Mama's Gun

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Mama's Gun

Album par Erykah Badu
Sortie 21 novembre 2000 (Édition originale)
17 janvier 2001 (Édition spéciale)
Enregistré 1999–2000
Durée 71:50 (Édition originale)
80:12(Édition spéciale)
Genre Neo soul
hip-hop
Producteur Erykah Badu
Questlove
J-Dilla
James Poyser
Snook Young
Shawn Martin
Kerry "Krucial" Brothers
Karma Productions
Label Motown/Puppy Love
Critique

Albums par Erykah Badu

Mama's Gun est le second album studio de la chanteuse de Neo Soul Erykah Badu, sorti le 21 novembre 2000 sur le label Motown Records. Cet album contient le single Bag Lady, classé au Top 10 du Billboard et nommé aux Grammy Awards dans la catégorie « Meilleure performance vocale féminine RnB » et dans la catégorie « Meilleure chanson RnB ». La chanson Didn't Cha Know? fut également nommée dans la catégorie « Meilleure chanson RnB ».

L'album inclut de nombreuses contributions de la part des membres du collectif Soulquarians, dont Erykah Badu est elle aussi membre. On y retrouve aussi des invités comme la chanteuse de Soul Betty Wright et le trompettiste Roy Hargrove. Mama's Gun fut accueilli très positivement par les critiques et se vendit énormément, obtenant la certification Platinium de la Recording Industry Association of America deux mois après sa sortie.

L'album évoque différents sujets dont la confiance en soi, les ruptures sentimentales ou encore les violences policières. Musicalement, il présente une plus grande diversité de sonorités que son prédécesseur. Le magazine Rolling Stone le classa parmi les « 10 meilleurs albums de l'année 2000 »[1]. Le 21 janvier 2001, une édition spéciale de Mama's Gun a été publiée.

Conception de l'album[modifier | modifier le code]

Le contexte musical et personnel[modifier | modifier le code]

Après le succès de Baduizm et de sa version live, Badu prit une courte pause pour assurer son rôle de mère auprès de son fils, Seven, qu'elle eut avec son conjoint André Benjamin, membre du groupe Outkast. Elle commença aussi à collaborer avec ?uestlove des Roots, travaillant sur leur album Things Fall Apart. qui leur permettra de connaître le succès. La fréquence de ces collaborations l'amenèrent à devenir un membre du collectif Soulquarians, regroupement d'artistes Néo Soul réunis par leurs approches musicales, dont font partie des chanteurs et des rappeurs dont ?uestlove, D'Angelo, Jay Dee, et Common (avec qui elle avait déjà travaillé en 1997).

Malheureusement, alors qu'un certain nombre de chansons pour son nouvel album étaient écrites, Benjamin et elle se séparèrent. Badu utilisa son expérience personnelle comme source d'inspiration pour de nombreuses chansons qu'elle écrivit par la suite, dont Green Eyes. Mais d'autres évènements marquèrent son écriture comme le meurtre d'Amadou Diallo par la police de New-York qui inspira sa chanson A.D. 2000. Les critiques notèrent qu'alors que l'album Baduizm contenait des paroles assez énigmatiques, Mama's Gun était quant à lui plus direct dans son approche et plaçait par la même l'artiste dans une position plus subjective que son prédécesseur.

L'enregistrement[modifier | modifier le code]

Avec la participations des autres membres de Soulquarians, la majorité de l'album fut enregistré au studio Electric Lady, le studio personnel de Jimi Hendrix, qui fut aussi utilisé pour créer de nombreux et célèbres albums par David Bowie, Stevie Wonder, et John Lennon. Les sessions d'enregistrement étaient informelles et avaient lieu en même temps que l'enregistrement de l'album de D'Angelo Voodoo et de l'album de Common Like Water For Chocolate, dont résultat des collaborations impromptus et un son assez spécial qui se trouve sur chacun de ces trois albums. Russell Elevado, Responsable des Production renommé, qui était responsable du mixe de ces trois albums, déclara qu'il avait utilisé de vieilles techniques de mixe afin de donner cette chaleur et ce timbre que l'on retrouve sur les anciens enregistrements. Alors que la plupart des enregistrements actuels sont effectués à partir d'équipements digitaux de haute-technologie, Elevado employa l'utilisation d'équipements analogiques, mettant en valeur chacun des instruments et en leur donnant un timbre et une place particulière dans les mélodies.

