Maladie de Chester-Erdheim

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Maladie de Chester-Erdheim
Classification et sources externes
CIM-10 C96.1
CIM-9 202.3
Diseases DB 29792
MeSH D031249

La maladie (ou syndrome) de Chester-Erdheim est une histiocytose non-langerhansienne rare touchant les individus d'âge moyen, décrite pour la première fois par William Chester et Jakob Erdheim en 1930[1].
Elle est caractérisée par la prolifération anormale d'un type spécifique de leucocyte, l'histiocyte (macrophage du tissu conjonctif), ce qui a pour conséquence l'infiltration des tissus conjonctifs, en particulier la moelle osseuse des os longs par des macrophages chargés en lipides, des cellules géantes multinucléées et des complexes inflammatoires lymphohystiocytaires. La maladie évolue vers la sclérose (induration) généralisée des sites atteints. Les os longs étant l'un des organes les plus fréquemment atteints, la maladie a également été dénommée histiocytose polyostotique sclérosante[2].

Présentation clinique[modifier | modifier le code]

La maladie affecte principalement les adultes, l'âge moyen des patients étant de 53 ans[3].

L'atteinte des os longs, bilatérale et symétrique, est quasi-universelle chez les patients. Les atteintes extra-osseuses se rencontrent chez plus de 50 % d'entre eux, et peuvent inclure les reins, la peau, les poumons et le cerveau. Le tissu rétro-orbitaire, l'hypophyse et le cœur sont des sites moins fréquents.

La douleur osseuse est le symptôme le plus fréquent de cette maladie, et affecte principalement les membres inférieurs (genoux et chevilles). La douleur est souvent décrite comme juxta-articulaire, modérée mais constante. L'exophtalmie apparaît chez certains patients et est habituellement bilatérale, symétrique et indolore. Dans la plupart des cas, elle apparaît plusieurs années avant que le diagnostic final ne soit posé.

Une étude de 59 cas, publiée en 1996, rapporte les symptômes suivants (par ordre de fréquence d'apparition)[3]:

Histologie[modifier | modifier le code]

La maladie de Chester-Erdheim se distingue de l'histiocytose langerhansienne sur plusieurs points :

  • elle n'est pas mise en évidence, contrairement à l'histiocytose langerhansienne, par un marquage à la protéine S-100 ou au CD 1a[3]
  • une analyse du cytoplasme en microscopie électronique ne révèle pas de granules de Birbeck[3]
  • les échantillons tissulaires montrent des infiltrations xanthomateuses ou xanthogranulomateuses par des histiocytes spumeux (gorgés en graisses), dans un environnement habituellement fibrosé.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Le diagnostic est souvent malaisé au vu de la rareté de la maladie et du diagnostic différentiel à établir avec une histiocytose langerhansienne.

L'examen complémentaire permettant d'obtenir le diagnostic avec la plus grande probabilité semble être l'analyse histologique d'une biopsie osseuse ; une image radiologique d'ostéosclérose est également un signe important.
L'imagerie par résonance magnétique du système nerveux central en pondération T2 peut montrer des changements symétriques de signaux cérébelleux et pontiques. Le diagnostic différentiel avec la sclérose en plaques et des maladies métaboliques doit cependant être fait[4].
La biopsie du tissu rétro-orbitaire en cas d'exophtalmie peut également apporter des indications, mais ne donne pas un diagnostic définitif[5].

Traitements[modifier | modifier le code]

Au vu de la rareté de la pathologie, aucune étude prospective sur le traitement n'a pu être faite. La thérapie empirique comporte des corticoïdes à haute dose, des bisphosphonates, du cyclophosphamide et de l'étoposide. Le traitement par Interféron-α semble également donner de bons résultats[5],[6]

Le debulking chirurgical (résection partielle de la tumeur), la chimiothérapie (alcaloïdes de la vinca et anthracyclines[7]) et la radiothérapie ont été eux aussi utilisés.

Anecdote[modifier | modifier le code]

Cette maladie apparaît dans l'épisode « Douze ans après », dix-septième épisode de la deuxième saison de la série médicale Dr House.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) William Chester, « Über Lipoidgranulomatose », Virchows Arch Pathol Anat Physiol., vol. 279,‎ 1930, p. 561-602
  2. D'après « Erdheim-Chester disease », dans le United States National Library of Medicine, accédé le 25/01/2009
  3. a, b, c et d (en) C. Veyssier-Belot, P. Cacoub, D. Caparros-Lefebvre et al, « Erdheim-Chester disease. Clinical and radiologic characteristics of 59 cases », Medicine (Baltimore), vol. 75, no 3,‎ 1996, p. 157-169
  4. (en) Weidauer S, von Stuckrad-Barre S, Dettmann E, Zanella FE, Lanfermann H, « Cerebral Erdheim-Chester disease: case report and review of the literature », Neuroradiology, vol. 45, no 4,‎ 2003, p. 241–5 (PMID 12687308, DOI 10.1007/s00234-003-0950-z)
  5. a et b Erdheim Chester Disease - M. D. Anderson Cancer Center, accédé le 26/08/2007
  6. Braiteh et al.: Successful treatment of Erdheim-Chester disease, a non-Langerhans-cell histiocytosis, with interferon-alpha. Blood. 2005;106(9):2992-4. PMID 16020507 texte intégral
  7. Gupta A, Kelly B, McGuigan JE, Erdheim-Chester disease with prominent pericardial involvement: clinical, radiologic, and histologic findings, Am. J. Med. Sci. 324 (2), pp. 96–100, 2002, pmid 12186113

Liens externes[modifier | modifier le code]