Maison des Têtes de Valence

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Maison des Têtes de Valence
Image illustrative de l'article Maison des Têtes de Valence
Détail de la façade
Présentation
Nom local La Maison des Têtes
Type hôtel particulier du XVIe siècle
Rattachement Valence Ville d'Art et d'Histoire
Début de la construction 1528
Fin des travaux 1532
Style dominant style gothique, style renaissance
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Drôme
Commune Valence
Coordonnées 44° 55′ 55″ N 4° 53′ 27″ E / 44.93194, 4.89083 ()44° 55′ 55″ Nord 4° 53′ 27″ Est / 44.93194, 4.89083 ()  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Maison des Têtes de Valence

La maison des Têtes de Valence, située au 57 Grande Rue, dans le Vieux Valence, à proximité de la place des Clercs, est un fleuron de l'architecture du début du XVIe siècle. La façade de cet ancien hôtel particulier, qui abrite le service municipal « Valence ville d'art et d'histoire »[1], offre aux passants le foisonnement de son décor sculpté. Cette maison, marquant le passage du style gothique flamboyant au style renaissance, doit son nom aux nombreuses têtes qui ornent sa façade. Des sculptures symbolisent les vents, la Fortune, le Temps, ou encore la théologie, le droit ou la médecine tandis que le corridor est orné de bustes d'empereurs romains.

Il existe aussi une maison des têtes à Viviers (07), à Colmar (68), à Béziers (34), à Metz (57) et à Toulon (83), cette dernière ayant été détruite.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Maison des Têtes a été construite entre 1528 et 1532[2] par Antoine de Dorne, professeur à l'Université et Consul de Valence. Il décida de son édification de retour, dit-on, d'un voyage en Italie. À sa mort en 1551, la maison passa à son fils François, conseiller au Parlement du Dauphiné, puis à la fin du XVIe siècle, elle revint par alliance à Barthélémy de Marquet. Il acheva les travaux de décoration, et fît ouvrir sur le jardin trois portes sculptées, dont l'une est conservée au musée de valence.

La maison des Têtes resta dans cette famille jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Elle ouvrit ses portes à d'illustres personnages, dont notamment Bonaparte, alors jeune lieutenant de l'école d'artillerie de Valence (1785-1786) et ami du fils Marquet.

En 1794, durant La Terreur, elle est confisquée puis vendue comme bien national à Madeleine Vernet, veuve du libraire Pierre Aurel. Par suite son fils, Joseph Marc Emmanuel Aurel, en hérita; celui-ci fut appelé par Bonaparte en tant qu'imprimeur en chef de l'Armée d'Égypte.

La Maison des Têtes changea plusieurs fois de mains au cours du XIXe siècle, et demeura un bien privé jusqu'à ce que, en 1980, la ville de Valence en fît l'acquisition.

Architecture[modifier | modifier le code]

La maison des Têtes est composée de quatre corps de logis, articulés autour d'une cour carrée permettant de faire entrer la lumière mais aussi de circuler. Auparavant, de chaque côté de l'édifice se trouvaient des écuries et un jardin (d'Ouest en Est).

La façade[modifier | modifier le code]

Façade de la maison des Têtes

À la fin du XVIIIe siècle, au rez-de-chaussée donnant sur la Grande Rue, est percé un arc de boutique faisant ainsi disparaître les trois ouvertures alors existantes. Seule subsiste aujourd'hui la porte d'entrée ouvrant sur le corridor. Pleinement gothique, elle est pourvue d'une menuiserie Louis XIV. Le décor de la façade, dans un style gothique flamboyant, fait coexister jeux de courbes et de contre-courbes, alliant larmiers cordés, fenêtres à faisceaux de moulures, figures fantastiques rampantes, motifs feuillagés sur les arcs en cloche et gâbles découpés pour les ouvertures (premier étage). Les références à ce style restent, malgré l'époque tardive ( XVIe siècle ), fréquentes à Valence.

