Mara Carfagna

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Mara Carfagna
Mara Carfagna, lors d'une réception en 2010.
Mara Carfagna, lors d'une réception en 2010.
Fonctions
Députée de la 2e circonscription de la Campanie
En fonction depuis le 28 avril 2006
Élection 10 avril 2006
Réélection 14 avril 2008
25 février 2013
Législature XVe, XVIe et XVIIe
Ministre sans portefeuille chargée de l'Égalité des chances
8 mai 200816 novembre 2011
Premier ministre Silvio Berlusconi
Gouvernement Berlusconi IV
Prédécesseur Barbara Pollastrini
Successeur Elsa Fornero
Biographie
Nom de naissance Maria Rosaria Carfagna
Date de naissance 18 décembre 1975 (38 ans)
Lieu de naissance Salerne (Campanie)
Nationalité Drapeau de l'Italie Italie
Parti politique Forza Italia
Le Peuple de la liberté
Forza Italia
Diplômé de Université de Salerne
Profession Mannequin

Mara Rosaria Carfagna, née le 18 décembre 1975 à Salerne (Campanie) est un ancien mannequin et femme politique italienne. Membre des partis Forza Italia, Le Peuple de la liberté puis Forza Italia, elle est députée depuis 2006 et ministre sans portefeuille chargée de l'Égalité des chances entre 2008 et 2011 dans le gouvernement Berlusconi IV.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et études[modifier | modifier le code]

Maria Carfagna est née à Salerne ; son père, Salvatore, était principal de l'institut Santa Caterina da Siena, sa mère était professeur[1],[2]. Son frère est un chirurgien esthétique[3]. Sa famille est traditionnelle et conservatrice, son éducation lui inculque les valeurs de travail et d’ambition[3]. Elle est diplômée en science de la grande école scientifique Giovanni da Procida à Salerne[4]. En 2001, elle obtient sa maîtrise de droit à l'université de Salerne, avec une thèse sur les droits des systèmes d'information et de télévision[4]. Elle reçoit les honneurs (110 e lode) (110 sur 110 et félicitations du jury) pour sa thèse[1].

Mannequinat et émissions télévisées[modifier | modifier le code]

Après une formation de danse et de piano, elle participe au concours de Miss Italie en 1997, où elle se classe sixième[4]. À ce propos, elle affirmera par le suite : « Cette compétition fait de vous une femme, elle vous mûrit... Tout ce stress, ce désir de gagner, cela vous fait comprendre qui vous êtes »[5]. Elle travaille ensuite à la télévision, pour la compagnie Mediaset, détenue par Silvio Berlusconi[6]. De 2000 à 2006 elle participe comme « showgirl » à l’émission La domenica del villaggio (Dimanche au village) avec Davide Mengacci. En 2006, elle coprésente le programme Piazza grande (Grand Place) avec Giancarlo Magalli[7]. Elle participe aussi aux programmes I cervelloni, Vota la voce et Domenica In[8].

Mara Carfagna est parfois surnommée « Mara La Bella » (« la belle Mara »)[9]. Elle a déjà posé nue plusieurs fois, pour des magazines comme Maxim[10]. Réticente à parler de son passé de mannequin, elle suggère qu’elle a parfois eu des réticences à faire ce travail. Elle affirme : « Je suis un peu pudique et je ne trouve pas qu’être nue devant une caméra soit une expérience agréable »[6]. Elle déclare croire fermement aux valeurs de la famille, et affirme lors d’une interview qu’elle a une fois refusé de jouer dans un film érotique dirigé par Tinto Brass[11].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Paweł Rogaliński, Nyamko Sabuni et Mara Carfagna au cours du Troisième sommet de l'égalité à Stockholm, en 2009.

Mara Carfagna entre en politique en 2004, et devient responsable du mouvement des femmes dans le parti Forza Italia[4],[12]. Aux élections législatives de 2006 elle est élue à la Chambre des députés pour la 2e circonscription de la Campanie. Son élection suscite la polémique, y compris au sein de son parti, en raison de ses précédentes activités dans le spectacle et la télévision. Elle rentre néanmoins dans le rang et suit volontiers les lignes directrices de son parti. En tant que députée, elle est secrétaire de la Commission pour les Affaires constitutionnelles[4], et est décrite comme une parlementaire travailleuse, prenant son travail très au sérieux[13]. Elle se fait remarquer pour la gestion de certains problèmes, comme la criminalité dans sa ville de Salerne, après avoir elle-même été victime de cambriolage à trois reprises[14]. Une autre de ses priorités est la gestion de la crise des déchets en Campanie[1].

En janvier 2007, elle est l'objet d'une nouvelle polémique. Au soir de la cérémonie Telegatto, Berlusconi déclare : « Si je n’étais pas déjà marié, je l’aurais épousée immédiatement ». À cause de ce propos, l'épouse de Berlusconi, Veronica Lario demande des excuses publiques à travers un journal national[5]. Maria Carfagna elle-même décrit le commentaire comme « galant et innocent », et affirme ne pas comprendre la réaction de Lario[2].

Lors des élections législatives de 2008, elle obtient la troisième place pour Le Peuple de la Liberté dans la région de Campanie ; elle est réélue députée[1],[15]. Le 8 mai 2008, le président du Conseil Silvio Berlusconi la nomme ministre sans portefeuille chargée de l’Égalité des chances[16], ce qui reçoit une attention internationale due à son passé et à son physique. Elle a ainsi été surnommée « la plus belle ministre du monde »[17],[18]. Elle est la première femme ministre originaire de Salerne[1].

Mara Carfagna et la ministre de la Jeunesse Giorgia Meloni avec le président de la République Giorgio Napolitano, en 2009.

