Manufacture de Pont-aux-Choux

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Écritoire en faïence, XVIIIe siècle

La Manufacture de Pont-aux-Choux est une manufacture française de faïence fine et de porcelaine, créée en 1743 rue de Charenton, transférée en 1749 sur la contrescarpe en face de la rue du Pont-aux-Choux, fermée en 1788, après 53 ans d'existence.

Historique[modifier | modifier le code]

Edmé Serrurier, monte à Paris en 1730, s'installe à son compte comme Manufacturier de fayence rue de Charenton, dans le quartier du faubourg Saint-Antoine, commence avec du demi-brun, réalisant des pièces à la manière de Paul Caussy de Rouen. L'année suivante, au mois d'avril, il épouse sa compagne Charlotte Le Boullenger de Glagny, parente de Madame de Villeray. Il a pris en location les ateliers de sa fabrique, situés au no 9 de la rue de Charenton (aujourd'hui 48 cour du Chêne vert).

En mars 1742, Claude Humbert Gérin n'est plus payé par la Manufacture de Vincennes. Il lui est reproché ainsi qu'aux frères Dubois de garder le secret de fabrication de la pâte blanche. Il est de fait chassé. Il propose à Edmé Serrurier d'héberger dans ses ateliers la fabrication de sa belle Terre Blanche dite aussi Terre d'Angleterre. Ce dernier accepte et le prend comme associé, ainsi que les frères Gilles Dubois (céramiste) et Robert Dubois qui les rejoignent en septembre 1743. Adrien Pierre Mignon, marchand de bois vient se joindre au quatuor en décembre. Ils ont privilège pour 10 ans et sur 6 lieues autour de Paris l'autorisation de vendre dans tout le royaume. Ainsi est née ce qui va devenir la Manufacture de Pont-aux-Choux. Serrurier recrute des ouvriers à Rouen, dont: Nicolas Julien Bellejambe, ouvrier tourneur et modeleur de premier plan.

Claude Humbert Gérin, utilise dès 1743 une terre blanche poreuse, chamottée, recouverte d'une glaçure cuite dans une seconde cuisson, semblable à celle utilisée pour faire les pipes. Cette céramique reçue plusieurs noms dont au XIXe l'appellation de faïence fine . Cette pâte est poreuse et opaque, contrairement à la porcelaine. C'est l'émail qui la rend imperméable. En ajoutant de la chaux à la pâte celle-ci devient plus blanche. Cette Terre de pipe est malléable, permettant de ciseler des décors en reliefs d'une grande précision. Cette technique de fabrication est une découverte anglaise destinée à rivaliser avec la porcelaine en se rapprochant le plus possible de son aspect pour un coût inférieur.
Elle avait le titre de Manufacture royale des terres de France à l'imitation des terres d'Angleterre. Elle produisit de grandes pièces de services, imitant à la perfection les pièces d'argenterie. Des gisements d'argile pure se trouvant aux portes de Paris, l'industrie de faïence fine se développa rapidement en cette fin de XVIIIe siècle dans la région parisienne: Choisy-le-Roi, (1804); Creil, (1796); Montereau, (1748).

L'entreprise fonctionne bien, en 1745 elle compte 250 ouvriers, 9 tours et 2 fours. En 1746, Serrurier et Mignon restent seuls à la tête de l'entreprise; Gérin ayant été rappelé par Vincennes, la manufacture n'arrivant plus à produire depuis son départ une pâte blanche, mais une grise. À cette date l'entreprise de la rue de Charenton fait construire un troisième four, elle possède plus de 200 moules en plâtre et 8 200 pièces en magasin. Mignon épouse cette année, la cousine de son associé: Madeleine Serrurier, de Nevers. Edme Serrurier et son épouse Charlotte Le Boullenger font du couple leur légataire universel. En 1747, on construit un 3e four, lorsque Charlotte Le Boullenger décède, le 24 septembre. Procès avec les de Villeray qui s'imaginent être les héritiers. Le privilège est porté en 1748 à 20 ans et 10 lieues autour de Paris et la Manufacture prend le titre de :Manufacture Royale des Terres de France à l'imitation de celle d'Angleterre. Elle fera plusieurs procès à des ouvriers comme:Jacques Chapelle, Beaufils entre autres; pour imitation de leur production.