Viennent se jouer en contre-pieds, dans un style Renaissance italienne, les neuf figures en médaillon du rez-de-chaussée, les quatre têtes joufflues des Vents et les deux statues de demi-grandeur au pourtour des ouvertures du premier étage (à gauche la Fortune, à droite le Temps). Vraisemblablement ce décor exubérant devait s'étendre à l'ensemble des deux façades, comme l'indique la tête du vent, au nord ; il fut cependant détruit ou, plus probablement, ne fut jamais exécuté.

Le Corridor[modifier | modifier le code]

Le corridor menant à la cour intérieure reproduit le style de la façade. Sa voûte sur croisée d'ogives, ainsi que les clefs pendantes entre les arcs de la voûte, sont du style gothique. Des motifs de la Renaissance sont présents, tels les bustes en médaillon inspirés d'empereurs romains et philosophes antiques ou les culots sculptés de putti tenant des écus.

La Cour intérieure[modifier | modifier le code]

Maison des Têtes, cour intérieure

Hors proportions, la cour intérieure fut conçue afin de mettre en avant la richesse de son propriétaire. Contrairement à la façade de rue, celle de la cour intérieure joue dans la sobriété. Celle-ci concentre les éléments de circulation d'un corps de logis à un autre, via un escalier et des galeries fermées. L'escalier à vis arbore une accolade ornée uniquement d'un écu couché. La cage d'escaliers est intégrée au corps du bâtiment sur cour, non pas dans une tour en saillie. Il dessert les quatre corps du logis principaux, directement ou par le biais de trois galeries.

L'une de ces galeries, voûtée sur croisées d'ogives, donne sur deux portes; l'une d'entre elles, la plus décorée, présente l'importance de sa destination, l'ancienne salle basse de la maison. Elle est tenue par un pilier central et deux clefs pendantes. Elle présente quatre des Pères de l'Église : Saint-Augustin, Saint Grégoire le Grand, Saint Jérôme et Saint Ambroise de Milan. Ce sont, avec les petites figures à la retombée des fenêtres, les dernières têtes ayant été sculptées sur l'édifice, et qui attribuèrent à celui-ci son nom.

Restauration[modifier | modifier le code]

Détails façade

De 1960 à nos jours furent entrepris différents travaux de restauration, conduits sous la direction de l'architecte en chef des Monuments Historiques, par des entreprises spécialisées. Ils ont pour sources de financement l'État, la ville de Valence ainsi que le département de la Drôme.

Le matériau principal de construction de l'édifice, la molasse, est une pierre très sensible qui se fissure et se désagrège sous l'action de l'érosion et de la pollution. Différentes techniques furent employées afin de conserver et restaurer le bâtiment:

  • la consolidation superficielle par imprégnation d'un produit durcisseur (stabilité des altérations);
  • Le ragréage qui purge la pierre de ses parties détériorées. Par suite, un mélange de pierre et de mortier est superposé aux parties saines puis taillé dans les formes originelles;
  • Le remplacement de la pierre par "reprise en tiroirs"; une pierre neuve, ici le grès des Vosges, est substituée à l'ancienne. Les parties manquantes sont ainsi recréées à partir du "vocabulaire décoratif" présent dans le reste de l'édifice.

La Maison des têtes aujourd'hui[modifier | modifier le code]

En 1983 est signée une convention entre Valence et la Caisse Nationale des Monuments Historiques, permettant la création et le soutien du service municipal Valence Ville d'Art et d'Histoire, qu'abrite aujourd'hui La Maison des Têtes, en plus du Service Départemental de l'Architecture.

Aujourd’hui, ce bâtiment accueille une exposition permanente intitulée « Valence, Ville d’Art et d’Histoire » qui raconte l’évolution de la cité avec différentes maquettes de monuments valentinois incontournables, comme la Cathédrale Saint-Apollinaire.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. L'ensemble des renseignements qui constituent l'article ont été pris auprès du service municipal Valence ville d'art et d'histoire »
  2. L'absence de contrat ne permet pas de dater précisément le bâtiment, on le fait remonter généralement aux alentours de l'année 1530. Il est envisagé que la construction se fît en au moins deux étapes au cours du XVIe siècle.

Liens externes[modifier | modifier le code]