Claudius Marcellus

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Marcus Claudius Marcellus)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie. Cette page d’homonymie répertorie les différentes personnes de la Rome antique partageant un même nom.
Article détaillé : Claudii.
Arbre généalogique des Claudii Marcelli

La famille des Claudii Marcelli est une branche plébéienne de la gens des Claudii[1]. La branche principale des Claudii tire elle-même son origine d'un chef de bande d'origine sabine, Attius Clausus, qui émigra à Rome avec sa troupe de clients en armes aux débuts de la République. Attius Clausus fut admit dans l'Urbs, puis au Sénat, devenant ainsi patricien, son nom étant latinisé en Appius Claudius, tandis que ses clients étaient installés sur l'ager publicus. Les Claudii sont la dernière famille étrangère à être admise au sein du patriciat[2]. Ils donneront leur nom à l'une des dix tribus rustiques à nom gentilice, la tribu Claudia[3].

Origines de la branche familiale[modifier | modifier le code]

Dans De l'orateur[4], Cicéron rappelle un procès qui eut lieu entre la branche des Claudii Marcelli et la branche principale des Claudii à propos d'une querelle d'héritage. Tel que l'explique Cicéron, les arguments des Marcelli reposaient sur un ancêtre fils d'affranchi, qui ne pouvait donc être patricien. Les Claudii, à qui seuls Cicéron accorde le qualificatif de patriciens, revendiquent eux par "droit de race", soit par la filiation du sang. M.E. Albertini déduit de ce passage que les Claudii Marcelli ont dans un premier temps fait partie de la gens Claudia en tant que clients. Un autre argument de cette origine plébéienne peut être tiré de Tite-Live, dans son récit des prémices de la seconde guerre samnite, lors de l'intervention de Rome contre Capoue et Naples en Campanie. Nous sommes en 327 av. J.-C. et le consul de cette année, Quintus Publilius Philo mène encore le siège de Naples lorsque son consulat touche à sa fin. Afin de prolonger les pouvoirs du consul, le Sénat propose un proconsulat pour Publius Philo et de remettre l'élection des deux prochains consuls à plus tard, Marcus Claudius Marcellus étant alors nommé dictateur durant cet intermède. Cette désignation à la dictature fut contestée par les augures et Tite-Live explique ceci par le fait que le principal reproche adressé à Marcus Claudius Marcellus était son origine plébéienne[5].

L'ascension des Claudii Marcelli[modifier | modifier le code]

Si nous ignorons les circonstances et les étapes qui allaient permettre aux Claudii Marcelli de s'affranchir de leur dépendance à l'égard de leurs patrons patriciens les Claudii puis d'accéder au consulat dès 331 av. J.-C., nous connaissons en revanche le cadre politique et historique qui allait ouvrir les portes des hautes magistratures à la plèbe, brisant ainsi le monopole du patriciat sur la gestion des affaires de la cité. Pendant plus de deux siècles, entre le tout début du Ve siècle, marqué par la première sécession de la plèbe en 494 av. J.-C., et la fin du IIIe siècle, patriciens et plébéiens allaient s'affronter autour de la question de l' égalité des droits. Le règlement politique de ce conflit allait passer par plusieurs étapes législatives, permettant, parmi d'autres familles plébéiennes, l'ascension des Claudii Marcelli. Ainsi, les lois dites licinio-sextiennes de 367 av. J.-C. ouvraient l'un des deux postes de consul à un plébéien[6]. Le premier Claudius Marcellus a accéder au consulat le fera un peu plus de trente ans après cette loi. Conséquence encore de la loi de 367 av. J.-C., le même exerce la dictature en 327 av. J.-C., soit une trentaine d'années après l'accession d'un premier plébéien à cette magistrature, en la personne de Caius Marcius Rutilus en 356 av. J.-C.[7]. C'est donc une à deux générations après les aménagements législatifs ouvrant les magistratures suprêmes aux plébéiens qu'un premier Claudius Marcellus accède au consulat puis à la dictature. Son fils, également appelé Marcus Claudius Marcellus, sera lui aussi consul. C'est également durant cette période de promulgation des lois en faveur de la plèbe, puis d'accession des premiers plébéiens à la gestion des affaires de la cité que la frontière entre patriciens et plébéiens s'estompe. Les familles plébéiennes enrichies vont s'allier progressivement aux familles patriciennes, pour former une nouvelle élite patricio-plébéienne, la nobilitas[8]. C'est également dans le cadre de cette évolution sociale que s'inscrit l'ascension des Claudii Marcelli.

Membres connus des Claudii Marcelli[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. M.E. Albertini, La clientèle des Claudii, Mélanges d'histoire et d'archéologie, 1904, 24, p. 251. [1]
  2. André Magdelain, La plèbe et la noblesse dans la Rome archaïque, Publications de l'École française de Rome, Jus imperium auctoritas. Etudes de droit romain, 1990, p. 482-483. [2]
  3. André Magdelain, La plèbe et la noblesse dans la Rome archaïque, Publications de l'École française de Rome, Jus imperium auctoritas. Etudes de droit romain, 1990, p. 488. [3]
  4. En 1, 39. [4]
  5. Tite-Live, 8, 23. [5]
  6. François Hinard, Histoire romaine. Tome I. Des origines à Auguste, Fayard, 2000, p. 240-241.
  7. François Hinard, Histoire romaine. Tome I. Des origines à Auguste, Fayard, 2000, p. 241 et 242
  8. François Hinard, Histoire romaine. Tome I. Des origines à Auguste, Fayard, 2000, p. 241-243.