Marbode

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Marbode
Biographie
Naissance v. 1040
Décès v. 1123
Évêque de l’Église catholique
Évêque de Rennes
1096 – 1123
Précédent Sylvestre de La Guerche Rothalde Suivant

Marbode, en latin Marbodus, dit aussi anciennement Marbœuf (v. 1040-vers 1123), fut évêque de Rennes de 1096 à 1123.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en Anjou vers 1040-1045, formé à l'école épiscopale d'Angers, il la dirige à partir de 1067. Entre 1069 et 1075 il devient chancelier, archidiacre et maître des écoles d'Angers. Il accède au siège épiscopal de Rennes après le mariage du duc de Bretagne Alain IV Fergent avec Ermengarde d'Anjou, dont il fait partie de l'entourage. Il succède ainsi à Sylvestre de La Guerche, dont la famille détenait l'évêché depuis un siècle, formant un véritable exemple de dynastie épiscopale. En 1096, il est consacré évêque par le pape Urbain II en personne, lors de la visite qu'il fit en France. Il lance une réforme du clergé séculier, soutenu par le duc de Bretagne, mais s'oppose à Robert d'Arbrissel dans une lettre où il lui reproche ses excès, notamment de vivre au milieu des femmes, de pratiquer le syneisaktisme, de porter un costume ridicule, de stigmatiser les vices du peuple et plus encore ceux des grands et du clergé. Marbode préfère la douceur et participe à de nombreux conciles. En 1101, il se mêle à l'élection de l'évêque d'Angers. Il abandonne son siège d'évêque et se retire à l'abbaye Saint-Aubin d'Angers, où il se fait moine et meurt en 1123. C'est un moine de Saint-Aubin, Hamelin, qui lui succède à Rennes en 1121[réf. souhaitée].

Il a une œuvre littéraire importante, notamment des poèmes en l'honneur de sa protectrice, la duchesse Ermengarde d'Anjou, des vies de saints angevins, des poèmes satiriques, des œuvres didactiques comme le Lapidarius, sur les propriétés des minéraux…

Son Lapidaire a eu une large audience. Voici ce qu'il dit du cristal :

« Le cristal est de la glace durcie pendant de nombreuses années. Selon l’avis de certains savants qui ont écrit en ce sens, elle conserve le froid et la couleur de son origine. D’autres le nient et tiennent pour assuré qu’en de nombreuses parties du monde naît du cristal que n’a jamais touché aucune force de froideur ni aucun hiver glacé ; mais voici qui doit être établi aux yeux de tous et ne doit être mis en doute par personne : cette pierre, soumise au soleil, engendre du feu et enflamme habituellement l’amadou qu’on lui présente. Mélangée à du miel, elle est donnée aux mères qui allaitent : grâce à cette boisson, croit-on, les seins se remplissent de lait. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Textes[modifier | modifier le code]

  • Liber de ornamentis verborum (vers 1080), Florence, 2000. Traité de rhétorique.
  • De lapidis ou Liber lapidum, seu De gemmis, De lapidibus (avant 1090),trad. Le lapidaire : Valérie Gontero-Lauze, Sagesses minérales. Médecine et magie des pierres précieuses au Moyen Âge, Paris : Éditions Classiques Garnier, coll. « Sagesse du Moyen Âge », 2010, 316 p., EAN 9782812401251, p. 151-176. Pierre Monat, Marbode, Poème des pierres précieuses, XIe siècle, traduit du latin, présenté et annoté..., suivi de Une lecture symboliste des lapidaires médiévaux, par Claude Louis-Combet, Grenoble, 1996, 110 p. (Petite collection Atopia, 6).[1]
  • Carmina varia, Traduction en vers de Sigismond Ropartz, Poésies diverses [2]
  • Liber decem capitulorum (Livre des X chapitres), édi. par R. Leotta, Rome, 1984. Poèmes sur la vieillesse, le destin, les âges de la vie, l'amitié, la femme.

Études[modifier | modifier le code]

  • L. Hernault, Marbode, évêque de Rennes. Sa vie et ses œuvres (1035-1123), Rennes, 1890.
  • Robert Halleux, « Damigéron, Evax et Marbode. L'héritage alexandrin dans les lapidaires médiévaux », dans Studi Medievali, 15, n°1 (1974), 327-347.
  • Jacques Dalarun, « Marbode de Rennes », in Dictionnaire du Moyen Âge, PUF, 2002, p. 876-877.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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