Marche à l'ombre (album)

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Marche à l'ombre

Album de Renaud
Sortie 1980
Enregistré décembre 1979 et janvier 1980
Durée 38 min 21 s
Genre Chanson française
Format 33t
CD (réédition)
Label Polydor

Albums de Renaud

Singles

  1. Marche à l'ombre / Dans mon HLM
  2. It is not because you are / Les Aventures de Gérard Lambert

Marche à l'ombre est le 4ème album studio de Renaud sorti en 1980 sous le label Polydor.

C'est dans cet album qu'apparaît un des plus célèbres personnages de l'univers de Renaud : Gérard Lambert, une petite frappe en mobylette. La chanson titre du disque, elle, est au générique du film du même nom de Michel Blanc.

Premier grand tournant dans la carrière de Renaud, l'album est un succès et la plupart des chansons qu'il contient ont pris place dans ses classiques. L'artiste prend une nouvelle dimension, bien plus grande que l'ancienne.

C'est aussi à cette époque qu'apparaît son fameux bandana rouge. C'est l'album le plus rock de la discographie de Renaud (on note d'ailleurs l'absence d'accordéon dans les instruments).

L'album est dédié à Jacques Mesrine (décédé en 1979).

Liste des titres[modifier | modifier le code]

Toutes les chansons sont écrites et composées par Renaud Séchan sauf indication contraire. 

No Titre Durée
1. Marche à l'ombre 3:18
2. Les aventures de Gérard Lambert (musique d'Alain Ranval) 3:46
3. Dans mon HLM 6:06
4. La teigne 2:43
5. Où c'est qu'j'ai mis mon flingue ? 3:05
6. It Is Not Because You Are 3:20
7. Baston ! (musique de Michel Roy) 5:29
8. Mimi l'ennui 4:08
9. L'auto-stoppeuse 3:07
10. Pourquoi d'abord ? 3:19

Arrangements et réalisation: Alain Ranval, Gérard Prévost et Jean-Philippe Goude.

Musiciens[modifier | modifier le code]

  • Alain Ranval, Jean-Michel Kajdan, Pierrot Chérèze, Patrice Meyer, Laurent Gaspéris, Alain Merquez, Laurent Gérome : guitares
  • Alain Guillard, Richard Raux : saxophones
  • Délit, Henri Clément : trompettes
  • Guy Khalifa : flûte
  • Gérard Prévost : basse
  • Amaury Blanchard : batterie
  • Steve Shehan  : percussions
  • Jean-Philippe Goude : piano, claviers
  • Klaus Basquiz, Liza Deluxe, Philippe Vauville, Shitty Télaouine, Stella Vander : chœurs

Détail des chansons[modifier | modifier le code]

