Valéry Giscard d'Estaing

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Valéry Giscard d'Estaing
Valéry Giscard d'Estaing, le 5 janvier 1978.
Valéry Giscard d'Estaing, le 5 janvier 1978.
Fonctions
Membre du Conseil constitutionnel français
En fonction depuis le 21 mai 1981
(siège depuis le 2 avril 2004)
Député à l'Assemblée nationale française
2 avril 199318 juin 2002
24 septembre 19844 novembre 1989
2 avril 19735 mai 1973
3 avril 196722 juillet 1969
6 décembre 19628 janvier 1963
9 décembre 19589 février 1959
19 janvier 19563 juin 1958
Député européen
25 juillet 19899 juin 1993
Président de l'Union pour la démocratie française
30 juin 198831 mars 1996
Prédécesseur Jean Lecanuet
Successeur François Léotard
Président du conseil régional d'Auvergne
21 mars 19862 avril 2004
Prédécesseur Maurice Pourchon
Successeur Pierre-Joël Bonté
20e président de la République française
27 mai 197421 mai 1981
Élection 19 mai 1974
Premier ministre Jacques Chirac
Raymond Barre
Prédécesseur Georges Pompidou
Alain Poher (par intérim)
Successeur François Mitterrand
Ministre de l'Économie et des Finances
(Ministre d’État à partir du 1er mars 1974)
7e ministre des Finances de la Ve République
20 juin 196927 mai 1974
Président Georges Pompidou
Alain Poher (par intérim)
Gouvernement Jacques Chaban-Delmas
Pierre Messmer I
Pierre Messmer II
Pierre Messmer III
Prédécesseur François-Xavier Ortoli
Successeur Jean-Pierre Fourcade
Ministre des Finances et des
Affaires économiques

3e ministre des Finances de la Ve République
18 janvier 19628 janvier 1966
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Michel Debré
Georges Pompidou I
Georges Pompidou II
Prédécesseur Wilfrid Baumgartner
Successeur Michel Debré
Secrétaire d'État aux Finances
8 janvier 195918 janvier 1962
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Michel Debré
Biographie
Nom de naissance Valéry René Marie Georges Giscard d'Estaing
Date de naissance 2 février 1926 (1926-02-02) (87 ans)
Lieu de naissance Flag of Germany (3-2 aspect ratio).svg Coblence, Rhénanie-Palatinat, Allemagne
Parti politique CNIP (1956-1962)
RI (1962-1966)
FNRI (1966-1977)
PR (1977-1978)
UDF-PR (1978-1995)
UDF (1995-2002)
Conjoint Anne-Aymone Sauvage de Brantes
Enfants Valérie-Anne Giscard d'Estaing (épouse Montassier, puis Fixot)
Henri Giscard d'Estaing
Louis Giscard d'Estaing
Jacinte Giscard d'Estaing
(épouse Guibout)
Diplômé de École polytechnique
ENA
Profession Haut fonctionnaire
Religion Catholicisme

Signature

Valéry Giscard d’Estaing, surnommé « VGE », né le 2 février 1926 à Coblence en Allemagne, est un homme d'État français.

Inspecteur des finances de profession, il est secrétaire d'État aux Finances de 1959 à 1962, puis ministre des Finances et des Affaires économiques de 1962 à 1966, sous la présidence du général de Gaulle, envers qui il prend par la suite ses distances. Il exerce à nouveau les fonctions de ministre de l'Économie et des Finances après l'élection à la présidence de la République de Georges Pompidou, de 1969 à 1974.

Candidat des Républicains indépendants à l'élection présidentielle de 1974, il se présente contre le gaulliste Jacques Chaban-Delmas, et est élu 20e président de la République française face au candidat de l'Union de la gauche, François Mitterrand, avec 50,81 % des suffrages exprimés au second tour de scrutin. Durant son septennat, du 27 mai 1974 au 21 mai 1981, Valéry Giscard d'Estaing, qui propose une « société libérale avancée », fait voter l'abaissement de la majorité civile à 18 ans, l'interruption volontaire de grossesse (IVG) ou encore l'autorisation du divorce par consentement mutuel. Il élargit aussi le droit de saisine du Conseil constitutionnel, crée un secrétariat d'État à la condition féminine, supprime l'ORTF. Mais il est vite confronté aux difficultés économiques, les Trente Glorieuses touchant à leur fin, et aux divisions de sa majorité. Le Premier ministre Jacques Chirac démissionne en 1976 et est remplacé par Raymond Barre, qui conservera ses fonctions jusqu'à la fin du mandat présidentiel. Les divergences entre le RPR gaulliste, présidé par Jacques Chirac, et l'UDF centriste, dont Valéry Giscard d'Estaing est le fondateur, vont en s'aggravant au fil du temps. Sa politique internationale est particulièrement marquée par sa volonté de renforcer la construction européenne, notamment aux côtés du chancelier allemand Helmut Schmidt.

Alors que les sondages le placent longtemps en situation de favori à l'élection présidentielle de 1981, il est battu par François Mitterrand, candidat du Parti socialiste. Il est par la suite notamment président du conseil régional d'Auvergne (1986-2004) et président de l'UDF (1988-1996). Européen convaincu et en faveur d'une Europe fédérale, Valéry Giscard d'Estaing préside la Convention sur l'avenir de l'Europe qui aboutit au traité de Rome II. Après les élections régionales de 2004, il décide de siéger au Conseil constitutionnel, dont il est membre de droit en tant qu'ancien président de la République.

Auteur de plusieurs essais et romans, Valéry Giscard d'Estaing est membre de l'Académie française depuis 2003.

Sommaire

Famille[modifier]

Article détaillé : Famille Giscard d'Estaing.

Valéry René Marie Georges Giscard d’Estaing naît le 2 février 1926 à Coblence, en Allemagne, où son père est en poste en Rhénanie, occupée par les forces françaises.

Il est le fils d'Edmond Giscard (1894-1982), devenu Giscard d'Estaing en juin 1922[1],[2], inspecteur des Finances et économiste, membre de l'Institut de France, grand officier de la Légion d'honneur, et de May Bardoux (1901-2003). Celle-ci est la fille du député Jacques Bardoux et la petite-fille d'Agénor Bardoux, entre autres ministre de l'Instruction publique lors des débuts de la IIIe République. Valéry Giscard d'Estaing passe pour descendre, du côté maternel, du roi Louis XV et de Catherine Éléonore Bénard, l'une des maîtresses royales, par leur fille adultérine Adélaïde Starot de Saint-Germain[3].

Il a trois sœurs et un frère : Sylvie (1924-2008), Olivier (né en 1927), Isabelle (née en 1935) et Marie-Laure (née en 1939).

Il épouse Anne-Aymone Sauvage de Brantes civilement le 17 décembre 1952, à la mairie du VIIIe arrondissement de Paris, puis religieusement le 23, dans la chapelle privée de la famille de Brantes. Ils ont quatre enfants : Valérie-Anne (née en 1953), éditrice, Henri (né en 1956), homme d'affaire, Louis (né en 1958), homme politique, et Jacinte (née en 1960), vétérinaire.

Généalogie[modifier]

Jeunesse, études et Résistance[modifier]

Quelques mois après sa naissance, en juillet 1926, son père est rappelé à Paris par l'Inspection des finances. La famille s'installe alors rue du Faubourg-Saint-Honoré, dans le VIIIe arrondissement de Paris.

Valéry Giscard d’Estaing fait ses études à l'école Gerson, au lycée Blaise-Pascal à Clermont-Ferrand, puis au lycée Janson-de-Sailly et au lycée Louis-le-Grand à Paris pendant l'Occupation. Il obtient son double baccalauréat en philosophie et mathématiques élémentaires en 1942, à 16 ans[5].

