Marguerite d'Écosse (1424-1445)

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Marguerite d'Écosse.

Marguerite d'Écosse, née à Perth le 25 décembre 1424 et morte à Châlons-en-Champagne le 16 août 1445, est une princesse écossaise devenue dauphine de France par son mariage avec le futur Louis XI.

Biographie[modifier | modifier le code]

Caveau de Marguerite à Thouars.

Marguerite est le premier enfant du roi Jacques Ier d'Écosse et de son épouse Jeanne Beaufort, et la sœur aînée du futur roi Jacques II.

En 1428, Jacques Ier accepte de marier Marguerite, âgée de cinq ans, avec le dauphin Louis, futur Louis XI. Cependant, Jacques ayant obtenu que sa fille ne se rende pas en France avant d'être plus âgée, le mariage n'est célébré que le 24 juin 1436 au château de Tours par l'archevêque de Reims, Renault de Chartres. Marguerite se rend en France escorté de nobles écossais comme John Wishart. Sur le chemin, elle manque d'être interceptée par les Anglais, qui voient ce mariage d'un mauvais œil[1].

Décrite comme très belle et cultivée, Marguerite adore la vie de cour, mais son époux la néglige et elle ne s'entend pas avec lui parce qu'elle a eu une infirmité et dégageait une odeur insupportable pour lui, allant jusqu'à prendre le parti de son beau-père Charles VII contre lui. Elle meurt à l'âge de 20 ans, de tuberculose ou de pneumonie, au cloître saint-Étienne de Châlons-en-Champagne. Sa maladie a été accentuée par le chagrin que lui avait causé les accusations du courtisan Jamet de Tillay, qui l'avait surprise en compagnie de Jean d'Estouteville et d'un autre gentilhomme[2]. Selon la tradition, ses derniers mots auraient été : « Fi de la vie en ce monde, ne m'en parlez plus[3]. »

Le corps de Marguerite est d'abord inhumé en la cathédrale de Châlons. Le 1er novembre 1479, il est transféré à Thouars, dans l'église collégiale Saint-Laon[4].

Une princesse artiste[modifier | modifier le code]

Marguerite, délaissée par son époux et ne pouvant avoir d'enfants, a trouvé un dérivatif dans l'art poétique. Quoiqu'il ne reste pas trace de ses écrits, elle passait des nuits entières à composer des rondeaux[5] ; sa cour comptait des poètes comme Jeanne Filleul, Louise de Beauchastel et une légende veut qu’elle ait donné à Alain Chartier un baiser sur la bouche (fait impossible en raison de la date de mort de ce poète : 1430, Marguerite avait alors 6 ans). Son époux le dauphin Louis la soupçonnait d'avoir des liaisons avec des poètes de son entourage, (il la faisait espionner par Jamet de Tillay) ; ce dont la dauphine se défendit jusqu'à son lit de mort[6].

Quoiqu'il fût d'usage de ne pas nommer les dames dans les rondeaux de l'époque, Blosseville est assez explicite dans Celle pour qui je porte l'M ; et la mort prématurée de Marguerite lui inspire Vous qui parlés de la beauté d'Élaine.

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Geneviève et Philippe Contamine (dir.), Autour de Marguerite d'Écosse. Reines, princesses et dames du XVe siècle. Actes du Colloque de Thouars (23 et 24 mai 1997), , Paris, Honoré Champion, coll. « Études d'histoire médiévale », 4, 1999, 262 p., [compte rendu en ligne].
  • Michel Duchein, Histoire de l'Écosse, Paris, Fayard,‎ 1998.
  • (en) Elizabeth Bonner, « Scotland ‘Auld Alliance’ with France, 1295-1560 », History, vol. 84, no 273,‎ 1999.

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