Marcel Pourchier

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Marcel Pourchier
Image illustrative de l'article Marcel Pourchier

Naissance 1er juin 1897
à Beuil
Décès 1er septembre 1944
au Struthof
Origine Drapeau de la France France
Allégeance ORA - Réseau Alliance
Arme Infanterie
Grade Lieutenant-colonel (à titre posthume)
Années de service 1916 – 1944
Conflits Première Guerre mondiale
campagne de Syrie
Seconde Guerre mondiale
Commandement EMHM
Distinctions Officier de la Légion d'honneur
Croix de Guerre (1914-1918)
Croix de Guerre des TOE
Croix de Guerre (1939-1945)
Médaille de la Résistance
Hommages
  • Le Quartier abritant l'École Militaire de Haute Montagne à Chamonix porte le nom du Lieutenant-colonel Pourchier.
  • La rue principale de son village natal: Beuil, porte son nom (Boulevard Marcel Pourchier).
  • Une tombe symbolique à son nom a été érigée au cimetière mémorial de Saint Nizier du Moucherotte

André Eugène Marcel Pourchier (1897 – 1944) est un militaire (commandant puis lieutenant-colonel à titre posthume) et Résistant français. Il est une figure marquante de troupes alpines françaises avant la deuxième guerre mondiale

Enfance[modifier | modifier le code]

Il naît en 1897 dans le village perché de Beuil, dans les Alpes-Maritimes, à près de 1 500 mètres d’altitude.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Mobilisé en 1916 au 4e régiment d’infanterie coloniale, il réussit Saint-Maixent puis se voit affecter comme aspirant au 29e bataillon de tirailleurs sénégalais. Promu sous-lieutenant en 1918, il est blessé et gazé devant Soissons et cité.

De 1920 à 1924, il participe à la campagne de Syrie. D’abord au 10e régiment de tirailleurs sénégalais où il est proposé pour Chevalier de la Légion d'honneur (décoration qu’il recevra en 1929) pour un fait d’armes accompli à la tête de sa section de mitrailleuses. Il sert ensuite au RICM.

Il est alors affecté à l’Armée Française du Rhin au 20e régiment de tirailleurs. Il demande à être versé dans l’infanterie métropolitaine. C’est en 1925 qu’il rejoint le 3e RIA à Antibes, puis après avoir représenté la France aux jeux olympiques de Saint-Moritz en 1928 (Course de Patrouilles où il termine la course sous les acclamations en portant un de ses coéquipiers défaillant), il est, au sein du 141ème RIA, chef de l’école de ski de la 15e RM à Beuil. En 1930, il est l'initiateur du premier tremplin de saut à ski construit à Beuil.

Nommé capitaine en 1931, il est affecté au 27e BCA à Annecy. L’année suivante, le général Dosse lui confie la création et l’organisation d’une école militaire de ski et de haute montagne, l'EHM, à Chamonix. Il commande cette école jusqu’à la déclaration de guerre, s’imposant à tous par ses qualités humaines, ses talents de montagnard et son sens pratique. Il joue un rôle capital pour relever le niveau technique et l’équipement des troupes alpines.

À la déclaration de guerre, d’abord affecté au 199e BCHM, il est rapidement appelé à l’état-major de l’armée pour faire réaliser les effets nécessaires à l’expédition de Scandinavie. L’équipement des chasseurs de la Brigade de haute montagne sera sans équivalent. Il participe à la campagne de Norvège comme chef du 4e Bureau (logistique) du général Béthouart. Il se distingue par son activité inlassable, malgré les difficultés considérables dues au terrain, aux circonstances et aux bombardements.

En 1942, il est chef de bataillon à l’état-major de la 3e DBCA à Chambéry, jusqu’à la dissolution de l’armée d’armistice.

Résistance[modifier | modifier le code]

Sollicité par Pierre Dalloz pour participer à l’élaboration du plan Montagnards, pour la création d'un réduit de résistance dans le massif du Vercors, pour la partie logistique, il répond : « S’il s’agit de résistance et si c’est sérieux, vous pouvez compter sur moi ». Il est ainsi le premier officier d'active à rejoindre le Vercors. Au début de 1943, il entreprend de recenser les capacités d’accueil du massif, les gites, les ressources alimentaires, les points d’eau, les véhicules, les réserves de carburant, les zones favorables aux parachutages. Il parcourt le plateau de long en large et participe au premier comité de combat du Vercors. Menacé par l’OVRA en mai, il n’a d’autre parti que de se replier sur Nice, où il rejoint le colonel Journois, commandant l’ORA et chef local du réseau Alliance.

Le 4 janvier 1944, il tombe dans un guet-apens tendu par la Gestapo[1]. Le 28 avril, Pourchier est transféré à Schirmeck. Dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944, sentant les Alliés proches, les nazis exécutent au Struthof 471 déportés, dont 108 agents d’Alliance. Parmi eux, Marcel Pourchier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L’agent double de la Gestapo à l'origine de l'arrestation se nommait Max Georges Gallon, alias Max de Riancourt. Avant Nice, il avait déjà sévi à Toulouse. Il a fait arrêter à Nice, outre Pourchier, le Colonel Journois et les capitaines Chapeleau et Dupouy. Tous les quatre y ont laissé leur vie. Il a été condamné à la peine de mort par contumace par le Tribunal de Grasse le 12 avril 1945. Arrêté, il sera jugé à Aix en Provence en Juin 1946 et condamné à la peine de mort. Il échappera à son exécution en « retournant sa veste ». Il se met à la disposition des services secrets alliés et dénonce tous ses anciens amis de la Gestapo et collaborateurs, dont Jean Luchaire qu'il fera arrêter en Italie.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Lieutenant-colonel Jean-Pierre Martin, « Jusqu’au bout du devoir, le lieutenant-colonel Marcel Pourchier », Les cahiers des troupes de montagne, no 17,‎ été 1999, p. 30 à 38
  • Boris de Guyer, L’ORA dans la région R2 Provence–Côte d’Azur, Archives de l’ORA
  • Pierre Dalloz, Vérités sur le drame du Vercors, Fernand Lanore,‎ 1979, p. 46-50
  • Paul Dreyfus, Vercors citadelle de liberté, Arthaud,‎ 1969
  • Marcel Pourchier et Édouard Frendo, La technique de l'alpinisme, Arthaud,‎ 1943