Maison du Roi d'Espagne

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Maison du Roi d'Espagne
Image illustrative de l'article Maison du Roi d'Espagne
Présentation
Période ou style Architecture baroque
Type Maison de corporation
Date de construction 1699
Destination initiale Maison de corporation
Destination actuelle café
Géographie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région de Bruxelles-Capitale Région de Bruxelles-Capitale
Commune Bruxelles-ville
Localisation
Coordonnées 50° 50′ 50″ N 4° 21′ 08″ E / 50.84715, 4.352093 ()50° 50′ 50″ Nord 4° 21′ 08″ Est / 50.84715, 4.352093 ()  

Géolocalisation sur la carte : Bruxelles

(Voir situation sur carte : Bruxelles)
Maison du Roi d'Espagne

La Maison du Roi d'Espagne (néerlandais : Den Coninck van Spaignien) est une maison de style baroque située au numéro 1 de la Grand-Place de Bruxelles, à l'ouest de la place et à l'angle de la rue au Beurre.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Maison du Roi d'Espagne était la maison de la corporation des boulangers.

Après la destruction des maisons de la Grand-Place lors du bombardement de Bruxelles par les troupes françaises commandées par le maréchal de Villeroy en août 1695, la maison fut reconstruite en 1697 comme l'attestent deux chronogrammes.

Le premier chronogramme est situé sur l'entablement qui sépare le deuxième et le troisième étage, sous le buste de Charles II d'Espagne :

haC statVIt pIstor VICtrICIa sIgna trophæI
qVo CaroLVs pLena LaVDe seCVnDVs oVat.
Le boulanger a dressé ici les drapeaux victorieux du trophée
Par lequel Charles, en pleine gloire, triomphe, irrésistible[1].

Ce chronogramme, dont les grandes capitales indiquent l'année 1697[2], est un distique élégiaque dû au talent du poète Petrus van der Borcht[3].

Le second chronogramme orne l'arc de la porte d'entrée, juste sous le buste de saint Aubert :

hIC qVanDo VIXIt MIra In paVperes pIetate eLVXIt

Lorsqu'il vécut sur cette terre, il brilla par son admirable bienveillance envers les pauvres

À l'origine, les trois travées à droite de l'entrée constituaient une maison indépendante, la maison de Saint-Jacques, accessible à l'époque par une porte située rue au Beurre.

Au XVIIIe siècle, elle portait le nom de « Backershuys » (Maison des Boulangers)[4].

Le bâtiment, très altéré, fut entièrement reconstruit en 1901-1902 par l'architecte Samyn.

À l'heure actuelle, la « Maison du Roi d'Espagne » abrite un des principaux cafés de la place.

Triomphe de Charles II d'Espagne

Architecture[modifier | modifier le code]

Saint Aubert, patron des boulangers
La tour-lanterne

La « Maison du Roi d'Espagne », édifiée en pierre de taille, présente une façade composée de sept travées, ce qui en fait une des plus larges de la Grand-Place.

La porte d'entrée est surmontée de la statue de saint Aubert, évêque de Cambrai et patron des boulangers.

Le premier étage fait saillie et est supporté par huit consoles ornées de motifs décoratifs dorés. Il est percé de hautes fenêtres à meneaux séparées par des pilastres à chapiteaux ioniques dorés. Les allèges de fenêtre sont ornées de médaillons à l'effigie d'empereurs romains.

Médaillon à l'effigie de Marc Aurèle
Médaillon à l'effigie de Trajan

La transition avec le deuxième étage est assurée par un entablement à l'antique orné d'une frise de denticules sous laquelle se développe le chronogramme évoqué plus haut, consistant en une inscription latine à la gloire du roi Charles II d'Espagne, souverain des Pays-Bas espagnols.

Le deuxième étage est percé de fenêtres à meneaux séparées par des pilastres surmontés de chapiteaux à feuilles d'acanthe dorées. Son centre est orné d'une remarquable sculpture figurant le triomphe de Charles II d'Espagne, entouré de trophées et d'esclaves enchaînés. Sous le buste de Charles II figure la mention « Den Coninck van Spaignien ».

La Maison du Roi d'Espagne est la seule maison de la Grand-Place dont la façade n'est pas sommée d'un pignon : elle est en effet couronnée d'une balustrade portant des statues de personnages de la mythologie antique (Mercure, Hercule, etc.) et d'une tour-lanterne octogonale.

Cette tour-lanterne est ornée aux angles de pilastres arborant des chapiteaux à feuilles d'acanthe dorées et est surmontée d'un entablement à l'antique ainsi que d'une coupole ornée d'un oculus, de pots à feu et d'une statue de femme sonnant de la trompette.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Secundus » ne désigne pas ici Charles « II » mais signifie « qui ne rencontre pas d'obstacle », « irrésistible »
  2. C + VI + I + VI + C + I + C + I + I + I + V + C + L + V + L + L + V + D + C + V + D + V + V = 1697
  3. Alain Van Dievoet, De inscriptionibus latinis Fori Maximi Bruxellensis, dans Melissa, Bruxelles, février 1993, n°52, pp.14 à 16
  4. Albert Mehauden et Michel Vanwelkenhuyzen, La ville de Bruxelles. Ses habitants, leurs métiers et leurs adresses vers 1767, Bruxelles, 1998

Lien externe[modifier | modifier le code]