Elle se décrit comme antiféministe et considère que cette liberté ne dépend pas de l’indépendance, mais des règles et de la discipline[19]. Dans un premier temps elle se positionne comme son parti contre les demandes des associations homosexuelles, et déclare que les droits matrimoniaux devraient être liés à la reproduction[20]. Peu après son accession au poste de ministre, elle refuse de prendre part à une gay pride, car selon elle, les homosexuels ne feraient pas l’objet de discriminations en Italie, ce que critiquent certaines associations[21]. Cependant ses positions évoluent, sous l'influence de la parlementaire de gauche Anna Paola Concia. Après s'être excusée publiquement auprès des homosexuels[22], elle fait entrer pour la première fois dans la communication officielle italienne[23] un discours contre l'homophobie[24].

En septembre 2008, Carfagna introduit une nouvelle loi qui criminalise la prostitution, pour les clients et les prostitués. Cette loi est la première initiative importante en tant que ministre. Elle affirme qu’à présent en Italie, « comme dans la grande majorité des pays occidentaux », les bordels et le proxénétisme sont illégaux mais la prostitution en tant que telle ne l’est pas. Elle décrit la prostitution comme un « phénomène honteux »[25]. À ce titre, elle est critiquée par des associations de prostitués, notamment Carla Corso fondatrice du CDCP (Comitato per i diritti civili delle prostitute), qui lui répond qu'elle a elle-même utilisé son corps en posant nue sur des calendriers. Cependant, certaines associations catholiques soulignent son courage de « considérer la prostitution comme un sérieux problème »[25].

Après avoir elle-même lutté contre les préjugés sur son passé, elle est depuis considérée comme une femme politique rusée[26] et l'une des ministres les plus populaires du gouvernement Berlusconi : beaucoup à droite comme à gauche reconnaissant désormais son travail[27]. Elle quitte son poste de ministre en 2011, après la nomination de Mario Monti à la présidence du Conseil.

Elle est réélue députée lors des élections législatives de 2013.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (it) « Mara Carfagna ministro », Salerno by night,‎ 2008-05-08 (consulté le 10 mai 2008)
  2. a et b (it) Giancarlo Perna, « Carfagna: nella politica ho la stessa disciplina che dedicavo alla danza », Il Giornale,‎ 28 janv. 2008 (lire en ligne)
  3. a et b (it) Maria Teresa Meli, « Traditi & traditori », Io donna,‎ 11 nov. 2006 (lire en ligne)
  4. a, b, c, d et e (it) Mara Carfagna, « Mara Carfagna - Chi Sono », Mara Carfagna (consulté le 9 mai 2008)
  5. a et b (en) Nick Pisa, « Mara Carfagna is Italy's sexiest minister », The Daily Telegraph, Australie,‎ 9 mai 2008 (lire en ligne)
  6. a et b (it) Nick Pisa, « Former topless model joins Berlusconi's cabinet as Italy's equalities minister », Daily Mail,‎ 9 mai 2008 (consulté le 9 mai 2008)
  7. Mara Carfagna, pasionaria azzurra, corriere.it, 30-01-2007.
  8. Mara Carfagna, gossip.excite.it, 30-04-2004.
  9. (it) Malcolm Moore, « Berlusconi apoints former showgirl to cabinet », The Daily Telegraph,‎ 2008-05-08 (consulté le 9 mai 2008)
  10. (it) « Maxim cover » (consulté le 10 mai 2008)
  11. Rubino, Fiorella all'occhiello di FI, tgcom.mediaset.it, 09-03-2006.
  12. "Silvio premia Mara: veleni rosa in Fi", lastampa.it, 20-10-2007.
  13. (it) Filippo Ceccarelli, « Tendenza Carfagna », La Repubblica,‎ 9 mai 2008 (lire en ligne)
  14. Gianni Giannattasio, « Salerno, Mara Carfagna lancia l'allarme: "Ho subito tre furti, altro che città sicura" », La Città di Salerno,‎ 2007-11-19 (consulté le 9 mai 2008)
  15. Quote rosa, lite Carfagna-Prestigiacomo, corriere.it, 31-05-2006.
  16. (en) « Mara Carfagna is Italy's sexiest minister », The Daily Telegraph,‎ 9 mai 2008 (lire en ligne)
  17. (de) « Berlusconi hat die schönste Ministerin: Mara Carfagna », Bild,‎ 9 mai 2008 (lire en ligne)
  18. (it) Massimo M. Veronese, « «Mara Carfagna? È il ministro più bello del mondo» », Il Giornale,‎ 9 mai 2008 (lire en ligne)
  19. (it) Pietro Piccinini, « Mara Carfagna » [PDF], Il Giornale,‎ 2007-09-27 (consulté le 9 mai 2008)
  20. (it) Adalberto Signore, « Gli italiani non vogliono questi finti matrimoni » [PDF], Il Giornale,‎ 2007-01-31 (consulté le 9 mai 2008)
  21. (en) « Italian equal opportunities minister rejects 'gay pride' march », International Herald Tribune,‎ 19 mai 2008 (lire en ligne)
  22. « Les gays, la ministre et son incroyable mea culpa », Courrier International,‎ 18 mai 2010 (lire en ligne)
  23. « Un petit problème avec les homos ? », Le Monde,‎ 13 juin 2011 (lire en ligne)
  24. (it) [vidéo] Mara Carfagna: dallo stalking alla legge sull' omofobia sur YouTube, consulté le 13 déc. 2010
  25. a et b (en) « Former showgirl Mara Carfagna comes under fire for anti-prostitution law », The Times,‎ 12 septembre 2008 (lire en ligne)
  26. « Forum », sur projetbabel.org (consulté le 15 sept. 2008)
  27. « L'Italie envisage de durcir la répression contre les violences homophobes »

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]