de moins que Marie-Anne et est l'héritière de la couronne en l'absence d'héritier mâle... Marie-Thérèse épouse Louis XIV en 1660 et lui donne un fils dès 1661...

Régente[modifier | modifier le code]

Quand Philippe IV meurt en 1665, Charles II n'a que trois ans et Marie-Anne, âgée de 30 ans, devient régente jusqu'en 1675 et garde le contrôle de l'Espagne jusqu'à sa mort en 1696.

Querelles de préséance[modifier | modifier le code]

Peu préparée à jouer un rôle politique, la souveraine s'appuie sur le père Johann Eberhard Nithard son ancien précepteur qui l'a suivi en Espagne, devenu son aumônier et son confesseur et en qui le feu roi lui-même avait grande confiance.

Pour le faire entrer au conseil de régence, la reine lui octroie la nationalité espagnole.

Cependant, le jésuite qui a déjà refusé la dignité cardinalice, est impopulaire du seul fait de ses origines étrangères. Il est aussi issu d'une famille protestante. Le clergé, la noblesse et le peuple ne veulent pas de cet Allemand pourtant très compétent. Un de ses serviteurs sera même assassiné. Il semble que Juan José d'Autriche comte d'Oñate, fils légitimé de Philippe IV, soit à l'origine de l'attentat. La reine sera finalement obligée de renvoyer son conseiller. Pour ne pas perdre la face et ne pas humilier cet homme digne de sa confiance, elle le nommera ambassadeur près le Saint Siège et le fera nommer cardinal.

Juan Jose d'Autriche, l'opposant

En effet, Juan José d'Autriche, fils que le défunt Philippe IV a eu de la comédienne Maria Calderón, fort populaire auprès du peuple du fait de ses origines mais aussi de la noblesse pour ses actions militaires tant en Sicile qu'en Flandres, a été nommé gouverneur de l'Aragon. Rassemblant 600 cavaliers, il a pris la tête de l'insurrection aragonaise. Voulant éviter une guerre civile, la régente n'a d'autre choix que de se séparer de son principal conseiller, le père jésuite Johann Eberhard Nithard en 1669.

De même, s'appuyant sur la noblesse, Don Juan José obligera la reine-mère à se séparer d'un autre premier ministre dont le principal handicap était d'être un roturier anobli, Fernando de Valenzuela. Juan José finit par se faire nommer premier ministre en 1677. Sa mort en 1679 permit à la reine-mère de reprendre les rênes du pouvoir.

Marie-Anne, décrite comme ayant été une jeune fille gaie mais devenue froide et moins enjouée après son mariage qui l'assujettit à l'implacable et oppressante étiquette de la cour Espagnole et les intrigues auxquelles elle doit faire face.

L'historien François Lebrun, peu amène envers la souveraine, la qualifie même de "paresseuse et incapable". Peut-être était-elle seulement dépressive ?

Querelles diplomatiques et guerrières[modifier | modifier le code]

Les triomphes de Louis XIV de France sur l'Espagne (et l'Empire)

En Europe, à peine le roi d'Espagne est-il mort que Louis XIV de France, prétextant le non-paiement de la dot de son épouse la reine Marie-Thérèse, déclenche la Guerre de dévolution qui affaiblit un peu plus l'Espagne (1667-1668). Par le traité d'Aix-la-Chapelle, l'Espagne doit céder à la France quelques place-fortes Belges mais récupère la Franche-Comté que la France lui prendra définitivment dix ans plus tard par le Traité de Nimègue qui mit fin à la Guerre de Hollande.

Reculant aux Pays-Bas et Franche-Comté, l'Espagne recule aussi dans la péninsule Ibérique. Pour protéger sa frontière occidentale, la régente a du signer avec le souverain rebelle Portugais le traité de Lisbonne qui reconnait l'indépendance du Portugal qui était espagnol depuis 1580.

Favorable à l'alliance autrichienne, la reine Marie-Anne s'allie de nouveau aux puissances Européennes contre la France de Louis XIV en 1674 et s'engage dans la Guerre de Hollande. Elle y perd la Franche-Comté et d'autres places Belges.

De ce fait, la reine ne peut empêcher le mariage de son fils avec une nièce de Louis XIV, Marie-Louise d'Orléans (1679).

La jeune reine se fait la championne de la politique impérialiste de la France, inclinant le roi à demeurer neutre alors que la guerre de la Ligue d'Augsbourg se profile. Elle meurt à 27 ans en 1689 et les français font courir le bruit quelle a été empoisonnée sur les ordres de la reine-mère. D'ailleurs, le roi épousera en secondes noces Marie-Anne de Neubourg, sœur de l'impératrice (1691). Les deux mariages resteront stériles, le roi étant notoirement incapable d'engendrer.

En 1668, le missionnaire jésuite Diego Luis San Vitores nomme les îles Mariannes dans le Pacifique Nord en hommage à la reine.

Querelles de succession[modifier | modifier le code]

Le petit roi Charles II d'Espagne étant considéré comme viable, en 1666 Marie-Anne a marié sa fille l'infante Marguerite-Thérèse, tant de fois peinte par Diego Velasquez, à Léopold Ier du Saint-Empire. La politique étant le premier devoir des princes et les méfaits de la consanguinité étant ignorés, il ne semble pas scandaleux qu'une princesse soit mariée à son oncle. Il en a été de même pour Marie-Anne. La jeune impératrice est morte prématurément en 1673 en laissant à son mari une fille unique Marie-Antoinette d'Autriche (1669-1692), héritière potentielle de l'empire espagnol, laquelle a été mariée en 1685 à l'électeur Maximilien II de Bavière.

Charles II n'ayant pas de descendance de ses deux mariages, la reine-mère lui fit désigner comme successeur peu avant de mourir son arrière-petit-fils, le prince Joseph-Ferdinand de Bavière né en 1692, « Le plus fort en droit, le plus faible en puissance » d'après Saint-Simon.

La reine mourut en 1696 et fut inhumée avec les autres membres de sa dynastie à l'Escurial.

Le petit prince bavarois ne lui survécut pas longtemps. Il mourut subitement en 1699 et l'on parla encore de poison, la France et l'Autriche lorgnant sur le fabuleux héritage Espagnol.

Ascendance[modifier | modifier le code]