En juin 1749, la manufacture achète le terrain de la Chasse Dauphine sur la contrescarpe en face la rue du Pont-aux-Choux à la hauteur de l'angle de la rue Amelot et de l'actuelle no 1 de la rue Saint-Sébastien dans le 11e arrondissement, d'où elle va tirer son nom lors du transfert de 1751. Le 31 août 1749, Edmé convole en seconde noce avec sa cousine, Marie-Claude Serrurier, 23 ans, sœur aînée de Madeleine Serrurier, épouse d'Adrien Pierre Mignon qui devient son beau-frère. De nombreux ouvriers font la navette entre la Manufacture de Vincennes et la Manufacture de la rue de Charenton, ce qui favorise les transferts de technologie. Jean Mathias Caillat, peintre, préparateur des couleurs à Vincennes est soupçonné d'avoir vendu à Bellejambe des secrets de fabrication de couleurs.

Le transfert de la Manufacture a lieu en 1751. La nouvelle Manufacture comporte 5 fours, dont un à réverbère. Cette année voit la naissance du premier enfant d'Edmé Serrurier; Antoine François Théodore Serrurier, suivit l'année suivante de celle de Marie-Claude Geneviève. Mais des conflits d'intérêts vont naître entre les deux couples au sujet de la donation faite par le premier couple d' Edmé. Le 31 juillet 1759 a lieu devant notaire la dissolution de la Société, moyennant une somme de 100 000 £, majorée de 1 200 £ de pot de vin. Edmé Serrurier et son épouse se retire à la fin de l'année 1759 à Saint-Jean de la Motte près de la Flèche.

Le marché français va s'ouvrir de nouveau aux faïences anglaises en 1786, par le traité de Vergennes rétablissant le libre échange des biens. Deux ans plus tard en 1788, Adrien Pierre Mignon décède ; la manufacture cesse son activité. Elle a en stock 119 000 pièces.

