Malicorne (Yonne)

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Malicorne
Malicorne,en venant de Saint-Martin-sur-Ouanne
Malicorne,
en venant de Saint-Martin-sur-Ouanne
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne
Département Yonne
Arrondissement Arrondissement d'Auxerre
Canton Canton de Charny
Intercommunalité CC de l'orée de Puisaye
Maire
Mandat
Daniel Roy
2014-2020
Code postal 89120
Code commune 89241
Démographie
Population
municipale
159 hab. (2011)
Densité 10 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 49′ 20″ N 3° 06′ 10″ E / 47.8222, 3.1028 ()47° 49′ 20″ Nord 3° 06′ 10″ Est / 47.8222, 3.1028 ()  
Altitude Min. 145 m – Max. 195 m
Superficie 15,91 km2
Localisation

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Malicorne

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Malicorne

Malicorne est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

Les lieux-dits suivis d'une astérisque sont situés à l'écart de la route indiquée.

A

B

C

D

  • Les Davids, Rte de la Forêt
  • Les Delamour*, Rte de Marchais-Beton (D 208)

E

F

G

H

L

  • (Les Comtes), à cheval sur Grandchamp

M

N

O

P

R

  • Les Royers, Rte de la Forêt

S

V

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Marchais-Beton Saint-Martin-sur-Ouanne Saint-Denis-sur-Ouanne Rose des vents
Marchais-Beton
Champignelles
N Saint-Denis-sur-Ouanne
Grandchamp
O    Malicorne    E
S
Champignelles Champignelles Grandchamp

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le coq du monument aux morts

Les différents noms de Malicorne au cours des siècles :

  • 1120 : Malicornium[1]
  • 1168 : Malicornia[2]
  • 1183 : Maricorne[3]
  • 1210 : Moricornia[4]
  • 1235 : Malicornia[5]
  • 1453 : Mallicorne[6]

Le nom de Malicorne est réminiscent de seigneurs localement importants et redoutés, abusant de leurs privilèges : c'est la forme du XIe siècle Mal y corne, un endroit où il ne faisait pas bon frapper à la porte. Il existe plusieurs lieux homonymes de la Sarthe à l'Allier[7].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Des pierres taillées et polies attestent de la présence humaine dès 60 000 ans avant JC[8].

Antiquité[modifier | modifier le code]

À l'époque gauloise, Malicorne fait partie du territoire des Sénons.

Un pot de terre cuite contenant un trésor de 1050 pièces de cuivre portant effigie d'empereurs romains, est découvert dans un champ en 1956. Le tout prédate l'an 300.

En 476 Malicorne fait partie du Pagus vastinensis, donc le Gâtinais, lui-même une partie du royaume franc[8].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Il y avait un manoir fortifié, que la chronique de Saint-Denis appelle "forteresse"[9], au croisement du chemin de Montargis et de la « sente des Bourguignons » menant dans le Morvan. La seigneurie avait été rendue héréditaire en 887 avec Guillaume de Malicorne, et les premiers seigneurs, alliés aux Renard et autres Fromonides de Sens, étendent si bien leurs domaines qu'en 1068, quand le roi Philippe Ier intègre le Gâtinais dans le domaine royal, les seigneurs de Malicorne tenaient en fiefs toutes les terres de Saint-Denis-sur-Ouanne à Saint-Maurice-sur-Aveyron. Leurs revenus incluaient les forges sur le Branlin et le péage de Ponessant sur le chemin du sel de la Loire à L'Yonne. Vers 1220, Geoffroy de Malicorne possède des biens à Champignelles, Grandchamp et jusqu'à Louesme et même Tannerre[10].
Vers le XIIe siècle vient l'époque de Louis le Gros, qui a mené une lutte acharnée contre les vassaux portés au banditisme ; l'époque de la Réforme grégorienne et du début des Croisades. La lignée de Malicorne s'assagit et s'allie aux Courtenay-Champignelles, notamment Milon de Courtenay (mort en 1138). Aganon de Malicorne épouse Hodierne, cousine germaine de Henri le Sanglier archevêque de Sens de 1122 à 1142. Entre 1108 et 1103 Geoffroy de Malicorne pourvoit à la fondation du prieuré de Cloie à quelques centaines de mètres au nord de Marchais-Beton. Quelques années après la famille contribue également largement à la fondation de l'abbaye de Fontainejean à 6 km de Cloie, mais des considérations politiques font que ce seront là leurs seules contributions à cette abbaye, afin que cette dernière ne pénètre point leurs terres ; les mêmes considérations politiques ont vraisemblablement amené l'élévation de la chapelle locale de Marchais-Beton au rang de paroisse (donc contrôlée par l'évêché), afin que les religieux de Fontainejean ne s'approprient point la desserte de Marchais-Beton. Le prieuré de Cloie se rattache à l'abbaye bénédictine de Rozoy-le-Vieil en 1146[10].

