Manfred von Ardenne

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Manfred von Ardenne

Description de cette image, également commentée ci-après

Manfred von Ardenne (vers 1935).

Naissance
Hambourg (Empire allemand Empire allemand)
Décès
Dresde (Drapeau de l'Allemagne Allemagne)
Domicile Lichterfelde puis Dresde
Nationalité allemande
Champs électronique, radioélectricité, Génie biomédical
Institutions Laboratoire de physique électronique de Lichterfelde
Diplôme Université de Berlin
Distinctions prix Staline

Le baron Manfred von Ardenne (né le à Hambourg; † à Dresde dans le quartier de Weißer Hirsch) était un physicien allemand. Ses recherches concernent principalement la physique appliquée : il est détenteur de plus de 600 inventions et brevets dans des domaines aussi variés que la radioélectricité, la microscopie électronique, la physique nucléaire, la physique des plasmas et le génie biomédical.

Biographie[modifier | modifier le code]

Manfred von Ardenne âgé de 26 ans (1933).

Manfred von Ardenne était le fils du baron Egmont von Ardenne, conseiller d'État, et de sa femme Adela. Sa grand-mère, Élisabeth von Plotho, avait inspiré à l'écrivain Theodor Fontane l'héroïne de son roman Effi Briest. Avec l'affectation de son père au Ministère de la Guerre en 1913, la famille déménagea à Berlin dans le quartier résidentiel de Lichterfelde, au milieu d'autres aristocrates et de familles de généraux prussiens. Jusqu'en 1919, Manfred et ses frères devaient recevoir leur éducation élémentaire à la maison ; ensuite Manfred passa trois ans dans un lycée professionnel de Berlin.

Écolier (1922), Manfred von Ardenne s'intéressait aux sciences naturelles, en particulier à l'électricité. Il fabriqua lui-même un appareil photo rudimentaire et une sonnerie électrique, s'intéressa à la TSF et à 16 ans déposa son premier brevet, une « méthode de réglage du son, destinée en particulier à la télégraphie sans fil ».

Manfred quitta le lycée en 1923 pour pouvoir se consacrer à plein temps à la radiophonie. Siegmund Loewe, fondateur des usines Loewe-Opta, finançait ses travaux. Avec ses honoraires et le produit de la vente de ses brevets, von Ardenne améliora en 1925 l'amplificateur à bande large (amplificateur à résistance couplée), qui devait jouer un rôle décisif dans le développement de la télévision et du radar. Il ne put breveter cette amélioration par suite d'un droit d'antériorité qui lui fut opposé. La même année, grâce à la recommandation de ses proches, il put s'inscrire à l'Université de Berlin sans avoir passé l'Abitur, et étudia la Physique, la Chimie et les Mathématiques. Il interrompit de nouveau ses études au bout d'un an et demi et consacra ses efforts à de nouvelles applications de la physique.

En 1928, Manfred von Ardenne étant majeur, il fonda un laboratoire de recherches en physique électronique à Berlin-Lichterfelde, dont il devait assurer la direction jusqu'en 1945. À cette époque, von Ardenne partageait son temps entre le développement d'un téléviseur fondé sur le principe du codage par balayage en lignes et la réception et le décodage avec un tube cathodique ; l’invention du microscope électronique à balayage ; et le développement de la technique du radar, tout en explorant les possibilités de la physique nucléaire de l'époque.

Le 14 décembre 1930, Manfred von Ardenne, dans son laboratoire de Lichterfelde, parvenait le premier à capter et décoder un signal vidéo hertzien à l'aide d'un tube cathodique[1]; Lors du Congrès International de la Radio de 1931 à Berlin, il fit la démonstration de la première expérience de télévision, un événement qui fit la une du New York Times. Les multiples inventions du milieu du XXe siècle en radioélectricité et en microscopie électronique sont toutes, d'une manière ou d'une autre, tributaires des découvertes effectuées en ces années 1930 au centre de recherches de Lichterfelde.