Œuvres[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

  • N - D - Soupière en faïence fine sur son présentoir; Dim; H: X L: (lot no 180 Hôtel des ventes V. Hugo à Dijon le 17/10/09)
  • N - D - Paire de saucières et sucrier couvert ; faïence fine; Dim saucière; H: X L: ;Dim sucrier; H: X L: X Prof: (Hôtel des ventes V. Hugo à Dijon lot no 181 le 17/10/09)
  • N - D - Bouquetière, une paire en faïence fine décor de style rocaille, formes coquilles, chantournées (Musée Adrien Dubouché à Limoges don de Adrien Dubouché en 1872; n°inv:ADL 6970-6971; vitrine 21)
  • N - D - Jardinières à oignons ; faïence fine blanche, moulée, monochrome, plaque supérieure amovible à collerettes; Dim; H:12cm X L:15,7cm X l:15,7cm (Hôtel-Dieu dit Hospices de Beaune n°inv : manuscrit Ministère de la Culture base Palissy
  • N - D - Pots à jus ; en faïence fine; suite de trois pots deux à décor de grains de riz et le troisième à décor de branchages fleuris avec couvercles; Dim; H:7,5cm X Diam: (Vente Daguerre, lot n°:61, Paris 2009)
  • N - D - Petit plat oblong, en faïence fine; l'aile est moulée de panneaux de lacis soulignés d'acanthes, alternés² d panneaux tressés (vente Salorges à Nantes le 25 avril 2009 lot n°:302)
  • N - D - Six Pots à crème couverts et une verseuse tripodeFaïence fine, décor en léger relief de motifs de grains de riz et de branchages fleuris; Dim; H verseuse:19cm; H pot:9cm (Vente Daguerre Paris 2009 lot n°:60 )
  • N - D - Pot à eau couvert de forme balustre, en faïence fine, émaillée blanche à décor à grains de riz et de godrons sur la base, le couvercle orné d'une coquille, poucier en étain; Dim; H:18cm (Vente Piasa Paris décembre 2008, lot n°:303)
  • N - D - Rafraîchissoir faïence fine blanche; Dim; H: X L: X Prof: (Musée des arts décoratifs de Paris, n°inv:12192 don de 1905)
  • N - D - Assiette faïence fine blanche, décor grain de riz en relief, compartimentés de décor de simples vagues et décor de vannerie. La glaçure plombifère laisse apparaître la terre de pipe légèrement mouchetée. Diam; 23,8 cm (cf, p. 112 du livre de C. Maire)
  • N - D - Corps de sucrier, faïence fine, émaillée blanc ; Dim ; L : 21cm (vente Boisgirard & Associés Paris, novembre 2003 lot 133)
  • N - D - Quatre pots à crème et une tasse, faïence fine émaillée blanc ; Dim ; H du pot 8 cm ; Diam tasse : 7,5 cm (vente Boisgirard & Associés lot 136 novembre 2003)
  • N - D - Verseuse, faïence fine émaillées blanc ; Dim ; H : 12 cm (vente Boisgirard & Associés lot no 134, novembre 2003)
  • N - D - Pot Pourri, en faïence fine du XVIIIe siècle, cerclage du pied et du couvercle en vermeil au XIXe (Antiquités Au Mayolis)
  • N - D - Rafraîchissoir à verres ou verrière une paire en faïence fine émaillée blanc ; Dim ; L : 32cm (vente Boisgirard & Associés novembre 2003 lot 135 )
  • N - D - Pots à crème couverts, munis d'une anse, faïence fine à décor en relief dit Grain de Riz (lot n° 109 Piasa à Paris 14 mai 2008)
  • N - D - Pot à Oille, faïence fine avec son présentoir ; Dim ; H : 38 cm X Diam de l'ouverture : 29 cm (Musée des Arts décoratifs n°inv : 7570, achat du 4 mars 1893)
  • N - D - Jardinière, faïence fine, pièce moulée et glaçurée blanche ; Dim ; H : 16 cm X L : 34 cm (Musée des Arts décoratifs n° inv:16880 photo des arts décoratifs de Jean Tholance
  • N - D - Rafraîchissoir à bouteilles en faïence fine émaillée blanc ; Dim ; H : X L : X Diam : (Musée des Arts décoratifs n° inv : 12192 )
  • N - D - Soupière faïence fine ; Dim ; H 24 cm X l : 17 cm plateau ; 49 cm L : 34 cm (Musée dse Arts décoratifs n° inv : 10896)
  • N - D - Terrine ovale, avec couvercle, faïence fine blanche ; Dim ; H : X L : Prof : (Musée des Arts décoratifs n° inv : 17762, Achat en 1906)
  • N - D - Soupière et son couvercle avec plateau, faïence fineforme imitant l'orfèvrerie, décor rocaille, émaillée blanc, Dim ; L : 48 cm ; (Musée national de Céramique n° inv : MNC5283-1 ; Photo RMN)
  • N - D - Pot Pourri, faïence fine avec angelot sur le couvercle sculpture en relief, émaillée blanc ; Dim ; H : 29,8 cm X L : 21,4 cm (Musée Adrien Dubouché, don de A. Dubouché en 1869 ; n° inv : ADL5237
  • N - D - Pot à Oille, prise en forme de rose, faïence fine; Dim; Diam:22 cm (Musée national de Céramique n°inv:MNC23570, donation de 1978; cliché RMN de Martine Beck-Coppola)
  • N - D - Chocolatière, faïence fine, émaillée blanc, couvercle surmonté de deux paires d'angelots; Dim; H:37cm (Musée national de Céramique 1849 n°inv:MNC4007)
  • N - D - Pot à Lait, sur pied avec une anse et un bec verseur décoré d'un mascaron; faïence fine, monochrome émaillée blanc; Décor de petit feu, décoré de marguerites et feuillage en relief sur la panse et le col. Pied orné de godrons. (Musée Frédéric Blandin n°inv:NF 1031, propriété de la ville de Nevers)
  • N - D - Légumier ovale, en faïence fine sur piédouche et son présentoir en faïence fine émaillée blanc à décor de branchages en relief, prise de couvercle en forme de fruit; Dim du légumier; 25,5cm X 18cm et H:21cm; présentoir; 33,5cm X 25,5cm (Millon & Associés le 17 novembre 2008)
  • N - D - Théière ; en faïence fine couverte, de forme piriforme avec un fin décor en léger relief de branchages fleuris. Prise du couvercle en forme de fleurettes.Dim; H:14cm (Chayette & Cheval à Drouot-Richelieu salle 5 le 20 février 2009, lot n°:72)
  • 1740 c Pot à eau godronné, faïence fine; Dim; H:43,8cm (Musée national de Céramique à Sèvres, n°inv:MNC 4173,photo RMN de Martine Beck-Coppola)
  • N - D - Plats en forme lobée, faïence fine; Dim; H: X L: Prof: (musée national de Céramique à Sèvres n°inv:MNC2454112 photo RMN)
  • N - D - Grand Plat avec armoiries en relief, faïence fine (Musée national de Céramique n°inv:MNC 7204)
  • N - D - Statuette de femme assise avec bonnet et décolleté tenant un plat avec des trous, faïence fine émaillée blanc; Dim; H: X L: X l: (Musée national de Céramique de Sèvres n°inv: MNC 25976 )
  • N - D - Statuette de femme assise, avec un fichu noué autour de la tête, passant sous le cou et une écharpe nouée sur les épaules faïence fine; monochrome émaillée blanc; Dim; H: X L: X l: (Musée national de Céramique n°inv: MNC 7200 )

