Manuel Marulanda Vélez

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Portrait de Manuel Marulanda

Pedro Antonio Marin plus connu sous le nom de guerre de Manuel Marulanda Vélez surnommé Tirofijo (« Tir précis » en espagnol), né le 13 mai 1930[1] à Génova et mort le 26 mars 2008[2], est le chef et fondateur du groupe guérillero des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Il a été de son vivant le plus ancien leader d'un groupe révolutionnaire actif.

Sa mort a été annoncée le 24 mai 2008 par l'armée colombienne[3] et confirmée par les FARC le 25 mai[2]. Il serait mort le 26 mars 2008 de cause naturelle, à la suite d'un infarctus[3],[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est présumé né à Génova dans la région de Quindío, une région de culture du café, à l'ouest de Bogota le 12 mai 1930 mais la date reste contestée (certaines sources parlent du 12 ou du 13 mai 1928).

C'est aux débuts des années 1950 qu'il fonde une milice paysanne d'autodéfense. La Colombie est alors en proie à la Violencia, une guerre civile sanglante d'une grande sauvagerie qui à la fin des années 1940, début des années 1950 voit des persécutions paysannes par une police inféodée au Parti conservateur. La Colombie vit alors dans l'anarchie. Dans les campagnes, se créent de nombreuses milices d'autodéfense dont beaucoup se livrent au banditisme. Plusieurs de ses proches ayant été tués[4], il en crée une avec ses quatorze cousins[4], puis, influencé par le marxisme-léninisme et par la guérilla cubaine, le jeune agriculteur la transforme en milice d'autodéfense agraire communiste en 1953 avec une cinquantaine d'autres paysans et leurs familles. Son nom de guerre reprend du fondateur de la première guérilla paysanne[4] de Colombie dans les années 1930 dans la région d'Antioquia (nord-ouest) des années 1930.

En 1956, la guérilla donne sa première conférence de presse. Un état-major de treize membres est nommé dont la direction est confiée à Marulanda[4] avec le titre de chef militaire. En 1960, son beau-frère et ami proche est abattu. En 1964, suite à une offensive de l'armée colombienne contre la République de Marquetalia, la guérilla se transforme officiellement en Forces armées révolutionnaires de Colombie, les FARC[4].

Vivant dans la clandestinité depuis plus de quarante ans dans la jungle qui recouvre une grande partie du pays, on pense qu'il ne s'est jamais rendu dans une ville depuis plus de trente ans et qu'il ne s'est jamais rendu à Bogota. Il n'a jamais été arrêté bien que tous les présidents successifs de Colombie aient promis de le faire. Sous son autorité, les Farc ont procédé à l'enlèvement et de la séquestration de plusieurs milliers de personnes (militaires, politiciens et civils) dont la franco-colombienne Íngrid Betancourt depuis 2002 jusqu'au mois de juillet 2008. L'administration américaine avait offert une prime de cinq millions de dollars US pour sa prétendue implication dans le trafic de drogue[5]

En quarante ans, il a bâti une véritable armée dont les effectifs se situeront à leur apogée entre douze et dix-huit mille hommes contrôlant alors une large partie du pays. Plus affaiblie ces dernières années, ses troupes sont encore estimées entre sept et huit mille hommes.

Au cours du temps, la mort de Manuel Marulanda a été annoncée de nombreuses fois ; ainsi, en 1964, 1965, 1995 ou 2004[6].

En mai 2008, le ministre colombien de la Défense Juan Manuel Santos affirme, dans un entretien à la revue colombienne Semana[7], que Manuel Marulanda serait mort le 26 mars 2008 des suites d'un infarctus, ou en raison des bombardements de l'armée colombienne dans la zone où il se trouvait, selon des sources dont l'identité n'a pas été révélée. Toutefois, la présidence de la République colombienne aurait affirmé de son côté qu'elle ne disposait d'aucune confirmation, et n'envisageait pas de déclaration officielle à ce sujet[8]. Selon le ministre de la Défense Colombien, Marulanda aurait été remplacé à la tête des FARC par Guillermo Sáenz (Alfonso Cano), désigné comme son successeur par Manuel Marulanda. Le 25 mai 2008, l'amiral colombien David Moreno affirme que la mort de Manuel Marulanda est confirmée, et met les Farc au défi de prouver le contraire. En fin de journée, le 25 mai 2008, les Farc confirment dans un communiqué la mort de leur chef historique[2] et annoncent qu'il est remplacé par Alfonso Cano, 59 ans.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « El viejo guerrillero y su delfín », El Mundo Periodico, 11 juillet 1998, sur le site elmundo.es.
  2. a, b, c et d « Les FARC confirment la mort de leur chef Manuel Marulanda », Le Monde.fr, avec AFP et Reuters, le 25 mai 2008.
  3. a et b « Le chef des FARC Manuel Marulanda de nouveau donné pour mort », LeMonde.fr avec AFP, le 24 mai 2008.
  4. a, b, c, d et e « Portrait de Manuel Marulanda, le chef des FARC », Le Point, 22 mai 2008.
  5. (en) Avis de recherche du Département d'État
  6. (es) « Las muertes de 'Tirofijo' », ElEspectador.com, 24 mai 2008.
  7. (es) « Tirofijo está muerto », semana.com, le 24 mai 2008.
  8. (es) « Farc confirmaron que Manuel Marulanda Vélez 'Tirofijo' está muerto », ElTiempo.com, 25 mai 2008.

Liens externes[modifier | modifier le code]