Maladie de La Peyronie

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Maladie de La Peyronie
Classification et ressources externes
Peyronie disease.jpg
Maladie de La Peyronie sur un pénis humain en érection
CIM-10 N48.6
CIM-9 607.85
OMIM 171000
MedlinePlus 001278
eMedicine derm/851 
MeSH D010411
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La maladie de La Peyronie (aussi appelé Induratio penis plastica) est une sclérose des corps caverneux, responsable d'une déviation de la verge en érection.

La maladie de La Peyronie a été décrite par François de La Peyronie en 1743. Ce chirurgien du roi Louis XV a donné son nom à la maladie de La Peyronie mais aussi aux plaques de La Peyronie. Il s'agit d'une infiltration scléreuse du tissu conjonctif. Cette sclérose plus ou moins étendue en longueur voire en profondeur peut entraîner une déviation de la verge voire une dysfonction érectile. En effet l'érection va jusqu'à la plaque. Le plus souvent cette anomalie n'entraîne aucune gêne particulière. Cette maladie affecte environ 10 % des hommes.

Signes et symptômes[modifier | modifier le code]

En général, la maladie survient vers la cinquantaine. Deux tiers des hommes atteints ont entre 40 et 60 ans, sont de type européen et plus spécialement les hommes ayant le groupe sanguin A+. Avant même la présence de la (ou les) plaques, l'érection peut être douloureuse. Une fois les plaques apparues, la douleur disparaît le plus souvent. Pour d'autres hommes, il n'existe pas de phases douloureuses, mais la verge se coude peu à peu. À l'état flaccide, on palpe parfois des plaques indurées d'un ou des corps caverneux. Le plus souvent, les plaques se trouvent sur le dos de la verge qui se coude alors vers le haut.

La courbure de la verge doit inciter le malade à aller voir un médecin.

Physiopathologie[modifier | modifier le code]

La sclérose d'une portion des corps caverneux est responsable lors de l'érection d'une déviation de la verge, secondaire à l'absence d'expansion d'un des corps caverneux.

Étiologie[modifier | modifier le code]

Des recherches récentes avancent une hypothèse immunologique.

Pathologies associées[modifier | modifier le code]

Variation[modifier | modifier le code]

Les premiers symptômes sont une douleur intense provenant de l'intérieur du pénis lors de l'érection, et s'intensifiant avec le temps. Après quelques mois, la douleur diminue mais il y a un manque de rigidité sur le dessus de la partie du pénis, en avant du gland. La courbure se provoquera lors d'une mauvaise pénétration vaginale. Il en résultera en plus, une perte de longueur en érection, de plus ou moins 5 cm. Les comprimés "Viagra", "Cialis" et autres ne peuvent rien pour un tel cas. Les modes de relations sexuelles se trouvent diminuées. La méthode en ciseaux, la femme sur le dos et l'homme sur le coté, devient alors la plus appropriée[réf. nécessaire].

Diagnostic différentiel[modifier | modifier le code]

Diagnostic étiologique[modifier | modifier le code]

La maladie n'a aucune cause connue à ce jour, et donc aucun traitement à visée étiologique.

Évolution[modifier | modifier le code]

Par poussées avec amélioration ou aggravation de la coudure en fonction du caractère symétrique ou asymétrique de l'atteinte des corps caverneux. Elle se stabilise après une période de quinze à vingt-quatre mois et souvent régresse légèrement.

Conséquences[modifier | modifier le code]

La maladie de la Peyronie peut avoir des conséquences physiques et psychologiques dévastatrices. La plupart des hommes continueront à avoir des relations sexuelles, mais le degré de courbure de la verge et la dysfonction érectile peuvent entraîner des difficultés à avoir des rapports normaux. Il n'est pas rare de voir des hommes affligés de la maladie subir une dépression ou de voir leurs partenaires les quitter. Mais la plupart du temps, la maladie est qualifiée de bénigne.

Traitement[modifier | modifier le code]

  • Traitement oral : la vitamine E à la dose de 200 mg, trois fois par jour a été proposée mais l'amélioration très modeste observée n'était pas supérieure au placebo[1]. Il est donc difficile d'en recommander l'utilisation. La Procarbazine a aussi été essayée mais n'a pas été plus efficace que la vitamine E[2]. Pour le Potaba (Para Amino Benzoate de Potassium), une étude publiée en 2000 était aussi décevante[3].
  • Traitement local : Les injections locales de vérapamil dans les plaques (10 mg, deux fois par semaine, pendant six à douze semaines) semblent une option raisonnable pour les déformation > 30° (réduction du volume des plaques dans 57 % des cas[4]. Mais il n'est pas impossible que ce soit l'injection de produit localement qui améliore la situation quel que soit le produit[5]. Une étude qui comparait l'injection de placebo à l'injection d'interféron alpha-2b, a en effet montré que le placebo était efficace pour réduire la déformation objective (Elle est passée de 49° à 40 ° +/-8,6 (et 36,8° avec l'interféron).
  • Interventions chirurgicales : trois interventions sont possibles :
    • Intervention de Nesbit ou redressement de la verge ou cavernoplastie, éventuellement modifiée type Yachia ou Gholami[réf. nécessaire]
    • Une exérèse de la plaque plus remplacement de celle-ci par une greffe veineuse ou tissu synthétique.
    • implant pénien ± modeling ou corporoplastie en cas d'impuissance.

Les résultats sont bons notamment pour la première intervention. Celle-ci peut se pratiquer en chirurgie ambulatoire ou au cours d'une courte hospitalisation de 24 à 48 heures sous anesthésie locale ou générale.

Il existe un raccourcissement de la verge en post-opératoire de 1 à 2 cm dont il faut prévenir le patient

Un traitement anti-érection (androcure) est prescrit pendant un mois pour éviter une rupture des points sur les corps caverneux. L’exérèse de la plaque est plus délicate et peut entraîner une impuissance secondaire dont il faut prévenir le patient. La mise en place de prothèse donne de bons résultats en cas d'impuissance associée.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François de la Peyronie, Sur quelques obstacles, qui s’opposent à l’éjaculation naturelle de la semence, Mémoires de l’Académie royale de médecine, Paris, 1743, 1: 425-434.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pryor et Farrel, Prog Reprod Biol Med, 1983
  2. Morgan et Pryor, British Journal of Urol., 1978
  3. Weidner et al. Int J impot Res, 2000, abstract
  4. Levine, J Urol, 1994
  5. Communication de Hellstrom, ESSM-ISSM 2008, Bruxelles