Mara Carfagna

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Mara Carfagna, lors d'une réception en 2010.

Mara Rosaria Carfagna (née le 18 décembre 1975 à Salerne, en Campanie) est une personnalité politique italienne, ancienne showgirl (en italien, soubrette), députée de Forza Italia puis du Peuple de la liberté, et ancien ministre sans portefeuille pour l'Égalité des chances (Pari opportunità) depuis le 7 mai 2008 et jusqu'à la démission du gouvernement Berlusconi IV.

Elle annonce le 20 novembre 2010 qu'elle quittera le gouvernement le 15 décembre peu après le vote de confiance pesant sur le Cabinet Berlusconi et peu après le vote sur la loi de finances 2011; par ailleurs, elle a annoncé sa démission du parti berlusconien et a affirmé qu'elle quittera son mandat de députée, toujours en décembre 2010.

Biographie[modifier | modifier le code]

Maria Rosaria Carfagna est née le 18 décembre 1975. Elle obtient le baccalauréat ("maturità") en sciences et étudie la danse auprès de l'école San Carlo di Napoli. Après l’obtention d’un diplôme de droit, Carfagna travaille pendant plusieurs années comme modèle à la télévision italienne. Elle entre ensuite en politique[Quand ?], elle parvient à se faire apprécier[Par qui ?].

Responsable du mouvement des femmes de Forza Italia, puis du Peuple de la liberté, Mara Carfagna est élue députée en 2006. Son élection à la Chambre avait suscité la polémique, y compris au sein de son parti, en raison de ses précédentes activités dans le spectacle et la télévision, jugées peu compatibles avec les fonctions de parlementaire[non neutre][réf. nécessaire]. Elle rentre néanmoins dans les rangs et suit volontiers les lignes directrices de son parti, y compris dans ses positions sur l'homosexualité, déclarant d'abord que les gays sont « constitutionnellement stériles »[1]. Cependant, contre toute attente, les positions de Mara Carfagna évoluent, sous l'influence de la parlementaire de gauche Anna Paola Concia. Après s'être excusée publiquement auprès des homosexuels[2], elle fait entrer pour la première fois dans la communication officielle italienne[3] un discours contre l'homophobie[4].

Le 8 mai 2008, le Premier ministre Silvio Berlusconi la nomme ministre de l’Égalité des chances[5], ce qui reçoit une attention internationale due à son passé et à son physique. Carfagna a été nommée « la plus belle ministre du monde »[6],[7]. C'est contre cette image, entre autres, qu'elle va désormais se battre.

Milieu[modifier | modifier le code]

Carfagna est née à Salerne; son père, Salvatore, était principal de l’institut Santa Caterina da Siena, sa mère était professeur[8],[9]. Son frère est un chirurgien esthétique[10]. Sa famille est traditionnelle et conservatrice, son éducation lui inculque les valeurs de travail et d’ambition[10]. Elle est diplômée maturità en science à la grande école scientifique "Giovanni da Procida" à Salerne[11]. En 2001 elle obtient sa maîtrise de droit à l’université de Salerne, avec une thèse sur les droits des systèmes d’information et de télévision[11]. Elle reçoit les honneurs (110 e lode) (110 sur 110 et félicitations du jury) pour sa thèse[8].

Carrière artistique[modifier | modifier le code]

Après des études de danse et de piano, elle participe au concours de Miss Italia en 1997, et obtient la sixième place[11]. À ce propos, elle affirmera : « Cette compétition fait de vous une femme, elle vous mûrit... Tout ce stress, ce désir de gagner, cela vous fait comprendre qui vous êtes »[12]. Elle travaille ensuite à la télévision, pour la compagnie Mediaset, détenue par Silvio Berlusconi[13]. De 2000 à 2006 elle participe comme showgirl à l’émission La domenica del villaggio ("Dimanche au village") avec Davide Mengacci. En 2006, elle coprésente le programme Piazza grande ("Grand Place") avec Giancarlo Magalli[14]. Carfagna participe aussi à l’émission I cervelloni, Vota la voce and Domenica In[15].

En janvier 2007, Carfagna est au centre de la controverse internationale. Au soir de la cérémonie Telegatto, Berlusconi déclare « Si je n’étais pas déjà marié, je l’aurais épousée immédiatement ». À cause de ce propos, l'épouse de Berlusconi Veronica Lario demande des excuses publiques à travers un journal national[12]. Carfagna elle-même décrit le commentaire comme « galant et innocent », et affirme ne pas comprendre la réaction de Lario[9].