Après une classe préparatoire au lycée Louis-le-Grand, il participe, en août 1944, à l'âge de 18 ans, à la libération de Paris et fait partie du groupe chargé de la protection d'Alexandre Parodi. Il refuse de retourner au lycée Louis-le-Grand pour y préparer l'École polytechnique et s'engage dans la 1re armée française, sous les ordres du général de Lattre de Tassigny[6]. Le 13 avril 1945, il est élevé au grade de brigadier et obtient cette citation à l'ordre de l'Armée quelques jours plus tard :

« Brigadier Giscard d'Estaing du 2e escadron. Engagé volontaire à dix-neuf ans. Devenu rapidement un pointeur de grande classe, a fait preuve de calme et de sang-froid le 21 avril à Behla, en dirigeant à pied le conducteur d'un char remorqué sous le feu, montrant un complet mépris des armes automatiques et des mortiers qui l'environnaient. Le 25 avril à Zollhaus, son char ayant reçu un Panzerfaust, a continué à tirer un canon malgré la violence de l'explosion […]. Grâce à cette action immédiate, l'ennemi a cessé son feu de Panzerfaust et le char a pu reprendre sa mission[7]. »

Il est par ailleurs dans le premier char qui rentre dans Constance, le 26 avril 1945[7]. Après huit mois de campagne et 28 jours au combat, il est décoré de la Croix de guerre 1939-1945.

À la rentrée 1945, il réintègre le lycée Louis-le-Grand et est reçu au concours de l'École polytechnique en juillet 1946. Il en sort en juin 1948 et choisit d'intégrer la toute nouvelle École nationale d'administration (ENA) ; son entrée est facilitée par le décret du 19 juillet 1948[8], qui permet à un polytechnicien par promotion d'y entrer sans passer de concours. Avant la rentrée, il voyage aux États-Unis et au Canada. Il trouve à Montréal un emploi temporaire de professeur au Collège Stanislas. Il intègre l’ENA le 3 janvier 1949. Il effectue notamment un stage de huit mois en Sarre et obtient la note de 19 sur 20, alors que les meilleures notes habituelles tournent autour de 16[9]. Sorti sixième de l'ENA (promotion Europe), il peut ainsi atteindre son objectif en 1952 : l'entrée à l'Inspection générale des finances.

Carrière politique[modifier]

Les débuts (1954-1959)[modifier]

De juin à décembre 1954, Valéry Giscard d'Estaing, alors âgé de 28 ans, est directeur adjoint au cabinet du président du conseil Edgar Faure. En 1956, il se met en disponibilité de son administration après son accès à la députation du Puy-de-Dôme, département dont son arrière-grand-père, Agénor Bardoux, au XIXe siècle et son grand-père, Jacques Bardoux, au XXe siècle, furent longtemps les députés. Il est nommé, la même année, membre de la délégation française à la XIe session de l'Assemblée générale des Nations unies. Il accède en 1958 au mandat de conseiller général du Puy-de-Dôme, élu dans le canton de Rochefort-Montagne, mandat qu'il exerce jusqu'en 1974.

Sous la présidence du général de Gaulle (1959-1969)[modifier]

L'accès aux portefeuilles ministériels[modifier]

Valéry Giscard d'Estaing avec John Fitzgerald Kennedy, à la Maison-Blanche. Il rembourse à ce dernier le reliquat de la dette de guerre française, à savoir 293 millions de dollars.

Le 8 janvier 1959, six mois après son vote en faveur de l'investiture au gouvernement de Gaulle et quelques jours après l'élection à la présidence de la République de celui-ci, Valéry Giscard d'Estaing, âgé de 32 ans, est nommé secrétaire d'État aux Finances aux côtés du ministre des Finances et des Affaires économiques, Antoine Pinay. Il est principalement chargé d'assister et de représenter le ministre des Finances et, pendant trois ans, travaille en étroite collaboration avec le Premier ministre, Michel Debré, avec qui il est lié depuis plusieurs années et qui est comme lui partisan de l'Algérie française. Contrairement aux autres secrétaires d'État, il intervient régulièrement en Conseil des ministres, ses fonctions gouvernementales touchant de nombreux domaines[10]. Le président de Gaulle confie à son fils, Philippe, qu'« en réalité ce n'était pas le bon M. Pinay qui travaillait le plus, mais son secrétaire d'État, Valéry Giscard d'Estaing », qu'il estime avoir été son « meilleur argentier »[11].

Michel Debré propose son nom pour remplacer Wilfrid Baumgartner, qui a succédé à Antoine Pinay en 1960. Le 18 janvier 1962, Valéry Giscard d'Estaing est ainsi nommé ministre des Finances et des Affaires économiques dans le gouvernement Debré. Il conserve ses fonctions sous le gouvernement Pompidou, formé trois mois plus tard.

Peu après sa nomination, il refuse de faire partie de la délégation pour les affaires économiques dans le cadre des négociations avec le Front de libération nationale (FLN) en vue de l'indépendance de l'Algérie[12]. Il est en effet longtemps partisan de l'Algérie française, même s'il reste relativement modéré dans ses positions, étant favorable à une autre forme d'association que l'intégration, à l'instar d'« un cadre fédéral assez souple » ou d'une partition de l'Algérie[13]. Après une visite dans le département d'Oran en mars 1959, il se dit convaincu que « tout cela peut se terminer favorablement », et ses diverses correspondances de l'époque montrent qu'il est troublé par l'idée de l'indépendance, à laquelle le général de Gaulle ne semble plus s'opposer, ainsi que par la pratique du pouvoir de celui-ci, qui ne consulte pas le Conseil des ministres sur la question algérienne. Malgré ses réserves, il n'émet pas de critique publique et dira plus tard avoir été convaincu par le Général, notamment après un entretien avec lui[14]. Après l'indépendance de l'Algérie, il est chargé de concevoir les procédures financières et d'instaurer des structures administratives permettant d'indemniser les rapatriés.

Pour restaurer l'équilibre du budget de l'État français et freiner la croissance de la consommation au profit de l'investissement, Valéry Giscard d'Estaing poursuit la politique définie par le plan « Pinay-Rueff », qui a notamment conduit à une dévaluation massive, avant la mise en circulation d'un nouveau franc en 1960, au retour à la convertibilité extérieure du franc, à la libération des échanges. Lancé au début de la présidence du général de Gaulle, ce plan résorbe les principaux déséquilibres macroéconomiques dans une période de forte croissance. Valéry Giscard d'Estaing s'attache à continuer l'œuvre de réorganisation administrative entamée par ses prédécesseurs : dès 1962, il fait intégrer administrativement au sein du ministère les services des affaires économiques, puis, en 1965, la direction du Trésor absorbe celle des finances extérieures et reconstitue la direction du mouvement général des fonds d'avant guerre, tandis que le Service des études économiques et financières devient la Direction de la prévision.

En 1965, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, le budget de l'État présente un excédent, de 120 millions de francs, en partie néanmoins grâce au transfert de dépenses de l'État vers la Caisse des dépôts et consignations[15]. Valéry Giscard d'Estaing souhaite alors l'élaboration d'une loi organique instaurant l'obligation d'équilibre budgétaire. Cette proposition suscite un certain scepticisme à l'époque, mais réapparaît dans le débat en France en 2011, avec la question de l'inscription de la règle d'or budgétaire dans la Constitution. Sur le plan fiscal, Valéry Giscard d'Estaing veille à ne pas augmenter de façon trop importante la fiscalité des ménages, tout en réduisant celle des entreprises. Il étend la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), instaurée en 1954 et qui concernait jusqu'alors uniquement les grandes entreprises, au commerce de détail ; cette mesure sera d'ailleurs reprise par une directive européenne en 1967[16]. En 1964, il institue également les sociétés d'investissement à capital variable (SICAV) afin de faciliter l'accès des particuliers aux marchés boursiers, et organise l'épargne-logement par la loi du 17 juillet 1965.

