Marches de la mort

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La marche de la mort de Bataan eut un retentissement médiatique considérable aux États-Unis

On appelle marches de la mort des convois de prisonniers où les gardiens font avancer les prisonniers au mépris de la vie de ces derniers, voire en vue de leur extermination. Les marches de la mort les plus célèbres eurent lieu pendant la déportation des Indiens d'Amérique entre 1831 et 1842, le Génocide arménien, et la Seconde Guerre mondiale.

Marches de la mort célèbres[modifier | modifier le code]

Le 11 mai 1945, des civils allemands sont contraints de marcher à côté des cadavres de trente femmes juives mortes de faim lors d'une marche de 500 km imposée par les soldats SS à travers la Tchécoslovaquie. Enterrés dans des fosses communes à Volary, les corps ont été exhumés par des civils allemands sous la direction de médecins de la 5e division d'infanterie américaine (Troisième armée). Les corps ont été placés dans des cercueils et ré-enterrés dans le cimetière de Volary
  • Entre 1831 et 1842, aux États-Unis, les Cherokees, les Choctaws, les Muskogees, les Seminoles, et les Chickasaws furent déportés de leurs pays natals. Durant les marches, les Cherokees ont perdu jusqu'à 25% de leur population (soit 4 000 sur 16 000)[1]. Pendant la première vague de déportations des Choctaw, sur les 6 000 Amérindiens environ, seuls 4 000 sont arrivés dans l'Oklahoma[2]. Les Muskogees résistèrent à la déportation et environ 2 500 d'entre eux furent déportés de l'Alabama par l'armée américaine, enchaînés comme des prisonniers de guerre. Le reste de la tribu, environ 12 000 personnes, fut déporté par l'armée. Une fois arrivés dans l'Oklahoma, environ 3 500 sont morts de maladie. Les Seminoles ont mené une résistance très active en Floride, avec pour résultat une série de conflits avec l'armée américaine. De nombreux membres de la tribu furent déportés comme prisonniers de guerre, et beaucoup moururent pendant le voyage[3].
  • La marche de la mort de Bataan fut imposée aux prisonniers alliés américains et philippins par l'armée impériale japonaise après la bataille des Philippines en avril 1942. Le tribunal de Manille a évalué le nombre de prisonniers morts pendant cette marche à environ 20 000.
  • Les marches de la mort correspondant à l'évacuation des camps de concentration nazis en 1945. Lorsque les Alliés se rapprochèrent trop des camps de concentration et d'extermination allemands situés en territoire polonais, les SS firent évacuer ces camps, dont Neuengamme et Auschwitz, afin de poursuivre le processus en Allemagne. Plusieurs dizaines de milliers de victimes ( approximativement la moitié des détenus)
  • La marche de 1945 (en) eut lieu au même moment, mais elle concernait surtout des prisonniers de guerre, internés dans des camps de discipline, notamment à Blechhammer.
  • Les marches de la mort de Sandakan eurent lieu en juin 1945 entre Sandakan et Ranau (en), à Bornéo. Elles furent imposées par l'armée impériale japonaise à des prisonniers de guerre et des civils indonésiens soumis aux travaux forcés. Le nombre de morts est estimé à près de 4 000 Indonésiens, 1 381 Australiens et 641 Britanniques.
  • Les marches de la mort de la guerre d'Indochine, notamment celle des prisonniers français capturés à Dien Bien Phu, conduits à marche forcée vers les camps de concentration Viet-Minh, et plus particulièrement vers le camp 113. Seuls environ 30% des prisonniers ont survécu, les autres étant morts au cours de la marche ou dans les camps[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) The Trail of Tears (la piste des larmes)  ; certaines études démographiques vont jusqu'à 8000 victimes.
  2. (en) Choctaw Removal Was Really a “Trail of Tears” - Choctaw Nation
  3. (en) Grant Foreman, Indian Removal: The Emigration of the Five Civilized Tribes of Indians, 1932, éd. University of Oklahoma Press, 1974 (ISBN 978-0-8061-1172-8)
  4. Ministère de la Défense - Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives, « La bataille de Diên Biên Phu (13 mars 1954-7 mai 1954) », Collection Mémoire et Citoyenneté no 39 [lire en ligne (page consultée le 11 novembre 2014)] : « [...] sur les 10 300 soldats français faits prisonniers à Dien Bien Phu, seuls 3 300 sont rendus à leurs familles. Les autres, souvent laissés sans soins, épuisés, affamés, parfois sommairement exécutés, perdent la vie sur les routes qui les conduisent à leur lieu de détention et dans les camps du Viêt-minh. »

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]