Mara Carfagna est parfois surnommée « Mara La Bella » (« la belle Mara »)[16]. Elle a déjà posé nue plusieurs fois, pour des magazines comme Maxim[17]. Réticente à parler de son passé de top model, elle suggère qu’elle a parfois eu des réticences à faire ce travail. Elle affirme : "Je suis un peu pudique et je ne trouve pas qu’être nue devant une caméra soit une expérience agréable"[13]. Elle déclare croire fermement aux valeurs de la famille, et affirme lors d’une interview qu’elle a une fois refusé de jouer dans un film érotique dirigé par Tinto Brass[18].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Paweł Rogaliński, Nyamko Sabuni et Mara Carfagna au cours de la Troisième Sommet de l'égalité à Stockholm en 2009.

Carfagna entre en politique en 2004, et devient responsable du mouvement des femmes dans le parti Forza Italia (actuellement Parti de la Liberté)[11],[19]. Aux élections de 2006 elle est élue à la Chambre des Députés de Forza Italia, et en 2008 obtient la troisième place pour Le Parti de la Liberté dans la région Campanie ; elle est réélue[8],[20].

Quand elle entre au Parlement pour la première fois, Berlusconi, plaisante en affirmant que Forza Italia pratique la loi de droit de seigneur; le droit féodal de prendre la virginité de ses sujets[21]. En tant que députée, elle est secrétaire de la Commission pour les Affaires constitutionnelles[11], et est décrite comme une parlementaire travailleuse, prenant son travail très au sérieux[22]. Le 8 mai 2008 elle est nommée ministre de l’Égalité des chances[23], dans le quatrième cabinet de Silvio Berlusconi, une nomination qui a été publiée internationalement, insistant sur son passé hors du commun[16],[12],[6]. Carfagna est la première femme ministre de Salerne[8].

Carfagna a été virulente sur certains problèmes, comme la criminalité dans sa ville de Salerne, après avoir elle-même été victime de cambriolage à trois reprises[24]. Elle se décrit comme antiféministe, elle pense que cette liberté ne dépend pas de l’indépendance, mais des règles et de la discipline[25]. Dans un premier temps elle est contre certains droits homosexuels, et pense que les droits matrimoniaux devraient être liés à la reproduction[26]. Peu après son accession, elle refuse de prendre part à une gay pride, car selon elle les homosexuels ne font pas l’objet de discriminations en Italie, ce que critiquent certaines associations homosexuelles[27]. Cependant, l'on sait que, depuis, ses positions ont étonnamment évolué en ce domaine, car elle se bat maintenant en faveur des homosexuels et distingue entre droits sociaux pour tout le monde et mariage. Un autre problème qui fait partie de ses priorités est la gestion de la crise des déchets en Campanie[8].

En septembre 2008, Carfagna introduit une nouvelle loi qui criminalise la prostitution, pour les clients et les prostitués. Cette loi est la première initiative importante en tant que ministre, mais pas la seule (elle introduit officiellement la lutte contre l'homophobie[28]). Elle affirme qu’à présent en Italie, « comme dans la grande majorité des pays occidentaux », les bordels et le proxénétisme sont illégaux mais la prostitution en tant que telle ne l’est pas. Elle décrit la prostitution comme un « phénomène honteux »[29].

Carfagna a été critiquée par des associations de prostitués pour avoir introduit la loi. En effet Carla Corso fondatrice du CDCP (Comitato per i diritti civili delle prostitute) lui répond en affrimant qu'elle a elle-meme utilisé son corps en posant nue sur des calendriers. Cependant, certaines associations catholiques soulignent son courage de « considérer la prostitution comme un sérieux problème »[29].

