Manipulation de serpents dans la religion chrétienne

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Illustration du maniement de serpents au sein de l'Église de Dieu, dans l'État américain du Kentucky, en 1946. Cliché du photojournaliste Russell Lee.

La manipulation de serpents est une pratique rituelle observée dans certains mouvements chrétiens pentecôtistes américains, particulièrement dans des régions rurales de l'Est et du Sud-Est des États-Unis. Ses origines remontent au début du XXe siècle, où la pratique serait apparue dans des villes minières de la région des Appalaches. Le rituel en lui-même ne constitue qu'une partie de la messe des paroisses qui le pratiquent. Ses pratiquants considèrent que le maniement des serpents remonterait à l'Antiquité, et que sa pratique serait mentionnée dans les textes bibliques chrétiens du Nouveau Testament, notamment dans l'Évangile selon Marc et l'Évangile selon Luc :

« Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils chasseront les esprits mauvais ; ils parleront un langage nouveau ; ils prendront des serpents dans leurs mains, et, s'ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s'en trouveront bien. »

— Marc, 16:17, 18

Origines[modifier | modifier le code]

Le maniement de serpents dans le culte religieux chrétien apparait à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, en pleine émergence du mouvement pentecôtiste aux États-Unis[1]. Elle s'inscrit dans une démarche de lecture littérale de la Bible, dont l'Évangile selon Marc[1].

C'est le pentecôtiste américain George Went Hensley (en) (1880–1955), ministre au sein de l'Église de Dieu de Cleveland de 1915 à 1922, qui introduit la pratique consistant à manier, au cours des offices, des serpents venimeux. Plusieurs paroisses de l'Église de Dieu adoptent de tels rituels au début des années 1920. Il démissionne de son ministère en 1922 et fondera plusieurs mouvements pentecôtistes adoptant dans leurs pratiques le maniement de serpents.

Accidents[modifier | modifier le code]

Législation relative à la pratique[modifier | modifier le code]

L'utilisation de serpents peut être, selon la juridiction des États où elle est pratiquée, plus ou moins tolérée, autorisée ou interdite.

Les États de l'Alabama, du Kentucky, du Tennessee ont adopté des lois interdisant la manipulation, sans autorisation ou permis, de serpents et de reptiles venimeux dans des lieux publics lorsqu'elle peut mettre en danger la vie d'autrui. Le Kentucky précise le cadre religieux auquel la loi fait référence, sa pratique pouvant être passible d'une amende pouvant aller de 50 à 250 dollars. Dans la plupart des cas, ces pratiques se font généralement aux domiciles des croyants, ce qui évite les procédures de demande de permis auprès de l'administration. Les forces de l'ordre n'interviennent et ne répriment la pratique que dans le cas d'accident.

Dans l'État de Virginie-Occidentale, la pratique est légale.

La pratique fut passible de la peine de mort en Géorgie à partir de 1941, suite à la mort d'une fillette de sept ans des suites de morsures. La loi, jugée trop sévère par les jurés, a été révoquée en 1968.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Pierre-Yves Brandt, Claude-Alexandre Fournier, Fonctions psychologiques du religieux: Cent ans après Varieties de William James, Edicoes Loyola, 2007. Chapitre « Les manipulateurs chrétiens de serpent des Appalaches », p. 30-32