La lignée des Malicorne s'est éteinte vers 1230[10]. De leur manoir il ne reste que quelques ruines de murailles et quelques traces de fossés[11]. Depuis le père de Guillaume de Courtenay-Champignelles (1228-1280) cette famille était devenue seigneurs de Malicorne[10].

En 1120, Malicorne relevait de l’abbaye des Escharlis. Avant 1662 la terre faisait partie du fief de Charny, et passa cette année-là dans le fief de Montargis[11].

Robert Knolle, à la solde du roi de Navarre et à la tête d'environ 1000 hommes d'armes plus mercenaires que soldats, prit Malicorne vers la fin de l'année 1358. Il ne l'eut pas sitôt pris, qu'il eut à repousser Arnaud de Cervole et ses 2000 hommes, que Charles V avait recruté. Cervole venait de visiter le pape à Avignon et, passant par la sente des Bourguignons, rejoignait le roi à Meaux avec ses troupes. Dans les environs de Saint-Sauveur il apprit la présence de Knolle à Malicorne et décida de l'attaquer. Mais malgré les renforts des habitants des villages voisins, plusieurs assauts n'eurent pas raison de la pugnacité de Knolle, et Cervole dut repartir sur une défaite. Knolle fit de Malicorne son quartier général et s'en servit comme base pour piller les environs, prenant plusieurs châteaux (la Motte-Chanlay, qui permettait de piller les voyageurs vers Paris ; Régennes, qui mettait à rançon la navigation sur l'Yonne...). Il poussa une pointe jusqu'à Auxerre en janvier 1359, mais fut repoussé. Revenant dans ses pénates malicorniennes, il se concerta avec des capitaines navarrais dont celui de Ligny-le-Châtel et d'autres installés de même façon que lui aux environs de Troyes. Entretemps la population auxerroise, toute à son succès, eut la bêtise de renvoyer les troupes de gentilshommes qui l'avaient défendu ; et Knolle prit Auxerre le 5 mars 1359. Malicorne ne suffisant pas à contenir tout son riche butin, il dut en mettre une partie à Châteauneuf.
Le 24 octobre 1360, la signature du traité de Brétigny obligea Knolle à quitter les lieux. Ce qu'il fit de fort mauvais gré car les auxerrois lui devaient toujours la rançon de 40 000 florins qu'ils lui avaient promise, et ni le roi Jean ni celui d'Angleterre ne daignèrent le soutenir dans ses efforts pour mettre la main sur ce pactole. Fort fâché, il quitta Malicorne après y avoir tout détruit, village et château, ainsi que tout ce qui était à portée de sa main aux alentours[9].

L'église de Malicorne a, au moins jusqu'au XIXe siècle, conservé les plus grandes dates de son histoire. Elles étaient gravées sur un mur de son chevet à la pointe d'un couteau ou d'un clou. La plus ancienne date est celle de la destruction de Malicorne : « l’an 135..., le chasteau de Malicorne par les Anglais fut destruict » - le dernier chiffre était effacé, et cette première gravure est très probablement erronée d'une année car Knolle n'a pas quitté Malicorne avant 1360[9],[11].

