María de las Maravillas de Jesús

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
María de las Maravillas de Jesús
Sainte
Naissance le 4 novembre 1891
Madrid
Décès le 11 décembre 1974  (81 ans)
Carmel de La Aldehuela (Madrid)
Nom de naissance Maria Maravillas Pidal y Chico De Guzman
Nationalité Drapeau de l'Espagne Espagnole
Béatification le 11 mai 1998 Rome
par Jean-Paul II
Canonisation le 4 mai 2003 Madrid
par Jean-Paul II
Vénéré par l'Église catholique, l'Ordre du Carmel
Fête 11 décembre

Sainte María Maravillas Pidal y Chico de Guzman, connue souvent par son nom de religion Maravillas de Jésus, née le 4 novembre 1891 à Madrid et morte le 11 décembre 1974 au Carmel de La Aldehuela (Madrid), est une religieuse carmélite déchaussée espagnole.

Grande mystique, elle mène durant sa vie de nombreuses actions en faveur des pauvres. Durant la guerre civile, elle réussit à sauver les carmélites de son couvent et leur faire rejoindre un lieu sûr. Elle fonde dix carmels en Espagne et en Inde, essentiellement après la guerre. Elle est béatifiée en 1998 puis canonisée à Madrid le 4 mai 2003 par le pape Jean-Paul II.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Maria est née le 4 novembre 1891. Son père, Luis Pidal y Mon, marquis de Pidal, est connu pour soutenir l'Église et les religieux. Il a été ministre en Espagne. À la naissance de sa fille, il est ambassadeur d'Espagne au Vatican. Sa mère, la marquise de Pidal, est née Cristina Chico de Guzman y Munoz[1],[2].

Son nom « María de las Maravillas » est donné en l’honneur de « Notre-Dame des Merveilles », sainte patronne de Cahegin, dans la province de Murcia[3].

Maria est baptisée 8 jours après sa naissance. En 1896 elle fait sa confirmation, et sa première communion en 1902. Elle est connue comme une enfant intelligente et pieuse[4]. Dès l'âge de cinq ans, María de las Maravillas de Jesús Pidal souhaite se consacrer à Dieu (elle fera à sa manière un vœu de chasteté[3]). Elle commence très jeune à aider les plus pauvres. Très jeune elle souhaite entrer dans les ordres. Mais son père s'oppose à son projet de vie religieuse. À force de ténacité, elle finit par vaincre l'opposition paternelle[5]..

Entrée au Carmel[modifier | modifier le code]

Attirée par la spiritualité de sainte Thérèse de Jésus (d'Avila) et de saint Jean de la Croix (elle a lu leurs ouvrages[3]) et animée par la spiritualité mariale, elle entre au Carmel de l'Escurial, à Madrid, le 12 octobre 1919[6]. Elle prononce ses vœux définitifs le 30 mai 1924[4] et prend le nom de « María de las Maravillas de Jesús ».

Premières fondations[modifier | modifier le code]

Le 19 mai 1924 Maria, avec trois religieuses part fonder un couvent à Cerro de los Angeles ("La colline des Anges", près de Getafe), au centre géographique de l'Espagne. C'est là que le 30 mai 1919, le roi Alphonse XIII a consacré la nation espagnole au Sacré-Cœur de Jésus[7]. Un monument consacré au Cœur de Jésus y a même été construit. Pour mère Maria, ce lieu devait être un lieu de prière et d'offrande pour l'Église et pour l'Espagne. Elle est nommée prieure de ce couvent le 31 octobre 1926 par l'évêque de Madrid[8]. Les religieuses sont si nombreuses à les rejoindre dans ce couvent, qu'en 1933, Mère Maria Marvillas part en Inde à Kottayam pour fonder un nouveau couvent[9]. Celui-ci, sous l’afflux des vocations, va, au fil des ans, être la source de nombreuses autres fondations dans ce pays.

La guerre civile[modifier | modifier le code]

Maria rentre en Espagne en 1936, en pleine guerre civile espagnole, alors que des actions anticléricales sont menées par des partisans du clan des Républicains espagnols. Maria et les autres religieuses du Cerro de los Angeles sont arrêtées le 22 juillet 1936[8]et emmenées à Getafe[10]. Elles sont ensuite déplacées et installées à Madrid, au 2e étage d'une maison particulière, où elles sont soumises à une obligation de résidence à domicile, et à une surveillance de la part des autorités durant 14 mois.