Lors de son premier passage au ministère des Finances, il a de nombreux entretiens privés avec le général de Gaulle, dont il approuve le référendum sur l'élection au suffrage universel du président de la République, contrairement à beaucoup d'indépendants. Concernant ses relations avec le chef de l'État, son collaborateur Jacques Calvet raconte : « Pour plaire à de Gaulle, pour l'intéresser à l'économie, il fallait lui expliquer pourquoi les finances étaient aussi importantes pour la défense nationale que les armées. Giscard savait le faire »[17]. Il parvient à dissuader le président de rapatrier le stock d'or appartenant à la France des États-Unis par le navire de guerre le Colbert[18] et cherche à le faire renoncer à l'étalon-or. Il souhaite en effet que le Système monétaire international repose sur un ensemble de monnaies et non plus uniquement sur le dollar, et qu'une monnaie internationale soit émise sur la base des avoirs en or.

Les relations entre Valéry Giscard d'Estaing et le syndicat du patronat, le CNPF, sont assez tendues : alors que ce dernier lui reproche un style autoritaire, le ministre des Finances s'oppose à ses positions protectionnistes et à ses demandes d'aides massives de l'État. Pour lutter contre l'inflation menaçante, il lance, en septembre 1963, un « plan de stabilisation », comprenant, outre des dispositions budgétaires, des mesures d'encadrement des prix. Ce plan amoindrit sa popularité, notamment auprès des commerçants et industriels, affectés par le blocage des prix. Sous le feu des critiques pour avoir maintenu sa politique de rigueur, qui commence néanmoins à produire ses effets, il est remplacé, le 8 janvier 1966, peu après la réélection du général de Gaulle, par Michel Debré.

La prise de distance avec le pouvoir gaulliste[modifier]

Valéry Giscard d'Estaing exerce de nouveau à l'Inspection générale des Finances de 1966 à 1967.

Il ne quitte pas pour autant la vie politique. Le 1er juin 1966, il fonde la Fédération nationale des républicains indépendants (FNRI), qui succède aux RI, en proclamant : « Nous sommes l'élément centriste et européen de la majorité ». Il prône ainsi la création d'un « Sénat européen », élu au suffrage universel et se prononçant sur les textes législatifs ayant une portée communautaire, et d'une « Banque d'Europe », recevant des dépôts des banques centrales nationales et préparant la mise en place d'une monnaie commune. Sont également créés à cette époque les Jeunes républicains indépendants (JRI), futurs jeunes giscardiens. Valéry Giscard d'Estaing cherche alors à acquérir une image de présidentiable et affirme sa ligne politique au sein de la majorité. Il déclare ainsi : « Notre premier objectif est de retrouver l'électorat modéré traditionnel, libéré de ses attaches avec l'extrême droite et qui, pour diverses raisons, s'est dispersé. Notre seconde ambition est d'attirer tous ceux qui, au centre, estiment que pour avoir un régime de stabilité et d'efficacité, il convient d'apporter son concours à la majorité »[19].

Le 10 janvier 1967, il lance la campagne de la FNRI en vue des élections législatives de mars. À cette occasion, il émet des réserves quant à la politique économique, sociale et européenne menée par le pouvoir gaulliste, et expose une vision plus libérale des institutions. Cette prise de distance est symbolisée par l'emploi de la formule du « oui, mais ». Cette position irrite le président de Gaulle, qui déclare en Conseil des ministres qu'« on ne gouverne pas avec des “mais” », ce à quoi Valéry Giscard d'Estaing réplique que « s'il est exact qu'on ne peut gouverner avec des “mais”, il est également vrai que l'on ne peut ni dialoguer ni contrôler avec des “oui”[20] ». Pour les élections législatives, que l'opposition aborde en situation de force après la mise en ballottage du général de Gaulle à la présidentielle de 1965, la majorité présente des candidatures uniques dans chaque circonscription, sous le label « Ve République ». Valéry Giscard d'Estaing parvient à obtenir l'investiture de candidats FNRI dans 83 circonscriptions. À l'issue du second tour, le 12 mars 1967, le nombre de députés FNRI passent de 35 dans l'Assemblée nationale sortante à 42, tandis que le parti gaulliste perd plusieurs sièges, si bien que la majorité ne tient plus qu'à un siège, le soutien des députés proches de Giscard, qui forment un groupe autonome, devenant indispensable.

Après les élections législatives, le 6 avril 1967, Valéry Giscard d'Estaing devient président de la commission des finances, de l'économie générale et du plan de l'Assemblée nationale[21]. Dès le mois suivant, il manifeste sa réprobation à l'égard de la procédure des ordonnances adoptée par le gouvernement, mais refuse de voter les motions de censure. Il demeure néanmoins critique envers la politique économique menée (il s'abstient lors du vote du collectif budgétaire, en novembre) et en particulier envers son successeur au ministère des Finances, Michel Debré. Le 17 août 1967, il publie un communiqué dans lequel il critique le recours aux ordonnances, l'attitude de la France à l'égard d'Israël dans la guerre des Six Jours et les propos tenus par le général de Gaulle à Montréal le mois précédent. Il se demande si « la manière dont sont élaborées et prises actuellement les décisions essentielles de notre vie publique prépare dans les meilleures conditions l'avenir politique de la France » et fait part de son « angoisse » quant à l'« exercice solitaire du pouvoir », formule perçue comme visant directement le général de Gaulle[22].

Sur le plan local, Valéry Giscard d'Estaing, déjà conseiller général du Puy-de-Dôme et conseiller municipal de Chamalières, confirme son ancrage en devenant maire de cette ville le 15 septembre 1967, après la démission de Pierre Chatrousse[23].

Lors des événements de Mai 68, il reste relativement silencieux[24]. Le 30 mai, après avoir refusé de voter la motion de censure présentée par l'opposition, il affirme son soutien au général de Gaulle, parti la veille pour Baden-Baden, tout en appelant à la tenue d'élections législatives anticipées et à la formation d'un gouvernement plus représentatif. Contrairement à quelques élus de la majorité, il ne considère pas Georges Pompidou ou Pierre Mendès France comme des recours crédibles[25]. De Gaulle dissout l'Assemblée nationale et les élections législatives des 23 et 30 juin voient l'élection de 64 députés « Républicains indépendants-Ve République », parmi lesquels Michel Poniatowski, contre lequel se présentait un candidat gaulliste, et Olivier Giscard d'Estaing, frère de Valéry. L'UDR détenant la majorité absolue à elle seule, l'appui des Républicains indépendants n'est plus nécessaire et Valéry Giscard d'Estaing ne parvient pas à retrouver la présidence de la commission des Finances, face à Jean Taittinger. L'écrivain François Mauriac écrit alors à son propos : « Nous le voyons avec plaisir sous notre nez, retoucher, jour après jour, le personnage du plus jeune ministre des Finances qu'il a été et du plus jeune président de la République qu'il sera, s'il plaît à Dieu et s'il n'y a pas d'accident de parcours. Ce n'est qu'un barreau de son échelle que l'UDR vient de scier sous son pied »[26]. Le député du Puy-de-Dôme se fait moins présent dans le débat économique, même s'il dénonce « l'abandon de l'équilibre du budget et de la balance des comptes qui avaient été rétablis et organisés de 1963 à 1965 sous l'autorité du chef de l'État ».