La part prise par l'Institut Manfred von Ardenne dans les recherches financées par le Ministère nazi des postes et télécommunications de Wilhelm Ohnesorge reste mal éclaircie. Il a contribué au développement d'un séparateur électromagnétique (une forme primitive de spectromètre de masse) destiné à enrichir l'uranium et dont un prototype a sans doute été fabriqué en 1943 au centre de lancement de la Luftwaffe de Bad Saarow[2]. Le développement d’un purificateur de lithium (en 1945) reste lui aussi une énigme[3] ; il alimente en tous cas la controverse sur la bombe thermonucléaire nazie, dont l'isotope 6Li constituait un ingrédient essentiel.

On ne peut pas non plus passer sous silence la brève collaboration de von Ardenne avec Fritz Houtermans en 1941. Houtermans publia à cette époque un rapport de recherche sur « la question de la désintégration nucléaire par une réaction en chaîne » (Zur Frage der Auslösung von Kern-Kettenreaktionen, août 1941). Ce travail de recherche mentionne explicitement l'obtention de plutonium et ses avantages sur l’uranium 235 en tant que matière fissile. Encore en 1987, von Ardenne évoquait sa collaboration avec Houtermans et citait des noms à l'appui de la thèse selon laquelle les recherches de 1941 auraient été une œuvre collective. Son argument est qu’après la guerre, personne en dehors du cercle des physiciens allemands ne voulait se souvenir de ce rapport.

De 1945 à 1954, von Ardenne fut contraint, avec nombre d'ingénieurs et de physiciens allemands[3], à participer au développement de la bombe atomique russe[4]. Son laboratoire de Lichterfelde fut transplanté pièce par pièce à Soukhoumi en Abkhazie, où la NKVD avait créé le 27 juillet 1945 un Institut de physique mathématique[5]. Là, von Ardenne mit au point un séparateur isotopique magnétique et obtint une double source d'ions primaires à duoplasmatron. En reconnaissance de sa collaboration efficace, il reçut le prix Staline en 1953.

Autorisé à quitter l’Union soviétique, von Ardenne recréa un institut portant son nom à Dresde, en RDA, dans le faubourg de Weißer Hirsch où les autorités, qui lui avaient confisqué sa maison, la lui restituèrent à cette occasion. Ce laboratoire devint le plus grand centre de recherche privé du bloc Est, avec près de 500 employés. À partir de 1965, le directeur exécutif du laboratoire sera le prof. Siegfried Schiller.

Von Ardenne fut professeur d'électronique appliquée au génie nucléaire à l’Université technologique de Dresde. Il fut par deux fois récipiendaire du Prix national de la République démocratique allemande. Il aura déposé au cours de sa carrière exactement 600 brevets.

Manfred von Ardenne lors d'une session de la Chambre du peuple de RDA en 1986.

Dans le domaine de la médecine, von Ardenne a proposé deux thérapies nouvelles. L’oxygénothérapie fractionnée, une technique controversée, est censée améliorer le bien-être et la vitalité du patient ; mais il est vrai que la déficience en oxygène continue d'être considérée comme une des causes possibles de la maladie d'Alzheimer[6]. La thérapie dite « systémique fractionnée » consiste, elle, à soigner le cancer et la formation de métastases par association de séances d'hyperthermie avec la chimiothérapie selon un programme précis. Von Ardenne a le premier proposé d'utiliser l'hyperthermie pour soigner les cancers et comme ce protocole est particulièrement éprouvant pour les patients, il proposait de les soulager grâce à son « oxygénothérapie ». Von Ardenne a été membre, entre autres, de l’Académie internationale d'astronautique de Paris et député à la Chambre du peuple de RDA. En 1972, il s'opposa à la nationalisation de son institut de Dresde. Lors de la session du 13 novembre 1989 du Parlement, il a présenté les fondements de l'économie socialiste de marché, fondée sur une analyse systémique et qui supposait une décentralisation de l'économie.

Épitaphe de Manfred von Ardennes au cimetière Waldfriedhof dans le faubourg de Weißer Hirsch à Dresde.

