Malaikas (anges)

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Malāk (arabe : ملاك, au pluriel malāʾika, ملائكة) est le terme arabe pour désigner les anges qui occupent une place de choix selon la religion islamique.

Les anges se divisent en plusieurs catégories ; il y a les anges intercesseurs entre Dieu et les hommes, les anges scribes qui écrivent les bonnes et mauvaises actions humaines, et des anges porteurs de la révélation[1]. Bien que le Coran parle très souvent des anges, il passe sous silence leur nature d'origine et il n'en donne qu'une seule description dans la sourate XXXV-1[2]

« Gloire à Dieu, créateur des cieux et de la terre, celui qui emploie pour messagers les anges à deux, trois et quatre paires d’ailes ; il ajoute à la création autant qu’il veut ; il est tout-puissant. »

— Le Coran (trad. Albin de Kazimirski Biberstein), « Les Anges ou le Créateur », XXXV, 1, (ar) فاطر


Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot viendrait de l'ancien sémitique : malʾāk avec le sens de « messager »[2].

Les anges dans le Coran et dans la tradition islamique[modifier | modifier le code]

Ahmad Musa

Dans la plupart des cas, les anges interviennent en tant que messagers de Dieu à des prophètes ou à des personnages déterminés, notamment à Abraham, à Zacharie, à Marie, la mère de Jésus. Dans d'autres cas, les anges sont envoyés pour soutenir les croyants contre leurs ennemis [3]. Il est aussi question des « anges gardiens » ou « anges scribes ». Selon les traditions, chaque être humain serait accompagné de deux anges : un « ange de la droite » écrivant ses bonnes actions et un « ange de la gauche » qui inscrit les mauvaises[4],[5]. Ils ont été créés de lumière par Dieu[réf. nécessaire] (ou d'air chaud selon l'interprétation des textes par Jacqueline Chabbi[6], à l'instar des mirages), ils n'ont pas de libre arbitre et ils ne seront donc pas jugés au jour du jugement dernier[réf. nécessaire].

Le Coran ne cite nommément que quelques anges. Certains sont désignés par une fonction, sans être nommés, comme l'ange de la mort par exemple[7]. Ce sont surtout les commentaires et la prédication populaire qui se sont chargés de nommer et décrire la plupart des êtres angéliques.

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Gabriel (Jibrīl) est le plus important des anges, toutefois il n'est mentionné que trois fois par son nom dans le Coran[8]. D'après la tradition s'appuyant sur l'interprétation de deux passages tardifs du Coran[9], la révélation coranique a été transmise à son prophète Mahomet par l'ange Gabriel dans la grotte du mont Hirā.

D'autres expressions du Coran ont été assimilées à lui : l'Esprit fidèle[10], mais aussi le Grand Ordonnateur (An-Namous al Akbar), L'Esprit-Saint (ar-Rouh al-Qaddous), et l'Intègre (Al-Amin)[11] . Le Livre de l'Échelle de Mahomet[Quand ?], relate l'ascension jusqu'à Dieu de Mahomet sous la conduite de l'ange Gabriel[12]. Il est traditionnellement l'ange qui annonce les naissances, et bien que le Coran ne le précise pas, selon les traditions, il aurait annoncé la naissance de Jean-Baptiste (Yaḥyā) au prophète Zacharie (Zakariyyā), et la naissance de Jésus (ʿīsā) à la Vierge Marie (Maryam). d'après Mahomet[réf. nécessaire], lorsqu'il le voyait sous sa forme angélique, Gabriel a 600 ailes qui couvrent tout un horizon desquelles tombent des rubis et des pierres précieuses en formant des arcs-en-ciel.

Mikaël (Michel ou Michael) n'est nommé qu'une seule fois dans le Coran[13]. La tradition le considère comme un des anges du Jugement dernier chargé de la « pesée des actes ». Selon des traditions, il serait aussi l'ange chargé de la pluie et de la végétation.

Raphaël (Isrāfīl) n'est cité ni dans le Coran, ni dans les hadīth, mais il en est souvent question dans l'eschatologie populaire. Il serait l'ange chargé de souffler trois fois dans une énorme trompette qu'on lui a ordonné de porter dans sa bouche depuis le jour de la naissance du prophète Mahomet[réf. nécessaire]:

*une fois pour la destruction du monde (ce jour-là toutes les créatures entendront le bruit de sa trompette quelques secondes avant de mourir foudroyées)
  • une deuxième fois pour réveiller les morts au jour de la résurrection.
  • une troisième fois pour annoncer le début du jugement dernier.

[réf. nécessaire]

Izrāʾīl (ou Azraël) n'est pas cité dans le Coran. La tradition l'a associé à l'Ange de la Mort (Malāk-Al-Mawt)[14] qui est chargé d'ôter l'âme des corps des défunts. Il apparaîtrait terrifiant aux impies et consolateur aux fidèles[4]. Les assistants de l'Ange de la mort sont de deux sortes ; les Anges de miséricorde et les Anges du supplice. Le Coran cite aussi la mécréance des Égyptiens lorsque Dieu leur avait envoyé les prophètes Moïse et Aaron et donc, cite aussi que pour les punir, il abattit sur eux l'ange de la mort. Au commencement, Dieu l'aurait envoyé prendre un peu de terre. Mahomet l'ayant vu lors de son voyage nocturne l'a dit si grand que ses pieds touchent la base du premier ciel et sa tête le sommet du septième ciel[réf. nécessaire].