Pour retrouver sa légitimité, Charles de Gaulle annonce la tenue d'un référendum sur la réforme du Sénat et la régionalisation. Alors que la FNRI se prononce pour la liberté de vote, Valéry Giscard d'Estaing annonce, le 14 avril 1969, qu'il « n'approuvera pas » le référendum. Partisan du bicamérisme, il est en particulier opposé à la perte du pouvoir législatif du Sénat. Cette position lui attire des critiques au sein même de son parti politique. Même s'il affirme plus tard ne s'être jamais prononcé pour le « non » et avoir voté blanc à titre personnel, sa déclaration contribue à l'échec du référendum, le « non » obtenant 52,41 % des suffrages exprimés le 27 avril 1969, ce qui entraîne, comme annoncé, la démission du général de Gaulle de la présidence de la République. Lors de l'élection présidentielle qui suit, il semble d'abord pencher pour la candidature du modéré Antoine Pinay. Alors que sa candidature est ensuite évoquée et souhaitée par des centristes comme le président par intérim, Alain Poher, Valéry Giscard d'Estaing apporte son soutien à Georges Pompidou le 30 avril 1969 : « J'ai décidé de soutenir la candidature de M. Pompidou […] Dans des circonstances normales, c'est-à-dire en 1972, j'aurais posé ma candidature à la présidence de la République. Dans la situation présente, nous avons cherché la personne qui pouvait le mieux assurer la continuité de la nation[27]. »

Ministre sous la présidence de Georges Pompidou (1969-1974)[modifier]

Valéry Giscard d'Estaing au ministère des Finances, le 13 août 1969.

Georges Pompidou, élu au second tour face à Alain Poher, prend ses fonctions de chef de l'État le 20 juin 1969 et nomme Jacques Chaban-Delmas au poste de Premier ministre. Deux jours plus tard, Valéry Giscard d'Estaing se voit confier le portefeuille de ministre de l'Économie et des Finances.

L'un de ses premiers actes est, dans le plus grand secret, de contribuer au succès de la première dévaluation du franc depuis 1958, nécessaire au rétablissement de la compétitivité des produits français, notamment après les accords de Grenelle. Le 9 août 1969, le franc est dévalué de 11,1 %. Valéry Giscard d'Estaing parle alors de « franc amaigri mais guéri »[28]. Cette dévaluation est la dernière se mesurant à partir du poids en or de l'unité monétaire, puisqu'en août 1971, le président américain, Richard Nixon, met à la fin de la convertibilité du dollar en or, ce qui ouvre la voie à la mise en place d'un système de changes flottants, auquel sont opposés le président Pompidou et le ministre Giscard d'Estaing ; en décembre 1971, un accord est conclu avec Nixon sur de nouvelles parités entre les principales monnaies.

Au niveau économique, la priorité est donnée à la production industrielle, qui augmente de près de 40 % pendant le mandat de Georges Pompidou, tandis que la croissance dépasse les 5,5 %[29]. Concernant les finances publiques, Valéry Giscard d'Estaing cherche à renouer avec l'équilibre budgétaire, ce qu'il fait avec le budget de 1969, celui de 1970 étant même excédentaire[30]. En revanche, il ne parvient pas à lutter efficacement contre la hausse des prix, renforcée par le premier choc pétrolier[30]. Les plans anti-inflation successifs, qui comprennent essentiellement des mesures de contrôle des prix, se révèlent inefficaces. Les effets de la dévaluation de 1969, renforcés par la réévaluation du mark allemand quelques mois plus tard, conduisent à la perte de la valeur du franc face au mark. Le 19 janvier 1974, Valéry Giscard d'Estaing annonce la sortie de la France du Serpent monétaire européen, laissant ainsi le franc fluctuer en fonction de l'offre et de la demande, ce qui va renforcer l'inflation. Pour financer les quelques mesures de relance, parmi lesquelles la baisse de la TVA, il lance un emprunt, qui sera particulièrement coûteux car indexé indirectement sur l'or[31].

Louant le « réformisme » du ministre d'État suédois social-démocrate Olof Palme, Valéry Giscard d'Estaing peut, dans un premier temps, paraître proche de la ligne politique défendue par le Premier ministre, Jacques Chaban-Delmas, promoteur de la « Nouvelle société ». Mais ses relations avec le chef du gouvernement vont se dégrader au fil du temps. Le ministre de l'Économie et des Finances s'inquiète notamment d'une certaine forme de dirigisme dans la politique économique, du risque d'accroissement de l'inflation que font courir les mesures préconisées par Jacques Delors ou encore de la conception du dialogue social du Premier ministre. Des tensions apparaissent entre des proches de Valéry Giscard d'Estaing et des partisans de Jacques Chaban-Delmas, perçu comme un successeur possible de Georges Pompidou, ceux-ci accusant le ministre de l'Économie et des Finances d'être à l'origine de révélations embarrassantes pour les gaullistes, en particulier sur la situation fiscale du Premier ministre.

En froid avec l'Élysée, Jacques Chaban-Delmas démissionne le 5 juillet 1972, et Pierre Messmer lui succède. Valéry Giscard d'Estaing conserve ses fonctions de ministre de l'Économie et des Finances dans les trois gouvernements Messmer, gagnant même le titre de ministre d'État le 1er mars 1974. Pendant cette période, il fait voter la loi du 3 janvier 1973 sur la Banque de France[32]. Il s'oppose au projet de train à grande vitesse (TGV) de la SNCF, lui préférant le projet d'aérotrain ; en mars 1974, lors d'un conseil interministériel restreint sur les économies d'énergie, après trois heures de discussions, le président Pompidou coupe court au débat en avalisant le projet[33]. Est également décidé le lancement d'un important parc de centrales nucléaires, ce qui conduit le ministre Giscard d'Estaing à lancer un emprunt international de 1,5 milliard de dollars.

Les élections législatives de 1973 sont marquées par une progression de la gauche et permettent aux Républicains indépendants, qui comptent 54 députés, de retrouver, comme en 1967-1968, un rôle d'arbitre au sein de la majorité, l'UDR disposant de 184 sièges, soit moins que la majorité absolue. Peu avant la mort du président Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing est pressenti pour devenir Premier ministre[34].

Élection présidentielle de 1974[modifier]

Résultats électoraux du second tour de la présidentielle de 1974 par départements :
bleu : majorité pour VGE
rose : majorité pour François Mitterrand

Une majorité divisée[modifier]

Georges Pompidou, très malade, meurt le 2 avril 1974, deux ans avant la fin de son mandat. Le président défunt n'avait pas exprimé de préférence sur un éventuel successeur. Il n'avait en tout cas pas dissuadé les ambitions de Valéry Giscard d'Estaing, qui n'était pas issu du même parti politique que lui, mais à qui il voyait une « vocation nationale »[35].

Quatre candidats issus de la majorité sont alors pressentis pour concourir à l'élection présidentielle anticipée : du côté de l'UDR, le Premier ministre Pierre Messmer, le maire de Bordeaux Jacques Chaban-Delmas et le président de l'Assemblée nationale Edgar Faure, du côté de la FNRI, le ministre des Finances Valéry Giscard d'Estaing. Jacques Chaban-Delmas est le premier à se déclarer, le 4 avril, alors que l'hommage de l'Assemblée nationale au président défunt n'est pas terminé, ce qui lui vaut des critiques. Valéry Giscard d'Estaing attend le 8 avril pour annoncer sa candidature : depuis la mairie de Chamalières, il explique vouloir « regarder la France au fond des yeux ». Il promet aux gaullistes de ne pas se présenter si Pierre Messmer se porte lui aussi candidat[36]. Peu après, le Premier ministre s'inquiète de la division de la majorité et manifeste sa volonté de se présenter. Mais il renonce finalement face au refus de Jacques Chaban-Delmas de se désister en sa faveur, ce qui ouvre la voie à un affrontement entre ce dernier et Valéry Giscard d'Estaing. À la suite de cet épisode, l'image du maire de Bordeaux, vu comme un diviseur, continue de se dégrader, tandis que le ministre des Finances peut pleinement compter, avec le retrait d'Edgar Faure, sur le soutien des centristes, ainsi que de plusieurs personnalités de l'UDR, puisque le 13 avril, 39 parlementaires et quatre ministres (Jacques Chirac, Jean-Philippe Lecat, Olivier Stirn et Jean Taittinger) font publier un texte, dit « appel des 43 », qui est vu comme un soutien implicite à sa candidature.