L'album produit[modifier | modifier le code]

Le contenu[modifier | modifier le code]

L'album débute sur le très intense et psychédélique titre Penitentiary Philosophy, qui fait cohabiter un sample de la chanson de Stevie Wonder Ordinary Pain, la batterie lourde de ?uestlove et la guitare de Jef Lee Johnson. Cette chanson est l'expression de la vision de Badu concernant l'emprisonnement. Elle invite à se libérer des fausses croyances et à se désillusionner sur le sujet :

Here's my philosophy
Livin' in a penitentiary
Brothers all on the corner
Tryin' to make believe
Turn around ain't got no pot to p**.

Cette chanson contient un passage en forme de pose, par deux fois répétée, où Badu chuchote presque ses paroles, alors que la musique se construit au fur et à mesure et se lance définitivement dans un style Groove. La chanson suivante, la spirituelle Didn't Cha Know, mélange des percussions World, des effets de son Wah-Wah ainsi que des cordes. Cette chanson fut produite par Jay Dee avec la contribution de James Poyser. Jaz Dee avait travaillé avec Common sur son album mais celui-ci ne connaissait pas encore Badu et le rappeur, qui sortait alors avec Badu, s'arrangea pour que les deux se rencontrent. Badu raconte la création de la chanson ainsi :

« Je venais à Détroit pour travailler avec ce gars dont j'avais entendus quelques chansons qui m'avait rendue dingue. Common me reçu et m'amena en bas dans le studio. Il me laissa en compagnie de Dilla Jaz Dee : je m'assis et on discuta. Il avait des enregistrements partout dans la pièce, on se serait cru dans une bibliothèque municipale. Il me dit : « Ok, je te veut pour faire une enregistrement ». Je regardais toutes ces caisses fermement empaquetées et je pris juste un album pour voir, c'était un album de Tarika Blue. J'aimais ce nom. Je passais la première chanson, Dreamflower, et j'en tombais directement amoureuse. Je la fis tourner en boucle et je lui dis : « Je veux ça ! » Il me montra comment faire tourner en boucle une petite partie de cette chanson. Il était très généreux de passer du temps à m'apprendre et de me faire pratiquer. Je quittai la pièce et quand je revins, il avait extrait un sample de cette chanson, me le passa en boucle et je commença à écrire. Je commença avec la mélodie « Ooooh, heeeey ». J'écrivis pendant plusieurs jours et la chanson fut créée. Je marchais pied-nu dans sa maison avec des mitaines et une écharpe et travailla dur jusqu'à ce que le résultat me satisfasse. »

Ce single attira involontairement l'attention quand la source de ce sample, le groupe de jazz fusion Tarika Blue, venu réclamer une compensation pour l'utilisation de sa chanson. L'affaire fut résolu à l'amiable. La chanson ...& On est la continuité de son succès de 1997 On & On et, comme cette chanson, avec une Badu chantant encore une fois de faàon énigmatique, bien qu'elle plaisante elle-même de son image mystique quand elle chante (« Quelles bien font tes chansons s'ils ne les comprennent pas ? Arrête de chanter cette merde, Badu. » Après cette chanson, l'album passe à Cleva qui commence par la parole suivante : « Voici à quoi je ressemble sans maquillage ». Badu utilise cette chanson pour dénoncer les standards féminins attendus, notamment lorsqu'elle chante : « Elle est intelligente (...) mais pourquoi es-tu le dernier à t'en rendre compte ? ». Le problème d'estime personnel est exploré dans deux autres chansons : le titre funk Booty et le titre jazzy Bag Lady. Plus tard, Badu utilisa le terme « bag lady » (« dame-bagage ») comme une métaphore pour une femme qui transporte les émotions de ces précédentes relations sentimentales sans être capable de les laisser. Elle démontre l'importance de finaliser complément ces relations quand elle chante :

Bag lady, you gon' hurt your back
Draggin' all them bags like that
I guess nobody ever told you
All you must hold on to is you.

