Mansourah (Tlemcen)

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Mansourah
Les remparts
Les remparts
Noms
Nom algérien المنصورة
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Région Oranie
Wilaya Tlemcen
Daïra Mansourah
Code ONS 1351
Démographie
Population 49 150 hab. (2008[1])
Géographie
Coordonnées 34° 52′ 16″ N 1° 20′ 21″ O / 34.87099, -1.339087 ()34° 52′ 16″ Nord 1° 20′ 21″ Ouest / 34.87099, -1.339087 ()  
Localisation
Localisation de la commune dans la wilaya de Tlemcen
Localisation de la commune dans la wilaya de Tlemcen

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Mansourah

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Mansourah

Mansourah (signifiant « victorieuse » en arabe), est une commune de la wilaya de Tlemcen en Algérie. Construite par le sultan mérinide Abu Yaqub Yusuf, elle est surtout connue pour ses vestiges datant du XIVe siècle, témoins des affrontements fratricides entre les abdalwadides et les mérinides.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune de Mansourah est situé au centre de la wilaya de Tlemcen. La ville est le faubourg ouest de Tlemcen.

Communes limitrophes de Mansourah
Tlemcen
Beni Mester Mansourah Tlemcen
Terny Beni Hdiel

Localités de la commune[modifier | modifier le code]

En 1984, la commune de Mansourah est constituée à partir des localités suivantes[2] :

  • Mansourah
  • Imama
  • Béni Boublène
  • Zone Ouest
  • ZHUN Champ de tir
  • Kifan Sud-Ouest
  • Attar
  • Ouali Mustapha (Riat El Kébir)

Histoire[modifier | modifier le code]

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Tlemcen fut la capitale du Maghreb central au XIe siècle, puis du XIIIe au XVIe siècles. C'était une place stratégique au départ de la Route de l'Or vers le Soudan. Convoitée par ses voisins mérinides de Fès, Tlemcen eut à résister plusieurs fois à leurs assauts. Et, sous le règne du zianide Abou Saïd Othman, elle eut à se défendre contre l'un des sièges les plus longs de l'histoire de l'humanité qui dura huit années, du 6 mai 1299 au 13 mai 1307. Le sultan mérinide Abou Yacoub Youcef (Abu Yaqub Yusuf an-Nasr) fit ériger la ville de Mansourah (la Victorieuse) au voisinage de la cité assiégée.

Abou Yacoub essaya d'obtenir la reddition de la capitale zianide par la famine. Pendant le siège, le sultan de Fès éleva autour de Tlemcen un mur tel que, selon Ibn Khaldoun : « un esprit, un être invisible aurait eu de la peine à pénétrer dans la cité »[3].

Ibn Khaldoun rapporte qu'il y eut 120 000 morts parmi les tlemcéniens lors de ce siège. Il poursuit : « Malgré cela, ils ont persévéré dans leur résistance. Oh ! combien ils ont été admirables de persévérance, d'abnégation, de courage et de noblesse ! »

C'est l'assassinat du sultan mérinide par l'un de ses esclaves qui mit fin au siège, avec pour conséquence le retour des mérinides à Fès et l'abandon de Mansourah dont il ne reste aujourd'hui qu'un minaret dressé dans la proche campagne tlemcénienne.

C'est vraisemblablement au cours de ce siège que disparaîtra à jamais un des quatre exemplaires du Coran rédigé par Uthman ibn Affan, troisième Khalife de l'islam. Ce livre était conservé à Tlemcen depuis juin 1248[4].

Démographie[modifier | modifier le code]

Mansourah est la troisième commune la plus peuplée de la wilaya de Tlemcen après Tlemcen et Maghnia[5], selon le recensement général de la population et de l'habitat de 2008, la population de la commune de Mansourah est évaluée à 49 150 habitants contre 1 564 en 1977, c'est la commune de la wilaya de Tlemcen qui enregistre le plus fort taux de croissance annuel (3,3 % contre 1,2 % pour l’ensemble de la wilaya), sur la période 2008-1998[1],[1].

Évolution démographique
1977 1987 1998 2008
1 564 19 250 35 524 49 150
(Source : recensement [6])


Patrimoine[modifier | modifier le code]

De Mansourah, il ne subsiste que les parties nord et ouest des remparts et la mosquée.

Les murailles, d'un développement de quatre mètres environ, délimitaient une superficie de 100 ha. En pisé, épaisses de 1,50 m et hautes de 12 m, flanquées de 80 tours, elles ont à peu-près disparu à l'est et au sud.

Selon Ibn Khaldoun, la mosquée de Mansourah aurait été construite vers 1303 par le sultan Abou Yacoub, mort avant l'achèvement de son œuvre. La mort du souverain ayant été suivie immédiatement de l'évacuation de Mansourah par les mérinides, les travaux n'auraient repris qu'en 1336 à l'époque de leur retour lorsque Abou Hassan (Abu al-Hasan ben Uthman) rebâtit la ville[7]. Selon le Musnad d'Ibn Marzouq, la mosquée, telle celle de Hassan à Rabat, ne fut jamais complètement achevée. Ne demeurent debout que le périmètre de ses murs et la moitié antérieure de son minaret.

La mosquée occupe un rectangle de 60 m de large sur 85 m de long. La porte principale s'ouvre à la base du minaret qui fait saillie au milieu de la face nord-ouest. La cour, carrée, élément propre aux mosquées maghrébines des XIIIe siècle et XIVe siècle [8], de 30 m de côté, était encadrée de galeries prolongeant les nefs de la salle de prière. Cette dernière était occupée par treize nefs divisées en six travées par des colonnes d'onyx de 0,44 m de diamètre. Le mihrab, niche à pans coupés, était enveloppé d'une salle des morts analogue à celle rencontrée à la Quaraouiyine de Fès. Outre l'entrée principale, douze portes construites en pierres, décrochant en saillie sur les quatre faces, donnaient accès à la mosquée.

Le minaret, bien que découronné de son lanternon, se dresse à 38 m. Une petite porte s'ouvrant dans la mosquée, sous la galerie antérieure de la cour, donnait accès à la rampe qui, par sept révolutions autour du noyau central, montait jusqu'au niveau de la galerie supérieure. Cette rampe était éclairée par de larges ouvertures percées au milieu des quatre faces et par des jours plus petits dans l'axe des rampes. Les murs de 1,50 m d'épaisseur sont faits de pierre siliceuse rose.

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord : de la conquête arabe à 1830, Payot, Paris, 1952.|
  • Sid-Ahmed Bouali, Les deux grands sièges de Tlemcen, éd. ENAL, Alger, 1984.
  • Georges Marçais, L'architecture musulmane d'Occident, Pub. du Gouvernorat Général de l'Algérie, Arts et Métiers graphiques, ¨Paris, 1954