Une campagne réussie[modifier]

Au départ, Valéry Giscard d'Estaing, qui n'est pas soutenu par un grand courant de la vie politique française, semble pourtant avoir peu de chances d'être élu à la présidence de la République. Sa campagne est beaucoup moins organisée que celle de Jacques Chaban-Delmas, qui se prépare depuis des années et bénéficie de l'appui du puissant parti gaulliste[37]. Il manque également de moyens financiers et de militants, ce qui contraint son équipe à recruter des proches de l'extrême droite pour former son service d'ordre[38]. D'abord donné en troisième position dans les sondages, il parvient à prendre l'ascendant sur son rival gaulliste, qui multiplie les maladresses et passe de 29 à 18 % d'intentions de vote entre le 9 et le 24 avril, selon l'Ifop. Le candidat des Républicains indépendants, de son côté, excelle en matière de communication audiovisuelle. Pendant ses fonctions ministérielles, il avait gagné en popularité et innové en matière de communication politique, présentant l'image d'un homme politique jeune et dynamique, jouant au football ou pratiquant le ski[39]. Fait inédit, il pose également aux côtés de sa fille Jacinte sur une affiche électorale. Cette campagne d'un type nouveau, proche de celles qui ont lieu aux États-Unis, lui permet de dégager une image de renouveau et de se démarquer de ses adversaires.

Le 5 mai 1974, après moins d'un mois de campagne, il arrive en deuxième position avec 32,60 % des voix, derrière François Mitterrand (43,25 %), candidat de l'Union de la gauche, mais largement devant Jacques Chaban-Delmas (15,11 %). Entre les deux tours, le débat qui l'oppose au candidat de la gauche lui donne un avantage décisif, la phrase « Vous n'avez pas le monopole du cœur » ayant marqué tous les esprits[40]. Il reçoit également l'appui, décisif pour certains, du directeur de L'Express et président du Parti radical, Jean-Jacques Servan-Schreiber. Le 19 mai 1974, Valéry Giscard d'Estaing emporte le second tour avec 50,81 % des suffrages et 424 599 voix d'avance. Cette élection reste à ce jour la plus serrée de l'histoire de la Ve République.

La présidence de la République (1974-1981)[modifier]

Valéry Giscard d'Estaing avec à sa gauche Walter Scheel, le 24 avril 1975.

Le 27 mai 1974, Valéry Giscard d'Estaing devient le troisième président de la Ve République et le plus jeune, à l'âge de 48 ans. Dans son discours d'investiture, il déclare : « J'entends encore l'immense rumeur du peuple français qui nous a demandé le changement. Nous ferons ce changement avec lui, pour lui, tel qu'il est dans son nombre et sa diversité. »

Valéry Giscard d'Estaing nomme Jacques Chirac au poste de Premier ministre. Le gouvernement Chirac est remanié dès le 9 juin, avec la démission du ministre des Réformes, Jean-Jacques Servan-Schreiber, qui proteste contre le début de la 8e campagne française d'essais nucléaires, et la nomination des secrétaires d'État. Le 16 juillet, la journaliste Françoise Giroud devient la première secrétaire d'État à la condition féminine.

Le début de sa présidence est marqué par une grande volonté de jeunesse et de modernisation. Il rajeunit ainsi quelques symboles nationaux - le bleu drapeau de l'étendard français est remplacé par un bleu cobalt plus clair, jugé moins agressif, La Marseillaise est jouée sur un ton moins fort et un rythme plus lent -, il donne des interviews en anglais, pose en complet veston pour la photo officielle, simplifie le protocole de l'Élysée et, cherchant à se rapprocher des Français, multiplie les occasions de se montrer à leurs côtés, notamment dans des dîners dans des familles. Il met en œuvre d'importantes réformes législatives qui modifient la société en profondeur : par exemple le divorce par consentement mutuel, l'abaissement de l'âge légal de majorité de 21 à 18 ans et la loi de dépénalisation de l'avortement du 17 janvier 1975, adoptée grâce au vote des députés de gauche et du centre alors qu'une grande partie de la droite s'y opposait.

Les relations entre le président et Jacques Chirac se tendent au fil des mois et ce dernier finit par quitter ses fonctions de Premier ministre, le 25 août 1976. Il est remplacé par Raymond Barre, l'« un des meilleurs économistes de France », selon les termes de Valéry Giscard d'Estaing.

Le septennat de Valéry Giscard d'Estaing est marqué par les conséquences des deux chocs pétroliers qui brisent la dynamique des Trente Glorieuses. Devant la nécessité d'économiser l'énergie, le gouvernement restaure en 1976 l'ancien changement d'heure pendant les mois d'été, mesure permettant une économie d'électricité pour l'éclairage du soir. Peu après son arrivée au pouvoir, sont mis en place un plan de lutte contre l'inflation, une majoration de l'impôt sur les sociétés et les gros contribuables, un relèvement du taux d'intérêt de l'épargne, des économies budgétaires, des économies d'énergie. Fin 1975, le cap du million de chômeurs est franchi et fin 1980, le pays compte plus de 1,5 million de chômeurs. La dette publique de la France représente 20,8 % du PIB. Cette période est aussi marquée par l'apparition du chômage de masse et l'inflation élevée. L'historien Jean-Charles Asselain souligne que, sous le septennat de Valéry Giscard d'Estaing, la croissance économique reste à un niveau relativement élevé, aux alentours de 3 % par an. De plus, en 1980, la dette publique de la France, en pourcentage du PIB, est sensiblement la même qu'au moment de son accession à la présidence de la République. Il précise également que « l'ensemble des indicateurs témoigne d’une diminution effective de l’inégalité », le rapport entre le salaire net moyen des cadres supérieurs et celui des ouvriers s'étant resserré, du fait notamment de l'« alourdissement de la fiscalité sur les tranches supérieures de revenu et sur les successions importantes »[41]. Valéry Giscard d'Estaing est toujours, en 2013, le dernier président à avoir rendu, en fin de mandat, un trésor public excédentaire[42]. La politique du « franc fort » et la libération des prix, qui visent selon VGE à « affronter la concurrence extérieure », ne permettent plus au gouvernement d'exercer un contrôle accru sur les prix. Il s'ensuit une augmentation du prix des matières premières.

Il décide aussi de poursuivre et d'intensifier le programme de développement de l'énergie nucléaire civile engagé par son prédécesseur. En 1976, la construction du supergénérateur nucléaire nommé Superphénix est décidée, et la Compagnie générale des matières nucléaires (COGEMA) et l'Institut de protection et de sûreté nucléaire (IPSN) sont créés. En matière industrielle, il engage la modernisation du transport ferroviaire en lançant l'étude sur le TGV. En 1974, débute la modernisation du réseau téléphonique avec le triplement des lignes sur sept ans.