En février 1999, l'Unité des Crimes de Rue, Street Crimes Unit, de la Police de New-York abat Amadou Diallo, un immigrant guinéein de 23 ans qui n'était pas armé, après l'avoir apparemment confondu avec un violeur non-identifié. Les quatre officiers impliqués dans ces incident (incluant un cinquième officier qui ne tira pas sur Diallo) furent acquittés de toutes les charges. Le résultat du procès suscita de vives protestations publiques qui résultait des examens minutieux qui mettaient en évidence la brutalité et l'utilisation excessive de la force par la police (ils tirèrent 41 fois et 19 balles atteignirent Diallo). Cet évènement servit de support à la chanson A.D. 2000 (les abréviations étant les initiales de Diallo) qui, en plus de dénoncer le meurtre de Diallo, rapporte la fureur concernant les circonstances. Cependant, Badu estime que c'est un évènement temporel :

No you won't be name'n no buildings after me
To go down dilapidated ooh
No you won't be name'n no buildings after me
My name will be misstated, surely

Cette chanson fait appel à d'autre chansons de protestation symbolique comme Strange Fruit de Billie Holiday, un artiste avec lequel Badu a reçu d'honorables comparaisons.

Mama's Gun contient ensuite deux chansons d'amour : la ballade Orange Moon et l'acoustique teinté de Reggae In Love With You, un duo entre Badu et Stephen Marley.

"Green Eyes"[modifier | modifier le code]

La dernière chanson, et sans doute la pièce centrale de cet album, Green Eyes est une chanson en trois partis explorant les sentiment d'une femme faisant face à une séparation. La première partie, intitulée Movement 1 (denial), avec James Poyser au piano et Roy Hargrove aux trompettes, a un son proche de celui que l'on retrouvait sur les gramophones des années 1930. On y retrouve une Badu chantant un air apaisant de blues comparable à celui de Billie Holiday et de Ella Fitzgerald. Dans cette partie, Badu nie être blessé quand elle apprend que son ancien conjoint à une nouvelle partenaire. Elle chante :

My eyes are green
Cause I eat a lot of vegetables
It don't have nothing to do with your new friend.

Le second mouvement, intitulé Acceptation, contient une guitare basse, des flutes, un piano et est un peu plus jazzy. ?uestlove participe à ce morceau (à la batterie). Dans cette section, elle chante :

I can't remember the last time I felt this way about somebody
You've done something to my mind
And I can't control it
But I don't love you any more
Yes I do, I think
Loving you is wrong.

Dans la troisième partie, elle succombe finalement à ses émotions ressent pour la première fois du regret, de l'abandon, un sentiment de promesses irréalisées et une envie pour raviver une flamme qui l'a presque certainement consumée et à laquelle elle a dû faire face :

Don't you want be strong with me?
You told me we could have a family
Want to run to me when you're down and low
But times get tough and there you go
Out the door, you wanna run again
Open your arms and you'll come back in
Wanna run cause you say you're afraid.

