Marie-Anne Gaboury

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Marie-Anne et Jean-Baptiste Lagimodière rencontrent les premières nations, vers 1807.
La rue Marie-Anne Gaboury et le campus francophone de la faculté Saint-Jean d'Edmonton.

Marie-Anne Lagimodière, née Gaboury (2 août 1780 - 14 décembre 1875) était une femme canadienne-française connue à la fois pour avoir été la grand-mère de Louis Riel et pour avoir été la première femme de descendance européenne à voyager et à coloniser ce qui est maintenant l'ouest canadien.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Gaboury naquit à Maskinongé, un village près de Trois-Rivières, au Québec. Le début de sa vie ne fut pas marqué par les événements, et elle demeura dans son village jusqu'à son mariage à Jean-Baptiste Lagimodière le 21 avril 1806. Même si Lagimodière était originaire de Saint-Ours, pas très loin de Maskinongé, il était devenu un coureur des bois employé dans la traite des fourrures dans la terre de Rupert de la compagnie de la Baie d'Hudson.

Voyages dans l'ouest[modifier | modifier le code]

Immédiatement après leur mariage, et allant contre les coutumes de l'époque, Gaboury voyagea dans l'ouest avec son nouveau mari. Ils allèrent dans la région dans la confluence des rivières rouge et assiniboine près de ce qui deviendrait plus tard la colonie de la rivière Rouge, et, éventuellement, la ville de Winnipeg. Ils passèrent l'hiver dans un camp métis près de Pembina dans le Dakota du Nord, où le premier de leurs huit enfants naquit le 6 janvier 1807.

Le printemps suivant, les Lagimodières voyagèrent à la vallée de la rivière Saskatchewan, s'établissant dans ce qui est maintenant le nord de la Saskatchewan, où ils demeurèrent jusqu'en 1811, vivant en semi-nomades avec d'autres trappeurs canadiens-français et leurs femmes autochtones. Durant cette période, elle accompagna son mari dans ses nombreuses expéditions de chasse et de trappage au bison d'Amérique du Nord, allant vers l'ouest parfois jusqu'à l'Alberta d'aujourd'hui. Les sources historiques décrivent une vie remplie d'aventure — son deuxième enfant naquit dans une prairie après qu'un cheval eut chargé contre un troupeau de bisons, et à une autre occasion elle combattit et tira sur un grand ours qui avait attaqué l'un de ses compagnons.

Une fois en trappant, la jeune famille fut faite prisonnière par des membres de la nation Tsuu T'ina, en raison de leur associations avec des Cris de la région. Bien qu'ils purent s'échapper à dos de cheval, ils furent poursuivis pendant cinq jours avant de trouver la sûreté du fort de la Prairie, près de l'Edmonton contemporain.

Avant son mariage, Jean-Baptiste avait eu une relation à la façon du pays avec une femme autochtone qui porta ses enfants. Marie-Anne fut tolérante et put accepter d'élever les enfants métis de son mari, bien que l'autre femme fut jalouse et aurait menacé de l'empoisonner. En dépit de cet incident, les Lagimodières avaient habituellement de bonnes relations avec les peuples aborigènes qu'ils rencontraient. Elle était souvent considérée comme un objet de curiosité par les autochtones lors de ses voyages, car elle était visiblement la première femme blanche qu'ils avaient jamais rencontrés – certains furent même portés à croire qu'elle possédait des pouvoirs surnaturels.

Retour à la rivière rouge[modifier | modifier le code]

En voyant la nouvelle que Lord Selkirk établissait une colonie permanente sur la rivière rouge, ils y revinrent pour établir la nouvelle colonie de la rivière Rouge au printemps de 1812. Les débuts de la colonie sont caractérisés par des luttes entre la compagnie de la Baie d'Hudson et son rival, la Compagnie du Nord-Ouest, culminant avec la bataille des sept chênes en 1816. Bien que les Lagimodières purent éviter d'être impliqués dans les confrontations violentes, Colin Robertson, un représentant de la CBH, demanda à Jean-Baptiste d'informer Selkirk sur les événements qui se produisaient. À l'hiver 1815-1816, Lagimodière voyagea 2 900 kilomètre à cheval et à pied pour accomplir sa mission. Pendant ce temps, Gaboury fut obligée de chercher refuge auprès des Indiens lorsque les chefs de la Nord-Ouest prirent possession du Fort Douglas. À son retour de l'est, Jean-Baptiste fut capturé par la Nord-Ouest et fut emprisonné à Fort William jusqu'au mois d'août 1816. Gaboury fut seulement réunie auprès de son mari au mois de septembre 1816, quand la paix eut été rétablie.

En reconnaissance de son service, Selkirk remit une terre à Jean-Baptiste près de la rivière rouge, où les Lagimodières demeurèrent paisiblement pendant plusieurs années. Ils eurent six autres enfants, dont, en 1822, Julie Lagimodière, la future mère de Louis Riel. Mourant à l'âge de 95 ans en 1875, Gaboury vécut suffisamment longtemps pour voir le Manitoba devenir une province canadienne après la rébellion de la rivière rouge en 1869-1870. Elle est parfois remémorée en tant que Grand-mère de la rivière rouge, et beaucoup de Métis peuvent retracer leurs origines à elle.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Isabel Gunn, une travailleuse de la CBH qui aida à la découverte de la terre de Rupert déguisée en homme.

Références[modifier | modifier le code]

  • (fr) Goulet, Agnès. Marie-Anne Gaboury: Une femme dépareillée, Éditions des plaines, 1989, ISBN 0920944914
  • (en) Dugas, Georges. The first Canadian woman in the Northwest, Manitoba Free Press, 1902. 1

Liens externes[modifier | modifier le code]