Manufacture d'armes de Saint-Étienne

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Manufacture d'armes
de Saint-Étienne
Bâtiment de l'horloge
Bâtiment de l'horloge
Présentation
Date de construction 1864
Destination initiale Manufacture d'armes
Destination actuelle Campus de Carnot
Protection  Inscrit MH (2006)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Loire
Commune Saint-Étienne
Localisation
Coordonnées 45° 27′ 01″ N 4° 23′ 05″ E / 45.450332, 4.384636 ()45° 27′ 01″ Nord 4° 23′ 05″ Est / 45.450332, 4.384636 ()  

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Manufacture d'armesde Saint-Étienne

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Manufacture d'armesde Saint-Étienne

La Manufacture d'armes de Saint-Étienne (MAS) était une entreprise française d'armement située à Saint-Étienne.

Architecture[modifier | modifier le code]

Les bâtiments actuels datent de 1864 et s'étendent sur une surface de douze hectares près de la place Carnot. Conçue dans l'esprit des architectures rationalistes du XVIIIe siècle, dans la lignée des Salines de N. Ledoux et du Grand-Hornu près de Mons, la manufacture est un "palais" industriel et militaire, en briques rouges et pierres blanches, une représentation prestigieuse de la puissance du second Empire. Une partie des bâtiments, dont l'hôtel des directeurs, furent détruits pour la réalisation de la cité du design.

Historique[modifier | modifier le code]

Le début de la manufacture[modifier | modifier le code]

La ville de Saint-Étienne était réputée dès le Moyen Âge pour son artisanat de coutellerie. Près de 80 moulins produisaient des armes de guerre ou de chasse. En 1665, un Magasin royal des armes alimenté par Saint-Étienne, est construit à Paris pour permettre de réaliser des stocks en cas de conflit.

La Manufacture Royale d'Armes fut érigée en 1764, avec l’approbation du roi Louis XV, sous la direction de M. de Montbéliard qui était inspecteur de la Manufacture de Charleville. La manufacture obtient le titre de « manufacture royale » qui lui permit d’être le fournisseur officiel des troupes françaises et étrangères.

La manufacture, était initialement située place Chavanelle. L'usine produisait des armes militaires de guerre et des armes civiles. À l'approche de la Révolution, l’activité ne cessa d'augmenter avec une production supérieure à 12 000 armes par an. Cela nécessita le déménagement dans plusieurs sites dispersés dans la ville et notamment des églises désaffectées (couvent des Ursules, église des Pénitents, Grand'Église).

Dès le début de la Révolution, la fabrication des armes prit une extension telle qu'on chercha par tout moyen à accélérer les fabrications. Saint-Étienne est reconnue comme commune d'armes et fut surnommée Armeville.

En 1838, Messieurs Jovin frères vendirent au gouvernement, la manufacture qui avait à cette époque une production annuelle oscillant entre 15 et 30 000 armes.

La nouvelle manufacture[modifier | modifier le code]

La capacité de production était insuffisante face aux commandes du Second Empire, les entrepreneurs de la manufacture décidèrent alors la construction d'une nouvelle usine moderne utilisant l’énergie des machines à vapeur. En novembre 1862, le conseil municipal stéphanois engagea l’édification d’une nouvelle manufacture. Les terrains retenus sont situés au niveau du champ de Mars entre la voie ferrée et la route de Roanne, sur une surface de 12 hectares.

Les premiers bâtiments furent construits en 1864 avec l'édification de la grande usine de 155 mètres sur 130 et d’un réservoir pouvant contenir 12 450 m3.

En 1866, furent construits les bâtiments d'administration de la direction, les logements des différents directeurs et la forge.

En 1868, on acheva l'usine des meules, l'atelier de précision et réparation des machines, l'atelier de trempe des armes de sabre, le logements des officiers.

Enfin les bureaux, l'atelier des monteurs de sabres baïonnettes et le bâtiment du montage furent finis en 1870. La superficie originale des usines était de 22 000 m2 au sol et la force motrice totale de 660 chevaux.

Cette nouvelle installation permit de produire annuellement plus de 200 000 armes. La manufacture traversa ensuite les difficultés de la guerre franco-prussienne de 1870. La commande d'armes rendue illimitée dès novembre 1870 ne put être menée à bien compte tenu des événements politiques et de la colère des ouvriers qui n'étaient plus payés. Dans les années 1890, l’usine comptait plus de 10 000 ouvriers et près de 9 000 machines ce qui permettait de produire plus de 1 600 fusils par jour, ainsi que des revolvers, des carabines, des mousquetons, des épées et autres sabres-baïonnettes. En 1894, la Manufacture devient un établissement d'État dirigé par le ministère de la Guerre.

Le déclin[modifier | modifier le code]

Au XXe siècle, la fabrication des armes légères suit les époques de guerre, de paix, d'occupation, et selon les circonstances de crise, décolonisation et pacification. En 1963 la fabrication se diversifia vers 3 secteurs d’activités : du matériel pour l'équipement des blindés (tourelles de véhicules blindés) ; la production d’armes antichars (lances roquettes, grenades et éléments de missiles) et enfin du matériel de protection (matériel de détection, et de décontamination nucléaire et chimique). En 1989, GIAT industries reprend les rênes de la manufacture. Dès lors la baisse permanente des commandes entraîne une diminution des effectifs passant de plus de 11 000 en 1940 à 2 200 en 1981.

En 2001, la Manufacture d'armes de Saint-Étienne a fermé définitivement ses portes[1].

Le renouveau[modifier | modifier le code]

Avec le départ de Giat, le site de 12 hectares est reconverti en différents projets :

Le bâtiment dit « de l'horloge », la grille, le portail, les jardins, les murs de soutènement, les balustres, le monument aux morts, la grande usine appelée « double H » avec sa salle des moteurs, l'ancienne usine des meules et l'atelier d'ajustage ont été inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du 20 mars 2006[3].

Les armes produites[modifier | modifier le code]

Mousqueton modèle 1886 M93 R35 encore employé pendant la guerre d'Algérie.
FA-MAS.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Revolver réglementaire Chamelot-Delvigne Modèle 1873, par Bastié et Casanova, Éditions H&L[5], 2001
  • Connaissance du revolver français Modèle 1873, par Gérard Henrotin, Éditions H&L[5], 2011

Liens[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Manufacture d'armes de Saint-Étienne sur expansion.com
  2. « France Bleu aura une antenne locale à Saint-Étienne en 2013 » sur leprogres.fr.
  3. « Inscription de la manufacture », base Mérimée, ministère français de la Culture, consulté le 21 juin 2012.
  4. Seuls les caissons et les glissières et freins sont réalisés à Saint-Étienne.
  5. a et b Ebook téléchargeable sur HLebooks.com