Marc Alyn

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Marc Alyn

Activités poète et écrivain
Naissance 18 mars 1937
Reims
Langue d'écriture française
Distinctions 1957 : prix Max-Jacob
1973 : prix Guillaume-Apollinaire
1994 : grand prix de poésie de l'Académie française,
grand prix de poésie de la Société des gens de lettres
2007 : prix Goncourt de la poésie pour l'ensemble de l'œuvre
2014 : grand prix de poésie Pierrette-Micheloud pour l'ensemble de son oeuvre

Marc Alyn, de son vrai nom Alain-Marc Fécherolle, est un écrivain et poète français né le 18 mars 1937 à Reims.

Biographie[modifier | modifier le code]

D’une « étonnante précocité » (Dictionnaire des littératures), il crée à dix-sept ans la revue Terre de Feu, où il publie son premier recueil, Liberté de voir, en 1956. L’année suivante, le jour de son vingtième anniversaire, il reçoit le prix Max-Jacob pour Le Temps des autres, bientôt suivi d’un ouvrage en prose onirique et fantastique, Cruels Divertissements, salué par Mandiargues, qui y relève « une disponibilité constante envers ce qui s’élève au-dessus de l’usuel ou ce qui plonge au-dessous de l’habituel, dans une inclination spontanée au mythe et à la merveille. »

Mobilisé en Algérie dès 1957, il collabore, après son retour, à Arts et Spectacles, La Table Ronde et au Figaro Littéraire, publiant parallèlement un essai sur Mauriac et un roman, Le Déplacement. Fondateur, en 1966, de la collection Poésie/Flammarion qu'il dirige jusqu'en 1970, il y révèle notamment Lorand Gaspar, Bernard Noël, Pierre Dalle Nogare, Andrée Chedid. Ses propres recueils Nuit majeure et Infini au-delà obtiennent respectivement le prix international Camille-Engelmann et le prix Guillaume-Apollinaire 1973.

Son retrait loin de Paris (il s’est fixé dans un mas, à Uzès, Gard), en plein succès, témoigne de son refus des situations acquises et du parisianisme littéraire. Il préfère voyager au Proche-Orient où il connaîtra, dans les ruines de la cité phénicienne de Byblos, la « minute magique » dont jaillira la trilogie poétique Les Alphabets du Feu, publiée dans les années 1990, après son retour dans la capitale, et souvent perçue comme l’une de ses publications majeures.
C’est lors de son premier séjour à Beyrouth (1972) qu’il fait la connaissance de la poète libanaise francophone Nohad Salameh, qu’il épousera des années plus tard (1990) à Paris et qui lui a inspiré Le Livre des amants (1988), imprimé à Beyrouth en pleine guerre civile.

Confronté à de lourds problèmes de santé (un cancer du larynx, qui le prive durant plusieurs années de l’usage de la parole), il n’en poursuit pas moins son œuvre, qu’il élargit et renouvelle. Ami des peintres, il réalise avec eux un très grand nombre de livres d’artiste et de poèmes-objets, notamment avec T'ang Haywen ; en tant que critique, il leur consacre des chroniques ainsi que des essais : Les Miroirs voyants, Approches de l'art moderne.

En prose, il célèbre la Sérénissime (Le Piéton de Venise, prix Henri de Régnier de l'Académie française;"Venise démons et merveilles" ), Paris point du jour ou, avec amour et humour, les neuf vies et les mille et une nuits de Monsieur le chat (prix Trente millions d’amis 2009).

Membre de l’académie Mallarmé et du jury du prix Guillaume-Apollinaire, Marc Alyn tient le poète « pour une espèce silencieuse de musicien, de voyant aveugle, scribe errant au seuil des cultures, frontalier des états extrêmes ajournant sans cesse sa propre mort pour cause d'urgence poétique. »

Distinctions honorifiques[modifier | modifier le code]

Commentaire[modifier | modifier le code]

