Maria Sanudo

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Maria Sanudo fut une noble d'origine vénitienne, impliquée dans divers conflits de succession à propos des îles de la mer Égée, à la fin du XIVe siècle et au début du XVe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle était la fille de la duchesse de Naxos Fiorenza Sanudo et de son mari (et cousin) Niccolo Sanudo dit Spezzabanda. Elle naquit entre 1364 et 1370[1].

À la mort de sa mère en 1371, c'est son demi-frère Niccolo dalle Carceri qui devint duc, sous la régence de son beau-père Spezzabanda. Maria reçut alors en fief Andros en décembre 1371, puis Antiparos et le fief de Lithada (en) (en Eubée) en mars 72[2],[3].

Comme cela avait été le cas pour sa mère, le mariage de Maria était étroitement surveillé par Venise qui ne souhaitait pas que son riche héritage tombe entre les mains d'ennemis de la République : en 1373, une proposition de mariage avec un fils du Catalan Boniface Fadrique[4] fut refusée par Niccolo Sanudo[5] ; à la fin de la même année ou au début de la suivante, le baile de Négrepont Bartolomeo Querini chercha vainement à faire épouser l'héritière d'Andros à son fils Zanino, usant de procédés qui lui valurent un procès à Venise[6]. En 1376, un nouveau projet de mariage avec Giorgio III Ghisi reçut l'aval de la Sérénissime et une dispense papale (Maria et Giorgio étant cousins au 3e degré) mais il ne fut pas célébré[7].

Niccolo dalle Carceri fut assassiné en 1383, probablement par Francesco Crispo, qui s'empara du duché et se fit reconnaitre par Venise ; Crispo déposséda Maria de l'ile d'Andros en 1384 et la donna en dot à sa fille Pétronille à l'occasion de son mariage avec Pietro Zeno en 1385, ce qui donna lieu à un procès.

Maria revendiqua par ailleurs les possessions de son demi-frère en Eubée (non revendiquées par Crispo), dans un procès qui l'opposa cette fois à sa belle-sœur Pétronille Tocco (la veuve de Niccolo dalle Carceri, remariée à Niccolo Venier, fils du doge Antonio Venier), au seigneur de Tinos Bartolomeo III Ghisi (déjà détenteur d'un tiers de l'Eubée) et à Januli d'Anoe ; elle reçut l'usufruit d'un des tiers en 1385, Venise conservant cependant les forteresses et le pouvoir judiciaire[8].

En 1389, Maria reçut finalement de Francesco Crispo l'ile de Paros en fief[9], à condition d'épouser le Véronais Gaspard Sommaripa[10].

À la mort de sa belle-sœur Pétronille en 1410, Maria revendiqua le fief de Lipso (Eubée) que cette dernière avait obtenu comme douaire, et reçut alors l'appui du duc Giacomo Ier Crispo, sans succès[11] ; Giacomo épousa sa fille Fiorenza en 1414 ou début 1415 [12].

À la mort de Giacomo en 1418, c'est son frère Giovanni qui hérita du duché, au détriment de ses filles. Le nouveau duc saisit Paros et refusa de céder son douaire à Fiorenza, qui réclamait en sus l'ile de Santorin que lui aurait donnée son mari. Un nouveau procès opposa donc à Venise le duc et les deux femmes[13],[14].

En 1423, Venise reconnut ses droits sur Andros ; mais comme l'ile appartenait alors toujours à Pietro Zeno, elle récupéra Paros et Antiparos en dédommagement[15].

Maria mourut en 1326[11].

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

De son mari Gasparo Sommaripa (mort en 1402[16]) elle eut au moins :

  • Crusino Ier, qui hérita de ses titres et revendications et récupéra finalement Andros en 1440
  • Fiorenza, mariée à Giacomo Ier Crispo, morte vers 1327

Références[modifier | modifier le code]

  1. entre la date du mariage et ses parents et celle de la mort de sa mère, en tenant compte de l'existence d'une sœur cadette
  2. Koumanoudi p. 242-243
  3. Jacoby p. 280
  4. fils d'Alphonse Frédéric d'Aragon
  5. Koumanoudi p. 243 et 271
  6. Koumanoudi p. 238-241
  7. R-J Loenertz, Les Ghisi, dynastes vénitiens dans l'Archipel (1207-1390), Florence, Olschki, 1975, p. 180 et 307
  8. Jacoby p. 202
  9. Jacoby p. 307
  10. Miller, Latins in the Levant, p. 595
  11. a et b Jacoby p. 206
  12. Peter Schreiner, article Francesco Crispo dans Dizionario Biografico degli Italiani - Volume 30 (1984) en ligne
  13. Jacoby p. 118 et 302
  14. Miller, p. 600-603
  15. Setton, p. 93
  16. Loenertz p. 311

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • David Jacoby, La féodalité en Grèce médiévale. Les « Assises de Romanie », sources, application et diffusion, 1971
  • Marina Koumanoudi, Contra deum ius et iustitiam. The trial of Bartolomeo Querini, bailo and capitano of Negroponte, in Bisanzio, Venezia e il mondo franco-greco (XIII-XV secolo) p. 235-288
  • Kenneth Meyer Setton, The Papacy and the Levant, 1204-1571 Vol. 2