Margaret Little (psychanalyste)

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Margaret (Isabel) Little est une médecin britannique, généraliste devenue une psychanalyste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est née à Bedford, elle est la fille d'un professeur de mathématiques, et d'une mère qui avait grandi en Australie.

Formation[modifier | modifier le code]

Elle a terminé sa formation médicale 1927 à l'Hôpital St. Mary puis a exercé durant dix ans dans la banlieue de Londres. Elle a ensuite débuté sa carrière de psychothérapeute de 1936 à 1939 comme médecin assistant à la Tavistock Clinic avant d'ouvrir elle-même un cabinet privé de psychothérapie. Elle a été admise à l'Institut psychanalytique de Londres avec un travail sur les défenses paranoïdes (The wanderer. Some notes on a paranoid patient 1945). C'est ensuite en 1949 qu'elle a commencé son analyse avec Donald Winnicott alors qu'elle souffrait de graves angoisses psychotiques et mélancoliques. Ce travail a duré jusqu'en 1957 avec des interruptions, elle a rapporté en détail dans son récit d'analyse qui l'a rendu célèbre dans le milieu analytique."[1]. Margaret Little est ensuite devenue analyste formatrice à la Société britannique de psychanalyse où, avec Donald Winnicott, elle rejoint le Groupe des Indépendants.

Margaret Little est une psychanalyste originale. Médecin de formation[note 1], elle a fait trois analyses : avec un jungien, le « Dr. X. », avec Ella Freeman Sharpe (en), éminente psychanalyste didacticienne britannique de formation littéraire, spécialiste de Shakespeare, et enfin avec Winnicott. Mieux formé que ses analystes dans la reconnaissance de la sémiologie clinique, elle pouvait reconnaître leurs troubles cardiaques avant qu’ils ne surviennent. Ce fut le cas avec Ella Sharpe et Winnicott.

Son mémoire d’admission en tant que membre à la Société britannique de psychanalyse est considéré comme empreint d’originalité. Ayant comme titre « L’Errante », elle décrivait non pas une patiente livrée aux voyages pathologiques ou à l’errance en ville, mais plutôt une patiente que souvent réalisait des trajets de six heures pour se rendre à son analyse et à qui Little n’a pas manqué de rendre visite à son tour lorsque la nécessité se fit sentir.

La présentation du mémoire de cette jeune analyste à la Société britannique de psychanalyse a été l’une des rares occasions où Winnicott s’est littéralement emporté contre Mélanie Klein. Comme celle-ci commentait que le seul apport du texte de Little était de montrer le caractère impératif d’une reprise d’analyse de sa part à elle, Winnicott s’est écrié que ce serait folie de la part d’un analyste d’imaginer qu’il n’en aurait pas le besoin d’en faire autant lui-même.   

Margaret Little a eu à son propre égard un diagnostic sévère, refusé par Ella Sharpe et accepté à mi-mots par Winnicott. Toujours est-il que cet auto-diagnostic de Little a fondé une approche particulière de la clinique : la distinction entre une partie psychotique et une partie non-psychotique de la personnalité. Wilfried Bion ou Harold Searles, parmi d’autres, feront leurs les thèses de Margaret Little.

Face aux questions de transfert et contre-transfert, Little a été la première[réf. souhaitée] à souligner le caractère forcément global et intégral de la présence du psychanalyste auprès de son patient. Position que l'on peut rapprocher de celle de Jacques Lacan au sujet du désir de l’analyste.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. à une époque où la formation du généraliste était plus rigoureuse que celle du pédiatre, par exemple

Références[modifier | modifier le code]

  1. Margaret Little: Lorsque Winnicott travaille dans des zones où dominent les angoisses psychotiques - un compte rendu personnel in J. André, et C. Thompson (dir), Transfert et états limites, Paris, Puf, coll. « Petite bibliothèque de psychanalyse », 2002, (ISBN 2130519 202)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

(fr) (en)

  • Countertransference and the patient's response to it. IJP 32, 1951, 32-40
  • "R" - the analyst's total response to his patient's needs. IJP 38, 1957, 240-254
  • On delusional transference. IJP 39, 1958, 134-138
  • Countertransference symposium. Brit J Med Psychol 33, 1960, 29-31
  • On basic unity. IJP 41, 1960, 377-384
  • Transference in borderline states. IJP 47, 1966, 476-485
  • Winnicott working in areas where psychotic anxieties prevail. A personal record. Free Associations Nr. 3, 1985, 9-42
  • Transference Neurosis and Transference Psychosis. Toward Basic Unity. New York u.a. 1981
  • On the value of regression to dependence. Free Associations Nr. 10, 1987, 7-22
  • Psychotic Anxieties and Containment. A Personal Record of an Analysis with Winnicott. Northvale, N. J., 1990
  • Miss Alice M and Her Dragon. Recovery of a Hidden Talent. London 1990