Manderlay

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Manderlay

Réalisation Lars von Trier
Scénario Lars von Trier
Acteurs principaux
Sociétés de production Zentropa productions
Pays d’origine Drapeau du Danemark Danemark
Genre Drame
Sortie 2005
Durée 139 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Manderlay est un film danois de Lars von Trier sorti en 2005.

Le film est la suite de Dogville, tournée avec la même idée d'un plateau au décor minimal. C'est le deuxième épisode de la trilogie USA - Land of opportunity. Le troisième volet, Wasington est toujours à l'état de projet sans date en 2011, notamment à cause de l'échec commercial du précédent.

Nicole Kidman aurait dû reprendre le rôle de Grace mais, officiellement pour des raisons d'agenda, n'a pas pu se libérer[réf. nécessaire].

Le film s'inspirerait de la révolte d'esclaves contée dans la préface de Jean Paulhan au roman Histoire d'O de Pauline Réage[1].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Grace et son équipe de gangsters arrivent devant la plantation de Manderlay où l'esclavage n'a pas été aboli. Révoltée, Grace décide d'utiliser le pouvoir de persuasion des gangsters de son père pour faire comprendre à tous l'horreur de l'esclavage.

Résumé[modifier | modifier le code]

Grace est partie de Dogville avec son père et son équipe de gangsters. Ils traversent les États-Unis mais sont arrêtés devant la plantation par une femme noire qui demande de l'aide car un de ses compagnons va recevoir des coups de fouets. Grace se rend compte que dans cette plantation, l'esclavage n'a pas été aboli. Révoltée, elle empêche les coups de fouet et annonce aux propriétaires qu'elle va libérer les esclaves. La vieille propriétaire Mam décède sous les yeux de Grace. Celle-ci réussit à convaincre son père de lui laisser quelques hommes. Pour faire comprendre à tous comment ils devraient vivre, elle décide de faire inverser les rôles. Les Noirs seront désormais les propriétaires et les Blancs les esclaves. Mais, les anciens esclaves gardent leurs nombreuses anciennes habitudes et se mettent au travail difficilement. Il s'en faut de peu pour que la plantation de coton ne se fasse pas à temps. Après avoir détruit les arbres du jardin de Mam pour pouvoir faire des réparations et de nouvelles constructions, la plantation est ravagée par une tempête de sable. Les futures récoltes sont en partie remises en cause et les deux tiers des réserves de nourriture sont dévastés. La famine fait alors rage. Grace, pendant ce temps, commence à développer des fantasmes sexuels envers les garçons noirs et vigoureux et, en particulier, Timothy considéré comme un Proud Niger, un Munsi. La récolte vient enfin, le coton est très blanc et très résistant. Ils en tirent un bon prix. L'argent est ramené à la plantation et Grace décide alors de laisser les gangsters partir. Elle estime que tout le monde a compris. Lors du dîner qui s'ensuit, elle cède aux charmes de Timothy. Mais, au matin, elle se rend compte qu'une bagarre a éclaté, un Noir a été tué, les Blancs se sont enfuis. Elle apprend que l'argent a été volé. Un escroc ramène 80 % de cet argent qu'il a gagné contre Timothy au poker. C'est donc lui le voleur. De plus, elle découvre qu'une grande partie des anciens esclaves savaient que l'abolition avait eu lieu, mais avait préféré rester dans leur ancien état de peur de n'être pas accepté par la société. Elle découvre même que c'est l'aïeul des esclaves qui a écrit les lois qui réglaient la plantation. Les Noirs décident alors de revenir à leur ancien état et imposent à Grace de remplacer Mam. Grace feint d'accepter pour essayer de s'enfuir, mais elle fouette tout de même Timothy pour son vol. Elle devient ainsi comme la vieille Mam qu'elle comprenait si peu. Elle manque de peu son père venu la chercher et s'enfuit de nouveau à travers les États-Unis.

Analyse du film[modifier | modifier le code]

Une critique de l'esclavage[modifier | modifier le code]

Le film Manderlay critique assez ouvertement l'esclavage aux États-Unis. Au-delà de cela, il dénonce le racisme et tout ce qui a suivi l'abolition de l'esclavage.

