Maladies tropicales négligées

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Jeune garçon du Panama atteint de Maladie de Chagas. L'infection est manifestement aiguë, on constate une tuméfaction de l'œil droit (chagome).

Les maladies tropicales négligées (souvent désignées sous l'acronyme anglo-saxon NTDs) sont un groupe de diverses maladies tropicales fréquentes au sein des populations à faible revenu dans les régions en développement d'Afrique, d'Asie, et d'Amérique. Elles sont causées par divers pathogènes au premier rang desquels les parasites helminthes ou protozoaires, mais également les virus et les bactéries. En Afrique subsaharienne, l'impact de l'ensemble de ces pathologies est comparable au paludisme et la tuberculose[1]. Certaines de ces pathologies peuvent être prévenues ou traitées par des moyens accessibles aux pays les plus développé mais non dans les régions les plus pauvres du globe. Dans certains cas pourtant, les traitements sont relativement peu onéreux. Par exemple, le traitement de la bilharziose est de 0,20$ par enfant et par an[2]. Cependant, le coût du contrôle de ces pathologies à l'échelle mondiale est estimé entre 2 et 3 milliards de dollars pour les 5 à 7 années à venir[3].

Ces maladies sont souvent mises en contraste avec les trois grands fléaux mondiaux que sont l'infection par le VIH, la tuberculose, et le paludisme, lesquelles bénéficient de nombreux fonds de recherche et de traitement. Les maladies tropicales négligées constituent pourtant des comorbidités fréquentes de ces infections[4]. Cependant, on assiste de manière sporadique à des dons de médicaments nécessaires par certaines compagnies pharmaceutiques et des politiques d'administration de masse on été efficaces dans plusieurs pays[5].

Dix-sept maladies tropicales négligées ont été priorisées par l'OMS. Ces maladies sont considérées comme endémiques dans 149 pays, affectant plus de 1,4 milliards de personnes dont plus de 500 millions d'enfants[6]. Bien que le poids économique de ces pathologies sur les économies en développement soit difficile à chiffrer, il est estimé à plusieurs millairds de dollars chaque année[7]. Elles ont provoqué 142 000 décès en 2013, chiffre en baisse par rapport aux 204 000 décès en 1990[8]. De ces dix-sept pathologies, deux sont ciblées pour être éradiquées prochainement : la dracunculose d'ici à 2015 et le pian d'ici à 2020. Par ailleurs, quatre sont ciblées pour élimination : le trachome, la maladie du sommeil, la lèpre et la filariose lymphatique d'ici à 2020[7].

Liste des maladies[modifier | modifier le code]

Il existe un débat au sein de l'OMS, du CDC, et des experts en maladies infectieuses concernant les pathologies à classer comme maladies tropicales négligées. Feasey, chercheur sur le sujet, note treize maladies tropicales négligées: l'ascaridiose, l'ulcère de Buruli, la maladie de Chagas, la dracunculose, l'ankylostomose, la maladie du sommeil, la Leishmaniose, la lèpre, la filariose lymphatique, l'onchocercose, la bilharziose, le trachome, et la trichocéphalose[9]. Fenwick reconnait quant à lui douze maladies tropicales négligées « essentielles »: l'ascaridiose, l'ulcère de Buruli, la maladie de Chagas, la dracunculose, la maladie du sommeil, la Leishmaniose, la lèpre, la filariose lymphatique, l'onchocercose, la bilharziose, le trachome, et la trichocéphalose[10].

Ces pathologies résultent de quatre types de pathogènes: (i) les parasites protozoaires (maladie de Chagas, maladie du sommeil, leishmaniose); (ii) les bactéries (ulcère de Buruli, lèpre, trachome, pian), (iii) les parasites helminthes ou vers (cysticercose/taeniasis, dracunulose, échinococcose, distomatoses, filariose lymphatique, onchocercose, bilharziose, nématodoses instestinales); et (iv) les virus (dengue et chikungunya, rage).