Le Jardin de Roses

Riḍwān (Redouane, Radwane, Ridohan), qui n'est pas nommé dans le Coran, est chargé de garder le Paradis[15]. C'est le plus grand de ses serviteurs. Les gardiens du Paradis sont innombrables, « seul le Seigneur peut délimiter leur nombre » d'après le Coran[Informations douteuses]. Bien d'autres anges, qui ne sont pas mentionnés dans le Coran, ont été nommés et abondamment décrits avec de nombreuses variantes par les prédicateurs populaires s'inspirant des commentaires coraniques et de récits divers. Par exemple, deux anges célèbres, Munkar et Nakir, sont les anges de « l'interrogatoire du tombeau », et leur aspect suscite la terreur. Ils auraient pour tâche d'interroger dans leur tombeau l'infidèle et le croyant qui a commis de grandes fautes. En revanche, il est raconté que ce sont les anges Mubashshar et Bashir qui interrogent le croyant qui n'a pas péché[16].

Malek, le gardien de l'enfer, est nommé dans le Coran (« Ornements d’or », XLIII, 77), et ne sourit jamais à cause de sa création.

Deux anges, Hârût et Mârût, sont cités une fois[17]. Ces noms sont des déformations de déités du panthéon zoroastrien Haurvatât «intégrité» et Ameretât «immortalité»[18].

D'après la tradition musulmane, les anges ne possèdent pas de libre-arbitre, ils sont incapables de désobéir : ils font simplement ce que Dieu leur demande. Contrairement à l'être humain et aux djinns qui sont les destinataires finaux des messages divins, l'ange n'est pas concerné par le jugement dernier (décision divine de l'envoi au paradis ou en enfer). Concernant le libre arbitre ou le fait de désobéir dans le Coran on peut lire que Shaytan (Satan) n'a pas voulu s'agenouiller devant Adam lorsque Dieu a demandé à ses anges de le faire.Cependant Shaytan (ou Iblis) n'est pas un Ange mais un Djinn, comme indiqué dans le Coran. Shaytan gonflé d'orgueil ne l'a pas fait, car fait de feu sans fumée, il s'est dit mieux qu'Adam, fait lui d'argile.

Selon un hadīth, Dieu aurait créé l'ange à partir de la lumière, le djinn à partir de feu sans fumée et l'homme à partir d'argile. Comme dans les autres traditions, les anges n'ont pas de sexe et ne se reproduisent pas, contrairement à l'être humain et aux djinns.

Il existerait des myriades d'anges partout sur Terre... « Un homme ne peut lever sa main au ciel sans toucher un ange ».[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Malek Chebel, Dictionnaire des symboles musulmans, éd. Albin Michel, 1995, p. 38
  2. a et b Louis Gardet, L'Islam, Religion et Communauté, Desclée De Brouwer, 1970[réf. incomplète]
  3. « La Famille d’Imran », III, 124), « Le Butin », VIII, 9 et « Les Confédérés », XXXIII, 9
  4. a et b Louis Gardet, L'Islam, Religion et Communauté, Éditions Desclée De Brouwer, 1970
  5. « Le Ciel qui se fend », LXXXII, 10:12
  6. Jacqueline Chabbi, Le Seigneur des tribus : L'islam de Mahomet, Paris, CNRS éditions,‎ 2010, 730 p. (ISBN 978-2-271-06711-1), passage à indiquer
  7. Le Coran, « L’Adoration », XXXII, 11\compact, (ar) السجدة
  8. « La Vache », II, 91:92, et « La Défense », LXVI, 4
  9. « L’Étoile », LIII, 4–18 et « Le Soleil ployé », LXXXI, 19–25
  10. Muhyi~d~dîn Ibn'Arabî, La Sagesse des Prophètes, Glossaire
  11. Malek Chebel, dictionnaire des symboles musulmans, éd. Albin Michel, 1995, p. 39
  12. Muhyi~d~dîn Ibn'Arabî, La Sagesse des Prophètes
  13. « La Vache », II, 92
  14. « L’Abeille », XVI, 30, au pluriel[Pourquoi ?]
  15. Le Livre de l'Échelle de Mahomet, ch. 45-48,49,52.
  16. Louis Gardet, L'Islam, Religion et Communauté, page 86, Éditions Desclée De Brouwer, 1970
  17. « La Vache », II, 102
  18. Jacqueline Chabbi, Le Seigneur des tribus : L'islam de Mahomet, Paris, CNRS éditions,‎ 2010, 730 p. (ISBN 978-2-271-06711-1), p. 547 note 325

Voir aussi[modifier | modifier le code]

http://www.sajidine.com/les-piliers-de-la-foi/anges/avant-propos.php

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Gardet, L'Islam, Religion et Communauté, Éditions Desclée De Brouwer, 1970
  • Henry Corbin, L'Homme et son Ange, Éditions Fayard, 1983, ISBN 2-213-01295-4
  • Le Livre de l'Échelle de Mahomet, Éditions Le Livre de Poche, Lettres Gothiques, 1991, ISBN 2-253-05644-8
  • Muhyi~d~dîn Ibn'Arabî, La Sagesse des Prophètes, Éditions Albin Michel, Spritualités vivantes, 1974