Mandingues

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Mandingues

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Enfants mandingues à Kédougou (Sénégal)

Populations significatives par région
Population totale 10 à 20 millions
Autres
Langues

Mandingue

Religions

Islam

Ethnies liées

Peuls, Wolof, Sonrhaïs

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Carte de répartition

Les Mandingues (ou Mandinka, Mandés) sont un peuple d'Afrique de l'Ouest originaire du territoire occupé par l'actuel Mali. Ils vivent essentiellement au Sénégal, au Mali, en Côte d'Ivoire, en Gambie, en Guinée, en Guinée-Bissau, au Burkina Faso, en Mauritanie, au Libéria, en Sierra Leone et au Ghana.

Histoire[modifier | modifier le code]

Mandingue du Bambouk (1846)
Mandingue de la rive droite du haut Niger (1890)

Les Soninkés établissent l'Empire du Ghana, ou du Wagadou, à partir du IIIe siècle. Entre le XIe et le XIIe siècle, le clan des Keita unifie les peuplades mandingues. puis au début du XIIIe siècle, ils construisent l'Empire du Mali sous la direction de Sundjata Keïta qui les libère de la domination du Royaume de Sosso de Soumaoro Kanté et proclame la Charte du Manden. Les Mandingues ont constitué de nombreux royaumes qui ont perduré jusqu'à la fin du XIXe siècle avec la colonisation européenne, parmi les plus connus :

Le Mandé est considéré comme le pays d'origine des Mandingues, au sud du Mali. Les Malinkés, ont donné naissance à de nombreux groupes mandingues: Les Bambaras, les Soussous, les Khassonkés, les Diakhankés, les Dioulas.

Religions[modifier | modifier le code]

À l'origine les Mandinges pratiquaient tous la religion traditionnelle. Entre le VIIIe et Xe siècles, les Soninkés sont les premiers Mandingues à se tourner vers l'islam, en particulier ceux de la noblesse de l'Empire du Ghana. Ce sont les commerçants Arabo-Berbères venus du nord, qui apportèrent l'islam chez eux. Durant l'empire du Mali, Soundjata Keïta se convertit à l'islam, entraînant ainsi la conversion de nombreux groupes malinkés. Mais l'islam restait encore la religion des nobles. Avec l'islam naîtront des communautés mandingues maraboutiques en particulier les Dyula et les Diakhankés. Cependant la religion traditionnelle d'origine reste bien plus pratiquée, par la majorité des Mandingues, jusqu'au XIXe siècle, où le prosélytisme des musulmans envers ceux pratiquant la religion traditionnelle, se fait de plus en plus ressentir. Aujourd’hui la quasi-totalité des Mandingues sont musulmans, mais selon les divers groupes, les rites et les croyances traditionnelles ont plus ou moins été conservés.

Kankourang chez les Mandingues de Haute-Casamance

Dans la religion traditionnelle mandingue, Dieu est appelé Maa Ngala. Dans la religion traditionnelle, Dieu étant trop élevé pour l'invoquer directement, les ancêtres et les esprits sont les entités auxquels les prières sont adressées; ils constituent les intermédiaires entre dieu et les hommes. Dieu est présent dans la totalité de la création. Chez les Mandingues, les Komotigui sont les hommes ou femmes ayant atteint les plus hauts niveaux de la connaissance spirituelle. Pour devenir Komotigui, l'initiation est une condition sine-qua-non. Selon les différents groupes initiatiques, comme celle du Komo ou du Nama, la durée de l'initiation est plus ou moins longue. En général il s'agit d'un cycle de sept fois sept ans, puis d'un nouveau cycle de même durée. Pour bénéficier des bienfaits de la création, le respect des interdits, l'hommage à Maa Ngala. Prières, offrandes aux entités intermédiaires (ancêtres et esprits), individuellement, en famille, ou lors des différentes cérémonies religieuses, sont les actes qui ponctuent la vie spirituelle mandingue. L'homme n'est pas considéré en tant que tel s’il n'est pas passé par le rite de la circoncision. Dans la spiritualité traditionnelle, il n'y a pas de séparation entre la spiritualité et le profane, tout est régi selon les lois spirituelles, de la naissance qu'à la mort, où l'âme de l'être ayant été exemplaire sur terre rejoint le monde de Dieu et des ancêtres. Chaque famille est reliée à un animal totem, chose qui entre dans le cadre du respect aux êtres, créatures de Dieu possédant la parcelle divine. C'est selon les classes d'âge Ton, que l'ont apprend les divers aspects de la vie et les règles de vie, toujours selon les règles spirituelles, afin d'être un individu accompli dans la société.