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnait les dix-sept pathologies décrites ci-dessous comme maladies tropicales négligée[11].

Protozooses[modifier | modifier le code]

Trypanosomiase africaine[modifier | modifier le code]

Trypanosoma brucei, l'agent de la maladie du sommeil, sur un frottis sanguin.

La trypanosomiase africaine est couramment appelée maladie du sommeil. On compte moins de 10 000 cas actuellement[12]. La pathologie est constamment fatale en l'absence de traitement. C'est une maladie vectorielle[13], transmise au cours de la piqûre de glossine, également appelée mouche tsé-tsé.

Les traitements existant sont peu efficaces, notamment en raison du développement de résistances par le parasite, et présentes de nombreux effets indésirables potentiellement graves. Les symptômes les plus fréquents sont la fièvre, les céphalées, des adénopathies, une perturbation du rythme nycthéméral du cycle veille-sommeil, des troubles de la personnalité, un déclin cognitif et en fin d'évolution le coma puis la mort. La maladie peut être diagnostiquée à travers un test sérologique simple.

Trypanosomiase américaine[modifier | modifier le code]

La trypanosomiase américaine est couramment appelée maladie de Chagas. On estime à 15 millions le nombre d'individus infectés par Trypanosoma cruzi, l'agent de la maladie[9]. La morbidité est supérieur chez les patients immunocompromis, les enfants et les personnes âgées mais très faible en cas de traitement efficace précoce[14]. La maladie de Chagas est d'évolution lente, provoquant l'apparition de symptôme chroniques sur plusieurs années. Il s'agit d'une maladie vectorielle[15],[14] le parasite étant transmis par les fécès d'un triatome infecté. Le protozoaire peut pénétrer dans l'organisme par une brêche cutanée, liée ou non à la piqûre hématophage de l'insecte, ou par les muqueuses. L'infection peut également résulter de l'ingestion de liquides ou de nourriture infecté, voire de l'inhalation de fortes quantités de poussières contenant des fécès de l'insecte[14]. Enfin, on note une proportion non négligeable de transmission verticales au cours de la grossesse, ou encore lors de la transfusion de poches de sang infecté.

Ainsi, la maladie de Chagas peut être prévenue d'abord par l'élimination des foyers domestiques de triatome, l'amélioration des habitats, l'installation de moustiquaires, l'amélioration de l'hygiène alimentaire, et le dépistage, notamment des femmes en âge de procréer et des donneurs de sang[14].

On décrit deux phases à la maladie de Chagas. La phase aiguë est habituellement asymptomatique. Les premiers symptômes sont habituellement le chancre, le chagome, correspondant à un œdème de la paupière unilatéral, des adénopathies locale et la fièvre, accompagnés de différents autres symptômes variés et dépendant du site d'inoculation[14]. On voit le développement d'une phase chronique dans 30% des infections[9] qui peut se manifester sous trois formes: asymptomatique (le plus fréquent), cardiaque ou digestive[14]. La maladie est de diagnostic difficile, sérologique et microscopique ou par l'objectivation de complications cardiaques ou digestives par imagerie[9]. Bien qu'il soit pourvu d'effets secondaires potentiellement sévères, un traitement existe[14].

Leishmaniose[modifier | modifier le code]

Aire de répartition de la leishmaniose dans le monde.

Les trois formes de leishmaniose sont viscérale (Kala azar), cutanée, and muco-cutanée[16]. On estime à 12 millions le nombre de personnes atteintes[9]. La pathologie est fatale en l'absence de traitement et on estime à 20 000 le nombre de décès annuels[17]. Il s'agit d'une maladie vectorielle[15] transmise lors de la piqûre du phlébotome. Au moins 90% des leishmanioses viscérales sot réparties entre le Bangladesh, le Brésil, l'Éthiopie, l'Inde, le Soudan et le Soudan du Sud. On retrouve la leishmaniose cutanée en Afghanistan, en Algérie, au Brésil, en Colombie, en Iran, au Pakistan, au Pérou, en Arabie saoudite et en Syrie. Autour de 90% des leishmanioses cutanéo-muqueuses on lieu en Bolivie, au Brésil et au Pérou[16].