Collaborateurs; artistes peintres et sculpteurs[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Musées, monuments[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

  • 2008 - 2009 - Musée national de Céramique à Sèvres: La faïence fine française; Naissance d'une industrie 1743-1843 du 21 octobre 2008 jusqu'au 23 février 2009.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • F. Boisgibault: Une terrine et son plateau de Pont-aux-Choux dans L'Estampille - L'Objet d'art, no 442 de janvier 2009 fiche 442B et adjugé céramique, p. 80-81
  • Encyclopédie Larousse
  • Collectif: Les porcelainiers du XVIIIe siècle , préface de Serge Gauthier, Paris, Hachette, 1964. In-4°, 336p.
  • Manon Hosotte-Reynaud: bibliothèque de l'école des chartes, 1965, vol no 123
  • Marie-Antoinette Hosotte-Reynaud: La Manufacture de Pont-aux-Choux extrait de Paris et Île-de-France Mémoires tomes 16-17, (1965-1966) édition 1967, in-8°, 312p. 32 planches hors texte, 16 dépliants, 34 figures.
  • Christian Maire: Histoire de la faïence fine française (1743-1843), éd. La Reinette, 2008, 520p.
  • Dorothée Guillemé-Brulon: La Faïence fine française (1750-1867) , Paris, éd. Massin, 1995
  • Frédérick Litchfield: Pottery and Porcelain: a guide to collectors, éd. Elibron Classics, 2001, 377p.
  • William Chaffers: The and book of marks and monograms on pottery and porcelain of the..., éd. Read Books 2008, 380p. (ISBN 1-44373-462-4)
  • Régine de Plinval de Guillebon: Faïence et porcelaine de Paris, XVIIIe - XIXe siècles , éd. Faton, Dijon, 1995.
  • Maddy Ariès: La faïence fine, des origines à nos jours, dans Dossier de l'Art , n°14 du 1/9/1993, p.54-61.
  • Luc Vincent Thierry: L'Almanach du voyageur à Paris la Manufacture de Pont-aux-Choux 1787
  • Chantal Soudée Lacombe et Christian De la Hubaudière: Edmé Serrurier, entrepreneur de la Manufacture Royale des Terres d'Angleterre, établie à Paris dans Sèvres revue des amis du musée national de céramique no 12 année 2003
  • Inès d'Ormesson: Argus des faïences et porcelaines de France , Balland, 1977. in-8°, 314p. cartes et tableaux des principales manufactures.
  • Roger Peyre: La Céramique française des origines au XXe siècle, faïences, porcelaines, biscuits, grès, marques et monogrammes, fondation des ateliers, éd. Flammarion, 1910, in-8°, 310p.
  • Alain Thillay: Le Faubourg Saint-Antoine et ses faux ouvriers , éd. Champ Vallon, 2002, 400p. (ISBN 2-87673338-2)
  • Collectif: « La faïence fine de Pont-aux-Choux » dans L'Objet d'Art no 292 du 1/6/1995, p. 52-61

Notes, références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]