Marcellin Fillère
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Marcellin Fillère né en 1900 à Vernassal, en Haute-Loire et mort le 10 août 1949 à Capbreton, dans les Landes était un prêtre mariste français impliqué dans les mouvements de jeunesses catholiques[1].
Sommaire |
Biographie [modifier]
Membre dès 1918 de « la Société de Marie », il est ordonné prêtre en 1924. Imprégné de l’esprit « mariste », fait d’humilité et d’obéissance, il assume personnellement l’ensemble des vocations et charges incombant habituellement à sa famille religieuse :
Dans l’enseignement universitaire, il est professeur titulaire de psychologie en 1945, à l'Institut catholique de Paris[2]. Il se tourne également les jeunes des nombreux patronages de l'époque[3], liés aux paroisses populaires de Paris et de la banlieue est : création de la Cité des Jeunes de Jouy-sur-Morin en 1928 (et sa pédagogie communautaire). Il contribue également à la création des Scouts de France et des Cœurs Vaillants en 1933. En 1935, il crée la Propagande pour l’Unité avec l’abbé Richard, à Paris.
Dans le milieu catholique, il fait partie des « non-conformistes des années 30 », qui se sentait intuitivement plus communautaire que personnaliste, à la différence, à la même époque d’un Emmanuel Mounier.
L’« idée Fillère » [modifier]
L'idée Fillère est très connue avant la guerre[4]
- la mise en valeur de l’idée de « communauté chrétienne »
- la découverte de « la semence », du début originel,
- la recherche du dynamisme, le sens chrétien de l’Histoire,
- Il voulait provoquer un ébranlement un « réveil » par le choc de la parole prophétique dans l’opinion-publique, plutôt qu’utiliser la richesse nuancée (qu’il connaissait bien) de la synthèse scolastique médiévale.
Ses intuitions sont en majorité mal reçues, dès avant la guerre, de la part de la sensibilité, « démocrates-chrétiens », en plein essor :
- en philosophie par rapport à Jacques Maritain[5]
- dans l’apostolat catholique vis-à-vis de la JOC et du Cardinal Liénard, de Lille (son intervention remarquée du 17 juillet 1934 au 54e congrès de l’union des œuvres à Rennes)
- en politique avec François Mauriac[6].
Ses appuis sont forts mais peu nombreux : Cardinal Verdier de Paris et le Nonce du Vatican, Mgr Roncalli[7], futur Jean XXIII. L’avis mitigé du futur Cardinal Lustiger qui fut son étudiant (dans le livre, « le choix de Dieu » publié en 1987).
La marginalisation [modifier]
Orateur reconnu à Paris, il conclut le 3 décembre 1944 le grand meeting de rentrée des étudiants de « la Fédération française des étudiants catholiques » et fait apparaître son manque d’enthousiasme dans l’espoir illusoire du « Politique d’abord » (à l’époque, de gauche) de la Libération.
Cela entraîne immédiatement un tir de barrage des milieux catholiques depuis peu dominants, une mise à l’index officieuse, des attaques souterraines, d’autant qu’il est « politiquement-incorrect » en contredisant énergiquement le Parti Communiste, alors au faîte de sa puissance Pour soutenir la Propagande Pour l'unité, avant guerre, il publiait le « bulletin pour l’Unité »
En 1945, malgré la pénurie de papier : « Nous chrétiens », puis « l’Humanité Nouvelle » enfin en 1946 il fonde avec l’abbé Richard et sous la forme d’une coopérative ouvrière de production, un bimensuel : « l’Homme Nouveau » qui toujours publié aujourd’hui (une nouvelle orientation lui fut donné par son repreneur Marcel Clément à partir de 1962).
Il est mort accidentellement et prématurément d'une noyade, le 10 août 1949, au cours d’un camp-Mission de la « Cité des jeunes », à Cap Breton (Landes).
Bibliographie [modifier]
- rapport de Rennes
- trois brochures : Propagande pour l’Unité / Mystique d'Unité et apostolat moderne/ le Parti communiste
- conférences sténographiées dont « Fidélité à l’Église », 1944[8]
- Yves Chiron, Le Père Fillère ou la passion de l'Unité, Paris, Éditions de L'Homme nouveau, 2011
Notes et références [modifier]
- Jean DAMBLANS, Denis RENDU, Madeleine THEVENON-VEICLE, Le Père Fillère nostalgie du futur, éd. O.E.I.L.
- Les carnets du cardinal Baudrillart (1935-1939), éd. du Cerf, 1996, p. 78.
- Vincent Feroldi, La force des enfants. Des « cœurs vaillants » à « l'ACE », éd. de l'Atelier, 1987.
- Préface distanciée du P. A Rey-Herme (S.M.) livre / (sigle PFNF) p. I à X.
- Maritain et livre / (sigle PFNF) p 120…
- Mauriac et livre / (sigle PFNF) p 78
- le nonce de Pie XII à Paris : Mgr Angelo Roncalli : Journal de France, Tome 1 : (1945-1948) - Introduction et annotations par Étienne Fouilloux, 2006, dans le tome 2 à paraître (1949-…) et du livre / (sigle PFNF) p 169.
- voir Mauriac (6)