Répartition[modifier | modifier le code]

Le pays mandingue sur une carte de 1900

Le groupe mandingue regroupe un ensemble culturel qui compte 27 variantes dialectales classées en deux groupes :

  • Mandingues occidentaux : Sarakhollés ou Soninké, Mandingues du Sénégal oriental (Mandingo), Badibunke du Kombo (Gambie), Pakawunke du pays de Sédhiou (Sénégal), Woyinké du Kaabu (Guinée-Bissau)...,

Les Malinkés de Côte-d'Ivoire, sont comme des Bambaras, ils sont aussi appelés Dioulas, ce qui veut dire commerçant chez les Mandingues. Les Malinkés sont présents en Sierra Leone et au Libéria, mais ils y sont peu nombreux.

Les Malinkés de l'est du Sénégal sont les Diakhankés. Ils sont installés dans le territoire actuel du Sénégal depuis plusieurs siècles. Au Sénégal, les Mandingues, qu'ils soient Soninkés, Malinkés, Bambaras, etc., sont appelés Sossés par les Wolofs et les Sérères. Les Jalonkés sont présents en Guinée.

Les Malinkés et les Bambaras parlent la même langue, mais certains mots diffèrent. Leurs chasseurs sont appelés les Donsos.

Langues[modifier | modifier le code]

La langue mandingue fait partie des langues mandées parlées par plus de dix millions de personnes réparties dans une quinzaine d'États d'Afrique de l’Ouest.

Outre la langue, les Mandingues partagent un corpus culturel commun comprenant :

  • une religion où le sacré est omniprésent
  • une société de tradition orale

Organisation sociale[modifier | modifier le code]

Traditionnellement il s'agit d'une société :

  • de castes comprenant : les nobles, les hommes de caste (les griots, les forgerons, les cordonniers) et les captifs
  • de clans se définissant par un patronyme, un ancêtre, une devise et un interdit.

Patronymes[modifier | modifier le code]

Jali Fily Sissokho, un joueur de kora mandingue

Les patronymes mandingues courants sont : kaba, Keïta, Konaté, Ouattara,Koté,Traoré, Cissé, Kébé, Camara, Ira, Yra, Fatty, Touré, Kanté, Koné, Coulibaly, Sakho, Diarra, Sissoko,Cissokho, Souané, Guirassy, Berthé, Doumbouya, Soumaré, Diakhaby, Sylla, Fadiga, Diawara, Koita, Doucouré, Dramé, Minté, Bathily, Fadiga, Diakité,Diomandè, Sidibé, Sangaré, Dembélé, Kamissoko, Bagayogo, Bayo, Doumbia, Sané, Sawané, Sima, Diaby, Fofana, Danfa, Djitté, Sano, Dramé, Mandiang, Darry, Minté,Gassama. Il en existe encore plus d'une dizaine. On retrouve ces patronymes chez toutes les communautés formées par les Mandingues. Quelques autres patronymes moins courants sont néanmoins portés par des descendants de chefs : Aïdara en Côte d'Ivoire notamment (Malinkés) et au Sénégal, le nom Aïdara est d'origine maure.

Les classes maraboutiques, appelées Mandé Mori (« marabout du Mandé »), portent en général les noms suivants : Touré, Cissé, Dramé, Dabo, Diané, Berété (équivalent de Souané au Sénégal), Sakho, Sylla. Ils sont tous issus des Soninkés.

Les Griots, appelés Dyeli, portent souvent les noms : Cissokho, Kouyaté, Diabaté, Kamissoko, cependant ces patronymes se retrouvent souvent au travers de nombreuses castes.

Les individus de la caste des Nyamakhala (artisans) plus particulièrement les forgerons portent les noms : Kanté, Diankha, Fané.

Les nobles Horo, portent en majorité les noms : Aïdara,Doumbia, Fakoly, Kaba, Keïta, Konaté, Diarra, Bathily,Sissoko,Traoré, Sokhna,Bakhayokho,Sinayoko Kébé, Dramé, Sylla, Niakhaté, Diagouraga, Minté, Soumaré, Souané (équivalent de Berété au Mali)].

La fréquence des noms par rapport aux castes, ne peut pas réellement indiquer l'origine de ceux-ci, car chaque patronyme peut se retrouver dans toutes les couches sociales.

De nombreuses familles appartenant aux ethnies voisines, ont intégré au fil des siècles, le monde Mandingue, et vice-versa. C'est ainsi que l'ont peut remarquer des familles Mandingues, portant des patronymes d'origine Wolof (Ndiaye, Diop, etc.), Peulh (Diallo, Diakhité, Sangaré, Sidibé etc), ou Mossi (Ouédraogo).

Le Sanankouya[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Parenté à plaisanterie.