Le diagnostic repose sur la clinique, les tests sérologiques et l'identification du parasite sur différents prélèvements au premier rang desquels le frottis sanguin et la ponction de moëlle osseuse[18]. Des traitements existent mais sont chers, donc relativement peu accessibles aux populations concernées[19]. La prévention repose sur la protection contre les piqûre. De plus, un vaccin est en cours de développement.

Infections bactériennes[modifier | modifier le code]

Lèpre[modifier | modifier le code]

Mains déformées d'un lépreux en Inde.

On dénombrait 189 018 cas de lèpre en mars 2013, et 232 857 nouveaux cas étaient diagnostiqués en 2012[20]. On compte 1 à 2 millions d'individus handicapés ou défigurés en raison d'une lèpre active ou passée[21], qu'on retrouve en Angola, au Brésil, en République Centrafricaine, en République Démocratique du Congo, en Inde, à Madagascar, au Mozambique, au Népal, en Tanzanie[20]. En effet, en l'absence de traitement, la lèpre en une maladie délabrante causée par une bactérie, Mycobacterium leprae. La transmission se fait entre individus par l'intermédiaires de goutelettes issues de sécrétions nasales et buccales (goutelettes de Pflügge)[22], l'incubation pouvant alors aller de 5 à 20 ans. Les symptômes sont représentés par une atteinte de la peau, des nerfs, des yeux conduisant à une atrophie tissulaire[22]. Le traitement repose sur une pluri-antibiothérapie[20] mais la maladie est curable à la condition que le traitement soit adapté et précoce[21]. Le vaccin BCG possède un certain effet préventif contre la lèpre.

Ulcère de Buruli[modifier | modifier le code]

La prévalence de l'ulcère de Buruli est inconnue[9] mais on retrouve cette pathologie en Afrique, en Asie, et en Amérique latine[23].

La maladie est causée par une bactérie[24], Mycobacterium ulcerans, causant des atteintes cutanées à type de nodules puis d'ulcères pouvant se surinfectés et provoquant des difformités responsables de handicaps. Le risque de mortalité est bas, bien que des surinfections de lésions initiales puissent être létales[24]. Le traitement repose sur la chirurgie et les antibiotiques[24] et lorsqu'il est précoce, il permet d'éviter le développement de la majorité des symptômes[24].

Trachome[modifier | modifier le code]

On estime à 21,4 millions le nombre de personnes atteintes de trachome dont 2,2 millions malvoyants et 1,2 millions non voyants. On la retrouve en Afrique, en Asie, en Amérique centrale et du sud, au Moyen-Orient et en Australie[25]. La maladie atteint préférentiellement les femmes et les enfants[25]. Malgré un pronostic fonctionnel péjoratif, le risque de mortalité est très bas[9],[25].

La maladie est causée par une bactérie, Chlamydia trachomatis, qui se dissémine à partir de sécrétions oculaire sur les mains, les vêtements ou encore les mouches s'abreuvant de ces sécrétions[25]. La symptomatologie consiste en une inflammation de la face interne des paupières provoquant une déformation de la structure de la paupière et une mise en contacte des cils avec la cornée qui s’opacifie à force de frottements[25]. Le traitement a recours aux antibiotiques, au premier rang desquels l'azithromycine en collyre. La seule prévention connue consiste en une hygiène personnelle. Des campagnes répétées de traitement et d'éducation des populations concernées semble n'avoir eu que très peu d'effet tandis que la seule mesure de prévention efficace reste l'accès à une éducation de base des populations atteintes[26].

Pian[modifier | modifier le code]

Lésions faciales et antébrachiales de pian avant et après un traitement de 3 semaines par azithromycine.