  • Marche à l'ombre (Renaud Séchan) :
Quoique reposant toujours sur son image de loubard, Renaud lègue de plus en plus ses aventures à d'autres personnages pour passer vers un style plus narratif. Ici, il raconte l'histoire d'un petit voyou qui expulse l'un après l'autre les différents clients très typés qui entrent dans « son » bar. De même, le langage a changé et « Marche à l'ombre » est un véritable monument de l'argot chanté. Cette chanson a rencontré un énorme succès et a fait l'objet de nombreuses reprises en concert.
  • Les aventures de Gérard Lambert (Renaud Séchan / Alain Ranval) :
Deuxième personnage après Germaine à apparaître dans la future galerie de portraits que Renaud a dressé tout au long de sa carrière, Gérard Lambert, un invraisemblable anti-héros en mobylette apparaît. La chanson repose sur un esprit de non-sens. Toutes les références « basiques » de Renaud se retrouvent dans la chanson mais ce n'est plus le chanteur qui subit ici ce qu'il dénonce, c'est un personnage « ordinaire ». La narration n'est pas celle d'une histoire réaliste mais bien d'un véritable film, voire d'un dessin animé, dont chaque scène est présentée de manière à favoriser une interprétation caricaturiste. Quelques références inattendues viennent encore renforcer cette sensation d'impossible réalité (la rencontre avec un loubard aux cheveux blonds qui se prend pour le Petit Prince, par exemple). Le personnage caricaturé dans cette chanson n'est autre que Gérard Lanvin à qui Renaud a pris son épouse Dominique.
Il s'agit d'une adaptation du rock américain Black Denim Trousers and Motorcycle Boots de Jerry Leiber & Mike Stoller.
  • Dans mon HLM (Renaud Séchan) :
Cette chanson devenue culte et reprise dans pratiquement tous les lives repose sur une mélodie simple et répétitive servant à décrire le HLM qu'habite le loubard Renaud du rez-de-chaussée jusqu'au huitième, étage par étage. Les habitants décrits dans le HLM couvrent à peu près toutes les tendances : de l'ancien barbouze raciste et alcoolique au communiste en passant par la bande de hippies et le jeune cadre pour finir par Germaine. Encore une fois, il s'agit d'une description et les mêmes thèmes sont déclinés sous une forme légèrement différente. Pourtant, la structuration de la chanson, la qualité du texte et la mise en phase de l'œuvre avec son époque en ont fait un incontournable de l'artiste.
  • La Teigne (Renaud Séchan) :
La chanson rappelle un peu l'album Amoureux de Paname même si le style a évolué depuis les premiers textes. Placé entre deux futurs grands tubes, La Teigne raconte la vie d'un petit teigneux malheureux. La chanson a été reprise sur le live 'Paris Province' en 1995, soit 15 ans après sa création.
  • Où c'est qu'j'ai mis mon flingue ? (Renaud Séchan) :
Comme pour se défendre de ceux qui accusait Renaud de s'embourgeoiser depuis la promesse faîte dans Société tu m'auras pas et pour rassurer ceux qui tendaient à les croire, Renaud offre une chanson écrite dans un style très acide. Le début de l'œuvre, lancé par un accord saturé de guitare électrique permettant à la forme de rejoindre le fond, est une lettre ouverte à la critique bien pensante de l'époque. La chanson fait penser à Hexagone par son style décapant, direct. Cependant, à part sur la tournée de promotion de l'album puis à l'Olympia en 1981 cette chanson ne sera jamais reprise en public (sauf un court extrait sur « Paris Province »).
  • It is not because you are (Renaud Séchan) :
Sous la forme d'un petit slow, il s'agit d'une pseudo histoire d'amour entre un français et une jeune fille au pair qui sert exclusivement de prétexte à des paroles franglaises inimaginables. Selon Renaud, il s'agit d'une satire des slows habituels.
  • Baston ! (Renaud Séchan/Michel Roy) :
Chanson contre l'exclusion, mais aussi contre le système, on passe brusquement de couplets lents, calmes, sans reflet de la colère qui est censée monter à des refrains violents et appelant à la violence.
  • Mimi l'ennui (Renaud Séchan) :
Un nouveau personnage pour une chanson sur le portrait d'une fille sans but ni envie. Il semblerait que Mimi soit en fait une description plus ou moins réaliste de sa femme Dominique.
  • L'auto-stoppeuse (Renaud Séchan) :
Cette chanson est un bon résumé de l'album : on y retrouve la description d'une personne un peu 'zone' qui croise le chemin de Renaud et que celui-ci nous décrit sans rien prendre au sérieux tout en égratignant au passage certaines personnes et réalités : la critique d'une génération post soixante-huitarde molle, tendance hippies (« des vieux chnoques de vingt-cinq berges ») et surtout l'attaque personnelle contre l'entreprise de restauration d'un homme, Jacques Borel, déjà caricaturé par Tricatel dans le film L'Aile ou la Cuisse.
  • Pourquoi d'abord ? (Renaud Séchan) :
"C'est vrai qu'elle est un peu bâclée, c'est parc'que sur mon disque, des chansons j'en avais qu'neuf et y m'en fallait dix". Telles sont les dernières paroles en forme d'excuse de cette chanson. Sur un air Louis XIV, parfois exagéré à l'extrême, Renaud passe de manière incessante de la voix de gorge à la voix normale pour interpréter le dialogue délirant entre un jeune otage et son ravisseur. Les rimes sont facultatives, l'histoire un prétexte, les critiques ciblées. A chacun de penser ou non si le côté désinvolte et bâclé de l'œuvre n'était qu'un filtre chargé d'adoucir le fond parfois un peu trop acide de la chanson.