Marcial (Spa russe)

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62° 09′ 21.92″ N 33° 53′ 55.61″ E / 62.1560889, 33.8987806 C'est en 1714, en Carélie près de Konchosero à Ravdomarsh (« Marcial »), dans une vallée à 50 km de Petrozavodsk, sa capitale, au nord-est de Saint-Pétersbourg, que des sources d’eau minérale riche en fer furent découvertes : Марциальные воды / Martialnye Vody. En 1718, Pierre le Grand, après son séjour à Spa en 1717, ordonna de construire un Spa russe autour de ces sources. Le climat de la région est sous l’influence des vents secs et chauds de l’océan Atlantique et du lac Onega.

Edification du Spa russe[modifier | modifier le code]

Trois palais de bois (détruits en 1780) furent construits pour le tsar, sa famille et sa cour, de même que des maisons et hôtels pour les patients et le personnel, ainsi que l’église Saint-Pierre, bâtie en 1720-1721. Il semble que plusieurs artisans spadois ont été débauchés pour participer à la construction de ce nouveau Spa russe.

Pierre le Grand[1] et son épouse Catherine ont séjourné quatre fois dans leur nouveau Spa : en 1719, 1720, 1722 et 1724. L'empereur s’y soignait.

En 1940, la décision du gouvernement de Carélie de restaurer l'établissement thermal et d’ouvrir en plus un établissement de repos fut acceptée mais resta sans suite compte tenu de la guerre. La renaissance de l'établissement thermal n’intervint qu’en 1964. Le médecin en chef était un docteur carélien, F.G. Kozitsyna. Aujourd’hui, le Spa « Eaux de Marcial » accueille toujours des curistes dans son sanatorium (nom donné en russe aux établissement de repos).

Eaux de Marcial[modifier | modifier le code]

Les sources Marcial (ru : Марциальные Воды) à Ravdomarsh furent découvertes en 1714 par le maître de forge Riaboïev qui a été le premier à tester sur lui-même ses effets curatifs. L’ouverture officielle des sources Marcial fut déclarée en 1716 par le colonel Guénine, guide de montagne à Olonets. De 1717 à 1719, les médecins Robert Erskine et Laurentius Blümentrost furent engagés par l'empereur Pierre le Grand pour étudier les propriétés chimiques des eaux de Marcial. Ils reconnurent ses propriétés utiles au traitement de certaines maladies. Un décret relatif à l’ouverture des « Eaux de Marcial » et des « Règles à l’usage des docteurs en médecine utilisant ces eaux » furent édictés.

Le premier ouvrage russe de médecine édité était relatif aux eaux de Marcial. En 1718, Raveline (probablement le chirurgien), a publié l’article « Principes originaux relatifs aux bienfaits des eaux de Marcial de Konchezero ». Il contient neuf brèves descriptions de maladies et de leur évolution après traitement avec les eaux de Marcial.

Malgré le déclin de la réputation de la station thermale après la mort du tsar, les habitants continuèrent à utiliser les eaux de ses quatre sources. Dans les années 1930, sous l’Union des républiques socialistes soviétiques, de nouvelles études médicales furent réalisées. Elles montrèrent notamment que la teneur en oxyde de fer (79,7 mg/l) surpassait celle des eaux similaires mondialement connues de Spa, Marienbad ou Carlsbrunn.

Pierre le Grand à Spa[modifier | modifier le code]

Séjour à Spa[modifier | modifier le code]

Le séjour de Pierre le Grand à Spa, en principauté de Liège, l’été 1717, ouvrit une nouvelle ère de prospérité pour cette ville d’eau qui la mena à son âge d’or dans le dernier quart du XVIIIe siècle. Il semble que les vertus curatives de ses eaux le soignaient de ses excès de boisson.

Le pouhon au centre de Spa, reçut en 1718 un monument offert par Pierre le Grand en remerciement des bienfaits de ses eaux. C'est un monument en marbre noir de Theux gravé d’un texte de reconnaissance, surmonté d’un médaillon en albâtre (variété de gypse très blanc, semblable au marbre) portant les armoiries impériales que l’on peut encore voir dans le pouhon Pierre le Grand aujourd’hui.

La source la plus connue de Spa, ne recevra le nom de l’empereur de Russie, Pierre le Grand, qu'en 1820, à l'époque du Royaume uni des Pays-Bas. Un buste du tzar, offert par le prince Anatole Demidoff, y fut placé en 1856 dans le cadre de la Belgique indépendante (1830).

Jolités de Spa[modifier | modifier le code]

Le tsar était curieux de tout pour développer son empire, notamment à Spa : « Il prenoit plaisir, dit un auteur, à voir travailler aux ouvritges de vernis [De la dynastie des Dagly de Spa] et y travailloit lui-même. Il acheta une quantité prodigieuse de ces bagatelles qu’on vend à Spa, et s’informoit curieusement de la manière dont on les faisait ». Les Jolités de Spa eurent un succès international.

On sait aussi que Pierre le Grand était un passionné de l’art du tour qu’il pratiquait lui-même volontiers à Ravdomarsh et ailleurs. On retient même qu’il fut un des meilleurs tourneurs de son époque. Lors de sa visite au Régent en 1717 à Versailles, à la suite de sa cure à Spa, il donnera à l’Académie des Sciences de Paris un tour à portrait d’Andrej Konstatinowitsch Nartov. Son séjour fut aussi significatif pour l’art du tour à Spa. Le jeune Lambert Xhrouet, âgé alors de 10 ans, deviendra à la suite de son collatéral, Antoine Xhrouet, un tourneur renommé appelé par toutes les cours européennes.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le Musée historique du premier Spa russe « Eaux de Marcial » en Carélie

Liens externes[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olonetsky collection, vol.1, data on chemical compound of Konchezersky marcial waters
  • Medical waters, dirties and sea bathing in Russia and abroad, section about “iron” mineral waters of marcial deposits, L. Bertenson
  • Medical districts of Karelia, ed. M.D. Tushinsky, S.A. Vishnevsky, 1930

Anecdote[modifier | modifier le code]

Au début de la Seconde Guerre mondiale, un officier russe, Paul Oussov (né Pavel Gregorievitch Poutinetsev), originaire de Sibérie, s’évada d’un camp allemand de prisonniers à la frontière polonaise et abouti à Spa. Il fut caché pendant toute la guerre par la famille Xhrouet dans une ferme à Andrimont-la-Gleize. En 1945, il voulut rejoindre son pays mais apprit à Berlin que Staline avait décidé de « supprimer » les officiers qui étaient partis à l’étranger. Il rebroussa chemin et s’installa « à son compte » à Spa où il construisit selon l’ingénierie sibérienne le chalet de la piste de ski dans la forêt du Thier des Rexhons. Il épousera une flamande en séjour dans la ville d’eau. Son fils, Serge Oussov est aujourd’hui spadois et participe à la vie associative de sa ville.