Manœuvre d'homme à la mer

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Signal maritime représentant la lettre O (Oscar) d'après le code international des signaux maritimes et signifiant un homme à la mer

Une manoeuvre d'homme à la mer est une procédure de repêchage utilisée en marine lorsqu’un homme est tombé d'une embarcation. Elle tire son nom de la célèbre expression « Un homme à la mer! », criée lors de la chute de l'individu et initiant la manœuvre.

Manœuvre en battant en arrière[modifier | modifier le code]

C'est la manœuvre la plus simple. Il s'agit de s'arrêter le plus tôt possible pour récupérer l'homme tombé à la mer. Elle peut s'avérer dangereuse à cause de l'hélice. De plus, sur les navires de fort tonnage, la distance d'arrêt peut être très grande.

Cette manœuvre est à privilégier lorsqu'un navire a peu d'espace pour manœuvrer (chenal, DST fréquenté, fleuve...)

Aux faibles vitesses (allures de manœuvre) cette manœuvre peut être la plus rapide et la plus efficace pour récupérer un homme tombé à la mer.

Effectuer un tour complet[modifier | modifier le code]

Cette manœuvre doit être effectuée si l’officier de quart est certain de ne pas perdre de vue l’homme ou la bouée pendant la giration du navire. Il s’agit de la manœuvre la plus rapide, puisqu’un seul changement de barre est réalisé afin de tourner de 360 degrés. Cependant, celle-ci nécessite une grande connaissance des qualités manœuvrières du navire, beaucoup de sens marin et de coup d’œil afin de déterminer le moment où l’on doit stopper la giration.

Manœuvre de Boutakov (ou de Williamson)[modifier | modifier le code]

Williamsonturn.png

Manœuvre dont le nom provient de l’amiral Boutakov. Elle est connue chez les anglo-saxons sous le nom de Williamson manœuvre. Celle-ci est la plus classique pour revenir sur la route initiale lorsqu'un homme est tombé à la mer. Elle permet de garder un contact visuel avec l'homme.

Dans un premier temps, il faut mettre de la barre du côté où est tombé l'homme à la mer pour le protéger d'un contact avec l'hélice. Dans la pratique, cette opération n'est utile que sur les grands navires si l'on voit assez tôt la chute, d'une position plutôt située sur l'avant. Dans les autres cas, la victime sera déjà dans le sillage du navire avant qu'on ait pu réagir. Tenter de vouloir lui éviter le passage dans l'hélice ne rajouterait qu'une perturbation supplémentaire pour la personne à la manœuvre.

On amorce alors la manœuvre à proprement dit avec un angle de barre typique de 15° pour faire venir le navire de 70° sous le vent. Une fois arrivé à ce cap, il faut mettre de la barre à contre (15° de l'autre bord) pour venir au 180° de la route initiale. Sur les navires de fort tonnage, l'angle à appliquer est plutôt de 60°. Dans le cas d'un signalement très tardif d'une chute ou d'une suspition de chute à la mer, le bord d'amorçage du demi-tour n'a aucune importance puisque l'allure machine ne sera pas réduite. S'il s'agit d'une manœuvre de récupération immédiate, il vaut mieux l'amorcer du côté sous le vent et remonter nez dans le vent tout en commençant à réduire l'allure. En effet, la force vélique nous aidera à virer et à ralentir, ce qui n'est pas vrai dans l'autre sens.

Une fois sur la route opposée à l'initiale, il convient de se présenter au vent de la personne à récupérer.

C'est la manœuvre qui devrait être privilègiée en mer en l'absence de repère spatio-temporel (nuit, visibilité réduite, stress intense...)

Manœuvre de Scharnow[modifier | modifier le code]

Scharnowturn.png

Cette manœuvre est la manœuvre de Boutakov inversée, son avantage est que l’on garde plus longtemps le naufragé en vue.

La manœuvre se déroule ainsi :

On donne de la barre pour faire tourner le navire de 240 degrés.

Remettre la barre a zéro et immédiatement de l’autre bord pour faire décrire au navire une évolution dans l’autre direction de 60 degrés.

Redresser le gouvernail pour mettre la barre a zéro.

Liens externes[modifier | modifier le code]