Von Ardenne est l'auteur de plusieurs monographies consacrées aux sciences physiques : Tabellen zur angewandten Physik, (Deutscher Verlag der Wissenschaften, 1964), L’oxygénothérapie fractionnée etc. Le 26 septembre 1989, après le jumelage de villes Dresde et Hambourg (1987), Manfred von Ardenne a été fait citoyen d'honneur de la ville de Dresde.

Il avait épousé Bettina Bergengrün en 1938. Manfred von Ardenne mourut en 1997 à Dresde. Sa tombe se trouve au cimetière de Weißer Hirsch, du nom d'un quartier de Dresde.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Manfred von Ardenne » (voir la liste des auteurs)
  • Gerhard Barkleit: Manfred von Ardenne. Selbstverwirklichung im Jahrhundert der Diktaturen. Duncker & Humblot, Berlin 2006, ISBN 3-428-12084-1. (Rezension von Wolfgang G. Schwanitz)
  • Rainer Karlsch: Hitlers Bombe, DVA, München 2005, ISBN 3-421-05809-1.
  • Michael Schaaf: Heisenberg, Hitler und die Bombe, Gespräche mit Zeitzeugen. GNT-Verlag, Berlin 2001, ISBN 3-928186-60-4.
  • Manfred von Ardenne: Ein glückliches Leben für Technik und Forschung. Autobiographie, Verlag der Nation, Berlin 1972. Neuausgabe unter dem Titel Sechzig Jahre für Forschung und Fortschritt. Verlag der Nation, Berlin 1987.
  • Manfred von Ardenne: Erinnerungen, fortgeschrieben. Autobiographie (Fortsetzung), Droste 1997, ISBN 3-7700-1088-4.
  • Reichshandbuch der Deutschen Gesellschaft – Das Handbuch der Persönlichkeiten in Wort und Bild. Erster Band. Deutscher Wirtschaftsverlag, Berlin 1930, ISBN 3-598-30664-4, S. 33.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • (de) Manfred von Ardenne, Gerhard Musiol et Uwe Klemradt, Effekte der Physik und ihre Anwendungen, Harri Deutsch,‎ 2005 (ISBN 3817116829 et 978-3-8171-1682-9, OCLC 76544395)
  • (en) Baron von Manfred von Ardenne, Oxygen Multistep Therapy. Physiological and Technical Foundations, Stuttgart - New York, Thieme,‎ 1990, 402 p. (ISBN 3137435013, 9783137435013 et 9780865773776)
  • Manfred von Ardenne, Atomenergie in Technik und Industrie. Über die Ausnutzung der Atomenergie in unserer Technik und Industrie, Herausgeber: FDGB, Bundesvorstand, Abt. Organisation und Kader, Tribüne Verlag und Druckereien des FDGB Berlin Treptow, Berlin (Ost) 1956, Direktbezugs-, Buchhandels-Preis 0,30 DM, EVP, (516) Ag 219/56/DDR - P 4795 - 1364 - 150 - 12.56

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Helliwood.de: Manfred von Ardenne, consulté le 13 décembre 2010.
  2. D'après(de) Rainer Karlsch, Hitlers Bombe : die geheime Geschichte der deutschen Kernwaffenversuche, Munich, DVA,‎ 2005, 415 p. (ISBN 3-421-05809-1 et 9783421058096, OCLC 58549369).
  3. a et b Ce purificateur est évoqué par von Ardenne dans son autobiographie :(de) Baron von Manfred Ardenne, Ein glückliches Leben für Technik und Forschung, Berlin-est, Verlag der Nation,‎ 1982, 6e éd. (OCLC 7180621), p. 389.
  4. D'après (de) Michael Schaaf, Heisenberg, Hitler und die Bombe. Gespräche mit Zeitzeugen, Berlin, GNT-Verlag,‎ 2001, 148 p. (ISBN 9783928186605 et 9783928183604, OCLC 49342020), « Wir haben die russische Atombombe beschleunigt: Interview mit Manfred von Ardenne ».
  5. D'après« Polonium 210 comes from Abkhazia – Georgian Greens », The Messenger, Tbilissi,‎ 8 décembre 2006 (lire en ligne).
  6. Weihong Song, University of British Columbia, Proceedings of the National Academy of Sciences, 2006.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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