Maria Theresia von Paradis

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Maria Theresia von ParadisMaria Theresia von Paradies

Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait par F. Parmantié, 1784

Naissance 15 mai 1759
Vienne, Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Décès 1er février 1824
Vienne, Drapeau de l'Autriche Empire d'Autriche
Activité principale Pianiste, compositrice

Maria Theresia Paradis (ou von Paradies), née le 15 mai 1759 à Vienne et morte le 1er février 1824 dans la même ville, est une pianiste, chanteuse et compositrice autrichienne qui perdit la vue dans l'enfance et pour qui Mozart a vraisemblablement écrit son dix-huitième concerto pour piano, K456 en si bémol majeur[1].

Sa jeunesse[modifier | modifier le code]

Elle était la fille de Joseph Anton Paradis, Secrétaire Impérial au Commerce et Conseiller à la Cour de l'impératrice Marie-Thérèse (1717-1780) et reçut les prénoms de cette souveraine, quoique celle-ci n'ait pas été sa marraine comme on l'a souvent cru. Elle commença à perdre progressivement la vue à partir de l'âge de 2 ans. De la fin de l'année 1776 jusqu'au milieu de 1777, elle fut traitée par le célèbre magnétiseur Anton Mesmer, qui réussit à stabiliser provisoirement son état. Elle fut cependant privée de ses soins au bout de quelques mois en raison d'une part de la possibilité d'un scandale, et d'autre part du risque de perdre sa pension d'invalidité. La cécité s'installa définitivement après que la jeune patiente eut quitté Mesmer. Elle reçut une éducation musicale étendue de maîtres tels que Carl Friberth (théorie musicale et composition), Leopold Anton Kozeluch (piano), Vincenzo Righini (chant), Antonio Salieri (chant et composition) et l'abbé Vogler (théorie musicale et composition).

Ses débuts d'interprète[modifier | modifier le code]

Dès 1775, Maria Theresia von Paradis se produisait comme chanteuse et pianiste dans divers salons viennois et en concert. Elle commanda plusieurs œuvres pour son usage, notamment :

  • un concerto pour orgue de Salieri en 1773 (auquel manque le deuxième mouvement) ;
  • un concerto pour piano (probablement le n°18, K.456) de Mozart en 1784 ;
  • un concerto pour piano de Haydn (HXVIII: 4), qui fut peut-être créé à Paris en 1784, mais semble avoir été composé dans les années 1770, et dont le manuscrit original est aujourd'hui perdu.

À propos du concerto pour piano K.456, il convient de noter que, bien que considéré comme dédié à Maria Theresia von Paradis, des doutes persistent à ce sujet[2]. Dans le livre de Ruth Halliwell La famille Mozart : quatre vies dans un contexte social (The Mozart Family: Four Lives in a Social Context), on peut lire :

« On ignore de quel concerto il s'agissait. Leopold [dans une lettre de Vienne] le décrit simplement à Nannerl comme un « glorieux concerto » et dit qu'il a été écrit pour Maria Theresia von Paradis « pour Paris ». Sa description laisse entendre que ni lui, ni Nannerl ne le connaissaient déjà. S'il en est ainsi, ce doit avoir été un concerto postérieur au K.456, car celui-ci était déjà connu à Salzbourg à cette date. » La jeune musicienne était douée d'une excellente mémoire et d'une oreille exceptionnellement précise. On a abondamment cité le fait qu'elle avait appris par cœur plus de 60 concertos, ainsi qu'un vaste répertoire d'œuvres pour solistes et de musique religieuse.