Il existe peu de données sur la prévalence du pian mais on sait qu'il affecte préfrentiellement les enfants[27]. La maladie est la plus prévalente dans les régions chaudes et humids d'Afrique, d'Asie, d'Amérique du Sud et dans les îles de l'océan pacifique[27].

Il s'agit d'une maladie bactérienne chronique transmise par contact et due à un tréponème, Treponema pallidum pertenue[27]. Le traitement repose sur les antibiotiques (notamment la pénicilline)[27] et la maladie peut être prévenue par de simples mesures d'hygiène individuelle[27]. La symptomatologie est représentée par des lésions cutanées ulcérées sur fond bourgeonnant pouvant le plus souvent se surinfecter et éventuellement s'abcéder[27]. Bien que le risque de mortalité soit bas, le pronostic fonctionnel peut être péjoratif en raison de lésions handicapantes, en plus d'un pronostic esthétique majeur, surtout en cas de lésion faciale[27].

Verminoses[modifier | modifier le code]

Cysticercose et taeniasis[modifier | modifier le code]

Échinococcose[modifier | modifier le code]

Aire de répartition d’Echinococcus granulosus dans le monde.

L'échinococcose atteindrait plus d'un million de personnes dans le monde actuellement, particulièrement dans les zones rurales[28]. On regroupe sous le vocable échinococcose principalement deux maladies distinctes causées par deux parasites différents : l'échinococcose alvéolaire (Echinococcus multilocularis) et l'échinococcose kystique ou hydatique ou hydatidose (Echinococcus granulosus). On retrouve l'échinococcose kystique à l'est du pourtour méditerranéen, en Afrique du Nord, dans la moitié sud de l'Amérique du Sud, en Amérique centrale en Asie centrale. L'échinococcose alvéolaire est retrouvée en Chine occidentale et septentrionale, en Russie, en Europe et en Amérique du Nord[29].
La maladie est causée par l'ingestion de parasites présents dans les selles de certains animaux sauvages, classiquement les canidés[29]. Les deux infections impliquent une période d'incubation de plusieurs années. L'échinoccocose cystique provoque, comme son nom l'indique, des kystes hépatiques appelés kystes hydatiques provoquant douleurs abdominales, nausées et vomissements. Ces kystes peuvent également être retrouvés au niveau des poumons, provoquant toux, douleur thoracique et dyspnée. L'échinococcose alvéolaire commence également par un kyste, en général hépatique, qui va progressivement envahir l'organe, provoquant asthénie, douleurs abdominales, nausées et vomissements et pouvant, au terme d'une évolution de plusieurs années, induire une insuffisance hépatique, une cirrhose du foie ou des cancers hépatiques[30]. Ainsi, l'échinococcose non traitée peut être fatale[30]. La maladie est diagnostiquée par les techniques d'imagerie médicale et les tests sérologiques[31]. Le traitement de l'échinoccocose est à la fois chirurgical et médicamenteux concomitamment à la chirurgie par l'administration d'albendazole[30]. La maladie eut être prévenue par la vermifugation des animaux de compagnie, l'amélioration des conditions d'élimination de leurs selles, l'amélioration des conditions d'hygiène globale concernant notamment l'alimentation et la boisson[31].

Dracunculose[modifier | modifier le code]

Méthode traditionnelle d'extraction du parasite au cours d'une dracunculose.

