Maria Lacerda de Moura

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Maria Lacerda de Moura

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Maria Lacerda de Moura

Naissance 16 mai 1877
Drapeau du Brésil Brésil, Minas Gerais
Décès 20 mars 1945 (à 67 ans)
Drapeau du Brésil Brésil, Rio de Janeiro
Nationalité brésilienne

Maria Lacerda de Moura (16 mai 1877 au Minas Gerais20 mars 1945 à Rio de Janeiro) est une féministe libertaire activiste brésilienne.

Aperçu biographique[modifier | modifier le code]

Maria Lacerda de Moura poursuit des études à l'École Normale de Barbacena et devient enseignante en 1904. Politiquement, elle adhère aux idées développées par les anarchistes et en particulier, celles défendues par Francisco Ferrer Guardia, libre-penseur et pédagogue libertaire. Comme lui, elle est convaincue de l'importance du rôle de l'éducation dans le développement des individus et souligne qu'en ce qui concerne les femmes, elle est un moyen de les affranchir du poids des traditions sociales et religieuses qu'elles subissent.

Elle s'engage alors dans la lutte contre l'illettrisme et œuvre pour faciliter l'accès des femmes au savoir. La création de La Ligue contre l'illettrisme constitue ainsi une concrétisation de son engagement dans ce domaine. En 1920, elle fonde à Rio de Janeiro une Liga para a Emancipação Intelectual da Mulher (ligue pour l'émancipation intellectuelle des femmes) qui revendique l'attribution du droit de vote aux femmes et elle est considérée comme l'une des pionnières du féminisme brésilien :

« Les prémices d’un mouvement d’émancipation se manifestent au Brésil en même temps qu’en Europe occidentale et en Amérique du Nord : le premier journal féminin, Le journal des Dames, date de 1852. quelques féministes modérées réclament le droit à l’éducation pour que les femmes puissent remplir leur rôle de mère ou pour une « question de raffinement spirituel » ; d’autres, plus incisives, pour parvenir à l’indépendance économique. La bataille pour les droits civils et politiques, parfois même pour le divorce, commence, avec Bertha Lutz à la tête d’un mouvement suffragiste et Maria Lacerda de Moura qui conteste la double morale sexuelle[1]. »

Parallèlement à son engagement féministe, elle se consacre également à l'amélioration des conditions de vie des gens dans le besoin et combat en compagnie d'autres femmes pour permettre aux sans-abris d'avoir un accès au logement. Son combat féministe se révèle ainsi également humanitaire.

Elle s'installe à São Paulo en 1921. Elle écrit de nombreux articles dans la presse anarchiste brésilienne, argentine, uruguayenne et espagnole où elle dénonce l'oppression sexiste subie par les femmes quelle que soit leur condition sociale. La sexualité de la femme est l'un de ses thèmes de prédilection dont elle aborde de front tous les aspects (virginité, plaisir, maternité...), ce que peu de femmes osaient alors faire au Brésil. Enfin, elle crée la revue Renascença en 1923.

Entre 1928 et 1937, elle rejoint une communauté agricole autogérée anarchiste à Guararema, composée d'anarchistes individualistes et d'exilés ou de déserteurs espagnols, français et italiens et elle considère que cette expérience correspond à la période la plus féconde de son activité intellectuelle. Cependant, sous la pression du gouvernement de Getúlio Vargas, la communauté doit être abandonnée. Maria Lacerda se réfugie alors à Rio de Janeiro, où elle termine sa vie en poursuivant son combat et ses travaux.

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Em torno da educação 1918
  • Renovação, Bello Horizonte, 1919
  • A mulher moderna e o seu papel na sociedade atual (la femme moderne et son rôle dans la société actuelle) 1923
  • Religião do Amor e da Beleza (religion de l'amour et de la beauté) 1926
  • Han Ryner e o amor plural (Han Ryner et l'amour pluriel), Unitas, (1928
  • Amai e não vos multipliqueis (aimez et ne vous multipliez pas), Civilização Brasileira editora, 1932.
  • A mulher é uma degenerada ? (la femme est-elle un être dégénéré ?), Civilização Brasileira editora, 1932.
  • Fascismo: filho dileto da Igreja e do Capital (Fascisme, fils direct de l'église et du capital).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rachel Soihet, « La première vague du féminisme brésilien de la fin du XIXe siècle aux années trente », in Femmes, dots et patrimoines, Revue Clio, no 7, 1998[2].
  • Mônica Raisa Schpun, « L’histoire des femmes et du genre au Brésil : enquête sur trois générations », in Femmes et images, Revue Clio, no 19, 2004, p. 191-207[3].
  • V. Munoz, Maria Lacerda de Moura: À Chronology, traduit par W. Scott Johnson, Gordon Press Publishers, 1979 (ISBN 0849030536)
  • Miriam Moreira Leite, Outra face do feminismo: Maria Lacerda de Moura, Editora Atica, 1984, 171 p.
  • Miriam Moreira Leite, Maria Lacerda de Moura: uma feminista utópica, Editora Mulheres, 2005, 369 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir Rachel Soihet,« La première vague du féminisme brésilien de la fin du XIXe siècle aux années trente| », in Femmes, dots et patrimoines, (éd.) A. Groppi, Gabrielle Houbre, Presses Univ. du Mirail, 1998, p.223.
  2. Voir art. en ligne (mis en ligne le 3 juin 2005)
  3. Voir art. en ligne (mis en ligne le 13 novembre 2006)

Liens externes[modifier | modifier le code]