Aujourd'hui, Mara Carfagna, ayant beaucoup lutté contre les préjugés qui ont accompagné son mandat, ce qui est considéré par ses détracteurs comme une ruse politique (entre autres par son "alliée politique" Alessandra Mussolini, qu'elle a qualifiée de "vajassa"[30]), est l'une des ministres les plus appréciés du Gouvernement Berlusconi : beaucoup à droite comme à gauche (Anna Paola Concia) reconnaissent désormais son travail[31].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Italie : La plus belle ministre du monde », Le Journal du dimanche,‎ 13 mai 2008 (lire en ligne)
  2. « Les gays, la ministre et son incroyable mea culpa », Courrier International,‎ 18 mai 2010 (lire en ligne)
  3. « Un petit problème avec les homos ? », Le Monde,‎ 13 juin 2011 (lire en ligne)
  4. (it) [vidéo] Mara Carfagna: dallo stalking alla legge sull' omofobia sur YouTube, consulté le 13 déc. 2010
  5. (en) « Mara Carfagna is Italy's sexiest minister », The Daily Telegraph,‎ 9 mai 2008 (lire en ligne)
  6. a et b (de) « Berlusconi hat die schönste Ministerin: Mara Carfagna », Bild,‎ 9 mai 2008 (lire en ligne)
  7. (it) Massimo M. Veronese, « «Mara Carfagna? È il ministro più bello del mondo» », Il Giornale,‎ 9 mai 2008 (lire en ligne)
  8. a, b, c, d et e (it) « Mara Carfagna ministro », sur Salerno by night,‎ 2008-05-08 (consulté le 10 mai 2008)
  9. a et b (it) Giancarlo Perna, « Carfagna: nella politica ho la stessa disciplina che dedicavo alla danza », Il Giornale,‎ 28 janv. 2008 (lire en ligne)
  10. a et b (it) Maria Teresa Meli, « Traditi & traditori », Io donna,‎ 11 nov. 2006 (lire en ligne)
  11. a, b, c, d et e (it) Mara Carfagna, « Mara Carfagna - Chi Sono », sur Mara Carfagna (consulté le 9 mai 2008)
  12. a, b et c (en) Nick Pisa, « Mara Carfagna is Italy's sexiest minister », The Daily Telegraph, Australie,‎ 9 mai 2008 (lire en ligne)
  13. a et b (it) Nick Pisa, « Former topless model joins Berlusconi's cabinet as Italy's equalities minister », sur Daily Mail,‎ 9 mai 2008 (consulté le 9 mai 2008)
  14. Mara Carfagna, pasionaria azzurra, corriere.it, 30-01-2007.
  15. Mara Carfagna, gossip.excite.it, 30-04-2004.
  16. a et b (it) Malcolm Moore, « Berlusconi apoints former showgirl to cabinet », sur 'The Daily Telegraph',‎ 2008-05-08 (consulté le 9 mai 2008)
  17. (it) « Maxim cover » (consulté le 10 mai 2008)
  18. Rubino,Fiorella all'occhiello di FI, tgcom.mediaset.it, 09-03-2006.
  19. "Silvio premia Mara: veleni rosa in Fi", lastampa.it, 20-10-2007.
  20. Quote rosa, lite Carfagna-Prestigiacomo, corriere.it, 31-05-2006.
  21. (en) Richard Owen, « Mara Carfagna: showing her slip », The Times,‎ 21 mai 2008 (lire en ligne)
  22. (it) Filippo Ceccarelli, « Tendenza Carfagna », La Repubblica,‎ 9 mai 2008 (lire en ligne)
  23. C’est un ministère sans portefeuille: (it) « I Ministri del Governo Berlusconi IV », sur The Italian Government (consulté en 2008-05-14)
  24. Gianni Giannattasio, « Salerno, Mara Carfagna lancia l'allarme: "Ho subito tre furti, altro che città sicura" », sur La Città di Salerno,‎ 2007-11-19 (consulté le 9 mai 2008)
  25. [PDF] (it) Pietro Piccinini, « Mara Carfagna », sur Il Giornale,‎ 2007-09-27 (consulté le 9 mai 2008)
  26. [PDF] (it) Adalberto Signore, « Gli italiani non vogliono questi finti matrimoni », sur Il Giornale,‎ 2007-01-31 (consulté le 9 mai 2008)
  27. (en) « Italian equal opportunities minister rejects 'gay pride' march », International Herald Tribune,‎ 19 mai 2008 (lire en ligne)
  28. Rifiuta l' Omofobia, non essere tu quello divers sur www.youtube.com
  29. a et b (en) « Former showgirl Mara Carfagna comes under fire for anti-prostitution law », The Times,‎ 12 septembre 2008 (lire en ligne)
  30. « Forum », sur projetbabel.org (consulté le 15 sept. 2008)
  31. « L'Italie envisage de durcir la répression contre les violences homophobes »

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]