La dracunculose est également connue sous le nom de filariose de Médine. En 2012, les quatre pays endémiques étaient le Tchad, l'Éthiopie, le Mali et le Sud-Soudan[32]. Un programme d'éradication de l'OMS, soutenu par la Fondation Carter a permis de réduire la prévalence et l'incidence de la maladie de façon drastique[32]. Ainsi, on a recensé 113 cas de dracunculose en 2013, chiffre en baisse par rapport aux 542 cas recensés en 2012[32] et en chute libre comparativement aux 3 500 000 cas estimés en 1986[33].
La maladie est dû à une helminthe, Dracunculus medinensis, également appelé filaire de Médine ou vers de Guinée. La transmission a lieu lors de l'ingestion d'eau infestée par des crustacés aquatiques, les cladocères, eux-mêmes infectés par la larve de Dracunculus medinensis[32]. La pathologie n'est pas létale en elle-même, mais peut être la cause d'une inactivité prolongée[32] en raison des plaies durables et handicapantes qu'elle induit. Le traitement consiste en le nettoyage et le bandage des plaies provoquées par l'issue du parasite environ un an après l'infection, en général en zone distale du membre inférieur (classiquement, la zone péri-malléolaire). Ceci est associé à l'extraction très lente du parasite en l'entourant autour d'une petite pièce de bois. L'extraction est de l'ordre du centimètre par jour, le traitement étant ainsi très long, le parasite pouvant mesurer plus d'un mètre de long [32]. Une extraction plus rapide est dangereuse en raison du risque de rupture du parasite qui entraînerait d'importants troubles allergiques chez le patient pouvant conduire au choc anaphylactique puis au décès. La dracunculose peut être prévenue par la filtration de l'eau, l'identification rapide des cas afin de prévenir le risque de dissémination et le traitement des eaux de boissons avec des larvicides. Le cycle du parasite étant long, de l'ordre d'un an, ces méthodes sont rapidement efficaces lorsqu'elles sont suivie à l'échelle d'une population.

Filariose lymphatique[modifier | modifier le code]

Éléphantiasis des jambes lié à une filariose lymphatique. Luçon, Philippines, 1962.

La filariose lymphatique, entraînant l'impressionnant éléphantiasis, touche approximativement 120 millions d'individus[34] dont 40 millions sont atteints de difformités[10]. Ces cas sont répartis pour les deux tiers en Asie du Sud-Est, le tiers restant étant retrouvé en Afrique subsaharienne[34].
La maladie peut-être causée par différentes espèces de nématodes : Wuchereria bancrofti (filaire de Bancroft, la plus fréquente), Brugia malayi (filariose de Malaisie) et Brugia timori[35]. Il s'agit d'une maladie vectorielle transmise par diverses espèces de moustiques des genres Anopheles, Culex, Aedes ou Mansonia[15]. La maladie est rarement fatale[36], mais les dommages liés au parasite perdurent pour le reste de la vie des patients. Ils consistent en des lymphœdèmes des membres, des pathologies génitales et des crises douloureuses. La plupart des patients infectés sont asymptomatiques mais présentent des dommages du système lymphatique et plus de 40 % des patients infectés présentent des dommages rénaux pouvant entraîner une insuffisance rénale[35]. Le diagnostic se fait par l'examen parasitologique du sang de patient, prélevé en milieu de journée ou en milieu de nuit (en général les deux) en fonction de l'espèce infectante considérée[36]. Le traitement historique des filarioses est la diéthylcarbamazine. Toutefois, un traitement antihelmintique à base d'ivermectine ou d'albendazole voire de praziquantel est efficace[37]. Une autre strastégie consiste en l'administration de doxycycline, antibiotique ciblant la Wolbachia, bactérie symbiotique du parasite. La prévention passe par la lutte contre les vecteurs et leurs piqûres et l'administration préventive de filaricides et microfilaricides.

Onchocercose[modifier | modifier le code]

L'onchocercose, également connue comme « cécité des rivières », touche environ 37 millions de personnes [9], à 99 % en Afrique subsaharienne[38], notamment dans les zones rurales[38]. La maladie est causée par une filaire, Onchocerca volvulus, transmise par une mouche hématophage du genre Simulie. Ce sont les caractère du vecteur qui expliquent le nom classique de « cécité des rivières », les simulies se retrouvant principalement le long de cours d'eau mouvante, ombragés et aérés. Ainsi, l'onchocercose provoque le déplacement de populations les éloignant de points d'eau douce et l'abandon de villages entiers.
Le parasite provoque à l'état larvaire une cécité, des rashs cutanés, une dépigmentation de la peau et des démangeaisons[39]. La maladie peut-être traitées par l'ivermectine[39] et prévenue par l'épandage d'insecticides et l'administration d'antihelminthique à titre préventif[38].

