Marcel Rajman

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Portrait conservé dans les Archives fédérales allemandes, dans une pose identique à celle de l'Affiche rouge
Plaque commémorative de Marcel Rajman au 1, rue des Immeubles-Industriels

Marcel Rajman, dit Simon Maujean, dit Faculté, dit Michel, dit Michel Mieczlav ( à Varsovie - , fusillé au fort du Mont-Valérien) est un Juif polonais, soldat volontaire de l'armée française de libération FTP-MOI, membre du Groupe Manouchian, chef du groupe d'action très actif « Stalingrad ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Marcel Rajman vient en France avec ses parents à l'âge de huit ans. À dix ans, il entre aux Pionniers et au club sportif ouvrier Yask. Rattrapant son retard, il étudie et passe son brevet élémentaire à quinze ans. Il commence à travailler avec ses parents, comme ouvrier tricoteur.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Dès que les premiers groupes des Jeunesses communistes se reforment, il y adhère d'emblée et milite activement jusqu'au début de 1942, participant aux manifestations illégales, collages d'affiches, papillons, etc. Il devient responsable des J.C. du XIe arrondissement et habite au no 1, rue des Immeubles-Industriels.

Au début de 1942, il demande à entrer au deuxième détachement juif FTP. Il est accepté. Il se distingue aussitôt par son courage et son intelligence. Il est nommé moniteur pour entraîner les nouveaux combattants. Lorsque le groupe tchèque des FTP se forme, il y est envoyé pour leur enseigner l'art militaire des partisans. Il y réussit pleinement et la première action contre les Allemands au Pont des Arts connaît un très grand retentissement.

Lors de la formation du détachement arménien, il est de nouveau envoyé comme moniteur. Fait notable, la première action de Missak Manouchian, à Levallois, est faite sous la direction de Marcel Rajman.

Le 3 juin 1942, devant le 17 rue Mirabeau à Paris, 16e arrondissement, Marcel Rajman et Ernest Blankopf lancent à toute volée des grenades sur un car de la Kriegsmarine. Les Allemands ripostent d'un feu nourri. Marcel Rajman, recherché par toutes les polices, parvient à s'échapper, mais Ernest Blankopf, grièvement blessé, préfère se tirer la dernière balle de son pistolet dans la tête plutôt que d'être pris.

Durant l'été 1943, les FTP MOI décident d'abattre le commandant du Grand Paris, le général von Schaumburg, signataire des affiches placardées dans Paris annonçant l'exécution des résistants. Le service de Renseignement de la FTP MOI repère un officier très galonné. Il va quotidiennement se promener à cheval au Bois de Boulogne, escorté de 2 gardes. Après sa promenade, il remonte l'avenue Raphaël et entre dans la cour d'un luxueux hôtel, avant de reprendre sa voiture de fonction qui le conduit à l'hôtel Meurice. L'itinéraire étant toujours le même, Marcel Rajman, Raymond Kojiski et Léo Kneller décident d’agir. Le 28 juillet 1943, les trois hommes attaquent la voiture en lançant une grenade et parviennent à s'enfuir. Mais la cible est manquée... et de plus, ce n'était pas le commandant du Grand Paris qui se trouvait dans la voiture ce jour-là, mais le lieutenant colonel Moritz von Maliber et un membre de son état major.

Désormais Marcel Rajman est très recherché[1] et son nom figure sur l'« affiche rouge » éditée par les Allemands : « Rayman, juif polonais, 13 attentats ». Sa planque, rue de Belleville à Paris, ne tarde pas à être connue des Renseignements généraux de la BS2. Mais ceux-ci préfèrent prolonger la filature plutôt que de se contenter d'une seule arrestation.

En juillet et août 1943, les Brigades Spéciales n° 2 des Renseignements généraux concentrent leur efforts sur les « terroristes » de la MOI. Marcel Rajman, responsable du groupe des dérailleurs (de trains) et de l'exécution, Missak Manouchian, chef militaire, et Léo Kneller, combattant très aguerri, sont les plus recherchés.

Début août 1943, Lajb Goldberg, farouche partisan depuis juillet 1942 (ses parents ont été raflés) est identifié et suivi jusqu'au 9 bis passage de Stinville. Il ressort accompagné de Marcel Rajman, suivi par l'inspecteur Constant des RG.

À la fin de l'été, presque tous les combattants de la MOI sont repérés.

Le service de renseignement FTP-MOI avait remarqué des renforcement des mesures de sécurité rue Saint-Dominique, à Paris. Une grosse Mercedes garnie sur les ailes de fanions à croix gammée, pénétrait régulièrement dans la cour de la Maison de la Chimie et un dignitaire nazi en descendait. Après quatre mois de filatures, la direction militaire de la MOI avise Marcel Rajman, Léo Kneler et Celestino Alfonso de préparer un plan d'attaque contre ce dignitaire. L'opération est placée sous l'autorité de Missak Manouchian, responsable militaire des FTP-MOI, depuis fin août 1943.

Le 28 septembre 1943, à 8h30, la Mercedes stationne quelques minutes avant d'emporter son passager. Celestino Alfonso tire sur l'officier SS quand il monte en voiture. Les vitres amortissent les balles. L'homme est blessé ; il tente de fuir par la portière opposée, mais Marcel Rajman l'achève de trois balles. C'est par la presse allemande que les combattants apprennent l'identité du personnage : il s'agit de Julius Ritter, responsable du STO en France. La dénonciation en première page de cet "acte abominable" et les obsèques officielles en l'Église de la Madeleine donnent plus d'éclat encore à l'opération.

Aux mains de l'ennemi[modifier | modifier le code]

Marcel Rajman est arrêté par les Brigades Spéciales le 16 novembre 1943 à un rendez-vous avec Olga Bancic-Zvec. Il est inculpé dans le procès des 23 FTP-Immigrés qui se déroule les 17 et 18 février 1944. Il est l'un des dix représentés sur l'Affiche rouge placardée dans tout Paris. Le tribunal militaire allemand le condamne à mort. Il est fusillé au fort du mont Valérien le 21 février 1944 avec 21 membres du groupe Manouchian.

Sa mère Chana Rajman (née en 1893 à Varsovie) fut déportée par le convoi n° 67 au départ de Drancy le 3 février 1944, et gazée à Birkenau. Simon, son petit frère (né le 1er janvier 1927), fut déporté à Buchenwald par le convoi n° 85[2].

Hommages[modifier | modifier le code]

Le square Marcel-Rajman, situé rue Merlin dans le 11e arrondissement à Paris, porte son nom depuis l'arrêté du 14 janvier 1994[3] et a été le lieu d'une cérémonie du souvenir le 21 février 2010.

Filmographie[modifier | modifier le code]

L'Armée du crime de Robert Guédiguian, sorti en 2009.

Les FTP-MOI dans la Résistance (2013) de Mourad Laffitte et Laurence Karsznia, produit par Images contemporaines

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Portrait parlé de Marcel Rajman, dit Faculté, effectué par les inspecteurs de la BS2 : « Faculté : 19 ans, corpulence trapue, visage rond, cheveux châtain foncé, frisés et abondants, chandail bleu marine à col roulé, pardessus bleu à martingale, souliers noirs, porte une serviette sous le bras. »
  2. Source : Base de données du Mémorial de la Shoah
  3. square Marcel-Rajman sur le site de la voirie de la Ville de Paris.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • FFI - FTPF, Pages de gloire des vingt-trois, Immigration, 1951

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]