Ses tournées européennes[modifier | modifier le code]

La jeune femme ne reste pas confinée à Vienne. En 1783, elle entreprend une longue tournée vers Paris et Londres, en compagnie de sa mère et de son librettiste Johann Riedinger qui invente pour elle un tableau de composition. En août ils rendent visite aux Mozart à Salzbourg et sans doute y reçoivent-ils du père et du fils des conseils à propos de la vie à Paris. Le journal de Nannerl situe cependant cette rencontre au mois de septembre. La musicienne se produit à Francfort et dans d'autres villes allemandes, puis en Suisse. Elle arrive finalement à Paris en mars 1784. Elle y donne son premier concert en avril au Concert Spirituel et l'on soupçonne WA Mozart d'avoir envoyé une lettre de recommandation pour y faciliter ses débuts. Le compte rendu de ce premier concert dans le Journal de Paris fait observer qu'«  il faut l'avoir entendu pour se faire une idée du toucher, de la précision, de l'aisance et de la vivacité de son jeu. » Elle fait en tout 14 apparitions à Paris et obtient d'excellentes critiques et éloges. Elle aide[réf. nécessaire] aussi Valentin Haüy (« le père et apôtre des aveugles »[réf. nécessaire]) à fonder la première école pour aveugles, qui ouvre en 1785.


Liste des œuvres[modifier | modifier le code]

Musique de scène
  • Ariadne und Bacchus, melodrame, 20 juin 1791 (perdu)
  • Der Schulkandidat, 5 Dec 1792, pt of Act 2 and all of Act 3 (perdu)
  • Rinaldo und Alcina, Zauberoper, 30 June, 1797 (perdu)
  • Große militärische Oper 1805 (perdu)
  • Zwei ländliche Opern (perdu)
Cantates
  • Trauerkantate auf den Tod Leopolds II, 1792 (perdue)
  • Deutsches Monument Ludwigs des Unglücklichen, 1793
  • Kantate auf die Wiedergenesung meines Vaters (perdue)
Musique instrumentale
  • Concerto pour pianoforte en sol (perdu)
  • Concerto pour pianoforte en do (perdu)
  • 12 Sonates pour piano, 1792 (perdues)
  • Trio avec pianoforte 1800 (perdu)
  • Fantaisie en sol, pf, 1807
  • Fantaisie en do, pf, 1811
  • Variations pour clavier (perdues)
  • An meine entfernten Lieben, pf (perdu)
  • Chansons diverses et lieder représentant au total 18 pièces, dont deux sont perdues.
Sicilienne en mi bémol majeur

Cette œuvre est la seule attribuée à Maria Theresia von Paradis à avoir fait l'objet de plusieurs enregistrements. Il se pourrait toutefois qu'elle ait été en réalité composée par le violoniste Samuel Dushkin qui prétendit l'avoir découverte et qui se serait inspiré d'un thème de la sonate pour violon (opus 10 n°1) de Carl Maria von Weber[3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Partitions[modifier | modifier le code]

  • IMSLP, dont la célèbre Sicilienne en mi bémol majeur pour violon et piano.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michèle Halberstadt: "Lincroyable histoire de Mademoiselle Paradis" aux editions Albin Michel, 2008.
  • Rudolph Angermüller: Antonio Salieri. Dokumente seines Lebens. 3 Bde. Bock, Bad Honnef, 2002.
  • Marion Fürst: Maria Theresia Paradis – Mozarts berühmte Zeitgenossin. Böhlau, Köln, 2005.
  • Stanley Sadie (Hrsg.): The New Grove Dictionary of Music and Musicians. (2. Auflage) Grove Dictionaries, New York, 2000.
  • Ruth Halliwell: The Mozart Family: Four Lives in a Social Context. Claredon Press, Oxford, 1998.
  • Alexander Mell: Encyklopädisches Handbuch des Blindenwesens Verlag von A. Pichlers Witwe und Sohn, Wien, Leipzig, 1900, S. 576-578.
  • BBI (Hrsg.): 200 Jahre Blindenbildung im deutschen Sprachraum. Wien 2004, S. 56.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Hermann Ullrich, « Maria Theresia Paradis and Mozart », Music & Letters, vol. 27, no 4,‎ octobre 1946, p. 224–233 (DOI 10.1093/ml/27.4.224, lire en ligne)
  2. Jean et Brigitte Massin écrivent: « il subsiste un léger doute sur l'identité du concerto que Mozart a composé pour elle; il pourrait s'agir à l'extrême rigueur du suivant K 459 » in Wolfgang Amadeus Mozart Fayard 1990 p.973
  3. (en) note sur le site « allmusic.com »