Bilharziose[modifier | modifier le code]

Enfant de 11 ans atteint d'ascite et d'hypertension portale consécutives à une bilharziose (Agusan del Sur, Philippines)

On décompte plus de 200 millions de cas de bilharziose[10] (également appelée schistosomiase) dans le monde. On estime que 85% de ces cas sont situés en Afrique sub-saharienne[10] dont très majoritairement des bilharzioses intestinales et urinaires, bien qu'il existe des formes cliniques particulières dues à certaines espèces spécifiques d'autres régions du monde, notamment d'Asie du Sud-Est.
Les différentes espèces de Schistosoma ont un cycle parasitaire complexe où l'humain est hôte définitif tandis que des mollusques d'eau douce font office d'hôte intermédiaire, chaque espèce de schistosome ayant un mollusque différent pour hôte intermédiaire. L'infection à lieu lors du contact cutané avec de l'eau contaminée. Les dommages organiques consécutifs à l'infection ne sont pas tant dus au vers lui-même ou à sa larve mais à l'importante quantité d’œufs produits par les parasites[40]. Les conséquences classiques sont représentées par l'hématurie, l'obstruction vésicale, l'insuffisance rénale, le cancer de vessie, la fibrose péri-portale puis conséquemment l'hypertension portale, l'ascite, les hémorragies digestives hautes consécutives à l'apparition de varices oesophagiennes[9]. Ainsi, la maladie peut-être fatale au terme d'une évolution relativement longue. L'infection par le parasite est également la cause de lésions du col utérin chez la femme et la petite fille, augmentant le risque de transmission du VIH[10].
La maladie peut-être diagnostiquée par test sérologique, produisant de nombreux faux positifs, mais également par l'examen direct des selles et des urines (éventuellement des crachats) à la recherche d’œufs[10]. Le praziquantel est utilisé pour traité les patients atteint de schistosomiase mais ne prévient pas la réinfection. Le coût de prévention est estimé à 0,32 USD par enfant et par an[10] et consisterait en une administration de masse de praziquantel, un meilleur accès à de l'eau propre, une amélioration des conditions d'hygiène et une éducation à la santé des populations concernées[9]. Des vaccins sont également en cours de développement, notamment le Bilhvax.

Nématodoses digestives[modifier | modifier le code]

Vers adultes d’Ascaris lumbricoïdes dans le canal biliaire d'un patient en Afrique du Sud.

Le terme de nématodose digestive inclus, dans le cadre des maladies tropicales négligées, la trichocéphalose (Trichuris trichiura), l'ascaridiose (Ascaris lumbricoïdes) et l'ankylostomose (Ancylostoma duodenale et Necator americanus)[41]. On estime à 1,5 milliards le nombre d'individus infectés par ces organismes[41]. Les nématodoses digestives sont retrouvées en Afrique subsaharienne, en Amérique centrale et du Sud, en Chine et en Asie du Sud-Est[41].
La transmission de ces vers parasites est généralement due à l'exposition à des selles infectées par voie cutanée ou intestinale (péril fécal), répandues par des pratiques telles que la défécation en plein air ou l’épandage des selles humaines comme engrais agricole[41]. Les symptômes les plus communs sont l'anémie, le retard de croissance, une diminution des capacités physiques ainsi que des performances scolaires et de l'attention[9]. La gravité de la pathologie dépend largement de la charge parasitaire du patient, mais peut inclure des problèmes intestinaux et une asthénie pouvant compromettre le développement physique et cognitif des enfants atteints[41]. Le traitement médicamenteux par flubendazole, albendazole ou ivermectine peut souvent suffire mais le recours à la chirurgie digestive est parfois nécessaire en cas de charge parasitaire très élevée ou de complications digestives[41]. Ces maladies peuvent être prévenues par des amélioration des conditions d'hygiène domestiques et des infrastructures de traitement des eaux usées, par l'accès à l'eau propre et des mesures de préparation alimentaire propre[41]. L'OMS recommande la vermifugation sans diagnostic préalable dans les régions du monde les plus touchées[41].