Concernant la politique d'immigration, après la fin de la politique d'incitation à l'immigration en juillet 1974, un décret en date du 29 avril 1976 donne droit au regroupement familial des immigrés. Le 27 juin 1975, le territoire français des Afars et des Issas accède à l'indépendance.

D'autres lois sont adoptées : la loi informatique et libertés contre l'utilisation abusive des fichiers nominatifs informatiques en 1978, la loi no 79-587 relative à la motivation des actes administratifs et à l'amélioration des relations entre l'administration et le public en 1979.

De gauche à droite : Giulio Andreotti, Takeo Fukuda, Jimmy Carter, Helmut Schmidt et Valéry Giscard d'Estaing, lors du sommet économique du G7, le 16 juin 1978 à Bonn.

Sur le plan international, la première réunion des 6 pays les plus industrialisés de la planète à Rambouillet se tient le 15 novembre 1975. Dans le but notamment d'assurer les approvisionnements de la France en pétrole, il mène une politique jugée proarabe. Le président envoie, en mai 1978, des troupes parachutistes à Kolwezi au Zaïre, afin de libérer les occidentaux pris en otage par des rebelles au gouvernement zaïrois.

Valéry Giscard d'Estaing se consacre essentiellement à la construction européenne. Il défend l'idée des États-Unis d'Europe dès ses débuts en politique. Partisan d'une « troisième voie » entre une Europe supranationale et une Europe des États, il contribue à la création du Conseil européen et à l'augmentation des pouvoirs du Parlement européen, en particulier en matière budgétaire. Les élections européennes de 1979 sont les premières élections au suffrage universel au Parlement européen. La liste UDF, conduite par Simone Veil, arrive en tête du scrutin. Celle-ci devient ensuite la première présidente du Parlement européen. Avec le chancelier Helmut Schmidt, Giscard resserre les liens entre la France et l'Allemagne. Il s'investit personnellement dans la création, par les États-membres de la CEE et du Conseil européen. Deux ans après la sortie du Franc du serpent monétaire européen, est lancé, sous l'impulsion de Giscard, le Système monétaire européen (SME), qui établit un système de taux de change stable et ajustable entre les pays membres de la Communauté économique européenne ; l'ECU, unité de compte européenne, est créé l'année suivante, en 1979.

Personnellement favorable au remplacement de la peine de mort par la prison à vie « sans possibilité de remise de peine »[43], Valéry Giscard d'Estaing accorde sa grâce à quatre condamnés à mort et la refuse à trois reprises (Christian Ranucci en 1976, puis Jérôme Carrein et Hamida Djandoubi en 1977), estimant que la peine de mort a un « effet dissuasif » lorsque « les victimes sont des enfants ou des femmes faibles, maltraitées, torturées »[44]. Ce seront les dernières exécutions en France.

Les élections municipales de mars 1977 sont remportées par la gauche, qui prend le contrôle de 156 villes de plus de 30 000 habitants. À la suite de ce scrutin, Jacques Chirac est élu maire de Paris contre Michel d'Ornano, le candidat soutenu par les giscardiens. Le 27 janvier 1978, Valéry Giscard d'Estaing prononce un discours à Verdun-sur-le-Doubs[45],[46],[47],[48],[49]. Dans ce « discours du bon choix », il met en garde les Français sur les conséquences institutionnelles et les blocages politiques que provoquerait une victoire de la gauche aux élections législatives du mois de mars. Il déclare qu'il ne démissionnera pas dans cette hypothèse, mais qu'il n'aura pas les moyens d'empêcher une majorité de gauche d'appliquer son programme. Quelques jours plus tard, le 1er février, il fonde l'UDF, regroupant centristes et giscardiens afin de soutenir son action. Le 19 mars 1978, la majorité de droite (RPR-UDF) remporte de justesse les élections législatives. Dans le même temps, les divisions de la droite vont en s'aggravant. Le 6 décembre 1978, Jacques Chirac lance l'appel de Cochin : il qualifie l'UDF et les giscardiens de « parti de l'étranger » pour leurs prises de position pro-européennes.

Le septennat de Valéry Giscard d'Estaing est marquée par la mort de deux figures politiques. Le 30 octobre 1979, le ministre du Travail, Robert Boulin, accusé par des lettres anonymes, publiées par Le Canard enchaîné, d'avoir acquis de manière illégale, une garrigue, est retrouvé mort dans un étang de la forêt de Rambouillet. L'enquête n'a toujours pas permis d'aboutir à des conclusions définitives. Celui-ci était un temps pressenti pour succéder à Raymond Barre à la tête du gouvernement. Le 2 février 1980, l'ancien ministre gaulliste Joseph Fontanet est assassiné. Le meurtre reste non élucidé.

L'année 1980 est déclarée « année du Patrimoine » par le gouvernement français le 9 août 1978[50]. En septembre 1980, sont organisées les premières Journées du patrimoine sous l'impulsion de Valéry Giscard d'Estaing[51], la première journée « portes ouvertes » au palais de l'Élysée ayant d'ailleurs été inaugurée par lui en 1977[52].

Élection présidentielle de 1981[modifier]

Un an avant l'élection présidentielle, dans une interview accordée à l'hebdomadaire L'Express le 10 mai 1980, le président de la République estime avoir réalisé les trois quarts de ce qu'il souhaitait faire[53]. Un sondage publié le mois précédent dans Le Point le donne vainqueur avec 57 % des voix face à Michel Rocard et 61 % face à François Mitterrand[54]. Le 2 mars 1981, il annonce depuis le palais de l'Élysée qu'il brigue un second mandat.

La campagne est notamment marquée par l'affaire des diamants. Le Canard enchaîné accuse le président de la République d'avoir reçu de Bokassa 1er, empereur déchu de Centre Afrique des diamants en cadeaux lors de visites officielles. Le journal satirique estime la valeur de ces diamants à un million de francs. La défense maladroite de Giscard va accréditer les informations du journal satirique et va avoir une influence négative sur sa campagne de réélection.

Le 26 avril 1981, il arrive en tête du premier tour de l'élection présidentielle avec 28,32 % des voix, devant François Mitterrand (25,85 %) et Jacques Chirac (18,00 %). Le président du RPR, ayant refusé d'appeler ses partisans à soutenir Valéry Giscard d'Estaing pour le second tour, est accusé de soutenir le candidat socialiste en ne se prononçant qu'à titre personnel en sa faveur. Le président sortant obtient néanmoins le soutien du gaulliste Michel Debré[55]. Entre les deux tours, Le Canard enchaîné publie des documents montrant, pour la première fois, que le ministre du Budget Maurice Papon a été, sous le régime de Vichy, responsable de la déportation de Juifs. Valéry Giscard d'Estaing dénonce une manipulation politique et nie avoir connu le passé de Papon.

Lors du débat télévisé de l'entre-deux tours, le 5 mai 1981, François Mitterrand qualifie Valéry Giscard d'Estaing d'« homme du passif », en réaction à « l'homme du passé » ou « vous n'avez pas le monopole du cœur » dont Giscard l'avait crédité sept ans plus tôt lors du débat télévisé de la présidentielle de 1974. À l'issue de cette confrontation, la comparaison entre les points forts et les points faibles des deux candidats est néanmoins favorable au président sortant[56].

Le 10 mai 1981, Valéry Giscard d'Estaing perd le second tour de l'élection en recueillant 14 642 306 voix et 48,24 % des suffrages exprimés. Neuf jours plus tard, il prononce un discours de fin de mandat diffusé au journal télévisé d'Antenne 2, qu'il conclut par la locution « Au revoir », dans une mise en scène demeurée célèbre[57].