En septembre 1937 (en pleine guerre civile), Mère Maria Maravillas réussit à faire sortir sa communauté de Madrid, puis, via Valence, Barcelone, Portbou et Lourdes[8], elles parviennent à Las Batuecas (Salamanque), où elles s'installent dans l'ancienne chapelle du Carmel pour y fonder un nouveau monastère[3].

Anecdote : En pleine guerre civile, alors qu'un chef anarchiste l'interroge en la menaçant de mort, mère Maria de las Maravillas de Jésus lui répond tranquillement « Nous n'avons pas peur, nous désirons donner notre vie pour le Seigneur. ». L'homme range alors son pistolet et lui répond : « Ma mère, vous et moi, nous ne pourrons jamais nous brouiller. »[5].

Nouvelles fondations[modifier | modifier le code]

Vue aérienne du monastère de Cerro de los Angeles.

Après la guerre, en 1939, Maria dirige un groupe de sœurs pour restaurer le monastère du Cerro de los Angeles[4] complètement détruit durant la guerre. Mère Maria prend elle-même la part aux plus rudes des travaux de reconstruction. Avec beaucoup de difficultés, et au prix d'immenses efforts, la communauté peut reprendre sa vie monastique en juin 1939. Vivant dans une très grande pénurie, Mère Maria est pour ses filles un exemple de courage et de joie[3].

Installée au Cerro de los Angeles, elle organise de nouvelles fondations de carmels :

En plus de ces fondations, elle envoie des religieuses en renforts[11] au carmel de Cuenca (Équateur) en 1954, et dans 4 autres carmels espagnols (en 1956, 1958, 1964 et 1966). En 1960, elle aide les pères carmes à construire un couvent à Talavera de la Reina (Tolède).

Elle fonde l'Association de Sainte-Thérèse pour réunir tous ces monastères et ceux encore plus éloignés. Cette association est officiellement approuvée par le Vatican en 1972[3].

Mère Maria prend sa retraite en 1961 dans le Carmel à la Aldeheula[8] et y résidera jusqu'à sa mort. Ce couvent est agrandi pour intégrer des écoles, une communauté de maisons pour les pauvres, une église, des salles communautaires et d'autres structures[12], si bien qu'il s'est transformé en une vraie petite ville[4].

Reconnaissance posthume[modifier | modifier le code]

Les autorités du Vatican ont estimé que, « durant les persécutions religieuses de la guerre civile, Mère Maravillas a brillé par son esprit de réparation, par sa force, sa sérénité et sa confiance dans le Seigneur. Mère Maravillas était connue pour son dévouement pour le travail et la prière, son humilité et l'entretien de ses jeunes sœurs, et son dévouement envers les règles et la spiritualité des Carmes Déchaux. Prieure pendant de nombreuses années, elle a formé ses consœurs par le témoignage de ses vertus et se distingue par sa vie mystique, son ardeur apostolique et la bonté unie à la fermeté envers celles qui la considéraient comme une véritable mère. »[6].

Jean-Paul II dira d'elle « Selon son vœu, toutes ces fondations sont caractérisées par l'esprit de pénitence, de prière et de recueillement, caractéristique de la réforme thérésienne. Face à la tentation d'une vie facile et superficielle, Mère Maravillas révèle la profonde attraction de l'essentiel, témoignant que la vie contemplative - si l'on reste fidèle à son propre charisme - possède une extrême efficacité apostolique et missionnaire. »[3]

Son décès[modifier | modifier le code]

En 1967, le jour du Vendredi saint, elle est frappée par une pneumonie, et s'affaiblit lentement. Après une courte maladie[8], elle meurt dans une grande paix, au Carmel de La Aldehuela (Madrid), le 11 décembre 1974 en répétant: « Quel joie de mourir carmélite ! ». À son décès, les témoins rapportent que son corps répand un parfum de nard[3].

Son corps repose dans la chapelle du monastère de La Aldehuela[8].

Béatification et Canonisation[modifier | modifier le code]

María de las Maravillas de Jesús Pidal est béatifiée le 11 mai 1998 en même temps que 11 autres bienheureux espagnols[13], dont Marie du Sanctuaire de Saint Louis de Gonzague, carmélite et martyre (comme plusieurs autres[14]) de la guerre civile.