Grace arrive dans un village où l'esclavage n'est pas aboli, une famille blanche exploite des Noirs et leur fait subir des humiliations (Timothy va être battu). Tout l'effort de Grace au cours du film vise à rétablir l'égalité. Elle est outrée du mode de vie des Noirs et de la loi qu'elle trouve atroce écrite dans « The mam'law ». Cependant, c'est tout de même la fin du film et le générique qui expose le mieux le point du vue du réalisateur : des images d'exactions sur des Noirs américains datant du XXe siècle (donc postérieure à l'abolition de l'esclavage) sur fond d'une musique de David Bowie. Il commence par les images classiques des réunions du Ku Klux Klan ou des pendaisons des années 50 pour finir par un gros plan sur le World Trade Center encore debout suivi d'image de soldats noirs américains en Irak.

Le seul vrai personnage anti-esclavagiste du film est Grace. Elle prône d'un côté la non-violence et est choquée des coups que va recevoir Timoty ou encore des coups que donne une mère à ses enfants, mais d'un autre côté, elle est à la tête d'une troupe de gangsters. C'est par la force qu'elle impose les nouvelles lois de Manderlay non seulement aux Blancs mais aussi aux Noirs (c'est avec des armes qu'ils sont conduits aux premières réunions). Enfin, à la fin du film, même si elle fuit le rôle de Mam, elle le prend malgré elle en fouettant Timothy dans sa crise de colère. De plus, lorsque Grace s'enfuit, elle passe alors à côté du corps pendu du mari esclave qui a fui la violence de sa femme au début du film. Le narrateur avait alors expliqué que l'homme allait vers une « main généreuse » tendue par une femme blanche. Les points communs entre cette femme et Grace avaient été mis en relief par le narrateur : deux femmes blanches voulant « aider » les noirs, entourées de beaucoup d'hommes. Le parallélisme du début est renforcé à la fin lorsque le narrateur explique le point de vue de Grace. Cette dernière en veut aux noirs de vouloir rester esclaves et de ne pas voir la « main tendue » des blancs…

En outre, les esclaves ne sont pas anti-esclavagistes. On apprend en effet à la fin du film que c'est le vieil esclave lui-même qui a écrit « The Mam's Law ». Ce qui semble à Grace une loi humiliante et oppressante est pour lui la règle idéale pour Manderlay. Elle est faite pour eux, en fonction de leur caractère (ils sont classés par catégories), leur assure un toit et les protège de la misère et de la famine. Elle leur ôte un des plus gros poids de la vie, le choix. Ils ne sont pas responsables de leurs problèmes, tout leur malheur vient de la loi. Seul quelques-uns sont, en effet, au courant que c'est le vieil esclave qui a l'a écrite. Mais c'est en toute connaissance de cause que les esclaves votent, eux-mêmes, le retour à la « Mam's Law » à la fin du film. Leur explication : l'Amérique blanche n'est pas prête à accueillir les noirs affranchis ; la liberté qui les attend ne leur offre pas le même confort que leur esclavage.

Devant ses contradictions, la naïveté de Grace se transforme en hypocrisie. Elle ne veut pas voir que la « main tendue » n'existe pas. Elle dit vouloir rester modeste, ne pas diriger et travailler avec les autres mais elle est convaincue d'être la sauveuse de la classe noire. Elle se prend pour la bonté, refusant d'admettre ses pulsions masochistes. Celles-ci sont pourtant flagrantes. Elles se révèlent, par exemple, par sa fascination pour les Munsi, classe royale et fière, méprisant les femmes, dont Timothy est censé faire partie. De plus, dans le film Dogville, qui précède Manderlay, Grace restait dans un petit village malgré les sévices qu'elle subissait.

Manderlay n'est pas un film réaliste. Grace peut être considérée comme un personnage de conte. L'Amérique blanche d'avant et surtout d'après l'abolition de l'esclavage est fustigée à travers elle.La référence à la guerre en Irak est claire. Grace vient imposer par la violence la liberté en se posant en justicière. Peut-être même la critique vise-t-elle l'homme et son arrogance de façon générale.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Source et légende : Version française (V. F.) sur le site d’AlterEgo (la société de doublage[2])

Autour du film[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Anecdotes du film Manderlay », sur http://www.allocine.fr (consulté le 4 juin 2014)
  2. « Fiche de doublage V. F. du film » sur Alterego75.fr, consulté le 25 mai 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]