Viroses[modifier | modifier le code]

Dengue[modifier | modifier le code]

On estime entre 50 et 100 millions le nombre d'infections par le virus de la dengue annuellement[42]. On retrouve les cas de dengue principalement en Asie, en Amérique latine et dans le Nord de l'Australie[42].

La dengue est une arbovirose causée par un flavivirus transmise par la piqûre d'un moustique, Aedes aegypti, lors de son repas sanguin[42]. Il n'existe pas de traitement autre que symptomatique[42]. Les symptômes sont peu spécifiques, associant fièvre, céphalées, arthralgies, myalgies, mimant ainsi un syndrome grippal[42]. La dengue n'est pas léthale dans la majorité des cas, mais l'infection avec l'un des quatre sérotypes peut augmenter la gravité d'une infection ultérieure par un autre sérotype, résultant en une dengue sévère potentiellement mortelle[42].

Rage[modifier | modifier le code]

Un Rhabdovirus.

La prévalence est plus élevée dans les zones rurales et affecte prioritairement les enfants d'Asie et d'Afrique[43].

La rage est habituellement fatale après le développement des symptômes[44]. La maladie est causée par un Rhabdoviridae du genre Lyssavirus transmis au travers des blessures ou de morsures par des animaux infectés[43]. Il existe deux formes de rage : furieuse et paralytique. On estime à 60 000 le nombre de victimes de la rage chaque année[45]. Les premiers symptômes sont représentés par la fièvre et la douleur au site d'infection entre 1 et 3 mois après la période d'incubation. La rage furieuse, le ype le plus commun de rage, cause hyperactivité, hydrophobie et aérophobie avant que le décès ne survienne par arrêt cardio-respiratoire en quelques jours. La rage paralytique provoque une lente progression vers une paralysie généralisée, puis un coma et enfin le décès[43]. Il est impossible de diagnostiquer une rage avant le début des symptômes mais peut être détecter après le début des symptômes[43]. Elle peut être prévenue par la vaccination des Humains et d'animaux non-humains tels le chien[43] par le nettoyage et la désinfection des blessures (prophylaxie post-exposition)[44], mais il n'existe pas de traitement curatif.

Autres maladies tropicales négligées[modifier | modifier le code]

Morsure de serpents[modifier | modifier le code]

L'OMS liste les morsures de serpents comme « autre condition négligée »[46]. Les morsures de serpent sont un problème de santé publique dans les zones rurales d'Afrique et d'Asie du Sud et du Sud-Est. Il n'existe en revanche pas de programme officiel de l'OMS pour le diagnostic, le traitement ou la prévention des morsures de serpent.

Conséquences économiques[modifier | modifier le code]

Conteh, Engels et Molyneux attribuent le faible coût de traitement des maladies tropicales négligées au nombre important de programmes, la mise à disposition de médicaments gratuite par les compagnies pharmaceutiques, le mode de délivrance des médicaments et la distribution de ceux-ci par des volontaires bénévoles. Ils arguent également du fait que le poids économiques de ces maladies est sous-évalué, permettant mal d'estimer l'impacte économique mais également le rapport coût/efficacité des traitements de ces maladies[47]. Le retour sur investissement des mesures de contrôle des NTDs est estimé entre 14 et 30%, en fonction de la maladie et de la région du monde considérée[48]. Une élimination des verminoses à long terme permettrait une diminution de 25% de l'absentéisme scolaire et une augmentation du revenu des adultes de 20%[49].