Elle est canonisée en à Madrid (Espagne), Plaza de Colón, le 4 mai 2003 par le pape Jean-Paul II avec 4 autres saints espagnols. Lors de son homélie de béatification, le pape a déclaré « Sainte Maravillas de Jesús vécut animée par une foi héroïque, formée à travers une vocation austère, plaçant Dieu au centre de son existence. Une fois surmontées les tristes circonstances de la guerre civile espagnole, elle fut à l'origine de nouvelles fondations dans l'Ordre du Carmel façonnées par l'esprit caractéristique de la réforme thérésienne. Sa vie contemplative et la clôture du monastère ne l'empêchèrent pas de répondre aux besoins des personnes qu'elle fréquentait et de promouvoir des œuvres sociales et caritatives autour d'elle. »[15]

Dans l'Ordre du Carmel, sa fête est célébrée avec rang de mémoire[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Leonardi, Riccardi et Zarri 2000, p. 1627
  2. Burns 2001, p. 284.
  3. a, b, c, d, e, f, g et h Sainte Marie Maravillas de Jésus Pidal y Chico de Guzmán sur le site de l'abbaye Saint-Benoît
  4. a, b, c et d (en) Saint María Maravillas de Jesús sur le site sqpn.com
  5. a et b Magnificat : Décembre 2012 N°241, Magnificat,‎ 2012, p160 Martyrologe romain de sainte Marie-Maravillas de Jésus
  6. a et b MARÍA MARAVILLAS DE JESÚS (1891-1974) sur le site du Vatican
  7. Religieux des Sacrés-Coeurs, Martyrs du XXème Siècle en Espagne page 21
  8. a, b, c, d, e et f (it) Santa Maria Maravillas de Jesus sur le site santiebeati.it
  9. Le site italien santiebeati indique que Maria Maravillas n'est pas partie en Inde, mais que les 8 religieuses sont parties sans elle fonder le monastère dont pourtant la fondation lui est attribuée dans de nombreuses biographies.
  10. Le site italien santiebeati indique que les religieuses ont été expulsées de leur monastère et qu'elles ont été recueillies en août, par les sœurs Ursulines françaises installées à Getafe. Puis, après avoir fait effectuer des réparations dans une maison à Madrid elles ont pu s'y installer.
  11. Trois religieuses espagnoles ont été envoyées en renfort.
  12. Le site italien santiebeati indique qu'en 1969 elle fournit 16 maisons préfabriquées pour les familles nombreuses des habitants des bidonvilles. Entre 1972 et 1974, à Perales del Rio, elle aide et soutient la construction d'un quartier de 200 logements, en collaboration avec le curé de la paroisse locale. Elle a également aidé à construire la nouvelle clinique pour les religieux et les religieuses à Pozuelo Alarcón (Madrid).
  13. Certains sites internets indiquent la date du 10 mai 1998 comme date de béatification, mais site du Vatican indique le 11 mai. Cependant, la date de béatification des autres bienheureux semble bien être le 10 mai.
  14. Voir la Liste des béatifications par Jean-Paul II
  15. Homélie du pape Jean-Paul II Plaza de Colón, Madrid, III Dimanche de Pâques, 4 mai 2003, sur le site du Vatican.
  16. Les heures du Carmel, Lavaur, Éditions du Carmel,‎ 2005, 347 p. (ISBN 2-84713-042-X), p291

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) « Pidal y Chico de Guzmán, María Maravillas de Jesús », dans New Catholic Encyclopedia, vol. 11, Thomson/Gale,‎ 2003 (ISBN 0787640042 et 9780787640040), p. 324 [extraits en ligne].
  • (es) « María Maravillas de Jesús », dans Claudio Leonardi, Andrea Riccardi, Gabriella Zarri, Diccionario de los santos, vol. 2, Madrid, Editorial San Pablo,‎ 2000 (ISBN 842852257X et 9788428522571), p. 1627-1630 [extraits en ligne].
  • (en) « St María Maravillas de Jesús Pidal y Chico de Guzmán », dans Paul Burns, Butler's Saints of the Third Millennium: Butler's Lives of the Saints: Supplementary Volume, Continuum International Publishing Group,‎ 2001 (ISBN 0860123820 et 9780860123828), p. 284-285 [extraits en ligne].