Dans Le Pouvoir et la vie, Valéry Giscard d'Estaing écrit : « Pourquoi ai-je échoué ? En raison du chômage ? d'une lassitude des Français ? J'étais crédité de 60 % de bonnes opinions et puis tout à coup une tornade s'est levée. C'est un phénomène étrange »[58]. À l'occasion du trentième anniversaire de sa défaite, en 2011, il déclare que sa campagne était « mauvaise », « bâclée »[59].

Après la présidence de la République[modifier]

Retour en politique[modifier]

Valéry Giscard d'Estaing à Deauville, en septembre 1986.

À la suite de sa défaite, Valéry Giscard d'Estaing est membre de droit du Conseil constitutionnel en tant qu'ancien président de la République, mais il refuse d'y siéger. Il effectue son retour en politique lors des élections cantonales de mars 1982, à l'issue desquelles il est brillamment élu conseiller général du Puy-de-Dôme dans le canton de Chamalières[60]. Le 16 septembre 1982, il intervient pour la première fois à la télévision, dans L'Heure de vérité, émission lors de laquelle 73 % des téléspectateurs le jugent convaincant d'après une étude BVA, qui indique aussi qu'il n'a pas de réelles chances de revenir au pouvoir pour 48 % des sondés[60]. Pendant la présidence de François Mitterrand, il est, aux côtés de Jacques Chirac, la principale figure de l'opposition.

Député et président de l'UDF[modifier]

Le 23 septembre 1984, il est élu dès le premier tour député UDF de la 2e circonscription du Puy-de-Dôme. Réélu député du Puy-de-Dôme au scrutin proportionnel en 1986, puis pour la 3e circonscription de ce département en 1988 (à la suite du redécoupage électoral de 1986), 1993 et 1997, il assure les fonctions de président de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale de 1987 à 1989, puis de 1993 à 1997.

Pressenti pour être candidat à l'élection présidentielle de 1988, il y renonce en ces termes, le 11 février 1987 : « J'ai déjà servi. C'est à d’autres de servir à leur tour et je souhaite qu’ils réussissent. Je ne suis pas candidat à l'élection présidentielle ». Il soutient alors la candidature de Raymond Barre au premier tour, puis se rallie au second à celle de son vieux rival Jacques Chirac, qu'il soutiendra également en 1995 et 2002.

Valéry Giscard d'Estaing succède, le 30 juin 1988, à Jean Lecanuet à la tête du parti dont il a été le fondateur dix ans plus tôt, l'Union pour la démocratie française (UDF)[61]. Tentant de faire face aux divisions de son mouvement, il quitte la présidence le 31 mars 1996[62].

En 1999, il presse publiquement le président de la République, Jacques Chirac, de ramener la durée du mandat présidentiel de sept à cinq ans. Le 9 mai 2000, le député Valéry Giscard d'Estaing dépose une proposition de loi dans ce sens. Jacques Chirac s'y rallie finalement et annonce la tenue d'un référendum sur cette question (l'idée d'un mandat renouvelable une fois n'est toutefois pas retenue). Le quinquennat est adopté le 24 septembre 2000, par 73,21 % des suffrages exprimés.

Président du conseil régional d'Auvergne[modifier]

En 1986, il devient président du conseil régional d'Auvergne. Il est réélu en 1992 puis en 1998.

Il favorise l'implantation d'un second musée des volcans[63], Vulcania, qui ouvre ses portes le 20 février 2002 à Saint-Ours-les-Roches. Il est d'ailleurs, de 1986 à 2004, président du Parc naturel régional des Volcans d'Auvergne. Ses mandats sont marqués par le désenclavement de l'Auvergne. Il favorise ainsi le réseau routier auvergnat avec la construction, entre autres, de l'autoroute A89, et est également à l'origine de la construction du Zénith d'Auvergne, salle de spectacles située à Cournon-d'Auvergne, dans l'enceinte de la Grande Halle d'Auvergne.

Lors des élections municipales de 1995, il échoue de peu dans la conquête de la mairie de Clermont-Ferrand, recueillant 49,10 % des voix au second tour[64].

Candidat aux élections régionales de mars 2004 à la tête d'une liste d'union UMP-UDF et au titre de la section départementale du Puy-de-Dôme, il est battu au second tour par Pierre-Joël Bonté (PS), emporté par la vague qui fait basculer la quasi-totalité des régions à gauche.

Engagement européen[modifier]

Valéry Giscard d'Estaing en février 2004, lors du congrès du Parti populaire européen (PPE), à Bruxelles.

Lors des élections européennes de 1989, il conduit la liste d'union UDF-RPR qui arrive en tête du scrutin avec 28,88 % des suffrages et 26 élus[65], et entre alors lui-même au Parlement européen. Ce succès renforce sa position de chef de l'opposition parlementaire, aux côtés de Jacques Chirac.

Valéry Giscard d'Estaing préside le groupe libéral, démocratique et réformateur (LDR) au Parlement européen de 1989 à 1991 et le Mouvement européen de 1989 à 1997. Il est élu président du Conseil des communes et régions d'Europe (CCRE - CEMR) en 1997, fonction qu'il conserve jusqu'en 2004[66]. En 2001, il reçoit la médaille d’or de la Fondation Jean-Monnet pour l'Europe, et en 2002 le prix international Charlemagne d'Aix-la-Chapelle.

Il est à l'origine d'une réflexion sur un projet d'organisation européenne avec un groupe d'experts vers le milieu des années 1990, qui deviendra le projet de traité constitutionnel européen.

Lors du Conseil européen de Laeken (décembre 2001), il est nommé à la tête de la Convention sur l'avenir de l'Europe, qui a pour but de simplifier les différents traités européens en rédigeant un projet de traité constitutionnel[67]. Valéry Giscard d'Estaing présente la Constitution européenne le 15 juillet 2003, qui est signée par les 25 membres de l'Union européenne le 29 octobre 2004.

Il prend dès lors une part active, en avril et mai 2005, à la campagne pour le « oui » au référendum à propos du traité constitutionnel européen. Il prévoit son adoption par 53 % des voix[68], mais le référendum est repoussé avec 54,68 % de « non ». Après cet échec, suivi du même résultat aux Pays-Bas quelques jours plus tard, le traité constitutionnel est en partie abandonné pour laisser place au traité de Lisbonne, signé le 13 décembre 2007.

Membre du Conseil constitutionnel[modifier]

Valéry Giscard d'Estaing en compagnie du président italien Giorgio Napolitano, le 20 juin 2006.

Perdant en 2004 la fonction de président de région qu'il occupait depuis 1986, il décide d'abandonner la politique active pour entrer au Conseil constitutionnel, dont il est membre de droit depuis son départ de l'Élysée.

Sortant de son devoir de réserve, Valéry Giscard d’Estaing annonce, le 19 avril 2007, son soutien à Nicolas Sarkozy pour l'élection présidentielle française de 2007, et désavoue ainsi François Bayrou en l'accusant « d'entretenir l'incertitude, de flotter dans le vide entre des politiques évidemment différentes »[69].

Le 25 avril 2012, il apporte à nouveau son soutien à Nicolas Sarkozy pour l'élection présidentielle française de 2012. Il estime qu'il est « le plus crédible pour redresser le pays » et qu'il n'a pas eu dans les années qui ont précédé son entrée à l'Élysée en 2007, la chance que lui a eue « de pouvoir observer pendant sept ans la présidence exercée par un grand homme d’État, le général de Gaulle »[70].

Détail des mandats et fonctions[modifier]

Au gouvernement[modifier]

À l'Assemblée nationale[modifier]

Il est élu sous l'étiquette CNIP en 1956, 1958 et 1962, puis RI en 1967, 1968 et 1973, et enfin sous l'étiquette UDF en 1984, 1986, 1988 (démissionnaire en 1989 pour siéger au Parlement européen), 1993 et 1997. Il ne se représente pas en 2002.