Philippe Soupault avait décrit à l’avance son parcours en affirmant :
« Marc Alyn assume et accepte la destinée douloureuse et prodigieuse, merveilleuse et dangereuse, celle d’être un poète, uniquement un poète. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Liberté de voir, Terre de Feu (1956)
  • Le Temps des autres, Seghers (1956)
  • Cruels divertissements, Seghers (1957)
  • Jean-Louis Trintignant dit les poèmes de Marc Alyn, Véga-Seghers, (1958)
  • Serge Reggiani dit, Marc Ogeret chante Marc Alyn, Studio S.M. (1958)
  • Brûler le feu, Seghers (1959)
  • Délébiles, Ides et Calendes (1962)
  • Nuit majeure, Flammarion (1968)
  • Infini au-delà, Flammarion (1972)
  • Douze poèmes de l'été, Formes et langages (1976)
  • Rêves secrets des tarots, Formes et langages (1984)
  • Poèmes pour notre amour, Formes et langages (1985)
  • Le Livre des amants, Des Créateurs (1988)
  • Le Chemin de la parole, (1994)
  • L’État naissant (1996)
  • Les Mots de passe (1997)
  • L’Œil imaginaire (1998)
  • Le Miel de l'abîme (2000)
  • Les Alphabets du Feu : Byblos, La Parole planète, Le Scribe errant (version définitive entièrement revue par l'auteur), iDLivre (2001)
  • Les Miroirs byzantins, Alain Benoit (2001)
  • Le Tireur isolé, Phi/Écrits des Forges (2010)
  • La Combustion de l'ange, 1956-2011, préface de Bernard Noël, Le Castor Astral (2011)

Prose[modifier | modifier le code]

  • Marcel Béalu, Subervie (1956)
  • François Mauriac, Seghers (1960)
  • Célébration du tabac, Robert Morel (1962)
  • Les Poètes du XVIe siècle, J'ai Lu (1962)
  • Dictionnaire des auteurs français, Seghers (1962)
  • Dylan Thomas, Seghers (1962)
  • Le Déplacement, Flammarion (1964)
  • Gérard de Nerval, J'ai Lu (1965)
  • Srecko Kosovel, Seghers (1965)
  • André de Richaud, Seghers (1966)
  • Odette Ducarre ou Les Murs de la Nuit, Robert Morel (1967)
  • La Nouvelle Poésie française, Robert Morel (1968)
  • Norge, Seghers (1972)
  • Entretiens avec Lawrence Durrell, Pierre Belfond (1972) et Gutenberg (2007)
  • Le Diderot de Borès, Galerie du Salin (1975)
  • Le Manuscrit de Roquemaure, Le Chariot (2002)
  • Mémoires provisoires, L'Harmattan (2002)
  • Le Silentiaire, Dumerchez (2004)
  • Le Piéton de Venise, Bartillat (2005); livre de poche Omnia (2011)* Les Miroirs voyants, Voix d'encre (2005)
  • Le Dieu de sable, Phi/Écrits des Forges (2006)
  • Paris point du jour, Bartillat (2006)
  • Approches de l'art moderne, Bartillat (2007)
  • Monsieur le chat, Écriture (2009); Archipoche (2014)
  • "Anthologie poétique amoureuse", Ecriture (2010)
  • "Venise démons et merveilles", Ecriture (2014)

Ouvrages pour la jeunesse L'Arche enchantée, Enfance heureuse, Éditions Ouvrières (1979)

  • Nous, les chats, Formes et Langages, 1986, rééd. La Vague à l'âme (1992)
  • Compagnons de la marjolaine, Enfance heureuse, Éditions Ouvrières (1986)
  • À la belle étoile, La Vague à l'âme (1990)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Mauriac, Nouveaux mémoires intérieurs, 1965
  • Les Grandes Dates de la littérature française, 1969
  • Chassang et Senninger, Textes littéraires français du XXe siècle, 1970
  • « Lire Marc Alyn », numéro spécial de la revue La Grive, 1970
  • Robert Sabatier, Histoire de la poésie française, 1982
  • « Marc-Alyn-la-poésie », numéro spécial de la revue Coup de Soleil, 1992
  • Marie Chevallier, Marc Alyn la Voix, la Voyance, Classiques pour demain, L'Harmattan, 1994
  • « Marc Alyn le regard intérieur », numéro spécial de la revue L'Oreillette, 1997
  • Jean-Pierre Desthuilliers, « Marc Alyn la parole et le destin », dans Jointure, 2001
  • Marc Alyn un itinéraire intérieur, numéro spécial de la revue Intuition, 2002
  • Bernard Fournier, L'Imaginaire dans la poésie de Marc Alyn, L'Harmattan, 2004
  • Pierre Belfond, Scènes de la vie d'un éditeur, Fayard, 2007
  • « Alyn parmi nous » : études, entretien, textes inédits. Revue Phœnix, numéro I, 2011
  • André Ughetto, Marc Alyn, essai suivi d'un choix de poèmes 1956-2012, collection Présence de la poésie, éditions des Vanneaux, 2012