Temps modernes[modifier | modifier le code]

La « forteresse » défunte de Malicorne fut remplacée par le château de Hautefeuille, appelé « Plessis », qui domine le bourg et dont l'enceinte incluait la nouvelle église qui a servi de monographie. L'une de ses inscriptions indiquait que le clocher de l'église fut mis à bas par un grand vent au XVIe siècle (les deux derniers chiffres de la date étant, là aussi, effacés). Enfin le mur indiquait aussi la date de la vente de Malicorne au XVII siècle : « en l’année 1632, Malicorne a été vendu par décret à M. Texier, le 10 mai. »[9],[11].

Germain Texier, conseiller à la chambre des comptes, n'aima pas son château de Malicorne. Il en fit donc construire un autre, beaucoup plus grandiose et qu'il nomma « Hautefeuille », sur la colline qui domine le bourg au sud de Saint-Martin. Puis il prit le titre de baron de Malicorne et d'Hautefeuille. Après acquisition des seigneuries de La Motte-aux-Aulnais et de Charny, son fils fit élever ces terres en comté en 1669 sous le nom de Hautefeuille, ce qui ne les priva point de s'appeler 'marquis de Hautefeuille' sans que l'on sache si la terre avait été élevée ou non à ce nouveau rang (les avis semblent diverger sur ce point). Cependant ils s'occupèrent bien de leurs terres et de leurs gens. L'un d'eux, mort en 1705, fut grand prieur d’Aquitaine (ordre de Malte), grand-croix et bailli de Malte, lieutenant-général et ambassadeur; son frère était conseiller d’État, et un neveu fut mestre de camp puis lieutenant général. En 1770, un autre Texier fut brigadier des armées du roi, avec armoiries : « de gueules à un lévrier d’argent passant au collier de gueules, cloué, bouclé et virolé d'or, ayant en chef un croissan d’or. ». La devise de la famille était « splendor honoris, virtute fide­a litas[12] »[9],[11]. Ils furent parmi les derniers co-seigneurs de Louesmes[11]

En 1812 le château des Texier est acheté par Antoine-Jean-Matthieu Séguier[9], premier président de la cour d'appel de Paris.

Le château de Hautefeuille, devenu trop vétuste, a été détruit dans les années 1970.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
         
mars 2008   Daniel Roy[13],[14]    
Réemploi au village

Économie[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts à côté de l'église

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune de Malicorne comptait 159 habitants. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (2008, 2013, 2018 pour Malicorne). Les autres chiffres sont des estimations.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
455 457 457 428 436 423 452 480 533
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
557 544 588 551 500 506 472 505 460
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
456 408 380 348 333 301 295 318 304
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
259 214 202 196 190 183 168 164 159
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2004[16].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église

Malicorne est connu du grand public par l'essai du célèbre astrophysicien Hubert Reeves intitulé Malicorne, qui traite des grandes énigmes de l'Univers à partir de l'observation de la nature autour du village où il passe ses vacances[17].

«  Au loin, par-dessus les nappes de feuillages, je revois le clocher de l’église de Malicorne. Cette modeste architecture, [...] reste encore à nos yeux le symbole de ce que nous ressentons en profondeur devant l’insondable mystère de la réalité. »

— Hubert Reeves, extrait de Malicorne – Réflexions d’un observateur de la nature.

L'église de Malicorne, dédiée à Notre-Dame-de-l’Assomption, date du XVe siècle. Elle a été construite sur les restes de celle du XIIIe siècle, détruite lors de la guerre de Cent Ans. Une poutre de gloire soutient trois statues en bois datant des XVe-XVIe siècles. Le portail vient de l'abbaye de Fontainejean (XIIe siècle). Le clocher du XVe siècle ayant été démoli par un orage au XVIe siècle, celui présent date de 1835. Le prolongement de la nef est orné de belles peintures. On y voit aussi plusieurs statues qui remontent peut-être au XVIe siècle, et deux petits retables[18].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Environnement[modifier | modifier le code]

La commune inclut trois ZNIEFF :