À cause de sa relation avec André Benjamin largement médiatisée, beaucoup pense qu'elle parle de sa propre rupture dans cette chanson, mais aussi dans Tyrone. Cependant, les deux artistes ont déclaré qu'ils ne ressentaient aucune animosité entre eux et qu'ils s'étaient quittés en bon terme, se parlant régulièrement. Cependant, pensant être injustement jugé, Benjamin répondit en 2003 aux rumeurs dans la chanson A Life in the Day of Benjamin André (Incomplete), issue de l'album des Outkasts Speakerboxxx/The Love Below :

When I was going through them phases trying to find
Anything that seemed real in the world
Still searching, but I started liking this girl
Now you know her
As Erykah "On and On" Badu
"Call Tyrone on the phone", why you
Do that girl like that boy you ought to be ashamed
The song wasn't about me and that ain't my name
We were young, in love, in short we had fun
No regrets no abortion, had a son
By the name of Seven
The End And To Be Continued…

Critiques[modifier | modifier le code]

Les critiques de cet album furent largement positives. Bag Lady fut nommé pour les Grammy Awards de 2001 dans la catégorie « Meilleure performance musicale féminine RnB » et dans la catégorie « Meilleure chanson RnB », alors que Didn't Cha Know fut nommé pour les Grammy Awards de 2002 dans la catégorie « Meilleure chanson RnB ». Le magazine Billboard classe cet album dans les « 10 meilleurs albums de l'année 2000 », la félicitant pour avoir « suivit les traces de Stevie Wonder ou de Nina Simone » et ajouta qu'« elle poussa son art à un niveau supérieur ».

Entertainment Weekly déclara que cet album était « un hommage à la Soul des années [19]70, alliant des musiciens confirmés et un son funk et mielleux qui ne serait pas de trop dans label CTI ». CMJ l'intégra dans sa liste des meilleurs albums de l'année et le définit comme un « douce concoction à mi-chemin entre le jazz et la Soul des années [19]70, marquant un retour pour le « retro », démontrant par la même les vrais qualités artistiques de l'artiste ». Dans un article de PopMatters.com, le critique musicale Wayne Franklin écrivit :

« Badu continues to grow with Mama's Gun, her third release. It is a journey into a deep and tender part of Erykah's soul; a place most would keep heavily guarded. From the opening whispers that are supposed to be the voices in her head, the listener is made to feel as if they stumbled onto the open diary of a woman who has poured her soul into the pages. At first, you feel bad for invading her privacy, but then you are drawn in and you can't turn away... Mama's Gun is a definite work of art, destined to remain in heavy rotation for some time to come[2]. »

— Wayne Franklin

Noté par le critique musicale Robert Christgau de The Village Voice, il donna la lettre « A » à cet album, commentant ce dernier ainsi : « Peut-être que les sources de cet album sont autobiographique mais elle est ici pour inspirer tous les hommes et les femmes noirs qui les admire[3] ».

Liste des titres[modifier | modifier le code]

No Titre Auteur(s) Durée
1. Penitentiary Philosophy E. Badu, J. Poyser, A. K. Thompson 6:09
2. Didn't Cha Know? E. Badu, J. Yancey 3:58
3. My Life E. Badu, J. Poyser 3:59
4. ...& On E. Badu, J. Cantero, S. Martin 3:34
5. Cleva E. Badu, J. Poyser 3:45
6. Hey Sugah E. Badu, N'Dambi 0:54
7. Booty E. Badu 4:04
8. Kiss Me on My Neck (Hesi) E. Badu, J. DeJohnette, J. Poyser, J. Yancey 5:34
9. A.D. 2000 E. Badu, B. J. Wright 4:51
10. Orange Moon E. Badu, B. Lacy, S. Martin, G. Young 7:10
11. In Love With You E. Badu, S. Marley 5:21
12. Bag Lady E. Badu, B. Bailey, R. Brown, N. Hale, I. Hayes, C. Longmiles, Martin, A. Young 5:48
13. Time's a Wastin E. Badu, G. Young, S. Martin 6:42
14. Green Eyes E. Badu, V. Duplaix, J. Poyser 10:04
Titres ajoutés dans l'édition spéciale
No Titre Durée
14. Look At Me, Kids 9:10
15. Hello, Winter. Goodbye, Summer 12:33
16. Mama's Gun (Album Version) 10:01
17. Come On, Follow Me 9:10
18. Cleva (Remix) 10:56
19. Bag Lady (Remix) (duo avec Lucy Pearl) 8:56
20. This Is A Crazy Party 12:54
Disque supplémentaire de 2008
No Titre Durée
1. This Is The Crib 10:29
2. Cleva Part 2 9:17
3. Mop This Mess Up In The Kitchen 21:43
4. Lil Poyser Boy 14:21

