Maria Nikolaïevna Kouznetsova

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Maria Nikolaïevna Kouznetsova
(ru)Мария Николаевна Кузнецова

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Portrait de Maria Kouznetsova-Benois, Musée d'État du théâtre et de musique de Saint-Pétersbourg.

Naissance 1880
Odessa, Empire russe
Décès 25 avril 1960
Paris, France
Activités Chanteuse, danseuse

Maria Nikolaïevna Kouznetsova ou Maria Kouznetsova-Benois (en russe : Мария Николаевна Кузнецова, en ukrainien : Марія Нiколаевна Кузнецова), née en 1880 à Odessa dans l'Empire russe et décédée le 25 avril 1966 à Paris, est une célèbre chanteuse d'opéra et danseuse russe. Son nom s'écrivait en France, au début du XXe siècle, Maria Kousnezoff.

Avant la révolution russe, Kouznetsova est l'une des plus célèbres chanteuse d'opéra de la Russie impériale. Elle travaille avec Richard Strauss, Rimsky-Korsakov et Massenet. Elle chante très souvent en duo avec Chaliapine. Elle quitte la Russie en 1917, et continue à chanter pendant une trentaine d'années avant de prendre sa retraite[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Maria Kouznetsova.
Maria Kouznetsova dans L'Adoration de L.Bakst (1922)

Maria Kouznetsova, née en 1880 à Odessa, est la fille du portraitiste Nikolaï Kouznetsov[1],[2]. La mère de Maria Kouznetsova descend d'une famille de scientifiques et d'intellectuels d'origine romano-russo-juive[3].

Sa grand-mère maternelle, Emilia Nevakhovitch Metchnikoff, est la fille de Lev Nevakhovitch (1776-1831), auteur russo-juif, traducteur et fondateur du mouvement Haskalah en Russie[4],[3]. Emilia épouse un officier de la Garde russe, Ilya Metchnikoff. Ils ont deux fils: le microbiologiste Élie Metchnikoff lauréat du Prix Nobel et le sociologue Lev Metchnikoff[3].

Maria Kouznetsova étudie d’abord le ballet à Saint-Pétersbourg, puis elle abandonne la danse pour étudier la musique avec le baryton Joachim Tartakov[5],[6]. Maria Kouznetsova est une soprane lyrique dotée d’une belle voix claire[5]. Elle a aussi un remarquable talent d’actrice[5]. Igor Stravinsky la décrit comme très appétissante à regarder et à entendre’’[7].

Elle épouse en premières noces Nikolaï Albertovitch Benois[2]. Après de décès de Nikolaï elle épouse l'industriel Alfred Massenet, neveu de Jules Massenet[2].

Alfred Massenet a travaillé un temps dans l'empire russe avant la révolution. Il est alors président de la Société industrie minière de Chagali-Heliar, compagnie de mines de cuivre dont le siège est à Tiflis en Géorgie[8].

Kouznetsova finit sa vie dans la pauvreté, vivant dans une chambre d'un petit hôtel proche des Champs Elysées, abandonnée par son fils Mikhaïl et ses anciens collègues et amis. La seule compagne de Maria Kouznetsova est sa couturière Olga. Maria survit en donnant des leçons de théâtre et de chant. Olga racontera souvent comment Chaliapine mourra dans les bras de Maria Kouznetsova. Maria Kouznetsova décède à Paris le 25 avril 1966[9],[10].

Carrière[modifier | modifier le code]

En 1904, elle débute au conservatoire de Saint-Pétersbourg dans le role de Tatiana dans l’opéra Eugène Onéguine de Tchaïkovski[5].

En 1905, Kouznetsova tient le rôle de Marguerite dans l’opéra Faust de Charles Gounod au théâtre Mariinsky[11],[2].

Un soir, une dispute éclate dans le vestibule du théâtre Mariinsky entre des étudiants et des officiers de l’armée pendant que Maria chante le rôle d’Elsa de Lohengrin de Richard Wagner. Avant que la panique ne s’en suive Maria, imperturbable, calme la foule en entonnant l’hymne national russe : l’Hymne des tsars[12].

Elle est soliste du Mariinsky jusqu’en 1917, au début de la révolution russe[5],[13] Durant sa longue carrière, Kouznetsova inaugure de nombreux rôles dont les suivants :

Rôle Opéra Compositeur sources
Fevronia La Légende de la ville invisible de Kitège et de la demoiselle Fevronia Rimsky-Korsakov [2]
Cléopâtre Cléopâtre Jules Massenet
Woglinde L'Or du Rhin Richard Wagner
Fausta Roma Jules Massenet
Oksana Les Souliers de la reine Piotr Ilitch Tchaïkovski
Thaïs Thaïs Jules Massenet
Violetta La traviata Giuseppe Verdi
La Demoiselle des neiges La Demoiselle des neiges Rimsky-Korsakov
Mimi La Bohème Giacomo Puccini
Antonida Une vie pour le tsar Mikhaïl Glinka
Lyudmila Rouslan et Ludmila Mikhaïl Glinka
Tamara Le Démon Anton Rubinstein [5],[14]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Liens internes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) George Grove, Eric Blom, Grove's Dictionary of Music and Musicians, 879. St. Martin's Press,‎ 1955
  2. a, b, c, d et e (en) Larissa Salmina-Haskell, Russian Paintings and Drawings in the Ashmolean Museum, Ashmolean Museum,‎ 1989
  3. a, b et c (en) Maxim Shrayer, An Anthology of Jewish-Russian Literature, vol. 1, Armonk, NY, M.E. Sharpe, Inc,‎ 2007
  4. (en) Eli Lederhendler, The Road to Modern Jewish Politics, New York, Oxford University Press,‎ 1989
  5. a, b, c, d, e et f (en) John Warrack, Ewan West, 'The Concise Oxford Dictionary of Opera, p. 276, Oxford University Press,‎ 1996
  6. (en) Laura Williams Macy, The Grove Book of Opera Singers, p. 261, New York, Oxford University Press,‎ 2008
  7. (en) John Ardoin, Valery Gergiev and the Kirov, p. 109, Hal Leonard Corporation,‎ 2001
  8. (en) Horace J. Stevens, The Copper Handbook: A Manual of the Copper Industry of the World, Vol X, Houghton, Michigan, Published by the Author,‎ 1911
  9. (en) George Grove, Stanley Sadie, The New Grove Dictionary of Music and Musicians, Page 327, Macmillan Publishers,‎ 1980
  10. (en) Laura Williams Macy, The Grove Book of Opera Singers p. 261, New York, Oxford University Press,‎ 2008
  11. (en) Laura Williams Macy, The Grove Book of Opera Singers p. 261, New York, Oxford University Press,‎ 2008
  12. (en) Julie Buckler, The Literary Lorgnette, page 52, San Francisco, Stanford University Press,‎ 2000
  13. (ru) Anna Sergeyvena Kuznetsova, Maria Nikolayevna Kuznetsova, Moskva, Muzyka,‎ 1962
  14. (ru) Мария Николаевна Кузнецова (1880–1966)