Maria de Mariategui

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Maria de Mariategui, Lady Caithness, duchesse de Medina Pomar était une spirite et occultiste née à Londres en 1830 et morte à Paris le 2 novembre 1895.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille d'un noble espagnol, Don José de Mariategui et de son épouse anglaise, une petite fille du Comte de Northampton, Maria de Mariategui fut élevée dans la religion catholique entre Londres où elle était née et Madrid. Elle épousa d'abord le général Condé de Medina-Pomar dont elle eut un fils, prénommé Emmanuel. La famille vécut entre l'Espagne et Cuba où le général possédait des plantations. Maria de Medina-Pomar se fit alors construire un hôtel particulier avenue de Wagram. Elle devint veuve en 1868 et hérita d'une fortune considérable. Elle décida de s'installer en Angleterre afin que son fils pût suivre les cours du collège jésuite de Beaumont près de Windsor. Elle épousa James Sinclair, le 14e Comte de Caithness le 6 mars 1872. En 1879, le pape Léon XIII lui conféra le titre de duchesse de Pomar. Elle se partagea alors entre Nice, New York et surtout Paris[1],[2],[3],[4].

Spiritisme[modifier | modifier le code]

Si ses premières expériences spirites se déroulèrent en Grande-Bretagne, où elle assista aux séances de Florence Cook. Mais, elle était plutôt une adepte et admiratrice d'Allan Kardec et de ses idées spirites. Elle était donc proche du spiritualisme chrétien. Son ouvrage Old Truths in a New Light de 1876, proche de la pensée de Kardec, essaie de réconcilier théosophie, catholicisme et spiritisme. Il lui valut d'âpres reproches de la part du clergé catholique. Elle adhéra dès 1876 à la société théosophique fondée par Madame Blavatsky et le colonel Olcott à New York l'année précédente[1],[2],[3]. Ce fut Lady Caithness qui poussa Anna Kingsford à prendre en 1883 la direction de la loge londonienne de la Société théosophique[5]. En 1884, lors de son séjour à Paris, chez Lady Caithness, Madame Blavatsky approuva la création de la « société théosophique d'Orient et d'Occident », la branche française de la société théosophique. Elle fut même un temps considérée comme le successeur évident de Madame Blavatsky à la tête de la théosophie mondiale. Mais, à la mort de cette dernière, ce fut finalement Annie Besant qui prit la direction de la société théosophique[2]. Comme pour Anna Kingsford, la théosophie de Lady Caithness était aussi de plus en plus empreinte de christianisme ésotérique influencé par Jakob Boehme et Swedenborg et s'éloignait des traditions orientales dominant dans la société théosophique. Elle rejetait cependant les concepts de péché originel et de divinité du Christ. Elle tenait un salon spiritualiste dans son hôtel particulier parisien, tous les mercredi du printemps à l'automne. Elle y reçut Charles Richet, Camille Flammarion, Annie Besant ou Jules Doinel (le fondateur de l'Église gnostique apostolique)[3].

Au début des années 1890, Lady Caithness participa à la création de la branche française de la Society for Psychical Research avec Charles Richet[2].

Elle se considérait comme spécialement attachée à Marie Stuart. Les pièces de réception de son hôtel particulier de l'avenue de Wagram étaient organisées comme celles du château royal de Holyrood. Une pièce était dédiée intégralement à la reine : celle où se tenaient les « séances ». Elle affirmait qu'une nuit, dans le château de Caithness en Écosse, elle avait reçu en rêve la visite de la reine d'Écosse qui lui avait enjoint de se rendre immédiatement à la chapelle du château royal de Holyrood, ce qu'elle avait fait immédiatement, accompagnée d'un seul serviteur. Elle y avait eu une longue conversation avec la reine, qui avait conclu en l'embrassant sur le front et en se déclarant son ange gardien, à la suite de quoi elle avait décidé de vouer sa vie à la religion[2],[3].

Lady Caithness considérait que des esprits supérieurs lui avaient confié la mission d'apporter aux hommes la Quatrième Révélation (après celle de Moïse, celle de Jésus et celle faite aux spirites au début du XIXe siècle). Dans un discours proche de celui d'Anna Kingsford, elle considérait que le but de cette Révélation était de créer une religion réellement universelle qui réconcilierait les aspects masculin et féminin de chaque être humain[3].

Elle possédait à Nice le palais Tiranti qui devint le lieu de rendez-vous des occultistes et des spirites.

Annexes[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • 1881-1882. La quadruple Constitution, mode de l'amour divin et de la sagesse divine, Paris, 1883.
  • Fragments glanés dans la théosophie occulte de l'Orient, Gauthier, Nice, 1884.
  • La Théosophie universelle, la théosophie chrétienne, L'Aurore, Paris, 1886.
  • La Théosophie sémitique, G. Carré, Paris, 1888.
  • Interprétations ésotériques des livres sacrés, Librairie de l'art indépendant, Paris, 1891.
  • L'Ouverture des sceaux, Librairie de la nouvelle revue, Paris, 1893.
  • Révélations d'en haut sur la science de la vie, Librairie de la nouvelle revue, Paris, 1893.
  • Le Spiritualisme dans la Bible, Librairie de la nouvelle revue, Paris, 1894.
  • La Rénovation religieuse, Gay, Alençon, 1895.
  • Je me suis éveillé, conditions de la vie de l'autre côté, communiqué par l'écriture automatique, L'Aurore, Paris, 1895.
  • Le Secret du Nouveau Testament, L'Aurore, Paris, 1895.
  • Des articles dans la revue trimestrielle qu'elle avait créée en 1886 : L'Aurore du jour nouveau. Revue de logosophie, psychologie, spiritualisme, ésotérisme, théosophie de l'Orient et l'Occident[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Nicole Edelman, Voyantes, guérisseuses et visionnaires en France. 1785-1914, Paris, Albin Michel,‎ 1995, 280 p. (ISBN 2-226-07689-1)
  • (fr) Nicole Edelman, « Maria de Mariategui », dans Jean-Pierre Chantin (dir.), Les Marges du christianisme. Sectes, dissidences et ésotérisme, Paris, Beauchesne, coll. « Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine »,‎ 2001, 277 p. (ISBN 0701014180)
  • (en) T.F Henderson, « Sinclair, James, fourteenth earl of Caithness (1821–1881) », Oxford Dictionary of National Biography,‎ 2004 (lire en ligne)
  • (en) Janet Oppenheim, The other world : Spiritualism and psychical research in England, 1850-1914, Cambridge, Cambridge University Press,‎ 1985, 503 p. (ISBN 0521265053)
  • (en) Alan Pert, Red Cactus : The Life of Anna Kingsford, Alan Pert,‎ 2006, 231 p. (ISBN 9781740184052, lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Henderson 2004
  2. a, b, c, d et e Oppenheim 1985, p. 170-172
  3. a, b, c, d, e et f Edelman 2001
  4. Edelman 1995, p. 204
  5. Pert 2006, p. 84 et 89-90