La ZNIEFF de la vallée de l'Ouanne de Toucy à Douchy, totalisant 2 675 ha répartis sur 6 communes[19]. Elle vise particulièrement les habitats d'eaux courantes (milieu déterminant) ; on y trouve aussi des tourbières, marais, prairies améliorées, cultures et bocages[20]. À Malicorne, elle inclut largement la confluence du Branlin avec l'Ouanne.
La ZNIEFF de la vallée du Branlin de Saints à Malicorne, totalisant 2 464 ha répartis sur 8 communes[21]. Elle vise également les habitats d'eaux courantes (milieu déterminant), et on retrouve les mêmes habitats que pour la ZNIEFF de la vallée de l'Ouanne de Toucy à Douchy sauf pour les prairies améliorées qui sont remplacées par des prairies humides et mégaphorbiaies[22].
Route de Marchais-Beton, les débordements du Branlin - 25 février 2014
La ZNIEFF de l'étang de Malicorne, soit 8 ha sur la commune qui incluent environ 3 ha de la partie nord de l'étang au sud de la commune près de la Ferme de l'Etang (la partie sud de l'étang, où se trouve sa bonde, n'est pas incluse), et la majeure partie du bois qui l'entoure. Elle vise particulièrement les habitats d'eaux douces stagnantes (milieu déterminant)[23].

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cartulaire de l'abbaye des Echarlis.
  2. Cartulaire général de l'Yonne.
  3. Carulaire de l'abbaye de Saint-Pierre-le-Vif de Sens.
  4. Bibliothèque impériale Coll. Champ. III F° 169.
  5. Cartulaire de l'abbaye de Vieupou
  6. Registre des taxes du diocèse de Sens - Bibliothèque de Sens.
  7. Histoire de Marché Beton. Paul Gache, professeur d'histoire à Orléans. Sur le site de la commune de Marchais-Beton.
  8. a et b Histoire de Malicorne sur le site de la commune.
  9. a, b, c, d, e et f Malicorne-en-Gâtinais, Hautefeuille-sous-Malicorne. Ambroise Challe, 1837. Dans Monographies des villes et villages de l'Yonne et de leurs monuments
  10. a, b, c et d Histoire de Marchais-Beton. Paul Gache, historien.
  11. a, b, c, d, e et f Histoire des communes de l'Yonne. Maurice Pignard-Péguet. Livre III. 1913.
  12. « L'honneur ne saurait être où la vertu n'est pas » (traduction légèrement extrapolée).
  13. Liste des maires de l'Yonne sur le site de la Préfecture de l'Yonne
  14. Conseil général de l’Yonne, Ma Commune, consulté le 27 décembre 2013.
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  17. Malicorne : réflexions d'un observateur de la nature
    • Le Seuil, collection « Science ouverte », 1990
    • Édition de poche dans la collection « Points Sciences », septembre 1995, janvier 1998
    • Prix littéraire de la ville de Limoges, avril 1991
    • Traduit en allemand, anglais, espagnol, portugais
  18. Restauration de l'église de Malicorne, Fondation du Patrimoine. Photos des peintures de l'intérieur.
  19. Les 6 communes concernées par la ZNIEFF de la vallée de l'Ouanne de Toucy à Douchy sont : Charny, Grandchamp, Malicorne, Saint-Denis-sur-Ouanne, Saint-Martin-sur-Ouanne et Villiers-Saint-Benoît.
  20. ZNIEFF 260014921 - Vallée de l'Ouanne de Toucy à Douchy sur le site de l’INPN et sa carte sur le site de la DIREN.
  21. Les 8 communes concernées par la ZNIEFF de la vallée du Branlin de Saints à Malicorne sont : Champignelles, Fontaines, Malicorne, Mézilles, Saints, Saint-Sauveur-en-Puisaye, Tannerre-en-Puisaye et Villeneuve-les-Genêts.
  22. ZNIEFF 260014938 - Vallée du Branlin de Saints à Malicorne sur le site de l’INPN et sa carte sur le site de la DIREN.
  23. ZNIEFF 260014940 - Étang de Malicorne sur le site de l’INPN et sa carte sur le site de la DIREN.