Au niveau européen[modifier]

Au niveau local[modifier]

Au sein de partis politiques[modifier]

Le château d'Estaing[modifier]

Valéry Giscard d'Estaing et son frère Olivier Giscard d'Estaing ont acheté à la commune d'Estaing le château d'Estaing, dans la haute vallée du Lot, en février 2005. Selon eux, l'achat répondait à une logique de mécénat pour sa restauration et l'ouverture de plusieurs salles au public. Valéry Giscard d'Estaing a précisé qu'il envisage « la programmation de concerts, de rencontres et de conférences » et souhaite également « faire une place pour [ses] archives personnelles de président de la Convention européenne ». Un certain nombre de médias européens ont exprimé leur scepticisme devant ces affirmations, notamment Le Monde[71], Le Figaro[72], Neue Zürcher Zeitung[73], The Sunday Times[74], et Canal+. Le débat rappelle l'absence de lien familial réel entre les Giscard et les d'Estaing. Certains déploraient le caractère peu « républicain » de cette installation aux connotations féodales. D'autres regrettaient un circuit de vente inélégant[75]. En effet, la congrégation des religieuses de Saint-Joseph avait vendu le château à la commune en dessous du prix du marché[76], afin que celui-ci redevienne patrimoine public et aussi pour empêcher qu'il ne tombe entre les mains d'un acheteur étranger. Or, la commune d'Estaing dont Olivier Giscard d'Estaing a été maire, l'a rapidement rétrocédé à l'ancien président, arguant qu'« on avait un faible pour la famille Giscard »[77], et sans consultation de la population. Selon le maire d'Estaing, Jean Pradalier, la municipalité serait satisfaite de ne plus avoir à gérer ce monument, espérant accroître son rayonnement par la célébrité de son propriétaire[78].

Littérature[modifier]

Valéry Giscard d'Estaing, depuis la fin de son mandat présidentiel, se consacre beaucoup à la littérature. Ainsi, en 1994, son roman Le Passage, texte sentimental racontant l'aventure d'un notaire sur le retour avec une jeune auto-stoppeuse, est publié.

L'ancien président de la République est élu, le 11 décembre 2003, à l'Académie française au fauteuil numéro 16, laissé vacant par la mort de Léopold Sédar Senghor, obtenant 19 voix sur 34, contre deux voix à Michel Tack et une au romancier Robert Pioche. Il est reçu sous la Coupole le 16 décembre 2004[79],[80].

En septembre 2009, Valéry Giscard d'Estaing fait paraître un nouveau roman, La Princesse et le Président, mettant en scène une relation sentimentale de deux personnages, qui rappellent Lady Diana et lui-même[81]. L'opinion britannique relayée par la presse hésite entre « hilarité et curiosité » selon les termes du journal The Guardian[82]. Face aux interrogations, l'ancien président de la République affirme avoir « inventé les faits ». Le Times explique la parution de ce roman par une volonté d'éclipser la publication des mémoires de Jacques Chirac, son éternel rival politique à l'intérieur de la droite française[83].

En novembre 2010 sort en librairie La Victoire de la Grande Armée, dans lequel il imagine Napoléon Ier triompher de l'armée russe, puis se retirer pacifiquement du pouvoir. Dans ce roman, l'empereur donne en septembre 1812 l'ordre à la Grande Armée de se retirer de Moscou pour contraindre à l'offensive le général russe Mikhaïl Koutouzov. À la suite de cette manœuvre, les Russes sont défaits par l'armée française, après quoi Napoléon abdique en faveur de son fils adoptif Eugène de Beauharnais et milite ardemment pour la paix en Europe. Pour Laurent Joffrin, spécialiste de l'empereur des Français, il s'agit d'« une fiction réaliste, une invention vraisemblable qui donne un cours nouveau à l'histoire de France » ; selon lui, Valéry Giscard d'Estaing « connaît bien, de toute évidence, la geste napoléonienne, les mœurs d'une époque […], les souffrances de la campagne de Russie, les pensées de l'Empereur et ses habitudes de vie quotidienne jusque dans les détails »[84].

En octobre 2011 sort le roman Mathilda, qui retrace le destin tragique de Mathilda Schloss, une Allemande vivant en Namibie[85].

Chasse et safaris[modifier]

Grand amateur de chasse[86], Valéry Giscard d'Estaing a participé à de nombreux safaris, notamment en République centrafricaine, et sera même cité dans le Rowland Ward, livre des records des grands chasseurs[87],[88]. On estime qu'il a tué une cinquantaine d'éléphants[89].

Drapeau présidentiel[modifier]

Le président Giscard d'Estaing avait choisi comme emblème personnel un faisceau de licteur entouré d'une couronne de lauriers[90],[91].
Le même symbole est reporté sur ses armoiries en tant que chevalier de l'Ordre de l'Éléphant (Danemark)[92] et chevalier de l'Ordre du Séraphin (Suède)[93]

Armoiries de V.G.E. comme Chevalier de l'Ordre du Séraphin

Décorations[modifier]

Notes et références[modifier]

  1. Le 17 juin 1922, Edmond Giscard obtient l'autorisation, par un décret du Conseil d'État, à ajouter à son nom celui de la famille d'Estaing.
  2. Son frère René avait tenté d'acquérir le titre des comtes de la Tour Fondue vers 1920, mais il n'était pas encore tombé en déshérence. Voir Robert Prévost, Mon Tour de Jardin, Éditions du Septentrion, 2002, 211 p. [lire en ligne], p. 97 .
  3. « Quel est le point commun entre NKM et les Borgia ? », TF1-LCI, 2 novembre 2011.
  4. Généastar : Ascendants de Valéry GISCARD D'ESTAING
  5. Georges Valance, VGE - Une vie, Flammarion, 2011, p. 68.
  6. Georges Valance, VGE - Une vie, Flammarion, 2011, pp. 76-77.
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  89. Patrick Pesnot, Les dessous de la Françafrique, p. 181, p. 212
  90. « Drapeaux des présidents de la République », Site officiel de l'association de vexillologie de l'Ouest
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  92. Armoiries dans la chapelle de Frederiksborg
  93. Armoiries

Voir aussi[modifier]

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Articles connexes[modifier]

Liens externes[modifier]

Bibliographie[modifier]

Ouvrages de/avec Valéry Giscard d'Estaing
Ouvrages autour de Valéry Giscard d'Estaing
  • Joseph Jonas, Anne Nourry, Giscard de tous les Jours, Fayolle, 1978
  • Jean Bothorel, La République mondaine, essai sur le giscardisme, Grasset, 1979
  • Jean Bothorel, Le Pharaon - Histoire du septennat giscardien, 19 mai 1974 - 22 mars 1978, Grasset, 1983
  • Philippe Reinhard, Le revenant, Albin Michel, 1990 (prix du Meilleur livre politique en 1991)
  • Arnaud Jacquet, Valéry Giscard d'Estaing, 1974-1981, La Ferté-Saint-Aubin, l'Archer, 1999
  • Pascal Geneste, Archives de la Présidence de la République. Valéry Giscard d'Estaing, Paris, Archives nationales - Somogy, éditions d'art, 2007
  • Frédéric Abadie, Jean-Pierre Corcelette, Valéry Giscard d'Estaing, Nouveau Monde, 2009
  • Georges Valance, VGE, une vie, Flammarion, 2011

Chronologies[modifier]

Précédé par Valéry Giscard d'Estaing Suivi par
Léopold Sédar Senghor
Fauteuil 16 de l’Académie française
2003 -
Membre actuel