Makonde (peuple)

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Makondés

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Sculpteur makondé à Dar es Salaam

Populations significatives par région
Population totale 1 446 000
Autres
Langues

Makonde

Religions

Animisme, islam

Les Makondés sont un peuple de langue bantoue d'Afrique australe, surtout présent dans le sud-est de la Tanzanie et au nord du Mozambique. On les trouve également au Kenya et en petit nombre à Mayotte.

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Selon les sources on observe plusieurs variantes : Chimakonde, Chinimakonde, Konde, Maconde, Makonda, Makondes, Matambwe, Wamakonde[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Scarifications et labret chez une femme makondé (vers 1900)

Leur relatif isolement a longtemps préservé ces populations des contacts avec les Européens. Ils n'ont été touchés par la colonisation qu'au début du XXe siècle.

Population[modifier | modifier le code]

En Tanzanie le nombre de Makondés était estimé à 1 140 000 lors du recensement de 2001. Au Mozambique le recensement de 1997 en dénombrait 233 358 sur une population nationale de 1 373 358.

Langue[modifier | modifier le code]

Ils parlent le makonde, un dialecte bantou central du groupe P très proche du yao parlé au Malawi. En 2006 le nombre total de locuteurs était estimé à 1 340 000 dont 980 000 en Tanzanie et 360 000 au Mozambique[2]

Culture[modifier | modifier le code]

La société makonde est matriarcale. Les rites de passage sont encore répandus, en particulier ceux qui sont liés à la circoncision, qui donnent lieu à de grandes fêtes au cours desquelles sortent les masques, liés au culte des ancêtres. Pendant les cérémonies, les danses de fécondité sont exécutées par des hommes travestis[3]. Certaines danses acrobatiques se font à l'aide de longues échasses. Les cérémonies sont accompagnées d'instruments de musiques comme une batterie de cinq tambours cylindriques, la corne d'antilope à deux notes, le mbira, des clochettes et des calebasses agitées par les danseurs et le public. La danse la plus populaire se fait avec le masque d'ancêtre mapiko, réservé aux hommes et entouré d'une grande vénération[3].

Le peuple makonde est ainsi connu pour ses sculptures en bois au niveau international, en particulier certaines collections d'œuvres des années 1960. Et c'est grâce au tourisme jusque dans Dar es Salam et dans les lieux fréquentés par les touristes, principalement au nord[4]. La majeure partie de cette production artisanale de moindre qualité (teinture noire au cirage, par exemple, pour imiter le bois d'ébène) échappe désormais aux Makonde et est produite au sud par d'autres ethnies. Certains artistes makondé, tout en puisant dans la mythologie de leur peuple, ont su renouveler leur art et intégrer le vaste courant de l'art contemporain africain. Citons au moins Samaki Likankoa, John Fundi et George Lilanga.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source RAMEAU, BnF [1]
  2. (en) Fiche langue, dans la base de données linguistique Ethnologue
  3. a et b La Sculpture Moderne Des Makonde, p. 28-29, de Roger Fouquer, Éditeur Nouvelles Editions Latines, Paris, 1975.
  4. (en)Makonde Sculptures & Afrique Blackwood sur le site de l'ABCP

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Makonde : wooden sculpture from East Africa from the Malde Collection, Museum of Modern Art, Oxford, 1989, 48 p. (ISBN 0905836650)
  • (en) Andrew James Clayton, Christianity and Islam in south-east Tanzania : a study of religious appropriation among Makonde, University of Manchester, Manchester, 1993, 422 p. (thèse)
  • (en) Lyndon Harries, The initiation rites of the Makonde Tribe, The Rhodes-Livingstone Institute, 1944, 46 p.
  • (en) Zachary Kingdon, A host of devils : the history and context of the making of Makonde spirit sculpture, Routledge, Londres, 2002, 288 p. (ISBN 0415277272)
  • (en)(pt) Nedjma Kacimi et Astrid Sulger, Makonde masters : encontros com artistas de Cabo Delgado, Moçambique/Encounter with artists of Cabo Delgado, Mozambique, Njira, Maputo, 2004, 122 p.
  • (en) Joseph Meli Kamugisha, A study of Makonde social and religious institutions, University of Oxford, 1981, 339 p. (thèse)
  • (en) Jrn Korn, Modern Makonde art, Hamlyn, Londres, New York, 1974, 95 p. (ISBN 0600361713)
  • (en) J. Gus Liebenow, Colonial rule and political development in Tanzania: the case of the Makonde, Northwestern University Press, Evanston, 1971, 360 p. (ISBN 081010332X)
  • (fr) Art Makondé : tradition et modernité, Association française d'action artistique, Paris, 1989, 209 p. (ISBN 2865450775) (catalogue d'exposition)
  • (fr) Roger Fouquer, La sculpture moderne des Makondé, Nouvelles éditions latines, 1971, 75 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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