Cependant, le coût du traitement de certaines de ces maladies, comme l'ulcère de Buruli, peut revenir à plus de deux revenus annuels d'un foyer vivant dans le quartile aux plus faible revenus, alors ue dans le quartile aux plus hauts revenus la charge représente un peu moins du revenus annuel moeyn par foyer. Ces coûts élevés impactent la qualité du traitement et peuvent mener à une ruine financière. Ces maladies ont également un coût public en termes de développement de programme de santé publique et de perte de productivité de la main-d'œuvre en raison de la morbidité et d'une réduction de l'espérance de vie. Au Kenya, par exemple, on estime qu'une élimination des verminoses permettrait d'augementer le revenu des adultes de 40%, représentant un ratio bénéfices/coût de 100%. On estime à 118$ la perte de productivité engendrée par chaque cas de trachome. Chaque cas de bilharziose cause une perte de 45,4 jours de travail par an. La plupart des maladies considérées provoquent des pertes économiques des pays en voie de développement se chiffrant par millions de dollars[47].

Impact social[modifier | modifier le code]

Santé publique[modifier | modifier le code]

Pourquoi ces maladies sont-elle négligées ?[modifier | modifier le code]

Prévention[modifier | modifier le code]

Tandis que Fenwick argue du fait que la prévention et l'éradication sont importantes en raison « de l'épouvantable stigmatisation, la défiguration, la cécité et les déficiences causées par les maladies tropicales négligées »[10], Hotez publie un article en 2013, dans lequel il évoque une potentielle élimination ou éradication de la dracunculose, la lèpre, la filariose lymphatique, l'onchocercose, le trachome, la maladie du sommeil, la leishmaniose viscérale, et la rage dans les dix ans à venir[50]. Un journal dédié maladies tropicales négligées, PLoS Neglected Tropical Diseases, a été lancé en 2007. Il existe également un groupement international dédié au contrôle des NTDs appelé Global Network for Neglected Tropical Diseases Control[9].

Marché et initiatives pharmaceutiques[modifier | modifier le code]

Actions politiques[modifier | modifier le code]

Organisations Non Gouvernementales[modifier | modifier le code]

Il existe actuellement deux ONG se concentrant exclusivement sur les maladies tropicales négligées[51] : Schistosomiasis Control Initiative (SCI) et Deworm the World Initiative (DtWI). Malgré un manque de fonds financiers patent, le traitement et la préventions des maladies tropicales négligées est « coût/efficace ». Le coût du traitement d'un enfant atteint d'une helminthiase ou d'une bilharziose est par exemple inférieur à 0,50 USD par année lorsqu'il est administré dans le cadre d'administration de masse au sein de la population scolaire par DtWI. Ce programme est recommandé par Giving What We Can et le Consensus de Copenhague comme une des solutions à la fois les plus efficaces et les plus « coût/efficaces ». Les effort de SCI pour lutter contre les maladies tropicales négligées inclus l'usage de kit dits « d'impact rapide » contenant quatre ou cinq médicaments et une formation des enseignants sur la manière de les administrer.

Initiatives public-privé[modifier | modifier le code]

En 2013, le gouvernement japonais, cinq compagnies pharmaceutiques japonaises, la Bill & Melinda Gates Foundation et le PNUD ont établi un nouveau partenariat public-privé nommé Global Health Innovative Technology Fund (GHIT). Les membres ont ainsi engagé cent millions de dollars sur cinq ans destinés à financer des partenariats de recherche et développement au Japon et ailleurs afin de travailler sur de nouveaux médicaments et vaccins de dix-sept maladies tropicales négligées en plus du VIH, du paludisme et de la tuberculose[52],[53],[54]. Le faible coût des vaccins et médicaments ainsi développés est un des critères majeurs à l'obtention des financements[52].
WIPO Re:Search est un programme fondé en 2011 par l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) en collaboration avec BIO Ventures for Global Health (BVGH) et la participation de compagnies pharmaceutiques majeures et d'autres organisations de recherche privées ou publiques. Ce programme permet aux organismes de partager leur propriété intellectuelle, leurs composés, leur expertise, leurs infrastructures et leur expérience de manière libre de droit avec des chercheurs qualifiés internationaux dans le domaine des NTDs, du paludisme et de la tuberculose[55],[56].

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]