Le Sanankounya est un système de cousinage,une forme "d´alliance" qui jouait le rôle de "pacte de non agression" entre les composantes de l´empire du mandingue sous Soundjata Keita. Tous les clans Mandingues étaient concernés par cette alliance dont l'origine part de la vallée du Nil et s´étendait à tous les royaumes de cet empire du Mali ou aussi empire du Mandingue, sous le règne de Soundjata Keïta. Le vrai but de ce pacte était d'éviter les affrontements, conflits, les guerres et aussi de calmer les tensions mêmes internes. Le Sanankouya est beaucoup connu sous le nom de "parenté à plaisanterie", obligeant les différents clans à l'assistance, l'entraide, le respect réciproque, mais leur permettant aussi de se critiquer, de se taquiner. Ces alliances existent par exemple entre les clans Traoré et Diarra, entre les Keïta et les Souané, ou entre les Keïta et les Coulibaly. Le Sanankouya s'applique également entre deux membres d'ethnies différentes. Les Mandingues et les Wolofs entretiennent ce lien, il en est de même avec les Peuls. Les interdits du sanankouya étaient de faire ou de voir souffrir, de verser ou de faire verser le sang de son sanankou.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) C. A. Quinn, Mandingo Kingdoms of the Senegambia, Londres, Longman, 1972, 211 p.
  • (fr) Mirjam de Bruijn et Han van Dijk (dir.), Peuls et Mandingues : dialectiques des constructions identitaires (préface de Jean-Loup Amselle), Afrika-Studiecentrum, Leyde ; Karthala, Paris, 1997, 286 p. (ISBN 2865377571)
  • (fr) Sékéné-Mody Cissoko et Kaoussou Sambou (dir.), Recueil des traditions orales des Mandingues de Gambie et de Casamance, Centre régional de documentation pour la tradition orale, Niamey, Niger, 1974, 269 p.
  • (fr) Alpha Condé, Les sociétés traditionnelles mandingues, Centre régional de documentation pour la tradition orale, Niamey, 1974, 238 p.
  • (fr) Sadibou Dabo, Ethnicité et urbanisation : les Mandingues de Mbuur au XIXe-XXe siècle, Dakar, Université Cheikh Anta Diop, 1994, 102 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • (fr) Jean Derive et Gérard Dumestre (et al.), Des hommes et des bêtes : chants de chasseurs mandingues, Association Classiques africains, Diffusion Les Belles Lettres, Paris, 1999, 280 p. (ISBN 2912839009)
  • (fr) Kélé-Monson Diabaté, La dispersion des Mandeka : d'après un récit du généalogiste Kélé-Monson Diabaté à Karaya cercle de Kita, Éditions populaires, Bamako, 1970, 110 p.
  • (fr) Opa Diallo, Commerce et commerçants mandingues en Casamance (1815-1950), Dakar, Université Cheikh Anta Diop, 1992, 118 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • (fr) Ed van Hoven, L'oncle maternel est roi : la formation d'alliances hiérarchiques chez les Mandingues du Wuli (Sénégal) (traduit du néerlandais par Philippa Burton), Research School CNWS, Leyde, 1995, 270 p. (ISBN 9073782457) (Thèse)
  • (fr) Kaba Mamadi, Anthologie de chants mandingues : Côte d'Ivoire, Guinée, Mali, L'Harmattan, Paris, 1995, 238 p. (ISBN 2738439306)
  • (fr) Yaya Koné, Djougouya in Le dictionnaire de la méchanceté dir Faggion & Régina, Max Milo, Paris, 2013, 384 p.
  • (fr) Djibril Tamsir Niane, Histoire des Mandingues de l'Ouest : le royaume du Gabou, Karthala, Association ARSAN, Paris, 1989, 221 p. (ISBN 2865372367)
  • (fr) Yves Person, Cartes historiques de l'Afrique manding (fin du 19e siècle), Centre de recherches africaines, Paris, 1990 (atlas de 45 cartes accompagnant l'ouvrage de l'auteur, Samori: une révolution dyula)
  • (fr) Fossar Souané, Les Manding de la Moyenne Casamance. Organisation sociale et administrative de base et évolution politique de la création du poste de Sédhiou à la mise en place d’une administration coloniale locale (1837-1890), Dakar, Université de Dakar, 1988, 1+135 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • (pt) Manuel Belchior, Contos mandingas, Portucalense Editôra, Porto, 1968 ou 69, 336 p.
  • (pt) Artur Augusto da Silva, Direitos civil e penal dos mandingas e dos felupes da Guiné-Bissau, DEDILD, Bissau, 1983 (4e éd.), 214 p.

Discographie[modifier | modifier le code]

  • La kora des griots mandingues : Kemba Sussoko, VDE-Gallo, Lausanne, 1994, 67' (CD)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Keïta, l'héritage des griots, un film de fiction de Dani Kouyaté, Burkina Faso, 1994, 95'

Liens externes[modifier | modifier le code]

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