Singles de l'album[modifier | modifier le code]

Single information
Bag Lady
  • Sortie : 11 juin 2000
  • Titre annexe : On & On (Live)
Didn't Cha Know?
  • Sortie : mars 2001
  • Titre annexe :
Cleva
  • Sortie : 2001
  • Titre annexe : On & On (Live)

Titres Bonus[modifier | modifier le code]

iTunes

  1. Bag Lady (Remix)
  2. Cleva 2 [downloadable]

Titre le plus vendu

  1. My Name Is... (Mama's Gun)

Circuit City

  1. Break Ice
  2. Get The Back Down
  3. Circus Time [undownloadable]
  4. Wild's Goodies
  5. Heaven (avec D'Angelo)

F.Y.E. & Wal-Mart

  1. Love Me Again [disconnected]

K-Mart, Amazon.com, Cocnuts & On-Cue

  1. Ciara Is No Good, Ladies & Gentleman
  2. Southern Gul
  3. Tyrone
  4. I Am Grown & Sexy, Baby [redownloadable & reconnected]

Crédités[modifier | modifier le code]

  • Jon Adler – Ingénieur Assistant
  • Erykah Badu – Voix, Chœurs, Producteur, Direction artistique
  • Chris Bell – Ingénieur
  • Leslie Brathwaite – Mixe
  • Earle Brown – Ingénieur
  • Tom Coyne – Masterisation
  • Russell Elevado – Ingénieur
  • Chris Gehringer – Masterisation
  • Leonard "Doc" Gibbs – Percussion
  • Larry Gold – Arrangements
  • Mark Goodchild – Enregistrement
  • Roy Hargrove – Trompettes, Arrangements
  • Carlos Henderson – Basse
  • Emma Kummrow – Violon
  • Bray Lon Lacy – Overdubs
  • Steve Mandel – Ingénieur du son
  • Shaun Martin – Claviers
  • Robert Maxwell – Création de la pochette
  • Shinobu Mitsuoka – Ingénieur du son
  • Vernon Mungo – Production Facilitator
  • Peter Nocella – Violoncelle
  • Charles Parker – Violon
  • James Poyser – Producteur
  • Tom Soares – Mixe
  • Erik Steinert – Sequencement
  • Gregory Teperman – Violon
  • Ahmir Khalib Thompson – Batterie
  • Don Thompson – Photographie
  • Kierstan Tucker – A&R
  • Mike Turner – Ingénieur Assistant
  • Michael Whitfield – Direction Artistique, Design
  • Yah Zarah – Chœurs
  • Geno "Junebugg" Young – Chœurs
  • Krystof Zizka – Ingénieur Assistant

Classement[modifier | modifier le code]

Album - Billboard (Amérique du Nord)

Année Classement Position
2000 The Billboard 200 11
2000 Top Internet Albums 12
2000 Top R&B/Hip-Hop Albums 3

Singles - Billboard (Amérique du Nord)

Année Single Classement Position
2000 Bag Lady Canadian Singles Chart 6
2000 Bag Lady Hot R&B/Hip-Hop Singles & Tracks 1
2000 Bag Lady The Billboard Hot 100 3
2001 Didn't Cha Know Hot R&B/Hip-Hop Singles & Tracks 28
2001 Cleva Hot R&B/Hip-Hop Singles & Tracks 77

Références[modifier | modifier le code]